Le Derringer, une arme de poche emblématique, a une histoire riche et variée. Initialement conçu pour l'auto-défense à courte portée, il s'est imposé comme une arme de prédilection pour les voyageurs, commerçants et agents de sécurité dès les années 1850.
Henry Deringer, avec un seul « R », s’est fait un nom en tant qu’inventeur et fabricant de l’ultime allié du chercheur d’or et de l’assassin de Président des USA (Lincoln). Les années 1860 allaient révolutionner le concept de ces premiers « concealable », petites armes de poche de bout touchant ou portant.
Avec la cartouche métallique et la profusion de nouvelles techniques de fusion du métal, chaque fabricant allait désormais sortir son pistolet de poche. Aujourd’hui on porterait un 26 ou un 43 de chez Glock 26 ou un Sig P365. C’est pas mal.
Le modèle le plus iconique, au point d’avoir un peu occulté tous les autres, est sans conteste, le modèle 95 de chez Remington. Eliphalet deuxième du nom réalisa son premier fusil complet en 1816 à 23 ans. Las de la vie de fermier et de la modeste cabane en bois de son père, il travailla par la suite avec un armurier à Mohawk River Valley dans le Connecticut. Le succès grandissant de sa petite forge fit qu’en 1828 quand il s’installa à Illion où il produisait désormais 8.000 canons par ans.
Produisant pour le gouvernement ainsi que pour la marine, à l’aube des années 1850, Remington s’était hissée parmi les plus grosses compagnies des États-Unis talonnant désormais Colt. Il lui fallait désormais sauter à pieds joints dans l’avenir avec des revolvers, parmi les meilleurs jamais réalisés, au point d’être encore très appréciés au XXIeme siècle.
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C’est ainsi que l’inventeur maison Williams, H. Elliot déposa, le 12 décembre 1865, le brevet numéro 51 440 pour une petit pistolet de poche à canon double superposés, notre Derringer de ce jour. Notre Elliot, autrefois dentiste, avait suivi la même voie que ce bon docteur Gatling et sa mitrailleuse, réussissant matériellement et socialement bien plus que s’il était resté un simple praticien. Ce Derringer n’est après tout que l’un des 130 brevets qu’il déposa au cours sa vie. Mais celui-là lui assura une notoriété certaine à travers les siècles.
En dehors de l’esthétique, son arme était pratique tant sur le plan de la conception que de l’usage. Seulement 26 pièces pour l’une des toutes premières armes à chargement par cartouches métalliques, c’est pas mal du tout. Son système consiste en une roue dentée située légèrement devant le chien. Lorsque le percuteur oscillant frappe l’amorce, il est une fois sur deux relevé par la forme bien particulière des dents de la roue. La manipulation est rapide et instinctive. Et puis, si l’on n’a pas le temps de le recharger, le pistolet à l’envers fait un très bon coup de poing !
Les pistolets Derringer se sont imposés dès les années 1850 comme les armes de prédilection des voyageurs, commerçants, femmes seules ou agents de sécurité. Leur taille minuscule, souvent inférieure à celle d’une main, permettait de les dissimuler aisément dans un manteau, une poche ou une sacoche.
Compact, simple à utiliser et conçu pour des situations d’urgence, le Derringer Guardian offre généralement une capacité de deux coups, souvent en calibre .38 ou .41, avec une platine à percussion interne et des amorces modernes assurant un départ de feu immédiat.
Contrairement aux armes longues ou aux revolvers imposants, le Derringer Guardian n’est pas conçu pour l’affrontement prolongé, mais pour l’auto-défense à courte portée. C’est l’arme de la dernière chance, celle que l’on dégaine à bout portant quand tout s’accélère.
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On résume le Derringer de Remington ?
L’exemplaire présenté ici correspond donc à la variante « REMINGTON ARMS CO. ILION, NY ». Il est devenu « Modele 95 » par affectation d’un numéro en 1921 quand Remington décida de modifier son catalogue. Rien à voir avec l’année 1895.
Il est surprenant de voir que les plus hauts chiffres de vente de cette arme furent atteint entre 1905 et 1910 alors que les pistolets automatiques commençaient à bien se diffuser. Le prix du Derringer M95 avait alors augmenté à 9$25. Soit à peine 2$ moins cher qu’un Colt Pocket 1903 ! Mais c’est comme ça.
Au tournant des années 1910, Remington décida de réduire de six centièmes de pouces l’âme de ses canons, passant à un calibre .40 strict et non plus .405.
En somme, le Derringer et sa relativement une petite cartouche, sont loin d’être ridicules en particulier lorsque votre cible vient de se resservir discrètement un As de pique juste au bout de l’autre côté de la table ou bien lorsque vous vous retrouvez, justement outragée, nez à nez avec votre époux en position « confort » dans le lit conjugal avec sa gourgandine !
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Les brevets étant tombés dans le domaine public depuis fort longtemps, on ne compte plus les clones et copies tant l’arme est iconique et répond toujours à sa vocation de nos jours. On en trouve des « modernes » du 45 ACP au 22 LR.
Que de magnifiques Double Remington bleutés Roi à crosse nacrée avec rose romantique incrustée sur galuchat bleu ciel en crosse dans le sac de nombreuses américaines encore aujourd’hui. Souvent en 38SP. Cadeau du lover !
John Wayne lui-même en fera usage cinématographique à plusieurs reprises notamment dans Les Comanches de 1961 et Big Jake de 1971 en secours de son SAA 1873. Lee Van Cleef (qui, ici, n’est pas une brute mais un ancien colonel Confédéré) en fera encore usage Pour quelques dollars de plus, prenant au dépourvu le personnage incarné par Klaus Kinsky (un coriace!).
Afin de pouvoir accompagner au stand votre six coups d’artillerie lourde Western préféré, notre Derringer est accompagné en plus d’un petit holster en cuir fauve réalisé sur mesure de très belle qualité.
Tenant dans la paume de la main, le pistolet est réalisé en finition nickelé absolument d’origine qu’il conserve sur plus de 75% de sa surface. Il ne l’a essentiellement perdu qu’en haut de crosse coté droit.
Deux fines plaquettes d’ébonite / Gutta Percha apportent du contraste à l’ensemble. La mécanique tourne comme un coucou suisse, très agréable à l’oreille, rappelant d’une certaine manière le cliquetis caractéristique des Colt Single Action.
L’ouverture du bloc canon se fait au moyen d’un levier sur le côté droit de la carcasse. L’ensemble n’a absolument aucun jeu. Le support de charnière fait office d’une hausse sommaire et répond à un petit guidon en demi-lune.
Entre les deux, le fameux marquage : »REMINGTON ARMS CO. ILION, NY » - arme de type II du milieu des années 1890/1900 par variante. L’intérieur des canons est en très bon état, sans piqûres avec des rayures encore bien nettes sur toutes leur longueur. Les marquages sont très nets et bien lisibles ce qui est assez rare sur ces armes.
Le pistolet Derringer Guardian est l’héritier d’une longue tradition d’armes de poche conçues pour la défense rapprochée, la dissimulation et l’efficacité immédiate.
Article de catégorie B. Sa poignée bec d’oiseau, sa finition nacrée et sa silhouette compacte en font un pistolet agréable à manipuler et élégant à exposer.
Le Pedersoli Derringer Guardian Pearl est une arme idéale pour le tir de salon ou pour initier en toute sécurité au maniement des armes à percussion.
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