En publiant, fin septembre, une vidéo sur le plus important élevage français de gibier, l’association L214 a braqué ses projecteurs sur une filière méconnue : la cynégéculture. Peu connus du grand public, les éleveurs de gibier sont pourtant l’un des fleurons de l’élevage français, affirme Jean-Christophe Chastang.
La France est le n° 1 européen de l’élevage de faisans et perdrix pour la chasse. La filière gibier est représentée par le Syndicat National des Producteurs de Gibier de Chasse. Elle est l’interlocuteur privilégiée des pouvoirs publics. InterProchasse est un partenaire privilégié pour le SNPGC. Elle accompagne et aide la filière gibier sur de nombreux dossiers de recherches scientifiques et économiques.
Les remises en nature sont nécessaires dans l’environnement dégradé par l’action humaine et le dérèglement climatique. En résumé, la filière gibier bouge, la filière gibier innove, la filière gibier s’adapte et reste une filière d’avenir notamment par sa contribution à la préservation et la restauration de la biodiversité.
Notre élevage a été fondé en 1988. C’est une structure familiale : Nous travaillons dans le Nord-Est de l‘Yonne, à Quincerot, pour élever des oiseaux, sur une grande surface de volières cultivées de plusieurs hectares. Le bien-être et l’épanouissement de nos animaux sont notre priorité : nous élevons de petits lots, qui sont ensuite lâchés dans de grands enclos couverts de filet appelés volières. Ces enclos sont riches en cultures variées pour favoriser leur instinct de protection dans la nature et pour améliorer leurs capacités à survivre en milieu naturel.
Mais l’élevage de gibier voit aujourd’hui le cœur même de son activité remis en cause par certaines associations. Pour Pierre Rigaux, biologiste décrié par les milieux agricoles et cynégécoles, élever des animaux sauvages pose d’abord un problème de bien-être animal : Les conditions en captivité sont contradictoires avec les besoins biologiques de ces animaux , estime celui qui a écrit Pas de fusils dans la nature, et participé à la vidéo sur Gibovendée.
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Les chasseurs veulent un gibier qui se défend bien, qui s’acclimate bien , confirme Jean-Christophe Chastang.
Second grief des opposants à la cynégéculture : la question des lâchers. D’après les chiffres de l’association Aspas, confirmés par le SNPGC, les 14 millions de faisans relâchés chaque année en France représenteraient l’équivalent de la population européenne sauvage de ces oiseaux. Pour certaines associations, les lâchers ont pour vocation principale de satisfaire les chasseurs - et non le repeuplement. Pierre Rigaux n’hésite pas à parler de chair à canon.
On ne peut pas, dans les conditions de domestication, faire en sorte qu’un animal soit sauvage , tranche de son côté Loïc Dombreval, député (LREM) des Alpes-Maritimes et président du groupe d’études parlementaire sur la condition animale. Tout en précisant qu’il n’est pas opposé à la chasse en général, l’élu estime que les lâchers posent toute une série de problèmes : appauvrissement génétique de la faune sauvage, transmissions de maladies, sans oublier l’administration d’antibiotiques [en] élevages qui pose la question de l’antibiorésistance .
Malgré ces vifs débats, la cynégéculture ne semble visée par aucun projet de durcissement de la réglementation.
Les formations spécialisées en gibier sont rares, mais la possibilité de faire des stages dans tous types d’exploitation permet de se rapprocher de la cynégéculture.
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