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Les fusils juxtaposés à poudre noire représentent un pan fascinant de l'histoire de l'armement. Ces armes, ancêtres de nos fusils de chasse et de tir modernes, dégagent un charme particulier et sont riches en histoires. De la conquête du Far West américain aux savanes africaines, ces fusils ont marqué leur époque.

L'attrait des armes à poudre noire

De nombreux passionnés utilisent encore ces armes en stand de tir, appréciant la fumée dense qu'elles produisent lors du tir. Ce type d'armes est écologiquement intéressant, car il ne laisse pas de résidu ni de douille, contrairement aux armes modernes. Ce sont des armes de catégorie D ce qui signifie qu'elles sont accessibles à toute personne majeure. De plus, elle ne nécessite pas d'être licencié dans un club de tir ou dans un Ball-Trap, ou encore d'être détenteur du permis de chasse.

Chargement et mise à feu

Ces premiers fusils et pistolets à poudre noire étaient chargés par la bouche du canon. La poudre noire était versée puis tassée. La balle, souvent précédée d'un calepin pour une meilleure étanchéité et précision, était ensuite insérée dans le canon. Des cartouches en papier furent créées pour faciliter le chargement, suivies par les cartouches à balles métalliques.

Au début, la mise à feu se faisait par un trou percé dans le fond du canon, avec une flamme et une mèche. Au XVᵉ siècle, l'arquebuse introduisit un bassinet contenant de la poudre servant d'amorce. En 1470, l'invention de la platine à mèche et la détente automatisèrent la mise à feu. Le XVIᵉ siècle vit l'arrivée de la platine à rouet, une révolution technique trop coûteuse pour l'armée, remplacée par la platine à chenapan et la platine miquelet à silex, produisant une étincelle pour déclencher le tir. Vers 1610, la platine à silex améliora encore les performances avec une batterie et un couvre-bassinet séparés.

Répliques modernes d'armes anciennes

Des sociétés italiennes comme Chiappa et Davide Pedersoli fabriquent des répliques d'armes anciennes. Ces répliques offrent les mêmes caractéristiques que les armes d'origine, mais sont réalisées avec des aciers modernes de haute qualité et selon les procédés technologiques actuels. Les fusils contenus dans cette catégorie sont soit neufs, souvent des copies d'armes anciennes, soit d'occasion et sont alors très âgés.

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Exemples de fusils à poudre noire

Voici quelques exemples de fusils à poudre noire disponibles :

  • Fusil de chasse juxtaposé Classic à poudre noire Chiappa
  • 1861 SPRINGFIELD MUSKET Investarm
  • Hawken 170
  • Carabine à levier Chiappa 1892 24''
  • Carabine Brown Bess
  • Fusil Frontier Luxe Maple à percussion

Le fusil juxtaposé à percussion de Pedersoli

Le fusil juxtaposé à percussion calibre 12 de Pedersoli (réf. DPSL241) est une arme traditionnelle conçue pour les passionnés de chasse et de tir récréatif à la poudre noire. Ce modèle se distingue par ses deux canons lisses juxtaposés, légèrement chokés, dont les intérieurs sont chromés pour une meilleure durabilité et facilité d’entretien. La platine double est finement jaspée, apportant une touche esthétique de qualité.

Le fusil Juxtaposé Percussion calibre 12 (réf. DPSL241) de Pedersoli est un hommage aux armes classiques de chasse. Le fusil juxtaposé à percussion est l’un des modèles les plus emblématiques de la chasse européenne et américaine du XIXe siècle, symbole d’un âge d’or où le tir était un art de vivre, et où la mécanique d’armurerie atteignait un niveau d’excellence inégalé. Passé du silex à la platine à percussion dans les années 1830-1840, ce type de fusil s’impose rapidement comme la norme chez les chasseurs soucieux de disposer de deux coups successifs sans rechargement, avec deux chiens indépendants, actionnés chacun par une détente dédiée.

Le fusil juxtaposé à percussion est souvent chambré en calibre 12 ou 16, les plus populaires pour la chasse au petit et moyen gibier. Ses canons lisses, généralement damasquinés ou bronzés, offrent une dispersion régulière et un excellent contrôle du tir.

Considérations sur l'utilisation des fusils anciens

Lors de l'utilisation de fusils anciens, plusieurs aspects doivent être pris en compte pour garantir la sécurité et la performance :

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  • Poinçons et épreuves : Assurez-vous que le fusil a été éprouvé pour la poudre sans fumée (PSF) si vous envisagez d'utiliser des cartouches modernes. Les poinçons PT (Saint-Étienne) et PV (Liège) indiquent une épreuve à la poudre vive.
  • Chambrage : Vérifiez le chambrage du fusil. Les fusils anciens sont souvent chambrés en 65 mm, et l'utilisation de cartouches de 70 mm peut entraîner une surpression dangereuse.
  • État général : Inspectez l'état général du fusil, y compris les ressorts, les percuteurs et le jeu de la bascule. Remplacez les pièces usées si nécessaire.
  • Type de poudre : Pour les canons damas, utilisez uniquement de la poudre noire.

La poudre noire : composition et utilisation

La poudre noire constitue le premier explosif développé par l’humanité pour propulser des projectiles. Cette composition ternaire, dont la formule chimique n’a pratiquement pas évolué depuis le Moyen Âge, présente des caractéristiques balistiques spécifiques qui influencent directement les performances des armes historiques. Contrairement aux poudres modernes sans fumée, la poudre noire génère d’importants volumes de résidus solides et gazeux lors de sa combustion. La composition traditionnelle de la poudre noire respecte des proportions précises établies empiriquement au fil des siècles. Le dosage standard comprend 75% de salpêtre (nitrate de potassium), 10% de soufre et 15% de charbon de bois.

Le salpêtre joue le rôle d’oxydant, fournissant l’oxygène nécessaire à la combustion rapide du mélange. Le soufre abaisse la température d’inflammation et facilite l’ignition, tandis que le charbon de bois constitue le combustible principal. Les variations de cette formule de base permettent d’adapter les performances de la poudre à des usages spécifiques. Les poudres de guerre présentent généralement une proportion plus élevée de salpêtre pour augmenter la puissance, tandis que les poudres de chasse privilégient une combustion plus progressive pour réduire les contraintes sur les canons civils.

La granulométrie de la poudre noire détermine directement ses caractéristiques balistiques. Les grains fins (poudre 4F) brûlent instantanément et conviennent parfaitement à l’amorçage des armes à silex ou à percussion. Les granulométries moyennes (2F et 3F) s’utilisent dans les armes de poing et les carabines de petit calibre, tandis que les gros grains (1F et Fg) équipent les canons d’artillerie et les gros calibres de chasse.

La densité de chargement influence également les performances balistiques. Une compression excessive de la charge peut provoquer une détonation plutôt qu’une déflagration contrôlée, générant des pressions dangereuses pour l’intégrité de l’arme. Inversement, une charge insuffisamment tassée produit une combustion incomplète et des performances dégradées.

Les performances balistiques de la poudre noire demeurent limitées comparativement aux propergols modernes. La vitesse initiale des projectiles tirés à la poudre noire oscille généralement entre 200 et 500 mètres par seconde selon le calibre et la longueur du canon. Cette vitesse relativement faible s’explique par la combustion incomplète du mélange et les importantes pertes d’énergie liées aux résidus de combustion.

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L’énergie cinétique développée par les projectiles de poudre noire reste néanmoins suffisante pour des applications de chasse et de tir sportif, avec des valeurs comprises entre 1000 et 3000 joules selon les calibres. Le coefficient balistique des projectiles sphériques en plomb, traditionnellement utilisés avec la poudre noire, limite la conservation de l’énergie sur longue distance. Cette caractéristique explique pourquoi les distances de tir efficaces des armes historiques dépassent rarement 150 à 200 mètres pour les applications militaires. La combustion de la poudre noire produit environ 55% de résidus solides par rapport à la masse initiale de la charge.

Ces résidus, principalement composés de sulfate de potassium et de carbonate de potassium, se déposent dans le canon et encrassent progressivement l’âme de l’arme. Cette particularité nécessite un nettoyage minutieux après chaque séance de tir pour préserver les performances et la longévité de l’armement. Les résidus de poudre noire présentent des propriétés hygroscopiques marquées, attirant l’humidité atmosphérique et favorisant la corrosion des parties métalliques. Cette caractéristique impose l’utilisation de produits de nettoyage spécifiques et de protection anticorrosion adaptés aux contraintes du tir à la poudre noire.

Questions fréquemment posées sur les armes à poudre noire

  • Faut-il un permis pour acheter une arme à poudre noire ? Non.
  • Peut-on transporter une arme à poudre noire dans son véhicule ? Oui, mais uniquement pour un usage légitime : trajet vers un stand de tir, événement de reconstitution, etc.
  • Peut-on tirer dans son jardin avec une arme à poudre noire ? Non recommandé. Le tir à domicile est soumis à des règles strictes.
  • Peut-on chasser avec une arme à poudre noire ? Uniquement avec un permis de chasse valable et selon les espèces autorisées.
  • Peut-on fabriquer ses propres munitions ? Oui. Il faut acheter séparément poudre noire, balles et amorces, puis les assembler avec soin.
  • Est-ce légal d’acheter une arme à poudre noire en ligne ? Oui, tant que le site respecte la législation.
  • Quelle est la différence entre une réplique et une arme d’époque ? Une réplique est une reproduction moderne, fiable et souvent plus sécurisée.
  • Comment bien entretenir une arme à poudre noire ? Elle doit être nettoyée après chaque tir pour éviter l’oxydation.

L'histoire du Service des poudres

Le service des poudres est l'héritier d'une longue histoire industrielle, qui remonte au 14ème siècle. En 1420, est nommé un "Général maître de l'artillerie", toujours subordonné au Grand maître des arbalétriers, mais le développement de la nouvelle arme conduit à la fin du siècle à la création d'une "Grande Maîtrise" indépendante. Pendant toute cette période, le principal souci sera d'assurer la récolte du salpêtre destiné aux "maîtres poudriers", petits industriels indépendants exploitant les nombreux "moulins à poudres" établis sur l'ensemble du territoire.

La Révolution "nationalise" la Régie en 1791, les employés étant fonctionnarisés et rattachés directement à l'administration des Finances. En 1794, elle devient "Agence nationale", alors qu'en parallèle est développée une "Agence Révolutionnaire des Salpêtres et des Poudres" ne dépendant que du Comité de Salut Public, avant que les deux entités soient fusionnées la même année en une seule "Agence des poudres et salpêtres".

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