Le Flash-Ball est une arme non létale, c'est-à-dire qu'elle n'est pas censée tuer. Elle lance des balles en caoutchouc, des balles colorantes, des chevrotines ou des balles lacrymogènes. Flash-Ball est une marque déposée, cette arme est fabriquée en France par Verney-Carron, une entreprise basée à Saint-Étienne.
C'est une invention française, celle de Pierre Richert, un expert en balistique qui l'a créée en 1990. Le Flash-Ball utilisé par la police et la gendarmerie en France est le "superpro", il a deux canons superposés.
Pourtant, le Flash-Ball est souvent critiqué. Une vingtaine de blessés depuis 2004 et un mort. En 2010 à Marseille, un homme avait été blessé au thorax alors que la police tentait de contenir une rixe, il était mort quelques jours plus tard.
Le plus souvent les tirs de Flash-Ball blessent les yeux. Au moins trois personnes ont perdu un œil. Il est interdit de viser la tête et la distance minimale doit être de 7 mètres. Les policiers avouent ne pas être assez formés.
La Commission nationale de déontologie de la Sécurité déconseille de l'utiliser pendant les manifestations car il n'est pas très précis. Les membres de la commission concluent que "les risques qu’un projectile atteigne une personne se trouvant à proximité de la personne ciblée ou bien touche la personne ciblée à un endroit vulnérable de son organisme sont donc importants, notamment lorsque le Flash-Ball est utilisé lors d’un rassemblement compact de manifestants ".
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En mars dernier, le procès de deux policiers auteur d'une bavure à Montreuil a eu lieu. Geoffrey, 16 ans, avait été blessé à l'œil en 2010. Un des deux policiers a été condamné à un an de prison avec sursis.
Le fabricant de Flash-Ball se défend. Il explique qu'il y a un amalgame entre son produit et un autre, qu'on appelle Lanceur de balle de défense (LBD) 40/46. Cette arme, produite en Suisse, ressemble à une mitraillette et est utilisée en France depuis 2007.
La différence entre les deux ? Le Flash-Ball superpro est une arme de courte distance et le Lanceur de balle de défense 40 a une portée longue distance.
Alors que les tirs au visage sont interdits, de nombreuses personnes ont perdu un œil en recevant une balle en caoutchouc tirée par un LBD 40. Plusieurs ONG et responsables politiques réclament l’interdiction de cette arme, mais se sont vus opposer une fin de non-recevoir par le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner.
Les forces de l’ordre disposent d’autres moyens pour rétablir l’ordre public. Selon l'ACAT, la France fait partie des pays disposant des moyens les plus variés pour rétablir l'ordre, par rapport à d'autres grands pays du continent (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie, Royaume-Uni et Suède).
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Exemple le plus marquant : le Royaume-Uni, où les policiers chargés du maintien de l'ordre ne sont équipés qu'avec des bâtons de défense. En Allemagne, les forces de l'ordre disposent de ces mêmes bâtons de défense et de bombes lacrymogènes à main, ainsi que de canons à eau, mais aucun LBD à l'horizon, ni de grenade d'aucune sorte, et encore moins d'arme à feu.
Parmi les pays étudiés, seule la Catalogne, en Espagne, équipe ses policiers de LBD 40. D'autres outils sont également à l'étude dans d'autres pays pour aider les forces de l'ordre à gérer la violence dans les manifestations.
En matière de maintien de l'ordre, l'efficacité des moyens dépend aussi des choix politiques. L'ACAT estime ainsi qu'"à moyen et long termes, le recours à des armes de plus en plus offensives participe de l'accroissement du niveau de violence et concoure à creuser le fossé entre les forces de sécurité et la population.
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