Depuis les premiers outils de chasse jusqu’aux armes sophistiquées du Moyen Âge, l’humanité n’a cessé d’innover. Parmi toutes les époques, le Moyen Âge demeure sans doute la plus emblématique en matière d’armement. Imaginez-vous, au XIIIe siècle, dans la peau d’un forgeron façonnant à la main l’épée d’un seigneur. Un savoir-faire transmis au fil des années par un maître expérimenté, un métier exigeant où chaque arme - épée, masse ou bouclier - était unique. Jusqu’à l’arrivée des armes à poudre au XVIe siècle, l’épée symbolisait la puissance, le courage et l’honneur. Utilisée au corps à corps, elle était bien plus qu’une arme : un emblème. Aujourd’hui encore, elle séduit les passionnés de reconstitution historique, d’escrime médiévale ou de combat médiéval contemporain.
Dans la chaleur d’une forge où rougeoient les charbons de son four, la forgeronne, protégée par d’épais gants de cuir, saisit à l’aide d’une pince une barre de métal à l’éclat presque blanc. Le forgeron est à l’origine de presque tous les objets réalisés à partir de métal. Traditionnellement, les activités du forgeron sont séparées de celles du bijoutier. Une ligne fragile et floue qui n’est pas toujours aisée à maintenir pour des raisons d’équilibrage.
Ainsi, il est attendu qu’un forgeron fasse le choix entre les activités de forge et celles du bijoutier, qui est donc une variante. De même, un forgeron d’un village Vellabriais n’est pas nécessairement aussi porté sur la fabrication des armures qu’un forgeron travaillant pour l’Ordre Phalangiste ou la Légion Royale. Au quotidien, le forgeron a besoin d’un certain nombre d’outils pour chauffer, manipuler et sculpter le métal. Tous ces objets ne sont pas techniquement requis pour réaliser les crafts en jeu. Cependant, leur présence et leur entretien participent à l’esthétique du jeu de forgeron. Obtenez-les afin de justifier le travail de votre personnage et n’oubliez pas de donner une atmosphère propre à sa forge ! Ils permettent d’allumer et d’entretenir l’âtre. Celle-ci doit atteindre de hautes températures pour fondre aisément le métal. Il est donc nécessaire de l’alimenter avec du charbon en quantité.
La liste des créations des forgerons est longue. Le forgeron peut faire des clefs & serrures en fer et en acier mais il a besoin des ingénieurs pour les clefs de meilleure facture. Le bijoutier a besoin de la plupart des outils du forgeron, mais souvent à plus petite échelle afin de pouvoir travailler sur les ouvrages plus minutieux.
La fabrication des armes occupa naturellement au Moyen Age un grand nombre d’ouvriers ; il arriva même parfois, tant les guerres étaient fréquentes, que la fabrication des armes fût insuffisante. En 1412, pendant les terribles guerres civiles qui ensanglantèrent alors la France, les commandes d’armes étaient si nombreuses qu’à Paris les armuriers n’y pouvaient suffire. Cette profession était aussi parmi les métiers une des plus considérées. Cette fréquentation de la noblesse détermina dans les statuts de ces corporations des articles qui sont particuliers à ces métiers.
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Pour la fabrication des armes de guerre, il y eut au Moyen Age à peu près autant de métiers qu’il y avait de pièces dans l’habillement militaire. Tous ces métiers finirent par se fondre, vers le XVe siècle, en une seule corporation qui prit le nom d’armuriers. A Paris, ils étaient presque tous groupés dans une rue qui s’appelait la rue de la Heaumerie, ainsi nommée d’une maison où pendait pour enseigne un heaume. Au XVIe siècle, ces armuriers étaient devenus prodigieusement habiles ; ils faisaient des armures si bien combinées, où il y avait si peu d’endroits par où pût se glisser la pointe d’une flèche ou la lame d’une épée, que, si l’on en croit l’historien Tavannes, dans un engagement où deux cents chevaliers étaient aux prises, au bout de deux heures, il n’y en avait encore que quatre d’entre eux restés sur le carreau. Mais ce furent les derniers beaux jours des armuriers, car l’emploi des armes à feu fit bientôt disparaître les armures.
Du vieux costume militaire du Moyen Age, il ne subsista que la cuirasse, et, au milieu du XVIIIe siècle, la corporation des armuriers s’éteignait. Tout ce qui précède ne concerne que les armes défensives. La fabrication des armes blanches était le monopole des fourbisseurs. Cette énumération contenait d’ailleurs le nom d’un grand nombre d’armes dont on ne se servait plus à cette date. On ne voit plus en effet figurer dans l’armement des soldats de la guerre de Trente Ans ni le braquemart, qui était une épée courte et large, ni la miséricorde, sorte de poignard, ni la javeline, ni la vouge, sorte de hallebarde au fer très allongé, ni l’épieu, dont on ne se servait guère qu’à la chasse, ni la hache, ni la masse.
Enfin restent les armes de trait. Parmi les fabricants de ces armes, on eut d’abord les arctiers, qui faisaient les arcs ; il y en avait de plusieurs sortes : les arcs français, faits de bois d’érable, de viorne, ou d’if ; les arcs anglais, plus longs que les nôtres, et les arcs turquois, constitués par deux cornes soudées l’une à l’autre et dont les pointes étaient réunies par un ressort d’acier. Toutes ces armes lançaient à une centaine de mètres au plus des flèches de 50 centimètres de long, empennées de plumes de poule, et munies d’une forte pointe métallique. Puis vinrent les arbalétriers, qui fabriquaient une arme déjà plus redoutable, car elle envoyait à la distance de deux cents pas des gros traits dits bougeons ou bougons, préparés par les bougeniers ou bougonniers.
Mais, au XVIe siècle, arc et arbalète disparurent devant les armes à feu, devant l’arquebuse, qui fut, à la fin du XVIe siècle, remplacée par le mousquet et au XVIIe par le fusil. Ces arquebusiers furent souvent de véritables artistes, et ils firent pour nos souverains des armes qui sont à la fois des armes excellentes et des chefs-d’oeuvre de ciselure et de damasquinure. Une occasion de se distinguer dans leur art était fournie à ces industriels par la coutume où était la ville de Paris d’offrir au Dauphin ses premières armes.
Pascal Turpin est Taillandier d’Armes, l’un des 4 derniers en France. Autant dire qu’il a un savoir-faire peu courant. Et pourtant, ce n’était pas sa vocation. Le Taillandier d’Armes est donc un Maître Artisan qui réalise des objets taillants et tranchants (dagues, épées, armes médiévales, etc..). Avant 1573, on appelait ces personnes des « fourbisseors ou des fourbisseurs ». Puis en 1573, par un décret royal, on distingue la fabrication (fait par le taillandier) et le montage (effectué par le fourbisseur). Ils exerçaient tous deux dans une Taillanderie.
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A partir du 17e siècle (sous Louis XIII), les Taillandiers d’Armes vont commencer à disparaitre. Louis XIII va créer des grandes manufactures car les régiments (les mousquetaires du roi, par exemple) sont régis par des règlements (tenues règlementaires, etc..). Les Taillandiers sont donc intégrés dans des manufactures (kligenthal, Saint-Etienne, Tulles, Versailles, etc…). C’est à Versailles qu’on produisait les plus belles armes du 1er empire.
Comme le veut la tradition, il a été nommé en place publique par son maitre d’apprentissage, comme cela se faisait au Moyen-Âge. Et comme le veut aussi la tradition, c’est lui qui est venu allumer le feu dans sa forge. Les gens d’un certain rang entraient à cheval dans les églises. Il a le droit de rester couvert devant un roi et de le tutoyer. Il peut aussi faire du feu dans une église. Et dernier privilège, il peut se faire enterrer avec son épée et ses outils.
Aujourd’hui, où le port des armes de guerre est prohibé, les armes à feu et les armes blanches destinées à l’armée sont fabriquées dans des manufactures qui appartiennent à l’État et sont dirigées par ses officiers d’artillerie. Ce fut la ville de Saint-Etienne qu’on choisit pour y concentrer cette industrie, parce que, depuis le XVe siècle, on y trouvait des artisans qui s’étaient fait connaître par leur habileté dans cet art. Louvois, au XVIIe siècle, y avait en outre développé la fabrication des mousquets. En 1784 fut organisée dans cette ville la première manufacture d’armes ; elle est restée la plus importante ; dans ses immenses ateliers, des machines-outils y fabriquent chaque jour, en grand nombre, de préférence des fusils.
L’État a deux autres grandes manufactures : l’une, installée à Châtelleraut en 1869, fait les sabres et les épées, les fusils avec le sabre-baïonnette et les cuirasses, l’autre est celle de Tulle ; dans cette ville, il y eut dès 1696 une usine à canons de fusil dont les produits étaient vendus aux colonies par l’intermédiaire des armateurs de Bordeaux. De bonne heure l’État prit l’habitude de conserver dans des établissements spéciaux le matériel de guerre. On appelle ces dépôts arsenaux ; on y fait aussi les réparations. Les premiers de ces arsenaux en France remontent à François Ier ; celui de Paris était le plus important ; les bâtiments qu’il occupait sont aujourd’hui devenus une des grandes bibliothèques de la capitale.
Pour remercier Dieu de cette victoire décisive sur les Maures, Charles-Martel aurait fait construire en ce lieu sauvage appelé Fierbois ( ferus bocus ) une petite chapelle, dédicacée à sainte Catherine d'Alexandrie, patronne des soldats. En ex-voto de purification, il y déposa, derrière l'autel, son épée. En effet, il est bien évident que si Charles Martel doit faire bâtir la chapelle de Fierbois, cela a dû prendre un certain temps... Il n'a donc pu y déposer son épée à la fin de la bataille... Et Suzanne Citron explicite là encore la fabrication du mythe...
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L'épée était-elle bien visible, ou en partie masquée (par son fourreau ?) lors du passage de la Pucelle ? - L'épée est visible, mais Jeanne ne la reconnait pas. ( Peut-être même ne la connait-elle pas du tout ! caractère miraculeux de cette découverte ! Qui l'a donc informée au sujet de cette arme ?
- Cette épée était en terre, toute rouillée et la garde était ornée de cinq croix. Je sus qu'elle se trouvait là par mes voix, et l'homme qui l'alla chercher ne l'avait jamais vue. J'écrivis aux ecclésiastiques dudit lieu qu'ils voulussent bien m'envoyer cette épée, et ils me l’envoyèrent. Aussitôt après que l'épée eût été trouvée, les ecclésiastiques dudit lieu la frottèrent, et aussitôt la rouille tomba sans difficulté. Ce fut l'armurier de Tours qui l'alla chercher. Notons tout d'abord la contradiction dans ce texte : d'abord, il est dit qu'on lui envoie l'épée, et quelques lignes plus loin, que c'est l'armurier de Tours qui vient la chercher...
Pendant trois siècles, L’Europe est travaillée par l’effort de construction des états-nations concurrents. La guerre exprime la puissance terrifiante et protectrice du souverain, fût-il, à l’extrême, le peuple, délimite des frontières linéaires qui se substituent peu à peu aux mosaïques indéfendables des relations de suzeraineté, contribue à unifier les peuples. Elle est indissociable des révolutions industrielles, de l’émergence du capitalisme, de l’existence de la classe ouvrière.
« L’armement du peuple » sera théorisé par Clausewitz : à propos de « l’accroissement inouï de la masse des armées grâce à ce système [des réquisitions] et à la conscription universelle, et l’emploi de milices », il note : « la nation qui fait un usage judicieux de ces moyens acquerra une supériorité sur ceux qui négligent de s’en servir ». A la veille de 1789, la France a environ 150 000 hommes sous les armes, effectif élevé jusqu’à 250 000 en temps de guerre, 500 000 en 1793. Les effectifs ne diminuent que très provisoirement après 1815 : l’armée du Second Empire comprend 650 000 hommes dont 250 000 en état d’entrer en campagne. L’ère des armées nationales annonce ainsi celle des mobilisations générales, mais s’en distingue nettement.
Les régiments multipliés sont organisés, uniformisés, contrôlés. En France, du « Secrétariat de la guerre » au XVIIe siècle, au « Conseil » puis au « Comité de la guerre », plus secret, au XVIIIe, la guerre est la prérogative d’un petit nombre autour du souverain. C’est le temps d’une intense mise en ordre par les textes, notamment après 1673, en partie sous l’impulsion de Vauban.
La guerre elle même est « réglée ». Le « De Jure ac Pacis » d’Hugo Grotius paraît en 1625, le « Droit de la Nature et des Gens » de Pufendorf en 1672. Le droit contribue à mettre la guerre en forme, on dirait presque en scène. La stratégie trouve bientôt ses principes universels, résultat de l’apparition d’écoles d’officiers, dont le modèle est donné en 1616 par la Schola militaris ouverte par Jean de Nassau dans sa capitale, Siegen, à 75 kilomètres de la confluence de la Sieg et du Rhin. L’École militaire de Paris ouvre en 1751.
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