Dans l'atelier d'une usine d'armement, un groupe d'ouvriers se livre à l'assemblage des différentes pièces nécessaires à la fabrication d'un canon. Les pièces sont amenées et déposées sur l'affût à l'aide d'un pont roulant.
Lors de l'entrée en guerre au cours de l'été 1914, personne ne s'attendait à la possibilité d'une guerre longue, aucune mobilisation industrielle particulière n'avait été programmée en France. Les dirigeants français pensaient que le matériel stocké avant guerre, complété par la production de quelques arsenaux (Bourges, Tarbes, Le Creusot), devait suffire. Mais l'évolution vers une guerre de position à la durée incertaine à partir de 1915 entraîna la nécessité d'une mobilisation plus importante et mieux planifiée de l'industrie au service de l'effort de guerre.
Le premier problème était celui de la main-d'œuvre car la plupart des ouvriers avaient été mobilisés en 1914 et les usines manquaient considérablement de travailleurs. Les entreprises ont certes fait appel à de nouvelles catégories (femmes, étrangers et coloniaux) mais leur qualification était souvent insuffisante. Une loi adoptée le 26 juin 1915 à l'initiative du député Victor Dalbiez permit de renvoyer à l'arrière comme "affectés spéciaux" dans les usines d'armement environ 500 000 ouvriers mobilisés.
Le second problème concernait le trop faible nombre d'usines spécialisées dans la production d'armement sur le territoire. Créé en mai 1915, le secrétariat d'Etat de l'Artillerie et des Munitions (qui deviendra un ministère à part entière en décembre 1916), dirigé par Albert Thomas, multiplia les commandes auprès d'entreprises ne produisant au départ pas forcement de l'armement afin qu'elles se reconvertissent en la matière. A travers le contrôle et la répartition des matières premières, l'attribution de contingents de main-d'œuvre et l'ouverture de crédits aux producteurs qui lui semblent les mieux répondre aux besoins de la défense nationale, l'Etat va peu à peu faire en sorte que toutes les entreprises travaillent au service de la guerre, ce qui posera d'ailleurs d'importants problèmes pour l'approvisionnement des populations civiles.
Le troisième problème concernait la nécessité d'augmenter toujours plus les cadences et de produire en série afin de satisfaire les besoins des militaires en armements et munitions. L'Etat encouragea donc l'utilisation de nouvelles méthodes de travail qui avaient fait leur apparition au début du siècle mais à l'égard desquelles les entrepreneurs français étaient restés quelque peu méfiants du fait des nombreux investissements nécessaires.
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Un arsenal modèle fut construit à Roanne, utilisant les techniques les plus récentes et les dernières machines américaines. Le taylorisme fut appliqué au cours de la Guerre dans l'ensemble des industries d'armement et de constructions mécaniques. C'est également à l'occasion de la Première Guerre mondiale que, pour la première fois, des entrepreneurs appliquèrent le système de la chaîne de travail, conformément aux théories développées par Henry Ford.
Le système de la chaîne, transporteur mécanique qui relie entre elle les différentes opérations, constituait le meilleur moyen d'élever la productivité du travail et de fabriquer des produits standardisés sur une grande échelle. C'est André Citroën qui adopta le premier ce système dans son usine de Javel où il se lança en 1915 dans la production d'obus.
Au total, les efforts combinés de l'Etat et des industriels afin de moderniser les structures et d'accélérer la production ont indéniablement porté leurs fruits :
Cette mobilisation industrielle et la prise en charge de l'Economie par l'Etat se retrouve dans tous les pays concernés par le conflit : en Allemagne, dès 1914 fut institué un Office des matières premières ayant pour tâche la planification de l'économie de guerre. En Grande-Bretagne, le "Munition of War Act" de 1915 plaça l'industrie de guerre sous le contrôle de l'Etat. En Italie, un sous-secrétariat aux armes et aux munitions fut fondé en 1915 et confié au général Alfredo Dallolio.
Ces images d'une usine de fabrication de canons permettent d'illustrer la nécessité de produire de manière standardisée au cours de la guerre (des milliers de canons doivent être fabriqués selon les mêmes caractéristiques). Le travail est organisé de manière rationnelle : les premiers plans montrent ainsi un atelier où les ouvriers sont spécialisés dans la fabrication du tube en acier tandis que les images suivantes montrent un atelier spécialisé dans l'assemblage des différentes pièces du canon.
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Les reportages de la Première Guerre mondiale ne sont pas datés avec précision. La date de 1916 indique que le document a été tourné pendant l'année en cours.
Le médiéviste Alain PARBEAU nous fait partager toute une vie de recherches et de connaissances sur le début de l’arme à feu. Certaines dates sont imprécises et signalées « Vers …… ». Alain a participé à un petit film sur l’origine des armes à feu, et il a utilisé le décor du château de Saint Alban sur Limagnole.
Au VIIIème siècle après Jésus christ, invention de la poudre noire par les chinois (et peut-être aussi les Indiens). Il s’agit d’un mélange de Salpêtre (nitrate de potassium), soufre, et charbon de bois. Le salpêtre joue le rôle de comburant, apportant de l’oxygène et activant la vitesse de combustion du charbon de bois et du soufre. Ce mélange, lorsqu’il est de qualité et comprimé dans un canon, brûle à la vitesse d’environ 300 à 600 mètres par seconde (suivant sa granulométrie), ce qui constitue une explosion de type « déflagration » (vitesse d’inflammation inférieure au km/seconde).
Vers 1150 - 1200, utilisation de la poudre noire par les arabes (qui l’ont empruntée aux chinois via le moyen orient). Sous la forme de canon rudimentaire à main le « Madfaa » qui propulse une flèche trapue à courte distance. Vers 1280 redécouverte de la poudre en Europe et création de pots de fer à « traire garrot . Ce type de canon primitif, propulse une grosse flèche appelée « Garrot . Il cherche par ce fait à concurrencer l’espringale, sorte de grosse arbalète sur roues. En Août 1324, apparait une des premières utilisations en France d’une bombarde pour l’attaque de la ville de la Réole (Gironde). Celle-ci est montée sur un fût en bois, et posée à même le sol. Son pointage rudimentaire, se fait à l’aide de cales de bois glissées sous le fût.
Vers 1370, l’hacquebute (primitive) : Littéralement « canon à croc » du germanique « hakenbüchse , destinée à tirer en crochetant un mur ou une palissade avec son croc de fer situé en dessous de l’arme pour que le mur encaisse le recul à la place du tireur. Elle comporte un long fût de bois (ou parfois de fer), à l’avant duquel est fixé un canon de fer de courte dimension (20 à 25 cm). Son calibre fait généralement de 18 à 28 mm. Une balle ronde en plomb, de 18 mm de diamètre part à la vitesse de 130 mètres par seconde, avec une charge de 4 grammes (7 grammes au moyen âge) de poudre noire. Allumage au boutefeu à mèche ou par un ringard chauffé au rouge. (Une planche de pin de 3 cm d’épaisseur est traversée à 15 mètres).
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A partir de cette époque les balles rondes en plomb pour armes portatives à canon lisse seront enveloppées dans un petit carré de tissu graissé appelé « Canepin » destiné à les caler. On verra également rapidement vers 1450 apparaitre les « gargousses , ancêtres de la cartouche, doses de poudre préparées à l’avance dans un tissu ou du parchemin et les « apôtres » dont le rôle est identique mais en bois vers 1480. (Les gargousses de poudre resteront en service pour les canons jusqu’au milieu du 19ème siècle.
Vers 1460 jusqu’à 1660, l’arquebuse, mot découlant d’hacquebute : C’est une arme à feu, à fût de bois, véritable ancêtre des carabines, mousquets et fusils, que l’on tient sous l’aisselle ou que l’on commence à épauler. La mise à feu est faite par un « serpentin » en fer fixé sur le côté du fût et tenant une mèche. Vers 1510-15 la platine à « rouet » (peut-être inventée par Léonard de Vinci, ou Johan Kuhfuss) permet un allumage sans mèche, sur le principe d’une roue rainurée (le rouet) entrainée par un ressort, et qui frotte sur une pyrite de fer mordue (tenue) par un « chien » produisant ainsi des étincelles, qui allument la poudre.. Ce mécanisme fiable mais couteux et fragile sera principalement réservé aux arquebuses de chasse, et aux pistolets.
L’arquebuse restera le plus souvent à allumage à mèche pour les usages militaires. Son calibre fait environ de 14 à 16 mm, pour une longueur de canon de 60 à 90 centimètres. Il existe aussi des arquebuses à crosse très courbée faites pour prendre appui sur la poitrine du tireur. L’arquebuse étant assez courte, se prêtait mal au tir de guerre sur plusieurs rangs, l’embouchure du canon se retrouvant au niveau de l’oreille du rang précédant. Il fut donc décidé de rallonger l’arquebuse et d’en augmenter le calibre, donc le poids du projectile et la puissance destructrice. Le mousquet était né.
Lorsque la guerre éclata en 1914, l’on croyait généralement que le conflit prendrait fin rapidement. Des millions d’hommes quittèrent leurs occupations régulières pour prendre part aux combats et la vie économique des belligérants fut paralysée. L’on doit voir dans l’interruption des activités économiques la preuve que les dirigeants prévoyaient un conflit de courte durée : en effet, la survie économique et sociale des nations en guerre dépendait du retour des forces mobilisées dans le système de production. Mais la bataille de la Marne, qui arrêta l’avance allemande sur Paris, et la « course à la mer » qui s’ensuivit, présentèrent le conflit sous un jour nouveau.
Les tranchées et la guerre d’usure remplacèrent la guerre de mouvement ; les pays de la Triple Entente d’un côté et les Puissances centrales sous la direction de l’Allemagne de l’autre, se résignèrent à ce qui semblait désormais devoir être un conflit de longue durée. L’arrière apparut soudainement d’autant plus important que les réserves de munitions étaient pratiquement épuisées. Ayant perdu une partie vitale de son industrie lourde et de ses réserves en charbon au cours de l’offensive allemande contre le nord-est du pays, la France fut particulièrement handicapée lors de la mobilisation économique qui s’ensuivit.
La France réagit dans l’urgence au changement de la situation militaire ; parmi ses nouvelles priorités figurait une augmentation rapide de la production de munitions. En matière d’artillerie, par exemple, le GQG (Grand Quartier Général) réclama le 17 septembre une augmentation de la production d’obus pour le canon de 75 mm, le roi des armes françaises, de quatorze mille à quarante mille par jour. Peu après, la demande passa à cent mille. Comme les usines de fabrication de guerre de l’Etat étaient incapables de faire face à ces augmentations, le gouvernement fit appel à l’industrie privée.
Les autres puissances belligérantes connurent elles aussi très tôt de graves pénuries de munitions. Les Anglais faisaient face à des besoins grandissants à l’automne 1914 et pendant l’hiver de 1914-1915, quand la taille de leur armée augmenta et que leur consommation de munitions excéda de beaucoup les prévisions originales. Le gouvernement pressa les fabricants privés d’augmenter la production, mais après des années de parcimonie gouvernementale, l’industrie anglaise de munitions n’avait pas la capacité d’augmenter rapidement son rendement. Pour l’assister, le gouvernement mit des fonds importants à la disposition de l’industrie et prit des mesures pour améliorer la coordination et le contrôle par l'Etat de cet effort, ce qui aboutit à la création d’un ministère des Munitions à la fin du printemps 1915. A ce point-là, l’industrie des munitions avait considérablement augmenté sa production, encore que son rendement fût toujours bien inférieur aux besoins de l’armée.
En France, la responsabilité d’organiser la production de guerre incomba au ministre de la Guerre, Alexandre Millerand. Ex-socialiste alors associé avec la droite parlementaire, Millerand était revenu au ministère de la Guerre au début des hostilités, après avoir occupé ce poste en 1912-1913. Il convoqua les principaux industriels le 20 septembre 1914 pour jeter les bases de la production française d’armements pendant la guerre. La décision fut prise de diviser les industries privées d’armement par régions, chacune étant dirigée par un « chef de groupe ». Tous les ordres iraient directement au chef de groupe qui les répartirait parmi les usines appartenant à sa région. Cette mesure permit au secteur industriel privé d’établir son propre organisme et de le faire fonctionner indépendamment de l’Etat. L’organisation des groupes commença dans les jours qui suivirent l’accord de septembre et Millerand, désireux de garder un contact direct avec les industriels, établit des réunions hebdomadaires avec les représentants de l’industrie.
Loucheur fut parmi ceux qui répondirent à l’appel du gouvernement. Mobilisé comme lieutenant d’artillerie lorsque la guerre éclata, il servit d’abord comme officier de liaison entre les armées du front et les arsenaux de l’Etat, mais à l’automne il réintégra le secteur civil, et pendant les deux années suivantes il produisit des munitions en tant que fabricant privé. Ce fut pendant ces années-là que se fit le travail préparatoire à son apparition sur la scène politique, car il acquit presque instantanément dans les cercles gouvernementaux une réputation d’innovateur dynamique.
Quand la France fut confrontée à une grave crise de l’artillerie lourde au printemps de 1916, Loucheur améliora sa réputation auprès du gouvernement en soumettant un plan audacieux pour augmenter la production. En conséquence, lorsqu’un ministère de l’Armement fut créé à la fin de 1916, Loucheur était un excellent candidat à ce poste important. Anticipant les besoins en obus après la bataille de la Marne, Loucheur, suivant la suggestion de son ami et associé Lazare Lévy, conçut un plan pour les produire à grande échelle en utilisant de l’équipement américain et une main d’œuvre non qualifiée.
Sur l’invitation de son colonel, et accompagné de Lévy, il se rendit à Bordeaux, où le gouvernement avait été transféré, pour présenter ses idées et demander des soutiens financiers pour les réaliser. Le ministère de la Guerre exprima des doutes : comme Loucheur n’était associé avec aucun des géants industriels français tels Schneider-Creusot, Saint-Chamond, ou La Marine, il aurait fort bien pu ne proposer là qu’un plan pour s’enrichir. En fin de compte, le gouvernement décida d’accorder à Loucheur des fonds substantiels pour lancer son programme de production.
Loucheur se mit immédiatement au travail avec son énergie habituelle. La rapidité avec laquelle il agit est évidente dans sa création d'une importante opération de production d’obus à Lyon dans le cadre de son usine Eclairage électrique. La société signa un contrat avec le gouvernement le 26 novembre 1914 pour la livraison d’obus de 75 mm. Loucheur et ses assistants mirent tout en œuvre pour atteindre un but de production journalier de dix mille obus. L’usine, un hall d’exposition, fut vidée et apprêtée à recevoir l’équipement nécessaire. Des commandes partirent pour l’achat de machines américaines du dernier modèle, qui furent installées dès leur arrivée à la fin de 1914. La transformation rapide du bâtiment permit à l’usine de produire ses premiers obus le 25 février.
Si certaines personnes avaient douté que Loucheur pût produire dix mille obus par jour, il n’en fut rien : très vite, il dépassa ce chiffre. A la fin de 1916, le complexe de Lyon produisait trente mille obus par jour. Le succès de Loucheur était dû en grande partie à ses méthodes, dont un élément clé était d’établir des buts ambitieux. Il utilisait également le travail à la chaîne qui lui permettait d’accélérer le rendement et d’utiliser une main d’œuvre féminine. Il adapta certains principes du système Taylor - un système de gestion d’usine conçu par l’ingénieur américain F. W. Taylor et qui comprenait une étude du temps et du mouvement, ainsi que des primes à la productivité. Alliés à son esprit de décision, à son génie pour l’organisation, et à son choix de subordonnés doués, de telles méthodes mirent Loucheur en tête des fabricants de munitions. Sa prééminence fut soulignée lorsque, à travers sa Société de l’éclairage électrique, il devint un chef de groupe des fabrications d'armements.
Pendant que Loucheur se faisait une réputation dans le domaine de l’armement, Thomas fut chargé de la responsabilité suprême pour la production de munitions. A l’automne 1914, Millerand, un ami de Thomas, l’avait invité à aider le ministère de la Guerre à organiser la mobilisation industrielle en lui confiant une sorte d’inspection des fabrications de guerre. L’appel à Thomas respectait l’esprit de l’Union sacrée qui mit au début de la guerre des socialistes aux commandes gouvernementales. A son entrée en fonction, Thomas commença par voyager à travers toute la France à la recherche de main d’œuvre pour l’armement et d’ateliers pour...
En 1914, les semaines de travail sont de 6 jours sur 7 (le dimanche est jour de repos), on travaille 10 heures par jour. Le travail est payé à la tâche. En juillet 1914, des mesures de réduction du temps de travail avec maintien du salaire avaient été décidées mais ne seront jamais appliquées.
Pire, avec la guerre, le droit du travail subit des assouplissements et les droits sociaux des travailleurs régressent. Les femmes se retrouvent soumises au travail en équipe, par roulement. Elles touchent deux francs par jour et sont payées à la pièce, ce qui est un salaire bien inférieur à celui des hommes dont certains sont payés à l’heure ou à la journée. Ce paiement à la pièce se fait selon les devis préétablis par l’Etat qui a tendance à les diminuer quand le rendement augmente. De cette façon, le tout correspond à peu près au salaire journalier ou horaire.
Le repos hebdomadaire est souvent oublié et les journées de travail excèdent les 10 heures. Le travail se divise aboutissant à un travail à la chaîne afin de gagner en efficacité. Les ateliers sont bruyants et remplis de substances dangereuses. Il n’y a pas de salle servant de cantine, ni de salle permettant de se restaurer. En 1917 toutefois, sont aménagés des vestiaires et lavabos pour le personnel de l’atelier des étuis.
Le 12 mai 1917, à 2 h 45 du matin les cartouchières de l’atelier de chargement se mettent en grève et forment un cortège qui part manifester à Bourg-Lès-Valence et Valence. Le prétexte de la grève est la question des salaires mais les manifestantes qui sont environ 450 réclament «la fin de la guerre, du charbon, etc. » d’après les rapports de police. La lassitude, les nombreuses privations entrent aussi en ligne de compte. Rapidement, la grève s’étend aux autres ateliers : 2500 personnes cessent le travail et manifestent à nouveau dans le calme. Il faudra une semaine avant que le travail ne reprenne.
Salbris (Salera briva en gaulois) est une commune française située dans le département de Loir-et-Cher en région Centre Val de Loire. C’est aussi la deuxième ville la plus importante de Sologne après Romorantin-Lanthenay. Situé en Sologne, au centre de la région Centre-Val-de-Loire et à l’est du département de Loir-et-Cher. Elle appartient historiquement à la province de l’Orléanais. Elle est située à l’ouest de la Méridienne Verte (ou Méridien de Paris).
En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, une « station magasin » est créée, chargée de ravitailler le front en vivre, en prévision de l’arrivée de l’American Expeditionary Force. Le 2 avril 1916, le général commandant la 5e région militaire avise le préfet de Loir-et-Cher qu’un entrepôt de réserves générales de munitions, destiné au ravitaillement des armées, est créé à Salbris et commencera à fonctionner prochainement. Cette commune a été retenue car elle se trouve, d’une part à la jonction de la pénétrante BORDEAUX-NEUCHATEAU et de la rocade BREST-CHERBOURG - CHALONS-SUR-SAONE, et d’autre part, sur le nœud ferroviaire ISSOUDUN-VIERZON-BOURGES, au centre du dispositif logistique américain. De plus, Salbris est au centre de la France, loin de la ligne de front, et desservi par la voie ferrée Paris-Toulouse.
Au milieu du XVIIIe siècle, la Manufacture royale d'armes existe déjà, située à Chavanelle. Les armes sont fabriquées par plusieurs artisans et destinées au magasin d'armes du roi. La Manufacture nationale d'armes est construite rue de Roanne de 1864 à 1868, sous l'impulsion d'un militaire : le capitaine Bouchaud. C'est un établissement d'Etat régi par l'autorité militaire qui fabrique et vend des armes légères. La demande des armées se fait plus rare à partir de 1962. Le site est en reconversion depuis 2002.
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