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Cet article aborde en détail la balistique du sifflement des balles de carabine, en explorant les différents facteurs qui influencent la pression sonore et les solutions pour la réduire, notamment l'utilisation de modérateurs de son.

Décibels, Volume, Pression et Intensité Sonore

Dans le domaine du son, il est essentiel de comprendre les différentes données qui le caractérisent :

  • Volume : La perception subjective du son.
  • Pression sonore : La mesure objective du son par un sonomètre.
  • Intensité : Calculée à partir des variations de la pression sonore.

En technique et lors de l'utilisation de modérateurs de son, la pression sonore est la donnée la plus importante. Chaque augmentation ou diminution de 6dB double ou divise par 2 le niveau de pression sonore. Cependant, pour évaluer les dommages causés aux oreilles, l'intensité est primordiale. Dans ce cas, chaque variation de 3dB double ou divise par deux l'intensité perçue par l'oreille.

L'oreille humaine perçoit des variations de 3dB pour les sons linéaires, mais réagit à 1dB pour les bruits d'impulsions, comme les coups de feu.

La valeur de pression sonore correspond à la différence entre la pression positive créée par l'expansion des gaz de combustion et la pression ambiante. Par exemple, 100,3dB correspondent à 0,020hPa, tandis que 140dB équivalent à 2,06hPa. Une cartouche de 300 Win Mag peut générer environ 170dB, soit 62hPa.

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Subsonique, Supersonique, Hypersonique : Clarification des Termes

Il est crucial de bien comprendre ces termes pour analyser la balistique des munitions :

  • Subsonique : Vitesse inférieure à celle du son (environ 340m/s à 15°C). Pour être réellement subsonique, la vitesse ne doit pas dépasser 315m/s dans la plupart des situations.
  • Supersonique : Vitesse supérieure à celle du son. Les balles de chasse sont généralement supersoniques, générant un niveau de pression sonore supérieur à 140dB.
  • Hypersonique : Vitesses supérieures à Mach 5 (1700m/s). Ce terme est rarement applicable aux munitions conventionnelles.

Mesures du Niveau de Pression Sonore

La mesure précise du bruit d'impulsion nécessite un équipement spécifique et coûteux, incluant un sonomètre capable de mesurer jusqu'à 170dB et un microphone réagissant en 20ms. Les valeurs de référence proviennent de fabricants sérieux, d'études de chercheurs finlandais et de laboratoires militaires.

Un calibre 308 Winchester/7,62x51 génère de 157 à 165dB, un 9,3x62 peut dépasser 170dB, tout comme un 7 RM ou un 300WM. Une simple 22LR haute vitesse génère de 139 à 141dB. Tirée sans modérateur de son, une 308 Win subsonique Lapua génère 153dB, et une Black Hill jusqu'à 155dB.

Principe de Fonctionnement des Modérateurs de Son

Pour abaisser le niveau de pression sonore, il faut réduire la pression des gaz. Les modérateurs de son agissent de plusieurs manières :

  • Ils servent de détendeur grâce à leur volume plus important que celui du canon.
  • Des chicanes et déflecteurs ralentissent la vitesse des gaz et les refroidissent.
  • La balle joue le rôle de valve mobile, libérant les gaz dans des chambres successives.

Ralentis et refroidis, les gaz sont libérés sur une plus longue période, réduisant la pression sonore. Certains modèles utilisent des treillis métalliques pour une meilleure absorption de la chaleur et un freinage accru des gaz.

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L'Utilisation des Modérateurs de Son à la Chasse

L'emploi des modérateurs de son a été validé par le conseil d'état qui en a reconnu l'intérêt en raison de la sécurité passive qu'il apporte aux chasseurs en protégeant leur ouïe. Aucun chef de battue ou président de société de chasse n'a le droit de vous interdire de l'employer. Les principaux outils des braconniers sont les voitures, les fusils, carabines et les lampes.

L’Arrêté du 2 janvier 2018, autorise l’utilisation de modérateurs de son pour les armes à feu utilisées à la chasse (lisses ou rayées). L’achat d’un silencieux est soumis à déclaration préfectorale.

Le silencieux peut être utilisé pour tous les types de chasse, l’ouïe des chasseurs doit être préservée au maximum. Le silencieux perd de l’efficacité avec l’augmentation de diamètre du projectile : à vitesse égale, la détonation d’un 222 sera mieux amortie que celle d’un 270.

Le silencieux peut être installé sur toutes les armes déjà filetées : il faut prendre soin de sa procurer un silencieux correspondant au filetage de la carabine. Pour celles qui ne sont pas filetées, l’opération doit être effectuée par un professionnel reconnu, la concentricité à l’âme du canon est impérative.

Le silencieux n’enlève pas de puissance à la balle puisqu’il produit son effet sur les gaz qui la suivent. Un silencieux de qualité ne fait pas perdre de précision, le phénomène généralement rencontré est un déplacement du point d’impact nécessitant un nouveau réglage qui ne sera pas le même, avec, ou sans le silencieux.

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Il faut toujours employer les mêmes munitions qui auront la même puissance et la même trajectoire. Ne pas oublier qu’elles doivent développer plus de 1000 joules à 100m pour pouvoir être utilisées à la chasse des ongulés.

Comme pour le canon d’une arme, le silencieux ne doit pas être obstrué sous peine de surpression interne, pouvant aller jusqu’à l’éclatement. Il doit être entretenu en conformité avec les recommandations du fabricant. Le silencieux ne doit pas rester à demeure sur la carabine, il doit être démonté car il stocke des résidus de tir qui vont oxyder le canon.

La plupart des modérateurs de son lorsqu'ils sont adaptés à la munition tirée permettent de ramener le niveau de pression sonore sous les fatidiques 140dB qui est le seuil de la douleur. Au delà les dégâts sont immédiats et irréversibles. Les normes internationales limitent le temps d'exposition à ce niveau de bruit à 0,22 seconde/jour. La Norvège a abaissé ce seuil à 130dB et l'Europe est à 137dB.

Il est impératif de porter un casque ou des bouchons de bonne qualité même si vous employez votre modérateur! Le bruit a des effets cumulatifs rarement pris en compte par les tireurs et les chasseurs.

Conséquences d'un Tir en Espace Clos et Protection Auditive

Tirer avec une arme à feu dans un espace clos peut avoir des conséquences auditives graves.

L'onde sonore ne peut s'échapper, elle rebondit, s'amplifie et vous frappe à plusieurs reprises. Au lieu d'une seule détonation, vous en percevez trois, quatre, voire cinq. Chaque tir génère une onde de pression intense.

Le résultat immédiat d'un tir en espace clos peut inclure :

  • Perte d'audition temporaire ou permanente
  • Acouphènes violents
  • Perte d'équilibre
  • Désorientation complète

La surdité de combat est un problème souvent négligé car elle est invisible. Chaque année, de nombreux policiers, soldats et civils armés subissent une perte auditive partielle ou totale lors d'échanges de tirs en intérieur, parfois dès le premier coup de feu.

Il est crucial de garder à proximité un casque électronique tactique. Les casques électroniques tactiques offrent une meilleure solution en permettant d'entendre les sons ambiants tout en protégeant contre les bruits impulsionnels.

Le Bruit Impulsionnel et les Chasseurs

Les chasseurs sont particulièrement exposés aux traumatismes sonores aigus dus au bruit impulsionnel d'un coup de fusil.

Il existe trois effets d'une agression mécanique sur l'oreille :

  • Le blast : un effet de souffle qui endommage le tympan, les osselets et l'oreille interne.
  • Les sons chroniques : qui affectent uniquement l'oreille interne.
  • Les bouchons simples : moins efficaces car ils n'atténuent que 20 à 30 décibels.
  • Les bouchons électroniques : laissent passer le son normal et filtrent les sons qui dépassent les 90 décibels.
  • Les casques : offrent une protection plus complète.

Lorsqu'un accident survient (sifflement et/ou perte auditive), il est impératif de cesser immédiatement la chasse et de consulter un ORL rapidement pour un audiogramme.

Lexique des Termes Techniques

Voici une liste de termes techniques liés aux armes à feu et à la balistique :

Terme Définition
AAC Abréviation pour arme à Air Comprimé
AME Intérieur du canon. Il est rayé longitudinalement en spirale, selon un pas approprié pour conférer au projectile un effet de rotation afin de stabiliser et régulariser sa trajectoire.
ARME À RÉPÉTITION MANUELLE Arme qui, après chaque coup tiré, est rechargée manuellement par introduction dans le canon d’une cartouche prélevée dans un magasin et transportée à l’aide d’un mécanisme.
ARME À RÉPÉTITION SEMI AUTOMATIQUE Arme qui, après chaque coup tiré, est rechargée automatiquement par introduction dans le canon d’une cartouche prélevée dans un magasin et transportée à l’aide d’un mécanisme.
ARME AUTOMATIQUE Arme qui, après chaque coup tiré, est rechargée automatiquement par introduction dans le canon d’une cartouche prélevée dans un magasin et transportée à l’aide d’un mécanisme.
ARME À UN COUP Arme sans magasin qui est chargée avant chaque coup par introduction manuelle de la cartouche dans la chambre ou dans le canon.
BALISTIQUE La science qui étudie le comportement d’un projectile depuis le canon jusqu’au terme de sa course.
BARILLET Magasin cylindrique des revolvers qui tourne sur un axe parallèle au canon pour placer successivement les cartouches en position de percussion.
BBs Diminutif pour qualifier les projectiles billes d’acier en calibre 4.5mm.
BC ou CB Coefficient Balistique du plomb, chaque plomb ou slug a un CB différent.
BIPIEDS Accessoire possédant 2 pieds servant à stabiliser l’arme pour le tir sur la partie avant.
BOSSETTE Partie de la détente flanquée de deux renflements dans une arme à feu servant à provoquer une légère résistance et indiquant au tireur le départ imminent du coup.
BOUCHE Orifice du canon par lequel sortent les projectiles.
BUSC Partie supérieure de la crosse des carabines et des poignées des revolvers ou pistolets.
BRETELLE Accessoire utilisé en tir à la carabine dans certaines disciplines. Elle consolide efficacement le triangle arme / bras / avant-bras du tireur.
BRONZAGE Oxydation artificielle et volontaire des surfaces métalliques sur une arme.
CANON ou TUBE Partie de l'arme qui guide le projectile.
CALIBRE Diamètre intérieur de l'âme.
CARABINES À CO2 Ce sont des carabines qui fonctionnent avec des bouteilles de CO2 de 12 ou 88 grammes.
CARCASSE Partie usinée en métal ou en alliage qui supporte le canon et l'ensemble des pièces constitutives de l'arme et sur laquelle sont fixées les différentes parties de la crosse.
CATÉGORIE En France les armes sont classées pour l’acquisition et la détention en 4 catégories : A, B, C & D.
CHAMBRE Alvéole du barillet des revolvers recevant la cartouche.
CHARGEUR Boîtier contenant les cartouches ou les projectiles divers sur les AC (BBS, plombs, slugs).
CLIQUER Déplacer la hausse pour régler le tir.
COLLIER Pièce fonctionnant souvent par paire permettant de fixer une lunette de tir à un montage ou directement sur une embase.
ORDON Petit liseré séparant les zones de valeur des points sur les cibles.
CROSSE Partie de l'arme, de poing ou d'épaule, qui permet sa préhension.
CULASSE Pièce mobile des armes qui comporte percuteur et extracteur.
DÉTENTE Queue de. Pièce sur laquelle l'index exerce une pression qui provoque le décrochage de la gâchette.
DOUBLE ACTION Une pression sur la queue de détente arme le chien puis le libère.
EMBASE Pièce métallique en une ou deux parties qui se visse ou se soude sur la carcasse d’une arme afin de recevoir un montage ou directement des colliers.
ÉPAULÉ Action qui consiste pour un carabinier à placer la plaque de couche de son arme contre son épaule ou son bras pour commencer sa mise en position et l’action de viser - tirer.
EXTRACTEUR Ergot qui accroche la gorge ou le bourrelet de l'étui et permet de l’extraire de la chambre.
FLÈCHE Hauteur maximum atteinte par la balle sur sa trajectoire.
FLÉCHETTE Projectile qui peut se tirer dans une arme à air comprimé mais dont la forme et la légèreté peuvent entraîner des casses.
FREIN DE BOUCHE Accessoire se vissant ou se fixant à la bouche du canon, et destiné à réduire le recul en dirigeant les gaz vers les côtés de l'arme.
FÛT Partie inférieure de la monture en avant du pontet (synonyme : Longuesse).
FT Field Target, discipline qui consiste à effectuer un parcours où il faut atteindre différentes cibles à différentes distances, pratique très répandue au Royaume-Unis
GACHETTE Pièce interne du mécanisme de détente qui retient le chien armé et qui décroche lors de l’action du doigt sur la queue de détente.
GAZ SPRING C'est ce qu'on appelle en France les « nitro-piston ». Évolution de la technique "piston-ressort'' où le ressort est remplacé par un gaz qui assure la même fonction.
GONG Cible métallique pouvant faire de 1 à plusieurs mm d’épaisseur. Placée de manière fixe ou en suspension, elle résonne fort dès qu’elle est touchée.
GRAIN 1 grain = 0.0648 g, 1g = 15,732 grains
GROUPEMENT La notion de groupement correspond à un nombre d'impacts situés au même endroit dans une cible.
GUIDON C’est un instrument de visée situé à l’extrémité du canon, à peu près au-dessus de la bouche. Il est fixe ou réglable et parfois protégé par un tunnel.
HAUSSE Instrument de visée métallique (ou en plastique). Des deux instruments de visée de l'arme, c’est le plus proche de l'œil.
IRIS Système se fixant sur la hausse. Il permet de régler le diamètre de l'ouverture et de positionner des écrans de couleur.
JOULE Le Joule représente le travail produit par une force de 1 Newton dont le point d'application se déplace de 1 mètre (dans le sens de cette force)
LACHER Action du doigt sur la queue de détente qui a pour but de provoquer le départ du projectile.
LAME Partie de la hausse ou du guidon.
LIGNE DE MIRE Droite allant du centre de la hausse au guidon.
LIGNE DE VISÉE Droite théorique allant de l’œil du tireur à la cible en passant par les instruments de visée.
LONGUESSE Partie inférieure de la monture en avant du pontet (synonyme : fût)
LUNETTE Optique grossissement (grossissement fixe ou variable).
LSG Levier de Sous Garde. Terme employé pour désigner les armes à réarmement par levier de sous-garde, type Winchester, Marlin
MAIN MORTE La main qui ne tient pas la crosse d’une arme de poing ou qui n’est pas utilisée dans le mécanisme de déclenchement sur une arme longue.
MONTURE C’est le terme exact pour désigner ce que les gens appellent communément la crosse. La monture est constituée de la crosse + la longuesse.
MULTI PUMP PNEUMATIC Ceux sont des carabines qui ont une pompe sous le canon et on pompe plusieurs coups avant de tirer.
OEIL DIRECTEUR Œil prééminent sur l'autre pour diriger la vue.
ŒILLETON Petit dispositif de visée, de forme circulaire, que l'on retrouve sur certaines armes.
PAS DE TIR Emplacement organisé face aux cibles comprenant l’ensemble des postes de tir.
PCP PRE CHARGED PNEUMATIC. C'est ce qu'on appelle en France les "air précomprimés" ceux sont des carabines avec une réserve d'air que l'on gonfle soit à la pompe spéciale forte pression soit avec des compresseurs spéciaux dans les clubs.
PERCUTEUR Pièce qui frappe l'amorce pour faire partir le coup.
PISTOLET Toute arme de poing autre qu'un revolver.
PLAQUE DE COUCHE Partie arrière fixe ou mobile de la crosse des carabines et fusils qui se place contre l'épaule ou le bras.
PLINKING tir de loisir consistant à tirer sur des objets multiples et variés, bouteilles, allumettes, automobiles miniatures, ...
POIDS DE DÉTENTE Désigne la force qu’il faut exercer sur la détente pour faire partir le projectile.
POIGNÉE PISTOLET Partie de la crosse carabine adjacente au pontet permettant la prise en main.
POMPE Plusieurs définitions pour les armes à pompe.
PONTET Pièce de formes diverses (arrondie, rectangulaire …) protégeant la queue de détente d'un accrochage, d’un choc, d’un geste non intentionnel etc.
PORTÉE Distance maximale possible du parcours d'un projectile.
RAINURES Stries hélicoïdales obtenues lors de l’alésage de l’âme d’un canon.
RÉGULATEUR Les régulateurs de pression sont conçus pour régler automatiquement, et de façon précise, la pression sur l'air.
RDS Réducteur de son. Plus connu sous le nom de silencieux.
RECUL Il faut distinguer le recul « classique » des armes à feu dû aux gaz provoqués par la mise à feu de la poudre, du recul inverse des armes à air comprimé à piston/ressort. Lors d’un tir, les gaz chauds en expansion créent une onde de pression, produisant un bruit intense. Cette onde agit sur les organes ORL (oreilles, nez, gorge) par transmission solidienne. Cela peut entraîner des dommages auditifs cumulés. Même avec des protections passives, comme des casques ou des bouchons, ces risques persistent.

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