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Le fusil monocoup anglais, en particulier le Martini-Henry et ses dérivés, représente une avancée significative dans l'histoire de l'armement. Cet article explore son histoire, son fonctionnement et son impact sur les armées et les industries de l'époque.

Origines et Développement du Fusil Peabody-Martini

Au milieu du XIXe siècle, le fusil Dreyse à aiguille et la culasse à verrou ont marqué le début d'une révolution technologique. En 1864, le War Office britannique a envisagé de moderniser l'armement de son infanterie. Un concours a été lancé le 25 juin 1865 pour concevoir la meilleure arme militaire avec la meilleure munition.

Les participants incluaient Peabody, Henry, Fosbery, et Martini. Frederich von Martini, un armurier suisse d'origine hongroise, a amélioré le système à bloc tombant de l'Américain Peabody. Alexander Henry d'Édimbourg a conçu un canon avec un système de rayures performant. En 1871, la Royal Small Arms Factory d'Enfield a combiné ces deux innovations pour créer la carabine Martini-Henry.

Le Mécanisme Martini-Henry

Cette arme fonctionne autour d’un bloc pivotant conçu par le Suisse Friedrich Von Martini.

Caractéristiques et Performances

Le Martini-Henry est un fusil à chargement par la culasse, dérivé du fusil Peabody et modifié par Friedrich von Martini. Il tire une cartouche chargée par la culasse. La cartouche de .577 SNIDER, rétreinte au collet à .45 inch est retenue. Elle prendra le nom de 577-450 M-H. Elle contient 85 grains de poudre noire pour propulser un projectile en plomb de 480 grains.

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Résultat de cette innovation ? Une cadence de tir de 12 coups minutes dans une arme très précise, redoutable à 400 m et de portée maximale à 1700, dont se souviennent encore zoulous et autres madhistes soudanais d’Ondourman.

Produit sous différentes versions du Mk I au Mk IVc, le MARTINI-HENRY ne sera vraiment remplacé qu'en 1890, par le LEE-METFORD, mais sera encore utilisé aux "colonies", jusqu'au milieu de XXème siècle.

L'arme est longue de 1,25 m pour un poids de quelque 3,8 kg !

Les versions du Martini-Henry:

  • Mk I: de 1871 à 1876
  • Mk II: de 1877 à 1881
  • Mk III: de 1881 à 1888
  • Mk IV (de "a" à "c"), de 1888 à 1889.

Le Mk I et le Mk II était pourvu d'un indicateur de chargement (levier sur le coté droit, en forme de "goutte) de grande taille). Les modèles suivants Mk III et IV seront équipés d'un indicateur de plus petite taille.

En 1874, pour remplacer les fusils à percussion à chargement par la bouche, la Turquie a opté pour le fusil Peabody-Martini, très proche du fusil Martini-Henry britannique. Ce fusil mono coup à culasse bloc-tombant utilise une puissante munition de 11 mm. Le Peabody-Martini s’est révélé être d’une excellente facture, très résistant et l’un des fusils les plus précis de son époque.

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Son plus haut fait d’armes a eu lieu pendant la guerre russo-turque de 1877, notamment au siège de Plevna, où il a surpassé les fusils tabatières Krnka utilisés par les Russes. Le fusil a été progressivement transféré à la réserve opérationnelle à mesure que des générations successives de fusils Mauser ont pris le relais. En 1912, l’Empire ottoman a décidé de rechambrer ces fusils pour la nouvelle cartouche réglementaire 7.65 mm Mauser.

Outre la guerre russo-turque de 1877, les Peabody-Martini ont été utilisés pendant les guerres balkaniques, la Grande Guerre, et la guerre gréco-turque.

Le Système Peabody

Les armes a bloc basculant Peabody trouvent leur origine dans le brevet N° 35.947 déposé le 22 Juillet 1862 par Henry O. Peabody de Boston dans le Massachusetts. La Providence Tool Co de Providence dans le Rhode Island, qui avait produit plus de 80.000 fusils a percussion au cours de la guerre et désirait poursuivre la fabrication d'armes, signait le 26 Octobre 1864 un accord avec H. Peabody afin de s'assurer les droits de fabrication de son arme.

Le système Peabody appartient a la famille des armes a bloc tombant dans lequel un bloc de culasse articulé se déplace vers le bas sous l'action du levier da manœuvre faisant fonction de pontet. Associé a ce basculement un extracteur a griffe agit sur la face inférieure de la cartouche. La mise a feu est assurée par un chien extérieur qui doit être armé manuellement au préalable.

La première commande militaire sera passée par le gouvernement du Canada suite a des essais menés en Août 1866 et portera le 20 Septembre de cette même année sur 5000 fusils chambrés pour la cartouche 50-60 Peabody a percussion annulaire (identique au chambrage des fusils Springfield Joslyn M1865) au prix unitaire de 25$. Ce modèle connu comme le M1866 Canadian Peabody se caractérise par sa grande longueur (prés de 1.4m soit la version la plus longue), par la présence de trois anneaux grenadière (deux seulement sur les autres versions) et par ses marques apposées des deux cotés du boîtier de culasse (coté gauche uniquement pour les autres), et la simple hausse a un seul feuillet dérivée du fusil a percussion Springfield M1861.

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Après ce premier succès, la Providence Tool Co va présenter son arme successivement au Danemark ou malgré ses qualités un désaccord financier empêchera une commande, puis en Russie, au Pays Bas, en Grande Bretagne et en Prusse sans toutefois rencontrer le succès. La deuxième commande sera reçue de Suisse. Ce pays étant alors en cours d'expérimentation en vue de choisir une arme a chargement par la culasse passera commande de 15.000 exemplaires (n°s de série 5500 a 21.000) du fusil Peabody afin d'assurer l'intérim.

Cette commande portait sur 25.000 fusils (N°s de série 21.000 a 52.000) connus comme modèle M1867 Roumanian. Chambrés pour la cartouche 45 Roumanian Peabody a percussion centrale ces armes se caractérisent également par leurs hausse a cadran plus volumineuse que celle du modèle Suisse et par la modification du bloc tombant du a l'emploi d'une cartouche a percussion centrale.

La dernière version produite sera développé pour assurer les livraison de la commande passée par l'Espagne. Ce modèle se caractérise par la plus grande longueur de son boîtier de culasse dut a la longueur de la puissante munition de calibre 43 Spanish. La commande de l'Espagne portera sur 10.000 fusils envoyés en Amérique centrale afin de combattre l'insurrection Cubaine et sera suivie d'une commande de 8500 exemplaires identiques passée par le gouvernement Mexicain.

Mais c'est la guerre Franco-Prusienne de 1870 qui verra la Providence Tool Co obtenir sa plus grosse commande de la part du gouvernement de défense national Français par l'intermédiaire du courtier Anglais Austin Baldwin, portant sur 39.000 exemplaires du fusil type Espagnol et sur plusieurs centaines de carabines en calibre 56-50 Spencer. Toutefois la guerre prendra fin après que seulement 33.000 aient été livrées (N°s de série 52.000 a 110.000).

Le Fusil Kropatschek Portugais

Le royaume du Portugal, en raison de ses colonies, devait disposer d’une armée développée pour protéger ses intérêts contre les appétits étrangers, notamment allemands, et faire face à la résistance indépendantiste de ses colonies. À cet effet, le Portugal avait adopté un fusil monocoup Guedes (dérivé du Martini-Henry) en calibre 8mm, mais celui-ci était déjà dépassé par les fusils à répétition. Par conséquent, le Portugal décide de conserver la munition et commande à la Steyr 18 000 fusils Kropatschek à magasin tubulaire, mais au calibre 8mm Guedes.

Le fusil Kropatschek vient en complément des 40 000 fusils Guedes produits à Braço de Prata, dans la banlieue de Lisbonne. La munition 8mm Guedes a été testée en 1885, suivant les travaux de Rudolf Schmitt sur la réduction des calibres. La première version est à poudre noire, suivie très rapidement de la deuxième version à poudre sans fumée. Cela place le Portugal comme la première nation à avoir officiellement adopté un petit calibre comme munition pour arme d’infanterie.

Le fusil Kropatschek portugais est un fusil à culasse à verrou à 4 temps, similaire au 1886 Lebel. Comme pour le modèle français, une planchette élévatrice permet de faire la jonction entre le magasin tubulaire et la chambre du canon. Le magasin contient 8 cartouches. Il a été utilisé dans la cavalerie, par les chasseurs portugais et la garde fiscale. Il sera remplacé par le Mauser-Vergueiro en 1904, le plaçant ainsi dans la réserve opérationnelle. Le fusil est bien construit et solide.

Il a participé à la Première Guerre mondiale aux mains des troupes portugaises stationnées à la Lys en Belgique, à côté des Anglais.

La Précision Suisse et le Système Martini

Il faut voir les choses dans leur contexte.Les machines et l'outillage de l'époque permettait déjà un grande précision ( mais sur des piècessimples) Ce qui est le cas du système bloc tombant du brevet Martini.

Les autres culasses ( rectiligne ou à verrou étaient plus complexe à faire et surtout comportaient davantage de pièces ( donc de marge d'erreur) Ce qui n'est plus le cas aujourd'hui.

Ce système à donc été le plus performant et le plus adapté aux armes de précisions pendant plus de 50 ans.

L'inconvénient est qu'il est limité à une utilisation sans magasin ( monocoup ) et donc très réduitpour les besoins militaire.

L'avantage est qu'il est très précis et capable de supporter les charges les plus folles de l'époque et cela en parfaite sécurité pour le tireur.

Utilisation et Héritage

En 1870 l’Empire Ottoman décide de moderniser son armement d’infanterie par une dotation en fusils à chargement par la culasse. Bien que ce fut le modèle Martini-Henry retenu par les autorités militaires, c’est Winchester qui remporta le contrat de vente en proposant le Martini Henry bien moins cher que la concurrence.

Winchester n’avait pas l’outillage pour fournir les 200 000 fusils commandés et due rétrocéder le contrat à la Providence Tool Company (produisant les Peabody ), tout en empochant une généreuse commission et plaçant un contrat pour quelques milliers de ses Musket 1866.

Von Martini ayant repris sans licence le mécanisme Peabody, Providence Tool en contrepartie utilisa le système Martini sur ses nouveaux fusils. Les premiers Martini-Peabody livrés en 1874 sont semblables aux Martini-Henry mkI de l’armée britannique excepté le calibre. La plaque de couche des armes livrées aux Turcs est en aluminium quadrillé.

On retrouve sur le flanc gauche du boîtier les marquages de Providence Tool Company et sur le flanc droit , entre l’indicateur de chargement et le petit levier de sureté, le n° de série ( en turc ) et le sceau de propriété du Sultan de la Sublime Porte.

Sur les principales pièces de l’arme est frappé le poinçon de la commission turque d’acceptation, commission détachée aux ateliers de Providence.

Le choix du calibre pour la version destinée au Turc correspondrait à l’opportunité de correspondance avec un lot de 50 000 fusils Martini offert au Sultana par le Khedive d’Egypte, Ismael Pacha, vassal de l’Empereur Ottoman ( armes chambrées en 11.43x59r, dénomination parfois confondue avec le 43 égyptien destiné aux Rolling Block).

Elle a servi particulièrement lors de la révolte du Mahdi, au Soudan (illustré par le siège de Karthoum, et la mort du fameux général GORDON), et lors de la guerre contre les Zoulous.

Elle a servi durant les deux guerres anglo-afghanes, la guerre anglo-zoulou, la révolte des Madhistes au Soudan, elle a soutenue Gordon dans Khartoum assiégée, elle a maté les révoltes en Chine, en Birmanie et en Inde et elle a encore servi lors des deux guerres des Boers jusque 1901. C’est un pan complet de l’Histoire de la Grande-Bretagne et de son Empire.

Cette arme a aussi pas mal servie en Inde, en particulier dans un pays toujours aussi "troublé", l'Afghanistan !

En conclusion, le fusil monocoup anglais, incarné par le Martini-Henry et ses variantes, a marqué une étape cruciale dans l'évolution de l'armement. Sa robustesse, sa précision et sa portée en ont fait une arme redoutable sur les champs de bataille du XIXe siècle, influençant les développements futurs en matière d'armes à feu.

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