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Le fusil calibre 16 juxtaposé à crosse anglaise de 1984 est une arme de chasse classique, appréciée pour sa maniabilité et son esthétique traditionnelle. Cet article explore les caractéristiques de ce type de fusil, son contexte historique, et les éléments qui influencent son prix sur le marché de l'occasion.

Contexte Historique de la Fabrication

Pour comprendre l'histoire de ces fusils, il faut se replacer dans le contexte de l’immédiat après-guerre. L’industrie armurière espagnole fut assurément la dernière à fonctionner, autour de son centre historique d'Eibar, au Pays Basque, comme le faisaient encore les grands centres européens de Liège ou de Saint-Étienne, une cinquantaine d'années plus tôt, dans une impressionnante chaîne de savoir-faire et de sous-traitants.

Laurona dans les décennies 70-90 tenta de ménager la chèvre et le chou en lui insufflant une bonne dose de modernisation, mais en vain. Les « bonnes années » de Laurona, au début des années 80 font que l'on trouve encore de nos jours, des quantités d'occasions de cette marque avec des armes d'un bon rapport qualité-prix, pas toujours géniales côté esthétique, mais solides et endurantes.

La firme ne se différencie de l'intense production du bassin d'Eibar qu'en 1960 quand elle déménage de la rue des Jardins vers la colline de Mutazegui, et où elle s'adjoint de nouveaux associés, dont Fernando Martin, un commercial de chez Star qui la rejoindra complètement en 1971 pour inspirer une forte dynamique vers l'export adossée à un superposé développé à partir de 1965 par Eduardo Iraegui, ancien ingénieur de chez Star également.

Ce modèle 67, se différenciait de ce qui se faisait déjà, mais de manière artisanale (chez Sarasqueta par exemple) par une fabrication ultra moderne à l'époque de microfusion, associée à un chromage dur, une première en Espagne, après accord et brevet avec le groupe allemand Fiedrich Blasberg.

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Ce superposé, continuellement amélioré (1973), déboucha sur des modèles sport (1983-1985), nantis de chokes amovibles, adaptables (silhouette), aux côtés d'une production large de juxtaposés Anson ayant fait leurs preuves, de fusils à platines H/H, des mixtes (12+9,3X74R) des carabines renommées (Pizzaro, Savana) doubles ou simples, parfois à base de canons belges Delcour.

La particularité un peu anachronique dans les années 80, était de fonctionner comme le faisaient cinquante ans avant Liège ou St-Etienne avec des assembleurs très professionnels et polyvalents jonglant d'une machine-outil à l'autre pour faire des petites séries abouties qui font d'ailleurs le charme du marché de l'occasion où elles se vendent une bouchée de pain.

Vous trouvez par exemple pour les juxtaposés (voir ci-dessus) des armes très ressemblantes, mais qui ont des petites différences, et où, ne serait-ce qu'à l'œil pour les gravures, de petites erreurs, fleurant bien la « patte » d'une finition manuelle.

Un bon exemple de la complexité de la chaîne de sous-traitants est illustrée par la fabrication du superposé précité dont les canons (âme de 18.5 classiques de l'époque des débuts du ball-trap) en acier forgé F125 venaient de chez Transmeca (Barcelone), la microfusion de chez Ardesa en Biscaye ou Ecrimesa (Santander) avant d'arriver à Eibar.

Un vaste bassin armurier où on trouvait chez Campana, du gros ouvrage comme les monoblocs frettés et soudés et bandes en alliage d'argent à 45%, mais aussi plein de petites pièces : les ressorts (Panpo), les percuteurs (Agitor), broches et tiges-guides (Ascasibar), plaques de crosses en bakélite (Arranaga) ou caoutchouc (Barrena).

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Les bois arrivaient de France, Turquie, Azerbaïdjan, en grosses billes débitées par la scierie Mutiloa, mises à sécher un an, avant d'être ébauchées à l'usine sur des machines numériques permettant d'en faire huit d'un coup !

Le volume brassé permettait d'adapter la production à une échelle de grades d'un écart considérable passant de mille...à cinquante mille pesetas pour le meilleur de l'arbre, les deux premiers mètres, au plus près de l'aubier des noyers les plus remarquables, dont la « loupe » était parfois utilisée pour l'ornementation des tableaux de bord des voitures de luxe.

La finition s'effectuait de manière classique, ajustage final à la sanguine sur les fusils encore montés « en blanc » avant de partir au banc d'épreuve. Sur le toit de l'établissement, il y avait un tunnel de 28 m permettant, avant d'aller plus loin, de vérifier la convergence.

La soudure à l'argent ne pardonnait pas l'erreur, les canons défectueux étaient refusés. La microfusion permettait de gagner du temps sur la fabrication de petites pièces (détentes, déclencheurs, verrous) demandant peu d'usinage.

Il s'agissait de créer une matrice moulant la pièce à reproduire donnant une copie en cire enduite ensuite de plusieurs couches de céramique, où par un petit trou, on coulait de l'acier en poudre ou microbilles, sous pression qui faisait fondre et prenait exactement la place de la cire. On avait ainsi une pièce brute à des cotes précises dans un acier contenant peu de fibres.

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Les premières difficultés de l'entreprise virent le jour avec l'arrivée simultanée de la production turque et brésilienne, et surtout la crise de la peseta maintenue artificiellement à un niveau élevé qui nuisit à l'export et joua certainement dans l'arrêt (1988) de la sous-traitance pour Winchester.

Dès 1982, la Généralité avait proposé un plan de reconversion pour les industries métallurgiques du secteur, mais difficile à appliquer, car mettant sur le même pied les petits artisans et une grosse boîte comme Laurona dépassant les 150 emplois.

Mais surtout, tout ce bassin, contrairement à ce qui se passait autour de Brescia, de l'autre côté de la Méditerranée, ne parvint pas à prendre le train en marche de la fabrication de semi-automatiques fiables, alors en plein boom.

Les grèves de l'été 1984, où durant plus d'un mois, les ouvriers bloquèrent la production, entraînèrent un climat social difficile, où les meilleurs éléments, les graveurs notamment, sentant le vent tourner, trouvèrent facilement où se recaser tant il y avait encore d'ateliers répartis dans toute la zone.

Caractéristiques et Fiabilité

Les Zabala ne sont pas réputés pour leur apparence ou leurs finissions. Néanmoins, les fusils Zabala ont l'avantage d'être très sérieusement conçus, éprouvés depuis des décennies et fabriqués avec beaucoup de sérieux. De plus, les fusils Zabala sont proposés à des tarifs formidablement attractifs au regard de leurs qualités de fond.

Maintenance et Réparation

Tous les problèmes de détentes trop dures, de crosses trop longues bien qu’ennuyeux sont faciles à réparer si on a accès à un armurier compétent, et un peu de patience. Parfois, c’est un problème difficile à identifier, mais les canons non réglés sont rédhibitoires sur un juxtaposé.

Expériences de Chasseurs

Plusieurs chasseurs partagent leurs expériences avec différents types de fusils :

  • Un chasseur utilise un juxtaposé calibre 28, crosse anglaise, et trouve la visée plus efficace pour le gibier au sol.
  • Un autre préfère les juxtaposés en calibre 12 pour le tir de lapins, lièvres, chevreuils et sangliers.
  • Un chasseur utilise un Zabala Hermanos pour le pigeon et le trouve pas mal.

Comparaison avec d'Autres Marques

Outre le Zabala Hermanos, d'autres fusils sont mentionnés :

  • Chapuis R-progress crosse anglaise juxtaposé en calibre 12/70 bande plume et contre platine de 2.9kg.
  • G.E. Lewis a chiens a canons damas fabrique a Birmingham en 1875.
  • Petit juxtapose de St.Etienne Plotton et Barret en calibre 32 (14mm).
  • Darne R13.
  • Falcor du grand-père.
  • Fusils superposés Beretta et Unifrance.

Verney Carron fait fabriquer ses juxtaposés ( anciennement Jet 12, 16 et 20 et aujourd'hui Vercar ) par Zabala.

Tableau Récapitulatif des Fusils Mentionnés

Marque et Modèle Type Calibre Caractéristiques
Zabala Hermanos Juxtaposé Variable Basique, années 60-70
Chapuis R-progress Juxtaposé 12/70 Crosse anglaise, bande plume, contre platine, 2.9kg
G.E. Lewis Juxtaposé Variable À chiens, canons damas, fabriqué à Birmingham en 1875
Plotton et Barret (St. Etienne) Juxtaposé 32 (14mm) Petit modèle

Modifications et Personnalisation

Il semblerait que la production soit similaire et les systèmes de poussoirs pour démonter les canons semblent similaires et il n' y a pas les suretés qui sont devenues obligatoires sur les productions récentes. J'ai éliminé définitivement celle de mon Huglu.

Le Zabala et le Marché de l'Occasion

En seconde main, les fusils Zabala sont de surcroît le plus souvent proposés à des prix quasiment dérisoires.

Un Exemple Historique: Le "Costo" de Manufrance

Il y a plus de 40 ans, j'ai eu la chance de trouver chez un petit armurier de province, un " COSTO-SUPER " en cal 16, remis à neuf par un " Meilleur ouvrier de France ". Un vernis au tampon magnifique et un jaspage brillant resplendissant (sans gravure, c'était le modèle de base), m'avaient poussé à acheter cette merveille.

Je me suis aussitôt demandé pourquoi un Meilleur Ouvrier de France s'était surpassé sur un fusil à l'appellation franchement Franchouillarde... Curiosité aussitôt satisfaite par l'armurier qui m'a révélé qu'il s'agissait en fait d'un "Robust Idéal Manufrance", mais sans plus de précisions.

Mais de nature curieuse, J'ai aussitôt écrit à la "Prestigieusissime" Manufacture d'armes et cycles de ST Etienne " qui n'avait pas encore été ruinée par des intérêts douteux sur lesquels je ne m'étendrai pas... La réponse fut rapide, professionnelle et précise :

"" Pendant l'occupation Allemande de 1940 à 45, Manufrance a continué à produire ses armes de chasse, mais au ralenti ; et ne pouvant malheureusement pas garantir une constance de production pendant ces années plus que troubles, nous avons préféré en changer les appellations : Costo pour le Robust ; Costo-Super pour le Robust Idéal, et Super pour l'Idéal."

Mon splendide Costo-Super m'a donné plus que satisfaction. Je dois avouer qu'à l'époque, je ne chassais plus, mais je tirais des plateaux d'argile dans une prairie des Vosges appartenant à la Mère de ma Femme ; (Avec un lanceur à pied de deux plateaux en même temps,acheté chez le même Manufrance).

Donc, tous les possesseurs de " COSTO " savent qu'ils ont un fusil chargé d'histoire et ayant bravé les troupes d'occupation : fusil ROBUST MANUFRANCE ayant fait, comme PAPY, de LA RESISTANCE... Ils devraient avoir une médaille !!!

Au moment de satisfaire aux "caractéristiques", j'ai eu des doutes et suis allé consulter mon catalogue MF d'époque (PAS une reproduction ; j'en ai une aussi), Donc, pas de bretelle automatique, chambres à 65, extracteurs et surtout, SURTOUT, canons intérieurs " PARACHROMES " comme toute la production MF. J'ai cherché la date de mon catalogue et je l'ai retrouvée sur des bons d'envois imprimés, détachables ; " SEPTEMBRE 1921 !!! " . Déjà, à l'époque, MF faisait chromer l'intérieur de ses canons.

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