L'utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD ou flash-ball) par les forces de l'ordre lors des manifestations des "Gilets jaunes" a suscité de vives controverses et soulevé de nombreuses questions.
Le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête après la blessure à la tête d'un gilet jaune lors d'une manifestation. Depuis le début du mouvement, la plupart des blessures les plus graves sont liées à l'utilisation des flash-balls, une arme non létale mais dangereuse.
Description d'un cas de traumatisme oculaire induit par l'utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD40) dans le contexte des manifestations Gilets Jaunes en décembre 2018. Lors de la manifestation Gilets Jaunes du 8 décembre 2018 à Paris, un homme de 40 ans a subi un traumatisme oculaire droit par tir direct de LBD40. L'examen initial a montré une acuité visuelle à "perception lumineuse" et un aspect de contusion oculaire à globe fermé avec un oedème rétinien majeur. L'évolution spontanée a montré une fibrose et une atrophie maculaire englobant tout le pôle postérieur avec une rétraction vitréenne périphérique. Un décollement de rétine périphérique nasal est apparu associé à une hypotonie.
Ce cas clinique illustre un traumatisme oculaire majeur lié au LBD40 avec perte fonctionnelle de l'oeil. Ces armes ne doivent pas être utilisées en visant la tête car si le globe oculaire est touché, les dégâts ne sont pas récupérables.
Face à la polémique, le directeur général de la police nationale, le préfet Eric Morvan, a envoyé un télégramme à ses troupes. Le lanceur de balles de défense de calibre 40 mm (LBD 40) "peut être employé lors d'un attroupement (...) en cas de violences (...), à l'encontre des forces de l'ordre" ou "si elles ne peuvent défendre autrement le terrain qu'elles occupent".
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"Le LBD peut constituer une réponse adaptée pour dissuader ou neutraliser une personne violente et/ou dangereuse", ajoute-t-il. Mais le préfet "demande" aux policiers "de veiller rigoureusement au respect des conditions opérationnelles" de cette arme. "Les intervalles de distance (...) doivent être respectés." Le policier manipulant le LBD 40 "ne doit être porteur que d'un seul type de munition".
La préfecture confirme l'usage de flashball ce samedi mais évoque une situation particulière dans un contexte de risque de pillage de l'Apple Store. La scène est tournée à l'angle de la rue Sainte-Catherine à proximité du magasin Apple Store. Un gilet jaune masqué apparaît sur l'image. On voit qu'il fuit les forces de l'ordre qui arrivent derrière lui. L'un des policiers le met en joue avec une arme, un flashball ou LBD, lanceur de balle de défense. La vidéo s’arrête alors quelques secondes, et la caméra se tourne vers le manifestant. Il est à terre, la tête en sang et sera évacué par les pompiers quelques minutes plus tard.
Mobilisation des gilets jaunes à Bordeaux : un manifestant blessé lors d'un tir de flash-ball Le manifestant a t-il été victime directement du tir policier ou s'est-il blessé en chutant à terre ? Impossible à dire. Côté préfecture on nous a confirmé que les policiers avaient fait usage de flashball mais dans un cadre très particulier : la protection de l'Apple Store que des casseurs avaient l'intention de piller.
"Les forces de l'ordres ont fait preuve de discernement" explique la préfecture. Elle rappelle aussi qu'une passante a été blessée par un jet de canette en verre lancée par un manifestant, place de la Comédie.
Le préfet de Nouvelle-Aquitaine a saisi la police des polices, pour éclaircir les circonstances dans lesquelles un homme a été blessé lors de la manifestation de Gilets jaunes à Bordeaux ce samedi. Il a été touché à la tête, peut-être par un tir de balle de défense.
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Comme depuis le début du mouvement, Bordeaux est une des villes où la contestation est vive. 6.000 Gilets jaunes selon les chiffres de la Préfecture, beaucoup plus selon les manifestants, ont défilé ce samedi dans les rues du centre-ville. Trois blessés ont été recensés et 41 personnes interpellées.
Un policier a été mis en examen près d'un an après la grave blessure à la tête d'Olivier Béziade, un gilet jaune originaire de Bazas. Le policier n'a pas été placé sous contrôle judiciaire ni suspendu de ses fonctions. Les manifestants ont été repoussés loin de l'hyper-centre où se déroulait la braderie. Des affrontements ont éclaté dans le secteur de la gare.
De nombreuses personnes ont été victimes de tirs de lanceurs de balles de défenses (LBD), notamment de flash-ball, utilisées par les forces de l'ordre en marge de l'acte 9 de la mobilisation des Gilets jaunes. L'Inspection générale de la police nationale a d'ores et déjà été saisie sur l'un des incidents, à Bordeaux.
A chaque nouvel acte de la mobilisation des Gilets jaunes , son lot de violences et de victimes. Celui de samedi, l'acte 9, n'a pas dérogé à la règle, même si les autorités ont relevé une baisse du nombre d'incidents et ont compté 208 gardes à vue en France, contre 281 gardes à vue pendant l'acte 8.
Le ministère de l'Intérieur a répertorié des échauffourées à Paris, à Bourges, Nantes, Toulouse ou encore Bordeaux. A Bordeaux, un Gilet jaune touché par des policiers qui protégeaient l'Apple store. Les images d'un manifestant frappé en plein visage par un tir de flash-ball dans le centre de Bordeaux ont notamment fait le tour des réseaux sociaux.
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Contactée par Libération et France Bleu , la préfecture de Gironde, confirmant l'usage du flash-ball, assure que les forces de l'ordre sont intervenues car des "Gilets jaunes essayaient de casser les vitrines de l’Apple store".
"Un groupe d'individus avec un profil de type casseurs se trouvait à proximité de l'Apple store, et le gérant a appelé le 17 qui est intervenu", explique encore le parquet. Alors que le Gilet jaune touché était toujours dans le coma, la préfecture a annoncé lundi après-midi la saisie de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN).
Ailleurs, plusieurs vidéos, mises en ligne sur les réseaux sociaux sans toujours être confirmées par des journalistes ou les autorités, montrent des manifestants touchés au visage par des tirs tendus de LBD ou de flash-ball. Ainsi, à Paris, où avait lieu le plus gros rassemblement (8.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur), au moins deux manifestants auraient ainsi été blessés au visage lors d'affrontements autour de l'Arc de Triomphe et sur les Champs-Elysées.
En marge du rassemblement de Bourges , où plus de 6.000 personnes s'étaient réunies à l'initiative de deux figures du mouvement Priscillia Ludosky et Maxime Nicolle, deux Gilets jaunes de 17 et 28 ans ont été blessés par des tirs de LBD, selon l'AFP. Les deux victimes avaient tenté d'entrer dans le centre-ville, dont l'accès avait été interdit par les autorités.
A Paris, Pierre Angelergues et Axel Roux, qui couvraient la manifestation pour le site Konbini, ont été touchés par des tirs de LBD samedi après-midi. Ils étaient pourtant équipés de brassards "presse". A La Rochelle, Xavier Léoty, un photographe qui travaille pour l'AFP et Sud Ouest, a, lui, été visé par un tir de LBD samedi soir à la fin de la manifestation, dans la confusion des affrontements entre Gilets jaunes et policiers.
Depuis le début de la mobilisation, l'usage des LBD est régulièrement dénoncé par les Gilets jaunes. Comme l'explique Georges Moréas, commissaire de police honoraire qui tient le blog "Police et cetera " sur le site du Monde, un lanceur de balles de défense est "une arme destinée principalement aux policiers pour qu'ils puissent se sortir rapidement d'une situation dangereuse, en cas de légitime défense".
Les policiers peuvent utiliser cet équipement en dehors de la légitime défense, mais dans des conditions très strictes, qui ont été révélées en mai 2017 par le site d'activistes Taranis News . Ainsi, les policiers doivent respecter une distance minimale de 10 mètres et n'ont pas le droit de tirer au-dessus des épaules ou dans "la région du triangle génital".
À la suite de ces nouveaux faits, une pétition, mise en ligne sur la plateforme change.org, réclame même l'ouverture d'une enquête de l'ONU sur "les violences policières envers les Gilets jaunes". Le texte, publié dimanche, avait été signé par près de 12.900 personnes lundi à 17 heures.
Personne, au juste, n’en sait rien. Tandis que certains évoquent 80 à 90 personnes sérieusement touchées, le ministère de l’Intérieur se refuse, pour l’heure, à confirmer le moindre chiffre. Au total, et sans plus de précisions, le gouvernement déplore officiellement 2 000 blessés côté manifestants, un millier chez les forces de l’ordre. Selon une source policière, au moins cinq personnes ont encore été grièvement blessées samedi dernier, « vraisemblablement » victime de lanceurs de balles de défense (LBD).
Si le terme générique de Flash-Ball continue d’être employé, c’est pourtant une nouvelle génération de gomme-cognes qui, progressivement depuis trois ans, équipe les forces de l’ordre. De fabrication suisse, le LBD-40 est d’ailleurs censé remédier au manque de précision du Flash-Ball français. Plus puissant, avec une portée 30 à 40 mètres , il est également muni d’un viseur électronique.
Si l’on en juge par un rapport de l’IGPN - la police des polices - ils y auront eu recours 2 495 fois en 2017, soit une hausse de 46 %. L’arme, pourtant, n’est pas mise dans les mains du premier policier venu, puisqu’une formation de six heures est à renouveler tous les trois ans.
Davantage qu’aux gendarmes mobiles ou aux CRS, rompus au maintien de l’ordre à grande échelle, c’est aux membres des BAC (brigade anticriminalité) que l’on reproche, de toute façon, un usage plus tourné vers l’attaque que la défense. Sans les nommer directement, le Défenseur des droits pointe depuis un an le paradoxe de cette arme qui rassure a priori les policiers craignant la bavure. « Son caractère non létal conduit les agents à l’utiliser avec moins de précaution que les armes traditionnelles. » Et Jacques Toubon de réclamer, une nouvelle fois, ce mercredi, son interdiction lors des opérations de maintien de l’ordre, quand bien même la Cour européenne des droits de l’Homme a rejeté un recours des gilets jaunes, le 18 décembre dernier.
Depuis son apparition en France, voilà déjà un quart de siècle, le Flash-Ball aura fait une victime. Mustapha Ziana, visé, en 2010 à Marseille, par un tir à moins de 5 mètres.
Le lanceur de balles de défense, arme dont disposent les forces de l'ordre, fait polémique en raison des blessures graves attribuées à son utilisation lors des manifestations des gilets jaunes depuis novembre 2018. Le Défenseur des droits demande son interdiction, ce que refuse le ministère de l'Intérieur, qui a reconnu quatre "pertes de vision" consécutives à des tirs de LBD sur des manifestants.
Le jeune homme de 16 ans ne retrouvera pas l'usage de son oeil gauche malgré une opération qui a duré six heures, selon les médecins, révèle ce lundi BFMTV.
Jean-François Martin, un étudiant en géographie, avait été "très probablement" blessé par un tir de LBD lors d'une manifestation en 2016, perdant l'usage d'un oeil.
Olivier Béziade, un pompier volontaire girondais qui manifestait en janvier 2019, avait été atteint par un tir de LBD à la tête. Le policier reconnaît son tir.
En 2018, 25 personnes ont souffert de blessures oculaires, causées par les lanceurs de balle de défense, contre seulement une l'année précédente et deux en 2016.
En 2012, Florent Castineira avait été blessé par la police qui prenait en chasse un homme réfugié dans la foule.
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