Le débat sur les armes à feu est un sujet complexe et passionné, tant aux États-Unis qu'à l'échelle mondiale. Cet article explore les arguments pour et contre, en examinant des perspectives historiques, des analyses de l'influence de la National Rifle Association (NRA), et des discussions récentes sur le contrôle des armes.
À l'occasion de l’arrestation du terroriste Salah Abdeslam et des attentats terroristes de Bruxelles, le ministre de l’Intérieur a fait de nombreuses interventions sur les mesures prises par le gouvernement français pour lutter contre le terrorisme. Ce matin, le ministre de l’Intérieur a eu un long entretien avec le Secrétaire général du Comité Guillaume Tell, Thierry Coste, afin de lever toute ambigüité et rassurer les représentants des détenteurs légaux d’armes à feu. Pour le ministre, la priorité doit rester la lutte contre les trafics d’armes à l’échelle européenne, et il considère que les détenteurs légaux sont des partenaires incontournables pour rendre cette lutte plus efficace. Pour conclure, Bernard Cazeneuve a proposé qu’une réunion de travail ait lieu avec lui et l’ensemble des membres du Comité d’ici la fin de la semaine prochaine. Elle sera précédée des réunions nécessaires avec son directeur de Cabinet et ses services pour clarifier tous les points encore en suspens concernant les réformes européennes et le plan national de lutte contre les trafics d’armes.
L’ouvrage de Didier Combeau, Des Américains et des armes à feu. Violence et démocratie aux Etats-Unis, issu d’une thèse en civilisation américaine conduite aux universités de Paris IV et de La Réunion, offre à la fois une histoire synthétique de la relation des Américains aux armes à feu et une reconstitution du débat actuel sur le droit aux armes. Le passage de la thèse au livre est réussi. L’ouvrage est maniable, clair, avec un choix de traductions et de mises au point linguistiques fort utiles : l’auteur montre ainsi que la traduction courante de gun control par contrôle des armes est impropre (il lui préfère celle de maîtrise).
Surtout, l’ouvrage s’insère dans le débat transatlantique de manière opportune car il échappe à l’injonction partisane. Chercheur étranger à l’explosif débat sur les armes à feu aux États-Unis, Didier Combeau ne se sent en rien sommé de prendre parti de près ou de loin, ni même de situer ses analyses dans le cadre de ce débat. L’ouvrage n’est d’ailleurs pas une contribution supplémentaire aux discussions ininterrompues sur le type de relation entre les insuffisances des lois sur les armes à feu, le nombre d’armes en circulation et le niveau de violence aux États-Unis. Ce choix, privilégiant l’étude d’un débat et non du phénomène social sur lequel il porte, s’il a ses limites, permet en l’occurrence une neutralité féconde. Inversement, le regard extérieur de l’auteur lui permet d’être instruit par les difficultés françaises à comprendre la volonté d’un grand nombre d’Américains de s’opposer aux projets de loi restreignant leur droit aux armes à feu.
Loin de s’étonner de la spécificité américaine en matière d’armes à feu par rapport au reste du monde occidental, l’auteur fait de celle-ci le point de départ de sa réflexion. Son hypothèse est que l’accès aisé des citoyens américains est le produit de forces profondes qui structurent la société américaine. On ne peut que souligner de ce point de vue la cohérence de la recherche au regard de l’objectif initial. L’ouvrage reconstitue la polyphonie du débat sur les armes à l’échelle nationale en distinguant les différentes voix : production politique, production médiatique, production culturelle et production de la recherche en sciences sociales.
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Les sources sont nombreuses et variées : sources étatiques en provenance de l’exécutif (publications monumentales des services gouvernementaux, archives de la Lyndon Baines Johnson Library) ou du législatif, plus de trente entretiens menés par l’auteur avec des personnalités du débat sur les armes, abondante production en sciences sociales, films et romans, enfin innombrables articles de journaux et magazines. Par ailleurs, l’auteur change de focale pour prendre deux exemples plus précis, les États du Texas et de New York (à travers journaux et entretiens).
La première partie consiste en une brève histoire de la relation entre les Américains et leurs armes. C’est aux origines de la nation américaine que naît l’association entre droit aux armes à feu et identité américaine. Didier Combeau livre tout d’abord une excellente mise au point sur les interprétations divergentes découlant de la formulation complexe du deuxième amendement de la constitution américaine (le deuxième amendement garantit-il un droit aux armes collectif aux États ou un droit individuel aux particuliers ?).
Surtout, il montre finement en quoi ces interprétations ne sont pas réellement contradictoires, ce qui explique que les commentateurs puissent rebondir sans fin de l’une à l’autre. Il s’agissait à la fin du XVIIIe siècle « d’assurer aux citoyens le droit de posséder des armes de manière à pouvoir en faire un usage collectif » (p. 19). L’enjeu serait plutôt, selon l’auteur, de déterminer s’il s’agit aujourd’hui d’un anachronisme, à une époque où les forces policières et militaires sont solidement constituées, ou d’un principe inaliénable, tout en notant qu’il semble très improbable, pour des raisons constitutionnelles et politiques, de modifier la Constitution sur ce point.
L’association entre droit aux armes et américanité est encore « naturalisée » par le poids de la mémoire de l’Ouest. Les travaux des historiens de la « frontière » de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, comme Frederick Jackson Turner, ou encore la culture populaire élaborée dans les westerns à partir du début du XXe siècle ont servi de réservoir idéologique aux partisans du droit aux armes qui ont formalisé leurs arguments dans les années 1960, c’est-à-dire après l’invention de ce passé mythique.
Cependant le poids des armes à feu dans la société américaine est loin de se limiter à l’usage réel ou mythique qui en a été fait dans l’Ouest, comme le révèle la sanction donnée à l’autodéfense dans le droit pénal de nombreux États américains. Dans l’État de New York, pourtant éloigné de la tradition de l’Ouest, l’usage de la force létale est ainsi reconnu à quiconque dans le cas d’une intrusion dans son domicile. Ceci explique les difficultés de toute réglementation sur la question des armes à feu.
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Didier Combeau restitue clairement la gestation des différentes lois sur la maîtrise des armes à feu en montrant à quel point l’approche législative a été segmentée (les efforts ont par exemple visé successivement différents types d’armes ou divers modes d’acquisition). La première loi dite Sullivan (1911, New York) illustre à elle seule les problèmes se posant aux législateurs. Très vite en effet l’ambition de ces derniers (qui ont mis en place une réglementation visant à la fois l’acquisition, la possession et le port d’armes) se trouve sapée par le trafic d’armes en provenance d’autres États.
Aussi, dans les années 1920, au moment précisément où le gangstérisme apparaît comme une menace nationale, un débat sur la nécessité d’une régulation au niveau fédéral émerge. Les aboutissements législatifs à la fin de la décennie et dans les années 1930 se heurtent cependant aux limites constitutionnelles qui ne donnent pas de pouvoirs de police à l’État fédéral et limitent les possibilités de régulation à des dispositifs commerciaux.
La seconde Guerre mondiale semble clore progressivement le débat jusqu’à ce que la violence des années 1960 (assassinats des Kennedy ou de Martin Luther King, émeutes urbaines) suscitent le vote d’une nouvelle loi en 1968 qui restreint considérablement le commerce des armes à feu par correspondance. Enfin, à partir des années 1970, le débat sur les armes à feu devient un véritable débat de société alimenté par les initiatives réglementaires au niveau fédéral (administration Clinton) au niveau des États (nouvelles lois dans l’État de New York, loi de 1995 au Texas) ou même au niveau local (arrêtés municipaux). Dès lors la réglementation des armes à feu ne saurait se lire, selon une vision téléologique, comme une évolution inéluctable des sociétés occidentales.
La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à l’actualité du débat sur les armes. Comme d’autres chercheurs, Didier Combeau met en évidence la bataille de chiffres qui voit les deux camps utiliser la profusion de données statistiques afin de démontrer tour à tour l’utilité ou la dangerosité des armes à feu, ce qui ne peut que laisser le public dans la confusion. L’auteur livre tout d’abord un résumé accessible des principales données (décès et homicides par armes à feu, nombre d’armes mises sur le marché, nombre de fabricants). Mais, fidèle à son projet, il s’intéresse surtout à la polémique en tant que telle.
Il démonte les mécanismes de la confusion médiatique en s’attachant moins à la façon dont les chiffres sont produits qu’à celle par laquelle ils sont portés à la connaissance du public par les différents acteurs du débat : fabricants, pouvoirs publics (le Bureau of Alcohol, Tobbaco and Firearms qui délivre les licences fédérales d’armuriers, le ministère de la santé qui publie les chiffres de mortalité ou encore les policiers), groupes de pression (la célèbre National Rifle Association, mais aussi les groupes pour la maîtrise des armes), médias, milices.
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Cette confrontation révèle l’opposition de deux discours contradictoires : un discours de la responsabilité individuelle qui fait des armes les outils et les symboles de la liberté et de l’égalité des citoyens et un discours fondé sur une approche collective de la santé publique et étayé sur les études statistiques. Ces deux visions irréconciliables débouchent sur une situation de blocage d’où il résulte que le débat sur les armes à feu ne saurait être tranché au niveau national. Dès lors, ce sont avant tout les autorités locales, qui concentrent les pouvoirs de police et de justice, qui doivent prendre leurs dispositions face au nombre d’armes à feu en circulation.
La troisième partie approfondit l’articulation entre culture des armes et démocratie. Elle permet d’expliquer la persistance de ce qui semble à beaucoup d’Occidentaux un anachronisme. Didier Combeau montre notamment à quel point le droit aux armes est, pour de nombreux Américains, constitutif de la démocratie parce qu’il est le garant de citoyens engagés et responsables et dans quelle mesure le fonctionnement même du système politique américain donne des armes aux défenseurs du droit aux armes.
Après chaque tuerie de masse aux Etats-Unis, c'est vers elle que tous les regards se tournent. Affaiblie par des affaires récentes, vivement critiquée par les démocrates, la National Rifle Association a une influence considérable, aussi bien dans les milieux politiques qu'économiques.
Javier Hernandez Valencia, du Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a parlé de « l’universalité du problème » et que celui-ci « ne se pose pas seulement aux Etats-Unis ». Le problème est endémique dans le monde entier: deux tiers des actes de violence armée signalés ces dernières années se sont produits dans des pays qui ne font pas face à des conflits armés. Il a souligné l’importance d’élaborer des stratégies mondiales pour trouver des solutions.
Dr. Sylvester Rowe, ancien ambassadeur de la Sierra Leone, a apporté un point de vue mondial à la discussion en abordant une « chaîne de solidarité », puisque la question de la violence armée « s’adresse aux villages et aux continents.» Une alliance englobant véritablement le monde est donc nécessaire. Il a expliqué comment des armes illicites circulent à travers le monde entier à destination de « pays touchés par des conflits ». Des enfants sont touchés par ces conflits tant comme « victimes que comme auteurs de violences.» Ces enfants doivent être pris en charge et réinsérés dans la société par le biais de soins, de programmes d’éducation et d’emplois.
Mais la plupart des décès des jeunes de 15 à 24 ans provoqués par des armes à feu se sont produits aux États-Unis. Parmi les pays non touchés par des conflits armés, 92 % de ces décès ont lieu aux États-Unis. Mollie Toscano, une militante étudiante de l’école secondaire de premier cycle de Brewster à New York, a souligné que chaque jour sept adolescents de moins de 18 ans sont les victimes de la violence armée. Elle a indiqué que 67 % des Américains sont favorables aux lois sur le contrôle des armes à feu. «Que doit-on penser d’un pays qui place le port d’armes à feu au-dessus de la sécurité de ses citoyens ?»
Les républicains et les démocrates sont arrivés à un accord sur un projet de loi de contrôle des armes, quelques semaines après la tuerie d'Ulvade au Texas. Il sera présenté au Sénat ce week-end. Le Sénat américain doit se prononcer d'ici au samedi 25 juin sur une proposition de loi bipartisane visant à restreindre la violence par arme à feu.
Le texte de loi est le résultat du travail de deux élus, le démocrate Chris Murphy et le républicain John Cornyn, poussés au dialogue par deux récentes fusillades qui ont choqué une partie des Etats-Unis. La première, le massacre d'Uvalde, est survenue dans une école primaire du Texas, où un adolescent de 18 ans a ouvert le feu, le 24 mai, tuant 21 personnes dont 19 enfants. Mi-mai, un autre massacre, au cours duquel 10 personnes noires ont été tuées dans un supermarché, à Buffalo dans l'Etat de New York, avait lui aussi fait la une des médias. Ces drames mettent en lumière le problème chronique du contrôle des armes à feu aux Etats Unis.
Au moins 250 fusillades ont eu lieu depuis le début de l'année 2022, tuant 256 personnes, selon le Washington Post. Le journal souligne d'ailleurs que "pas une seule semaine de 2022 ne s'est passée sans une fusillade". Le texte présenté par les deux sénateurs entend renforcer la vérification des antécédents judiciaires et psychologiques pour les acheteurs d'armes âgés de 18 à 21 ans. La loi, qui mobilisera environ 15 milliards de dollars, prévoit également un meilleur contrôle de la vente illégale d'armes ainsi que le financement de programmes consacrés à la santé mentale.
Dans une Amérique profondément divisée politiquement, un accord au Congrès entre élus démocrates et républicains est rare, d'autant plus sur ce sujet très clivant. La loi est le résultat de négociations complexes. Il s'agit de "la législation contre la violence par arme à feu la plus importante en presque trente ans", a ainsi tweeté Chris Murphy. Si la validation de la loi en lecture finale ne semble pas faire de doute, puisqu'elle est soutenue par les leaders démocrates et républicains du Sénat, son contenu est bien en deçà des attentes de Joe Biden.
Même si l'accord est limité, l'organisation Moms Demand Action ("Les mamans demandent des mesures", en anglais), qui milite pour un encadrement plus strict des ventes d'armes, a estimé dans un communiqué de presse qu'il s'agissait "d'un pas de géant pour notre mouvement", promettant de se battre "jusqu'à ce qu'il soit adopté".
En 2024, les neuf puissances nucléaires ont dépensé plus de 100 milliards de dollars, un record historique révélé par l’ICAN. Cette course à l’armement traduit une montée des tensions mondiales et une logique de confrontation généralisée.
Les dépenses des neuf puissances nucléaires du monde ont franchi pour la première fois en 2024 la barre des cent milliards de dollars. C’est ce que révèle le dernier rapport de l’ICAN, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires, publié le 13 juin. Soulignons d’abord qu’il s’agit d’armes de guerre, donc de ce que l’humanité porte de plus tragique.
Quand on parle d’armes de guerre, on est toujours pris d’effroi. Maintenant, en ce qui concerne le point sur lequel vous m’interrogez, c’est à dire sur l’augmentation des dépenses de neuf Etats, il faut bien être conscient du fait que cinq d’entre eux, au sens du Traité de non-prolifération signé en 1968, ont légitimement le droit de posséder cette arme. Ces neuf Etats sont dans une réalité de modernisation constante de cet équipement nucléaire, ce qui d’une certaine manière est pour une part inéluctable, puisque pour pouvoir maintenir la capacité de dissuasion, tous doivent s’assurer que si l’un utilisait l’arme, l’autre le ferait en retour avec une capacité d’infliger des dommages insupportables. Voilà ce qui, dramatiquement, stabilise le dispositif.
Les évolutions scientifiques, technologiques et industrielles entraînent la nécessité de moderniser continuellement ces armes pour rester « à parité de menace ». Depuis quelques années nous vivons le drame du péché des origines comme déployé sans retenue. Nous constatons une sorte d’usage désinhibé de la puissance et de la violence, un mépris des institutions internationales, des règles de droit, des traités internationaux… une volonté de s’imposer dans un rapport de force tout à fait redoutable.
Ce qui est redoutable et tragique aujourd’hui, c’est la manière dont chaque réalité/concept/objet peut devenir une arme, ce que l’on appelle « l’arsenalisation » : tout devient alors l’objet ou le support de rapports de force. Chacun veut mesurer sa puissance, imposer sa force avec une dimension impériale - et impérialiste - souvent fantasmée, ce qui conduit au drame de ces nombreuses guerres et de ces innombrables morts qui marquent notre monde chaque année, et qui ne peuvent que bouleverser nos cœurs et nos esprits.
Malheureusement l’augmentation du budget des armes nucléaires n’est qu’un des éléments d’une réalité beaucoup plus vaste qui est celle d’une augmentation générale des dépenses militaires. Ceci résulte de la manière dont certains États, en voulant s’imposer à leurs voisins dans une logique de pure force, obligent ceux qui leur font face à une dynamique d’armements impressionnante avec des budgets d’armement en considérable croissance.
Le Pape François l’a dit de la manière la plus claire : le temps est supérieur à l’espace. Les choses doivent se faire peu à peu, progressivement. Mais nous sentons bien, par tout ce qui se passe, par l’actualité que nous touchons là à quelque chose de très spécifique. L’arme nucléaire a ceci de particulier que c’est en principe une arme de « non-emploi ». Et toute la logique paradoxale de cette arme, c’est qu’elle contient la violence, en suivant le double sens du mot contenir : elle contient - elle recèle - une violence effroyable mais du même mouvement elle contient - elle empêche -, l’usage de cette violence. Si un détenteur de cette arme en venait à l’utiliser, il lui arriverait bien pire encore. Nous sommes ici dans une sorte d’équilibre de la terreur : le mot équilibre peut rassurer ; le mot terreur inquiète à juste titre.
Tableau des Dépenses Nucléaires (2024)
| Puissance Nucléaire | Dépenses (milliards de dollars) |
|---|---|
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