Le fusil-mitrailleur Kalachnikov a été conçu pour des armées de masse et le combattant moyen, de sorte qu’il est très facile à utiliser et d’un fonctionnement fiable ; il équipe les armées de plus de 100 pays à travers le monde.
Les armes légères à tir tendu sont destinées à atteindre le combattant adverse de plein fouet par pointage à vue directe. Il faut donc que la trajectoire de leurs projectiles soit aussi tendue que possible, pour augmenter la probabilité d'atteinte, en cas d'erreur d'appréciation de distance commise par le tireur.
Toutes les armes en service utilisent des munitions encartouchées. Leurs projectiles sont stabilisés par rotation et propulsés uniquement par effet canon. La cartouche est maintenue dans la partie arrière du canon, appelée chambre, par une pièce de fermeture, appelée culasse. Les gaz de la poudre, emprisonnés dans l'étui, poussent la balle à travers l'âme du canon, et la forcent à prendre les rayures chargées de lui imprimer un mouvement de rotation.
Les opérations nécessaires au tir d'un coup de feu sont au nombre de neuf :
Suivant le principe utilisé pour leur chargement, on distingue :
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Les armes semi-automatiques et automatiques se différencient par leur système de fermeture et le principe moteur utilisé pour assurer leur fonctionnement. On distingue, dans les armes à culasse non calée, les systèmes à inertie utilisant la pression exercée par les gaz de poudre sur le fond de l'étui pour agir sur une culasse coulissante dont l'inertie est seule à assurer la fermeture de la chambre, pendant le trajet du projectile dans le canon. Après le départ du projectile, l'ensemble canon-culasse est manœuvré par des leviers ou des cames solidaires de la boîte de culasse. Dans tous les cas, le retour en batterie des pièces du mécanisme est assuré par un ressort récupérateur.
Les armes à culasse calée se distinguent également par leur système de verrouillage dont la variété est considérable.
Étant au service du combattant à pied, les armes légères doivent le gêner le moins possible dans ses évolutions : marche, course, saut, rampé, accès dans les véhicules ; elles répondent donc à des impératifs de poids et d'encombrement très sévères. Les limites les plus couramment admises, dans ce domaine, sont pour les armes d'appoint 1 kg et 30 cm, pour une arme individuelle de base 4 kg et 80 cm, et pour une arme collective de 10 à 12 kg et 1,2 m en deux éléments au plus.
Comme le fantassin, elles sont aptes au service, en tout temps et en tout lieu. Leur fonctionnement doit, de ce fait, être assuré de - 50 à + 55 0C, sous la pluie, la neige, après passage ou chute dans l'eau, dans la boue, dans la poussière ou sur le sable, qu'elles soient lubrifiées ou encrassées.
Quels que soient les appuis dont il puisse bénéficier - artillerie, blindés, génie, aviation - dans les phases les plus critiques de son combat, l'assaut, la défense rapprochée ou le corps à corps, le fantassin ne peut compter que sur ses propres armes. Elles ont donc le privilège de remplir à faible portée un rôle normalement dévolu à des armes lourdes et encombrantes. Leur puissance spécifique est donc souvent considérable.
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Il faut, enfin, que le combattant à pied puisse atteindre son adversaire quel que soit le mode de locomotion ou de protection qu'il utilise : abris, tranchées, bonds rapides, véhicules blindés ou non, parachute, hélicoptère, avion.
Elles apparurent au xive siècle, peu après la bombarde. Le bâton à feu, ou canon à main, est un tube de fer prolongé par une tige ou monté sur un fût pour son maintien. Il lance de courtes flèches fixées sur un « sabot », puis des balles. La mise à feu se fait en approchant du « bassinet », contenant de la poudre fine (pulvérin), une braise, puis une mèche lente imprégnée de salpêtre. L'inflammation se communique à la « chambre » par la « lumière », percée à travers la paroi du canon.
Bien qu'inférieure, à ses débuts, la nouvelle arme élimine vite l'arbalète - mais non l'arc - pour une simple question de coût : avec son accessoire (treuil, « cranequin ») de mise sous tension, la puissante arbalète de l'époque revenait de vingt à trente fois plus cher.
Se perfectionnant, le bâton à feu devint l' arquebuse (Hackenbüchse), dont le fût s'améliora en crosse ; les modèles puissants reçoivent un croc qui, fiché dans le rempart, absorbe le recul. Mais, surtout, au lieu d'être appliquée à la main, la mèche est tenue par une tige pivotante, le serpentin, qui l'appuie exactement sur le bassinet : toute l'attention peut être consacrée à la visée.
L’assemblage du prototype AK-12 a été achevé en 2012, à Izhevsk, berceau historique de l’usine de Kalachnikov. Il est actuellement concurrencé par l’A-545 (variante de l’AEK-971). Les essais d’État des fusils d’assaut АК-12 et А-545 ont pris fin en janvier 2015. Les fusils d’assaut de nouvelle génération sont conçus pour remplacer les AK-74M et faire partie de l’équipement de chaque militaire russe, appelé « Ratnik » (le guerrier), dont les livraisons à l’armée devraient débuter au printemps 2015.
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Le fusil d’assaut A-545 dépasse l’AK-12 par sa précision et la rapidité de tir, indique un expert militaire. La conception de l’arme a subi des changements majeurs. L’arme a été dotée d’un nouveau mécanisme d’automatisation, une modernisation de la visserie et une nouvelle conception modulaire, offrant une plate-forme pour le développement ultérieur de 20 versions de type civil et militaire. Un troisième mode a été ajouté aux modes de tir simple et de tir automatique : le mode de rafale à 3 tirs.
Son concepteur, Vladimir Viktorovitch Zlobine, a prêté beaucoup d’attention à l’amélioration de l’ergonomie de l’arme : l’augmentation de la puissance de feu, les régimes de tir, le loquet du magasin. Il est possible désormais de manipuler l’arme d’une seule main. La poignée du chargeur de rechange peut être montée aussi bien par la droite que par la gauche. L’arme bénéficie d’un nouvel aspect mécanique et d’un allongement de sa ligne de visée.
L’axe de développement le plus notable de cette arme est sa polyvalence. La conception de l’AK-12 a intégré le rail Picatinny destiné à l’installation d’équipements supplémentaires tels que : collimateur optique, optique de nuit et système de visée laser, télémètre, lance-grenades, lampe, désignateurs de cibles.
Les trois types de générations AK présentent des différences essentielles. Si l’AK-47 était de calibre 7,62 mm , l’AK-74 était de calibre 5,45 mm, et l’AK-12 est compatible avec ces deux calibres à la fois, grâce à ses deux chambres échangeables. De modification en modification, la vitesse de tir a augmenté (600 coups, puis 650 coups, et enfin 680 coups/min.) ; de même pour la portée du tir (de 800 m à 1 000 m, puis à 1 100 mètres).
Au moment où éclate la Première Guerre mondiale, la photographie est encore considérée comme le meilleur moyen de s’approcher de la réalité. On parle d’objectivité irréfutable et, à ce titre, on estime que l’image instantanée est parfaitement adaptée pour rendre compte du nouveau conflit moderne.
La Charge d’une section de zouaves sur le plateau de Touvent. La première vague a été publiée le 19 juin 1915, dans la revue L’Illustration. La rédaction du journal en garantit l’authenticité précisant que la vue a été prise par un soldat au départ d’une attaque : « Cette admirable photographie est la première à notre connaissance qui montre vraiment une charge à la baïonnette » (L’Illustration, no 3772, 19 juin 1915, p.
Ce cliché, de qualité médiocre, montre en légère contre-plongée des hommes qui s’élancent dans une plaine dénudée en passant à côté d’un amas de fils de fer barbelés. Le second cliché a été publié le 15 mai 1915 dans L’Illustration. Selon sa légende, il s’agirait de la prise de l’éperon sud-est de Notre-Dame-de-Lorette, le 15 avril 1915. Cette vue d’ensemble présente de côté une charge de fantassins français. Baïonnette au canon, ils gravissent un terrain en pente pour s’emparer, semble-t-il, d’une position ennemie. L’un d’eux, brandissant son arme, se dégage du groupe et l’entraîne plein d’allant.
Sur le premier cliché, la position du photographe, en retrait par rapport aux combattants et essayant de se protéger, est la seule vraisemblable dans un tel contexte. Tout laisse donc supposer que le document est authentique. Il faut rappeler que les conditions de prise de vue pendant une attaque sont très difficiles et dangereuses. Par la suite, on ne fit guère mieux que ce type d’image. L’affrontement reste donc invisible. Dès lors, à l’époque, pour remplacer ces images manquantes, on procède parfois, à proximité du front ou en arrière des lignes, à des simulations de combat sous le regard des photographes.
Quant au second cliché, plusieurs remarques s’imposent. D’abord, le fait que ces soldats n’ont pas de casque confirme que la scène se passe au début des hostilités. Toutefois, un examen attentif permet de mettre en doute ce que cette image est censée montrer. Les soldats sont trop agglutinés pour participer à un vrai combat : en restant ainsi groupés, ils risquent de se faire tuer plus facilement par un éclatement d’obus ou un tir de mitrailleuse.
Ensuite, on peut constater qu’ils ne sont pas équipés comme le sont normalement les combattants pendant un assaut : ils n’ont pas de barda, mais juste leur fusil et une musette. De plus, et surtout, la composition est bien équilibrée, trop bien... Enfin, le dernier aspect important à noter concerne la question du point de vue. Compte tenu des conditions techniques et des risques multiples déjà signalés, il est impossible de photographier debout, au milieu du champ de bataille. Autant dire que, de toute évidence, nous sommes en présence d’une de ces nombreuses mises en scène dont la fonction signifiante est d’évoquer la guerre de façon héroïque.
Laurent VÉRAY, « Photographier la Grande Guerre », Histoire par l'image [en ligne], consulté le 08/01/2026.
Les agents de la CIA ont réussi à piéger les munitions de leurs ennemis communistes. Un épisode méconnu de l'histoire des opérations clandestines du renseignement américain dans le maquis de la piste Hô Chí Minh. Khe Sanh assiégé en 1968. La machine de guerre américaine se trouve soumise à la pression incessante d'une guérilla déterminée bien que sous équipée. Nous sommes le 6 juin 1968 à la frontière du Vietnam et du Cambodge.
Des soldats américains qui observent l’ennemi sur les lignes adverses - des combattants nord-vietnamiens - sont témoins d’une drôle de scène. Membres du Groupe d’études et d’observations (SOG en anglais), spécialisés dans l’action clandestine du renseignement, ils voient un soldat ennemi épauler, armer et viser dans leur direction. Mais au moment de tirer, l’arme, un fusil d’assaut Type 56 de fabrication chinoise, explose et projette son détenteur à terre !
De visu, les Américains viennent ainsi de vérifier le succès d’une de leurs opérations clandestines les plus audacieuses : le sabotage des armes ennemies. Depuis bientôt dix ans, les États-Unis sont engagés dans le conflit vietnamien où ils tentent de donner un coup d’arrêt à l’expansionnisme communiste.
Le Nord-Vietnam sert de terrain d’expérimentation pour toute la panoplie des armes fournies par le Pentagone, conventionnelles ou non. Campagnes massives de bombardements par les B-52 (plus de 7,5 millions de tonnes d’explosifs, soit plus que le volume total largué par l’aviation américaine pendant la Seconde Guerre mondiale), recours massif aux bombes au napalm, utilisation d’armes chimiques comme un défoliant, l’agent orange ; expériences de changement de la météo… Face à un ennemi qui lui résiste, l’heure, côté américain, est à la créativité tous azimuts.
Au sein de son unité spécialisée dans la guerre de l’ombre, le colonel John K. Singlaub va ainsi développer le projet, en apparence insensé, de saboter les munitions de l’ennemi. Ce Californien, officier de carrière, a un profil qui sort de l’ordinaire. En janvier 1943, à l’âge de 21 ans, il a abandonné ses études pour s’engager dans l’armée. Il est bientôt affecté au sein des forces spéciales de l’Office of Strategic Services (le fameux OSS), créé six mois après l’attaque surprise des Japonais contre Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, qui a provoqué l’entrée des États-Unis dans la guerre. Ce tout nouvel organisme est chargé de collecter des informations sur l’ennemi et de monter des opérations clandestines contre les puissances de l’Axe.
Pour le compte de l’OSS (qui sera remplacé par la CIA à la fin de la guerre), le jeune Singlaub, qui n’est encore que lieutenant, a multiplié les prouesses. Il est parachuté derrière les lignes allemandes dans la France occupée à l’été 1944 pour coordonner et mener des actions de guérilla contre la Wehrmacht en liaison avec les maquis de la Résistance. En 1945, une fois la victoire acquise sur le théâtre européen, il est dépêché en Chine aux côtés des combattants chinois face à l’occupant japonais. La qualité des informations qu’il recueille permettra une rapide libération des prisonniers de guerre occidentaux dans les camps nippons qui sont des mouroirs.
En 1951, pendant la guerre de Corée, ce parachutiste d’exception, alors numéro deux de la CIA à Séoul, essaie des sauts en parachute à très haute altitude pour passer derrière les lignes ennemies en se jouant de la défense antiaérienne. On va le voir durant la décennie suivante participer aux actions clandestines qui se déroulent le long de la piste Hô Chí Minh, au Vietnam, cette route taillée dans la jungle par les forces nord-vietnamiennes pour alimenter en armes les maquis communistes du Sud-Vietnam et du Laos.
C’est dans son autobiographie, Hazardous Duty, publiée en 1991 et qui n’a pas eu de traduction, que John Singlaub raconte comment lui est venue l’idée de rendre inopérantes les armes de l’ennemi. « J’étais frustré qu’on ne puisse s’emparer des munitions que nous découvrions le long de la piste Hô Chí Minh au Laos. » Il n’était pas rare, en effet, que de petites unités de reconnaissance des services spéciaux (deux à trois Bérets verts américains accompagnés par quatre à six soldats laotiens) découvrent dans la jungle des caches ennemies bourrées de tonnes de munitions.
Singlaub réfléchit d’abord au moyen de piéger ces caisses pour les faire exploser à leur ouverture. Mais l’effet resterait limité. Puis il a une illumination : et si l’on sabotait directement les munitions ? Sur la base américaine d’Okinawa, des techniciens de la CIA s’attellent à la mise en œuvre du projet, naturellement secret, auquel le haut commandement a donné le nom de Project Eldest Son (Opération fils aîné). Ils démontent les chargeurs des fusils et mortiers ennemis, examinent comment les saboter pour qu’ils explosent au visage de leurs utilisateurs, s’arrangent pour remonter les munitions sans qu’aucune trace suspecte n’apparaisse.
Les tests sont positifs : à chaque détonation, l’arme est détruite avec une puissance suffisante pour neutraliser son détenteur. Plus de 11 000 chargeurs du Type 56 (la version chinoise du fusil d’assaut inventé par l’ingénieur russe Mikhaïl Kalachnikov), des centaines d’autres pour mitrailleuses lourdes de 12,7 millimètres qui visent les hélicoptères américains, près de 2 000 obus de mortier sont, un à un, démontés, sabotés, puis remontés à la main.
Reste l’essentiel : les faire passer à l’ennemi sans provoquer d’alarme. Des commandos spécialisés (ceux du SOG) vont disperser ces munitions piégées derrière les lignes ennemies, dans des caches, sur des cadavres, dans de faux bunkers ou des sampans abandonnés. Chaque fois, l’opération est périlleuse. Le 30 novembre 1968, un hélicoptère convoyant un de ces commandos est abattu par l’artillerie communiste. Il faudra vingt ans pour que les Américains puissent récupérer les restes des huit hommes qui étaient à bord.
Mais l’opération Eldest Son finit par porter ses fruits. De nombreuses observations confirment de mystérieuses explosions d’armes dans les rangs ennemis. Les hommes du SOG passent alors à la seconde étape, en conduisant une campagne de guerre psychologique. L’objectif est de déconcerter les fantassins ennemis en instillant dans leur esprit le doute sur la qualité de l’armement livré par les Chinois. Ce qui doit permettre, espèrent les équipes du Pentagone, d’ouvrir une brèche entre communistes vietnamiens et chinois.
De faux documents attribués à la direction du Parti communiste vietnamien sont rédigés et distribués, grâce à un agent double, dans les rangs du Viêt-cong. Dans une rhétorique calquée sur celle du Parti, ils signalent des incidents liés aux armes tout en en limitant l’ampleur et la gravité, par souci de vraisemblance.
L’armée américaine laisse ensuite se répandre des rapports de ses propres services sur les faiblesses avérées des fusils d’assaut, faisant état de « défauts de fabrication métallurgique » et de « munitions déficientes ». La très populaire radio américaine au Vietnam, qui est aussi écoutée dans le nord du pays, sous emprise communiste, enjoint aux boys de ne pas utiliser les armes qu’ils trouveraient sur leurs ennemis en raison de leurs défauts.
Grâce à l’interception des communications, les Américains vont pouvoir vérifier que la partie nord-vietnamienne commence à douter de la fiabilité du “grand frère” chinois, soupçonné de faire fi de la vie des combattants du Viêt-cong qui seraient équipés en armes de piètre qualité. Mais, au début de l’été 1969, des journalistes du New York Times et de l’hebdomadaire Time Magazine publient des articles sur l’opération Eldest Son dont ils ont eu vent. L’état-major américain ordonne alors à ses équipes d’y mettre fin.
Le vrai bilan de cet épisode sera difficile à établir. Sur le plan tactique, l’opération, qui mêlait sabotages et désinformation, a été conduite avec brio. Les dommages causés sont réels mais ils n’ont pas été décisifs sur le cours de la guerre. Et l’opinion américaine, devenue impatiente, voudra se désengager d’un conflit lointain et sans véritable enjeu à ses yeux. Président des États-Unis depuis le mois de janvier 1969, Richard Nixon est décidé à rapatrier ses soldats.
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