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L'histoire du fusil mitrailleur est riche et complexe, marquée par des évolutions technologiques et des figures emblématiques. Cet article explore en détail le fonctionnement de ces armes, en mettant l'accent sur le rôle crucial du canon et du système d'emprunt de gaz.

Les Prémices : John Garand et le M1

L'histoire de ce célèbre fusil américain commence naturellement avec son concepteur, John Cantius Garand. Né au Québec en 1888, sa famille s’installe aux États-Unis. Même si ce dernier était déjà connu, par exemple, chez les Danois ou en Suisse avec les fusils Mondragon, ce type d’armement était très loin d’être largement répandu sur le champ de bataille, à l’exception peut-être de la France qui produisit dans une grande quantité (86 000 exemplaires) des RSC 1917. Cependant, ce qui marqua en premier l’esprit du jeune inventeur John Garand fût la mitrailleuse et il proposa son projet à la marine américaine. Même si son arme ne fût pas retenue, cela lui permit d’être embauché à l’arsenal de Springfield dans le Massachusetts dès 1919.

Le M1 Garand : Un Fusil Révolutionnaire

Initialement, le M1 Garand utilisait un système de ‘gas-trap’ ou ‘piège à gaz’ en français. Ces modèles précoces sont facilement reconnaissables par la forme carrée à l’avant du canon mais la plupart des fusils ont tous été modifiés pour recevoir le cylindre à gaz à la forme arrondie car le ‘gas-trap’ était trop compliqué à usiner.

Le principe de fonctionnement du M1 est simple : lors du tir, la balle quitte le canon et une quantité de gaz est récupérée par un trou dans le canon situé tout à l’avant. Cela permet ensuite de pousser vers l’arrière la came (ou le piston si vous voulez) qui est liée à la culasse. La particularité du M1 Garand réside peut être dans son magasin qui nécessite l’insertion de clips de 8 cartouches de 30-06 Springfield, tout comme le serait un fusil au système Mannlicher. Lors du tir de la dernière cartouche, le clip est éjecté dans les airs, faisant tinter le fameux ‘ping’, largement repris dans d’innombrables films hollywoodiens.

Pour en revenir au M1 Garand, sa date d’adoption en 1936 semble très précoce et l’armée américaine est une des premières armées au monde à adopter massivement un fusil semi-automatique. Cependant, dans les premiers temps, la production fut extrêmement lente, l'armée américaine ne recevant le fusil M1 qu'à la fin de 1937. Lorsque les États-Unis entrèrent en guerre en décembre 1941, environ 600 M1 étaient produits chaque jour. Au fur et à mesure que le conflit continuait, la production fut encore accélérée. À son apogée, l'arsenal de Springfield produisait environ 4 000 fusils par jour. À la fin de la guerre, plus de 4 millions de M1 Garand avaient été produits.

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Le M1 Garand continua à être utilisé durant la guerre de Corée (1950-1953) et fût aussi utilisé par l’armée française durant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi parfois en Indochine. À noter aussi une très grande utilisation par l’armée sud-vietnamienne, aux côtés des troupes américaines. Son histoire ne s’arrête pas là puisqu’on peut nommer aussi les versions danoises que l’on rencontre parfois sur le marché en 308 Winchester, ainsi que les versions Italiennes de chez Beretta.

Dans les années 50, avec l’arrivée des Battle Rifle comme le FN FAL ou le HK G3, Springfield armory tentera d’adapter le M1 en ce qui sera nommé le M14 : soit basiquement un Garand avec un chargeur amovible et la capacité de tir en rafale, ce qui est tellement ridicule sur une arme tirant du 7,62x51 que la plupart des exemplaires livrés au Vietnam seront bridés. Le M14 ne fût pas une réussite au Vietnam et il a été rapidement remplacé par les AR-15. Cependant, le M14 trouva une seconde vie en tant que fusil de précision (DMR), renommé M21. La durée d’utilisation des M21 dans l’armée américaine est très impressionnante et elle démontre les qualités au tir de l’arme.

L'AK 47 : Un Symbole de la Pensée Soviétique

AK 47, ou Kalashnikov automatique, est un produit emblématique et bien connu de la pensée soviétique. Il est apparu dans des séries télévisées et des films, notamment ceux qui racontent l'histoire de l'époque soviétique. Cependant, il n'est pas réellement appelé Kalashnikov ou AK 47 - bien que les deux soient des noms communs - mais simplement AK.

Le fusil AK 47 a été créé en raison de la volonté de produire et d'introduire dans l'usage militaire des armes pour cartouches intermédiaires. Les premiers travaux ont commencé en Union soviétique déjà dans les années 1930, mais ils ont été interrompus par la Seconde Guerre mondiale. L'idée a été reprise avant même la fin de la guerre, en 1943, lorsque les scientifiques russes ont achevé les travaux sur la cartouche intermédiaire 7,62 x 39 mm. Immédiatement après cet événement, un concours a été annoncé pour l'équipement de tir de base de l'armée soviétique, et ainsi a commencé la longue histoire des nombreuses tentatives de création d'une arme automatique avec une cartouche intermédiaire.

En 1946, le concours est à nouveau organisé : pour un fusil à crosse pliante et un fusil à crosse fixe. Un an plus tard, les essais sur le champ de tir ont commencé, auxquels se sont joints 5 prototypes. Toutes les tentatives ont échoué, mais les employés de Kalashnikov ont activé leurs contacts et ont obtenu une nouvelle chance de participer au concours suivant. Kalashnikov a continué à être perfectionné et a subi de nombreuses améliorations au fil des ans. En conséquence, de nouveaux modèles d'armes ont été créés. Ce qui a toujours caractérisé les fusils AK, cependant, c'est leur durabilité et leur résistance aux dommages ainsi qu'à la pollution.

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Le Kalashnikov est une arme automatique - auto-répétitive, dans laquelle la décharge des gaz se fait par un trou latéral dans le canon. Il est conçu pour des munitions de calibre 7,62 x 39 mm ou 5,45 x 39 mm (restons-en aux limites et n'associons le 47 qu'à un seul calibre) - selon le modèle. Le chargeur de la boîte est interchangeable et peut contenir 30 cartouches.

Depuis l'introduction du premier modèle de l'arme, il y a eu une production continue de l'AK. Ce fusil est encore utilisé aujourd'hui par de nombreuses armées dans le monde - également par l'armée polonaise. Le Kalashnikov est l'un des modèles d'armes les plus répandus, il n'est donc pas surprenant que différents types de répliques d'AK 47 aient été créés. L'airsoft n'est qu'une de leurs applications. Le prix d'une réplique d'AK 47 donnée dépend, entre autres, de la qualité de la reproduction du prototype inflammable, des matériaux utilisés et des mécanismes qui affectent sa fonctionnalité.

La Mitrailleuse M60 : Une Arme Polyvalente

La mitrailleuse polyvalente M60 fut l’aboutissement d’une série d’études commencées à la fin de la seconde guerre mondiale. Cette arme était destinée à remplacer les mitrailleuses Browning dans l’arsenal américain. Les alliés avaient été impressionnés par la souplesse d’emploi des mitrailleuses allemandes et la M60 américaine fut dotée d’un système d’alimentation copié sur celui de la MG42 allemande et du mécanisme de fonctionnement du fusil d’assaut FG42.

Contrairement aux mitrailleuses Browning, fidèles au principe de recul du canon, la M60 fonctionnait par emprunt de gaz. Dans ce système, le passage de la première cartouche dans le canon pousse une petite quantité de gaz dans le cylindre à gaz grâce à un trou percé dans l’âme du canon. La pression créée à l’intérieur du cylindre actionne alors un piston qui fait reculer la culasse et met en place la cartouche suivante. Une fois que le percuteur a frappé la cartouche et l’a éjectée du canon, le cycle continue aussi longtemps que le mitrailleur appuie sur la détente.

La puissance feu de la M60. Au cours d’innombrables patrouilles et engagements, l’omniprésente M60 devint le symbole de la présence américaine au Sud Viêt-nam.

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Caractéristiques de la M60
Caractéristique Valeur
Calibre 7,62mm
Longueur 1100mm
Poids 10,480kg
Alimentation Bande articulée de 50 cartouches
Fonctionnement Par emprunt de gaz
Cadence de tir 550 coups/mn
Vitesse initiale 860 m/s
Portée pratique 800m (avec bipied)
Distance d'utilisation optimale 100m

Cependant, en l’absence de régulateur de gaz, ce mécanisme avait quelques inconvénients. De la saleté ou de la poussière accumulées pouvaient ralentir la course du piston, ce qui amenait la M60 à s’enrayer ou à « s’emballer ». Ce dernier terme signifie que l’arme continuait à tirer alors que le mitrailleur ne pressait plus la détente. Pour résoudre ce problème, très sérieux quand il se présentait en pleine bataille, le chargeur devait se cramponner à la bande de munitions pour stopper l’alimentation.

Le Fusil-Mitrailleur Soviétique DP

Dès le commencement de la Première Guerre mondiale, une arme de petit calibre va démontrer une efficacité redoutable sur les champs de bataille : la mitrailleuse. Cependant, ce type d’arme, par essence lourde, sur affut et donc peu mobile ne se prêtait pas un usage « polyvalent » dans son rôle d’appui de l’infanterie. Aussi, une arme d’appui dotée d’une « portabilité » appropriée, dont les prémices précèdent la guerre de quelques années (avec par exemple, les fusils-mitrailleurs Madsen ou Hotchkiss M1909, Benét-Mercié) sera au cœur de la recherche et développement pendant et après la Première Guerre Mondiale.

Héritant de cette situation éclectique et très dégradée par des années de conflits, la première action des Soviétiques sur la voie d’une adoption d’un fusil-mitrailleur indigène sera de commander une « adaptation » de la mitrailleuse Maxim en fusil-mitrailleur. L’idée est évidemment de mettre à contribution les infrastructures de production des mitrailleuses Maxim, existantes en Russie depuis le début du XXe siècle. De même, l’utilisation d’une conception et de pièce commune est un avantage évident d’un point de vue opérationnel et logistique. Cependant, si l’idée était séduisante sur le papier, la mitrailleuse Maxim, utilisant un mécanisme de court recul du canon associé à un encombrant verrouillage « par genouillère », ne se prête que difficilement à l’exercice.

Ce premier fusil-mitrailleur de l’Union Soviétique sera donc sans surprise, profondément imparfait : outre un problème évident de poids et d’encombrement (et ce malgré le choix du refroidissement par air), l’arme ne s’avéra pas particulièrement fiable… Le fusil-mitrailleur MT fut tout de même produit à 2450 exemplaires à Tula (dans l’usine fabricant également la mitrailleuse Maxim 1910) entre 1926 et 1927. Alors que seulement 50 exemplaires du très imparfait MT avaient été produit (et sans doute pas encore intégrés à l’arsenal des forces armées) au 1er Juillet 1926, un rapport du comité d’artillerie stipula très clairement le 31 Juillet de cette même année (soit environ 4 ans après la fin de la Guerre Civile) : « il est devenu évident que l’URSS ne dispose pas d’assez de fusils-mitrailleurs, et que parmi les armes en stock, aucune n’est chambrée pour la cartouche Russe ».

Vassili Alexeïevitch Degtyarev, née à Tula en 1880, commença sa carrière dans l’armurerie en tant qu’apprenti à l’usine de Tula à l’âge de…11 ans ! Il commença ses travaux sur un fusil-mitrailleur de sa propre initiative en 1923. Le fusil-mitrailleur de V.A. Degtyarev sera testé en 1924 et sera remarqué pour son originalité, sa fiabilité, sa cadence de tir et sa maniabilité.

Cette même année (1924), V.A. Degtyarev et V.G. Fedorov seront convoqués à une importante réunion organisée par le « Vice-Président du Comité Révolutionnaire Militaire de l’URSS » (заместитель председателя Реввоенсовета СССР), Mikhaïl Vassilievitch Frounze, un des pères de la pensée militaire soviétique de l’époque. Ainsi, avec l’aide notable de V.G. Fedorov, mais aussi dans son entourage Georgy Semyonovich Shpagin et Sergueï Gavrilovitch Simonov, le prototype de ce qui aller devenir la « Degtyarev Pekhotiny » (comprendre ici, « le Degtyarev d’infanterie ») sera prêt en 1926.

Au moment de son adoption, la mise en production de la DP avait en réalité déjà commencé à l’usine de Kovrov au cours de l’année 1927, avec une première commande de 2500 armes. Le développement de l’arme ne s’arrêtera pas avec son adoption : au cours de l’année 1928, elle sera améliorée notamment du point de vue de sa durabilité (utilisation de meilleurs aciers, emploi de traitements thermiques mieux maitrisés) mais aussi sur l’interchangeabilité des pièces entre les armes, enjeu crucial pour une arme de guerre, surtout prévue pour une production en grande quantité. Car c’est bien le cas de la DP : compte tenu des moyens de l’époque, elle constitue bien une avancée d’un point de vue productique, divisant de façon considérable le temps de travail et la matière consommé par rapport à une mitrailleuse Maxim.

L’arme sera également déclinée en mitrailleuse de char (Degtyareva Tankovy) et d’aviation (Degtyareva Aviatsionny). Le « Degtyareva Pekhotiny Modernizirovanniy » (Degtyarev d’Infanterie Modernisé)ou DPM: version « modernisée » de l’arme adoptée au cours de l’année 1944. Le « Rotnyy Pulemet 1946 » (fusil-mitrailleur de Compagnie 1946) ou RP-46 : il s’agit d’une version de la DPM qui se voit adjoindre un système d’alimentation à bande, qui s’installe, (avec de légères modifications), en lieu est place du chargeur habituel, ce qui permet la conversion à moindre frais des stocks de DPM existant (Photo 08). L’arme se voit dotée par la même occasion d’un nouveau canon (plus lourd) et surtout d’un nouveau régulateur d’emprunt de gaz plus pratique et plus adapté aux spécifications de l’arme.

Au sein de l’Union Soviétique, le fusil-mitrailleur DP passera glorieusement à la postérité, car il fit partie des armes clefs de la Grande Guerre Patriotique. Construit en nombre conséquent avant même la guerre, son atout tactique et ses qualités en feront une arme de prise de choix, aussi bien par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale (sous l’appellation MG 120(r)) que par les Finlandais pendant la Guerre d’Hiver qui précéda le conflit mondial (le conflit Finno-Soviétique débutant pendant la Second Guerre mondiale étant baptisé « Guerre de Continuation »). On la rencontre encore fréquemment sur bon nombre de zone de conflit, et notamment en Afrique ainsi qu’au Moyen-Orient…et même en Ukraine notamment au début du conflit.

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