L'armurerie Marty, bien connue dans tout le secteur, a une longue et riche histoire. C’est sans doute une fermeture de magasin que ne souhaitait pas Gérard Marty.
C’est en 1952 que l'armurerie s’installe à Moissac, d’abord 2, rue Malaveille, puis quelques années après, au 31 de la même rue. Avant de se poser définitivement, en 1980, dans l’immeuble actuel, qui devient l’armurerie Georges Marty et où ce dernier fait fructifier son commerce qui prend de l’ampleur dans la région.
Le 21 janvier 1961, Gérard naît. Enfant, il fréquente l’école élémentaire de Montebello, puis le lycée local, où il obtient le BEPC et un BEP d’ajusteur, diplôme obligatoire pour entrer dans la seule école d’armurerie en France, à Saint-Étienne (Loire). Il y obtient son diplôme d’armurier en 1980 et peut alors succéder à son père. Mais celui-ci, pensant que la formation de Gérard n’était pas suffisante, lui fait faire des stages dans les armureries de Saint-Étienne pour acquérir plus de connaissances et de sûreté dans le métier. Gérard ne rechigne pas à la tâche car le métier lui plaît. Et en 1981, l’armurerie Georges Marty change seulement de prénom et devient l’armurerie Gérard Marty, qu’elle va garder jusqu’à aujourd’hui.
Sous un contrôle strict et vigilant de son père, Gérard développe son commerce, qui devient peu à peu un des plus renommés de la région. Il y développe, certes, l’armurerie mais aussi la pêche, la coutellerie et tous les métiers voisins, tels l’affûtage, la gravure, la réparation de matériel… Sa gentillesse, son souci de satisfaire le client en offrant un service personnalisé, accordant une attention particulière à chacun pour l’orienter vers les produits les plus adaptés à ses besoins et ses préférences, font progresser son commerce.
Il n’est pas fréquent de trouver un ou une employé qui fait toute sa carrière, soit plus de 44 ans, dans la même entreprise. C’est pourtant ce qui vient de se passer à l’armurerie Marty. Dans un propos quelque peu nostalgique, on le comprend, mais où perce cependant de l’humour de bon aloi, Gérard a rappelé la longue présence d’Huguette dans son commerce. Elle y est entrée à quinze ans, comme apprentie, embauchée avec un contrat d’apprentissage par Georges, le père de Gérard. Dès le début, entre poussettes, landaus, à placer sur le trottoir devant le magasin de Yolande, elle passait aux bouchons de pêche, lignes, moulinets, hameçons. Elle allait des uns aux autres et elle ajoutait à cela un mini-concours de dessins pour les enfants des clients avec un bonbon comme récompense. En 1980, le magasin s’est agrandi et il a fallu passer aux coupes, trophées, archerie. Mais les progrès ont été là et Huguette s’est tirée de toutes ces nouveautés avec talent, conscience et sans heurt. C’est ainsi qu’Huguette a poursuivi sa carrière derrière son comptoir au service des clients.
Lire aussi: L'histoire de l'Armurerie Marty Gérard
Mais après une vie de travail, Gérard prend une retraite bien méritée et sage. Il informe sa fidèle clientèle qu’il reste ouvert jusqu’à la fin du mois et qu’elle peut profiter encore des remises qui sont consenties. Mais comment le futur retraité va-t-il désormais passer son temps ?
Parfois, nos pas nous mènent devant d’anciens lieux dont la mémoire s’est perdue. En marchant dans les rues de Paris, nous passons devant des devantures sans penser à ce qu’elles furent autrefois. Pourtant, Paris fut, indéniablement, une capitale armurière avec ses grands noms : Lepage, Lefaucheux, Vidier, Modé, Flobert, Devisme, Houllier-Blanchard, Léopold Bernard, Gastinne-Renette et tant d’autres… Sur place, il se fabriquait des bascules, des canons, des crosses, et l’on y inventait même de nouveaux mécanismes d’armes à feu. Les armuriers faisaient aussi venir des armes de Saint-Etienne et de Liège.
De nos jours, plus aucune arme de fabrication récente ne porte le poinçon de Paris. Cet article ne donne qu’un aperçu des commerces d’armes qui existèrent à Paris, tellement ils furent nombreux. Vers 1900, il existait plus de 120 de commerces dans le secteur de l’armurerie dans Paris intra-muros.
La ville d’Issy-les-Moulineaux, à proximité immédiate de Paris, était extrêmement liée au monde de l’armurerie parisienne, d’une part à cause de la présence du Banc d’Epreuve de Paris, mais aussi de la cartoucherie Gévelot. L’invention de la cartouche à fulminate remonte aux années 1820 avec Joseph Marin Gévelot. Depuis 1816, il s’était établi à Paris en qualité de « armurier, arquebusier, fourbisseur et ceinturonier » rue Saint Denis. Il produit des amorces en série à partir de 1820. En 1823, il pose le brevet de l’amorce au fulminate de mercure. En 1867, la cartoucherie emploie 500 ouvriers. En 1898, elle dispose de 50 bâtiments répartis sur 7 hectares. En 1901, une explosion fera 18 morts dans l’atelier de chargement des cartouches de guerre. L’usine sera également inondée lors de la crue de la Seine de 1910.
Il serait difficile de parler de l’armurerie parisienne sans faire mention de la Manufacture d’Armes et Cycles de Saint-Etienne, tant elle fut incontournable pendant près d’un siècle, à partir de 1885. En 1970, 65 % de la production d’armes de chasse en France était assurée par Manufrance. Les fusils Simplex, Robust, Idéal et Falcor marquent les années d’or de la manufacture stéphanoise. En 1976, l’entreprise employait 3800 personnes et disposait d’une centaine de magasins. Malheureusement, des problèmes financiers graves apparurent dans les années 1975, conduisant au dépôt de bilan en 1985. En 1988, Jacques Tavitian rachète l’essentiel des marques et brevets. Grâce à son impulsion pendant plus d’une vingtaine d’années, Manufrance a connu un renouveau avec l’ouverture d’un magasin rue de Lodi à Saint-Etienne en 1993, un site internet et un catalogue de vente par correspondance.
Lire aussi: Plongez dans l'histoire de l'armurerie Marty
Pour mémoire, voici une liste non-exhaustive d’importateurs et de grossistes en armes de chasse et de tir qui étaient à Paris.
Pour comprendre les raisons, il faut se replonger dans le contexte de l’époque : première guerre du Golfe en 1991 et nouvelles réglementations en préparation. Cela n’a pas été sans conséquences, car leur disparition a supprimé toute possibilité d’approvisionnement local pour les armuriers parisiens. De plus, dans le cadre de l’Union européenne, il faut ajouter « l’évolution » de la réglementation sur les armes, ce qui ajoute des incertitudes. En France, plus de la moitié des armuriers ont disparu depuis les années 1950, notamment à cause du cadre législatif qui s’est progressivement durci.
Un fusil c'est l'inverse du vin . . . Il ne se laisse pas vieillir en cave !!!!
Gérard Geffroy décédé il y a deux était un artisan armurier très sympathique et simple comme tous ceux qui sont bons.A 85 ans l'été en pleine canicule il ébauchait des crosses à la râpe, tout çà pour rembourser les dettes de son neveu d' associé qui l' avait planté.Capable de tout réparer j'ai vu chez lui une carabine de safari gravée : Major X . . . ( un anglais) a tué (entres autres ) 2 tigres mangeurs d'hommes.Il fabriquait tout : du 28 au 12 surtout juxtaposés, kiplauf, express et excellent crossier, quand on me parlait d'une crosse pour borgne ou spéciale je le conseillais vivement.
Voici une discussion concernant un fusil de Gérard Geffroy :
Lire aussi: L'article sur Cossiaux
Il est à noter que Geffroy est une première signature pour une arme Française et que la fabrication est de haut niveau.
tags: #gerard #fusil #armurier #histoire