La guerre d'Indochine a été marquée par des opérations complexes et des défis logistiques considérables, notamment en ce qui concerne la gestion et la sécurisation des dépôts de munitions.
Le 1er janvier 1946, la 721ème Compagnie Munitions est créée à VILLIGENDORP, issue de la 62ème CMu. La 721ème CMu reçoit l’ordre de rejoindre le Corps Expéditionnaire Français en Extrême Orient (CEFEO) cette même année. Elle débarque en INDOCHINE le 9 avril 1946 en tant que compagnie autonome mise à la disposition de l’Artillerie de SAIGON. Le 1er août 1949, la 721ème CMu devient la 1ère Compagnie Munitions du Bataillon de Réparation du Matériel (BRM) qui succède au bataillon d’ouvriers du Service du Matériel (BOSM). Le 31 janvier 1953, la 1ère CMu devient la 1ère Compagnie Munitions de réserve Général. Elle est une compagnie autonome comptable de la gestion de 83 000t de munitions. Lors de la conférence de GENEVE en 1954, le stock de munitions de la réserve générale atteint 91 700t.
En 1916, pendant la Première Guerre mondiale, une « station magasin » est créée, chargée de ravitailler le front en vivre, en prévision de l’arrivée de l’American Expeditionary Force. Le 2 avril 1916, le général commandant la 5e région militaire avise le préfet de Loir-et-Cher qu’un entrepôt de réserves générales de munitions, destiné au ravitaillement des armées, est créé à Salbris et commencera à fonctionner prochainement. Cette commune a été retenue car elle se trouve, d’une part à la jonction de la pénétrante BORDEAUX-NEUCHATEAU et de la rocade BREST-CHERBOURG - CHALONS-SUR-SAONE, et d’autre part, sur le nœud ferroviaire ISSOUDUN-VIERZON-BOURGES, au centre du dispositif logistique américain. De plus, Salbris est au centre de la France, loin de la ligne de front, et desservi par la voie ferrée Paris-Toulouse.
Vers 1922, 220Ha de terrains sont définitivement expropriés. L’ERG reçoit alors pour mission de réorganiser le stockage des munitions par classe, leur maintien en conditions et leur remise en état. Le 18 juin 1940, sous la pression allemande, l’ERG est évacué et le lendemain, il est occupé par les services techniques de la Wehrmacht. Le 8 juin 1945, le Service du Matériel ne récupère qu’un amas de ruines et de ferrailles et créée un Dépôt de Munitions de Campagne (DMC). Aussitôt sont entrepris déblaiements, réfection du réseau ferroviaire et stockage de munitions à ciel ouvert.
Lors de la restructuration de l’armée de terre de juillet 2000, l’ETAMAT de SALBRIS devient l’un des Détachements du Matériel (DETMAT) de la 12ème Base de soutien du Matériel de Neuvy-Pailloux. Le 1er juillet 2005, le 2ème régiment du matériel est restructuré pour coller au mieux à ses missions opérationnelles. Le DETMAT de SALBRIS lui est affecté (STM, CIRMM, la 15eCMu devenue 5ème CMu. Faisant suite à la création du Service interarmées des Munitions (SIMu), l’établissement principal des munitions (EPMu) « Centre » est créé le 19 juin 2011; il est situé à Savigny en Septaine sur le site de la base aérienne 702 Avord. Le DTMAT Salbris lui est rattaché et devient un des groupements munitions de l’EPMu Centre.
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L'opération "Lorraine" illustre bien les enjeux liés aux dépôts de munitions. Après la découverte et la destruction d'importants dépôts d'armes et de munitions Viêt-Minh au nord-ouest de Phu-Doan, les éléments franco-vietnamiens engagés dans ce raid sur les arrières ennemis se replient sur la région de Phu-Tho, détruisant une quinzaine de ponts entre Phu-Doan et Phu-Yen sur une des artères vitales du ravitaillement Viêt-Minh. Le commandement Viêt-Minh retire du front de la rivière Noire en pays Thaï une de ses meilleures divisions et la pousse à marche forcée vers la région de Phu-Tho.
La Haute-Région a été choisie par les chefs rebelles comme le réduit de leur résistance militaire et de leur activité politique. Au cœur de cette région se trouve Bac Kan communément appelée la « capitale politique du Viet-Minh ». Le réduit est traversé par une artère vitale, la route coloniale n°3 (RC3) que le Viet-Minh (VM) s’est bien gardé de détruire. le Haut Tonkin renferme de 30 à 35 000 hommes de troupe de l’armée régulière et constitue la Xe zone de guerre VM.L’organisation de l’armée VM et basé sur le principe territorial. Il y a donc dans le « réduit » de nombreux Thos. Ce sont des guerriers issus de la seule race minoritaire qui ait trouvé quelque entente avec le VM et qui ont fait leur preuve de guérilleros en 1945.70% de l’effectif est armé de façon moderne et légère (armes automatiques et armes individuelles de toutes origines - française, russe, américains, japonaise, chinoise et anglaise).
La DBMP sera entièrement engagée dans l’opération Léa comme force aéroportée. Le I/1 RCP est aux ordres du colonel Beaufre dès son arrivée à terre. Afin de bénéficier au maximum de l’effet de surprise, procéder par largages simultanés sur les centres indiqués, réaliser dans la mesure du possible l’encerclement vertical des objectifs à nettoyer de façon à empêcher la fuite des éléments VM et l’exode de la population.La réduction de ces objectifs principaux étant réalisée (avec l’appui puissant de la chasse), assurer la liaison entre eux tout en procédant à la destruction des éléments VM connus.Sur chaque centre, il sera constitué un réduit où s’accrochera la défense en de retour offensif de l’ennemi qui semble disposer de moyens puissants dans cette régionL’action politique sera menée parallèlement aux opérations militaires. Assurer dans un premier temps l’investissement de l’objectif et l’occupation du pontDans un deuxième temps tenter d’occuper l’objectif principal (Citadelle) par surprise. Sinon, opérer par débordement selon les conditions du moment.
Effectués par voie aérienne pendant les 15 premiers jours (minimum), les vivres et les munitions seront lotis dans le réduit de la défense de façon à ne pas tomber aux mains des rebelles en cas de retour offensif et sérieux de ses derniers. Le ramassage des parachutes viendra en deuxième urgence.
Le 9 novembre 1952, une importante opération aéroportée coiffe la base viêt minh de Phu Doan, et dans l'après-midi, les blindés partis de la tête de pont de Phu Tho font leur jonction avec les parachutistes. Les unités d'infanterie progressent rapidement sur la Route Coloniale 2 (RC 2) en excellent état. D'importants dépôts d'armements et de munitions d'origines divers sont découverts dans la région de Phu Doan, confirmant le soutien apporté par la Chine au Viêt-minh. Ces stocks étaient répartis par petits lots, soigneusement dispersés et camouflés, de sorte qu'ils étaient pratiquement invulnérables aux bombardements aériens. Une collection de ces matériels d’origines variées - russe, tchèque, chinoise, allemande, japonaise, américaine - fut ramenée à Hanoï pour y être exposée. Le reste fut détruit sur place.
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Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, la France a repris pied en Indochine. Depuis déjà 7 ans, la guerre y va crescendo. Les parachutistes de la 25e Division ont été engagés dès le début. Leur première opération aéroportée (OAP) s’est déroulée à Luang Prabang au Laos en septembre 1946. Elle ouvrira la voie aux 150 largages opérationnels de cette guerre. Dès 1950 le Vietminh tient solidement la frontière chinoise, aidé par son puissant voisin. L’opération « Lorraine » en novembre 1952 dans la région de Phu Doan permet de contrecarrer cette offensive. Dès 1951, sous le commandement du général de Lattre, le rôle de l’artillerie s’est considérablement accru et ce sont les canons des groupes d’artillerie qui bloquent les vagues d’assaut Viet comme à Vinh-Yen ou à Mao-Khé.
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