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Les deux guerres mondiales ont laissé derrière elles des centaines de tonnes de munitions chimiques et conventionnelles (bombes, grenades, torpilles) inutilisées. Dès 1920, le gouvernement français s'est servi de la mer comme d'une poubelle pour se délester à moindre coût de ces armes toxiques et dangereuses.

L'ampleur des Immersion

Cet inventaire, non exhaustif, permet de donner une idée de l'ampleur des immersions, qu'elles soient volontaires ou non. Pour ce faire, les données ont été collectées à partir de plusieurs sources : cartes maritimes du service hydrographique et océanographique de la Marine (Shom), archives de presse, rapports de la Commission Oslo-Paris.

Certaines de ces zones sont bien identifiées et protégées par des interdictions de plongée, de baignade ou de navigation, établies par les préfectures maritimes et indiquées sur les cartes maritimes.

Méthodes de Déversement

Dès les années 1920, trois méthodes de déversement en mer étaient utilisées pour se débarrasser des munitions :

  • Le sabordage des navires pour les faire couler.
  • Le pétardage, qui consistait à enterrer des munitions pour les faire exploser (ce fut notamment le cas en baie de Somme).
  • L'immersion des munitions, par avion, sous-marin ou bateau, dans des endroits plus ou moins profonds, et peu fréquentés par les bateaux, comme la fosse du cap Levi (près de Cherbourg) ou celle des Casquets (au nord de Guernesey). C'est cette technique qui était la plus répandue.

"A partir de 1998, la Marine a réduit substantiellement les volumes concernés. "On les balançait dans des zones qui n’étaient pas chalutées, pas travaillées par les pêcheurs.

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Le pétardage, lui, fut pratiqué jusqu'au 30 avril 1997, jour de l'accident mortel du navire La Fidèle, relaté par France Bleu. Ce bateau de la Marine nationale avait pour mission d'immerger 1 450 grenades conventionnelles (représentant 600 kg d'explosifs) au large de Cherbourg. Les circonstances exactes restent floues, mais certaines grenades auraient explosé avant d'être immergées, tuant cinq personnes et en blessant dix-sept autres.

Mais, selon Bertrand Sciboz, plongeur sous-marin français spécialisé dans le renflouement d'épaves, bien que le nombre de munitions immergées volontairement soit important, "la majorité des munitions présentes dans le milieu sous-marin est située dans des navires de guerre bombardés et naufragés".

Risques et Conséquences

Ces immersions font aujourd'hui courir deux risques majeurs pour la biodiversité : les explosions sous-marines, qui font l'effet d'un tremblement de terre pour les poissons, et l'érosion des gaines en métal protégeant les munitions, qui provoque la fuite de substances toxiques.

Dans le cas des munitions chimiques, le gaz moutarde finit ainsi par se diffuser dans les fonds marins, infectant les mollusques, les algues, les poissons, et par conséquent l'ensemble de la chaîne alimentaire.

Aujourd'hui est une période critique puisque les scientifiques estiment qu'il faut 80 à 100 ans pour qu'une munition finisse par s'abîmer. La dissémination de ces composants toxiques dans l'environnement sous-marin crée aussi une réaction chimique qui mène à l'hypoxie, un taux d'oxygène insuffisant dans l'eau, étouffant au passage les organismes vivants, selon plusieurs études menées en mer Méditerranée et en mer Baltique, connue pour être la plus grande zone d'immersions du monde.

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Techniques de Neutralisation

Pour les munitions dites conventionnelles, plusieurs techniques existent, comme le contre-minage, c'est-à-dire la destruction des armes avec d'autres charges explosives. Des opérations sont régulièrement menées par les préfectures maritimes, comme à Plouguerneau (Finistère) en octobre 2023. "Le contre-minage concerne principalement les mines allemandes qui étaient les plus dangereuses et les plus fréquentes", détaille Bertrand Sciboz.

En plus de son travail de recensement, "Vert de rage" a réalisé, en partenariat avec le chercheur Aaron Beck, responsable du groupe de travail Geomar, des mesures de composants d'explosifs, tels que le TNT et ses dérivés, dont la toxicité est préoccupante.

L'équipe a plongé à Fouras (Charente-Maritime), au-dessus d'une décharge d'explosifs recensée sur les cartes marines et interdite à la plongée, où des milliers de munitions de la Première Guerre mondiale ont été immergées par l'armée française dans les années 1920.

Résultat : à Fouras, les taux de DANT, une molécule issue de la dégradation du TNT, atteignent 2 401 nanogrammes par litre (ng/L) dans l'eau. C'est le taux le plus élevé jamais observé par l'équipe de chercheurs allemands. Le TNT est potentiellement cancérigène et suspecté de nuire à la fertilité, ainsi que de provoquer des malformations génétiques. Un autre échantillon affiche 827 ng/L de tétryl, un explosif toxique utilisé dans le passé, jamais détecté auparavant par les chercheurs. Le sable de Fouras contient quant à lui jusqu'à 2 355 nanogrammes par kilo (ng/kg) de TNT brut.

Même conclusion du côté de Courseulles, où les niveaux de contamination étaient similaires aux taux observés en mer Baltique, où plusieurs milliers de tonnes d'armes conventionnelles et chimiques ont été immergées. Des résidus de TNT et de ses dérivés, jusqu'à 242 ng/kg, ont aussi été retrouvés dans le sable.

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Difficultés de Recensement et Transparence

A ce jour, le nombre exact de munitions immergées est difficile à estimer et aucune cartographie officielle et exhaustive n'existe, malgré la promesse du ministère de la Transition écologique d'en produire une. En décembre dernier, Patrice Vergriete, alors ministre délégué chargé du Logement, a affirmé que des travaux interministériels, "échelonnés sur plusieurs années", étaient en cours, sans préciser le calendrier. Trois ans plus tôt, Annick Billon, sénatrice centriste de la Vendée, avait posé une question similaire au gouvernement, et reçu exactement la même réponse.

Comment expliquer la difficulté du recensement ? "Ces immersions ont été effectuées par des services différents, en métropole comme en outre-mer. L'administration est tellement complexe qu'elle ne sait pas elle-même où elle a mis ces dossiers", argue Bertrand Sciboz. "Les premières immersions ont été effectuées immédiatement après la Première Guerre mondiale, sans que ces opérations soient forcément documentées", renchérit Olivier Lepick. Toutes les données existantes sont donc produites par des commissions internationales comme la convention Ospar (Oslo-Paris) ou par des associations.

Selon Olivier Lepick, un travail de recensement, même non exhaustif, a certainement dû être effectué par la Direction générale de l’armement (DGA) depuis le début des années 1990. "Le problème, c'est que ces données ne sont pas accessibles au public et encore moins publiées." En effet, la France oppose le secret-défense à toute question relative au déversement d'armes en mer. "C'est une question ultrasensible : quels responsables politiques seraient prêts à reconnaître que la France a eu des comportements aussi inacceptables ?, poursuit Olivier Lepick.

Actions de la Marine Nationale

Dès que le mode opératoire retenu pour procéder à la destruction de ces munitions le permet, et si cela n’implique pas un risque supplémentaire pour les plongeurs-démineurs (par exemple dans le cas de munitions concrétionnées ou jugées instables), elles sont détruites selon un protocole permettant de limiter au maximum l’impact sur l’environnement. En coordination avec les autorités civiles locales, les moyens de la Marine nationale engagés procèdent au relevage et au déplacement de la munition vers le large (notamment lorsque celles-ci se trouvent au sein d’une aire marine protégée). Ensuite, des mesures d’effarouchement sont mises en place (dites « Pelagos », elles consistent à faire exploser des micro-charges autour du point de destruction à intervalles réguliers avant la mise à feu pour éloigner la faune présente dans la zone).

Répartis sur les trois façades maritimes métropolitaines, les groupes de plongeurs-démineurs opèrent sur le territoire national comme en opérations extérieures pour des missions de neutralisation d’engins explosifs, de guerre des mines et de sécurisation des approches maritimes. Ils garantissent la protection du territoire en maintenant des alertes permanentes pour intervenir sur tous types d’engins explosifs, conventionnels comme improvisés.

Les chasseurs de mines tripartites (CMT) ont pour mission de détecter, identifier et neutraliser les mines immergées afin de ga­rantir le libre accès des ports militaires et des principaux ports civils français. Ces unités spécialisées sont également déployées en précurseur des opéra­tions amphibies ou aéronavales. Leur discrétion ma­gnétique, leur maniabilité, et leur équipement dédié leur permettent d’intervenir dans des zones minées et à grande profondeur.

En 2021, 277 munitions (soit env. Vestiges des deux guerres mondiales, des millions de tonnes d’obus ont été déversés en mer, devant les côtes françaises et belges.

Cas Particuliers et Pollutions Spécifiques

En France, on sait que des sites contenant des munitions chimiques ont été déclarés puis rayées des cartes. Qui répertorie ces sites ? Qui en assure la surveillance ? Personne n’est officiellement chargé de ce dossier.

En 1945, la France disposait d’un stock de milliers de tonnes d’ypérite (gaz moutarde) jamais utilisé. Dès 1918, la poudrerie d’Angoulême avait une capacité de fabrication de 6 tonnes par jour. Elle en a produit jusqu’en 1940. Selon nos source, une bonne partie a été immergée au large de Groix ou dans le golfe de Gascogne , sans laisser le moindre souvenir aux autorités.

Le journal Ouest-Eclair du 28 décembre 1919 relate un accident survenu, à 12 milles de Groix, au chalutier Sole. Celui-ci "avait ramené dans son chalut un fût d’ypérite (gaz moutarde) dont le contenu, se répandant dans le filet et sur le pont, brûla dangereusement sept hommes de l’équipage".

L'Action de Robin des Bois

Robin des Bois mène campagne depuis la fin des années 1980 contre les sols et les eaux pollués par les activités humaines. L’une des plus anciennes activités humaines, c’est la guerre. Les déchets de guerre sont des munitions larguées ou tirées qui n’ont pas explosé à l’impact ou au moment voulu par leur horlogerie interne. Pendant les deux guerres mondiales, il est estimé qu’entre 10 et 20% des bombes et obus n’ont pas fonctionné.

Ces UXO (Unexploded Ordnance) ou « Duds » (ratés) ont en temps de guerre épargné des vies. Mais après la guerre, ils tuent encore, ils aggravent insidieusement les pollutions environnementales et provoquent des perturbations sociales. La responsabilité des pollueurs n’est pas engagée. Par contre, elle est à l’agenda de Robin des Bois.

L’association, après plusieurs années de recherches et de vérifications dans la presse quotidienne et hebdomadaire locale et auprès des services officiels, publie un nouvel inventaire des découvertes de déchets de guerre dans quatre régions françaises, les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Ile-de-France entre janvier 2012 et fin avril 2018.

Pour la première fois, une démarche parallèle a été menée dans trois Länder allemands, Berlin, Brandebourg et Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Cet inventaire ne prétend pas à l’exhaustivité. En Allemagne, les interventions des démineurs après les découvertes sont plus rapides qu’en France et la détection préventive préalable aux chantiers de construction et d’aménagement est systématique dans les zones polluées.

Découvertes de Munitions et Risques Associés

Les Hauts-de-France, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté et l’Ile-de-France ont été victimes de trois guerres superposées entre 1870 et 1945. Aujourd’hui encore, des projectiles bourrés de poudre noire datant de la guerre franco-prussienne donnent des sueurs froides aux démineurs de la Sécurité Civile en Ile-de-France et ailleurs.

La diversité des munitions conventionnelles et chimiques est telle que les services officiels de déminage se sont dotés au fil du temps d’un manuel d’identification. Il est régulièrement mis à jour.

L’identification préalable à la neutralisation des munitions est d’autant plus difficile qu’elles sont souvent déformées, amputées, rouillées, recouvertes d’une gangue de terre ou de vase ou colonisées par des mousses végétales. Les vestiges de guerre sont des monstres de mimétisme. Ils ont une étonnante capacité à se fondre dans la géologie ou l’hydrologie locale et dans les couleurs de la saison.

L’Aisne a été crucifiée par la Première Guerre mondiale. Il y a dans ses sols plus encore de munitions ou de fragments que de soldats morts. Par un étrange mouvement d’évitement, le risque « engins de guerre » n’est pas intégré dans le DDRM par les services de l’Etat. Les risques majeurs pris en compte dans le département sont les inondations, les coulées de boues, les mouvements de terrain, la sismicité, les ruptures de digue, les risques technologiques et le transport de matières dangereuses. Cependant, une fiche réflexe « Découverte de munitions anciennes » mise à jour le 26 octobre 2018 est consultable sur le site Internet de la préfecture.

Quelques exemples de découvertes de munitions dans l'Aisne :

  • Quessy (02) : Au Bois des Moines, sur un site d’extraction de granulats, 2 obus sont mis au jour.
  • Saint-Quentin (02) : Des ouvriers creusent une tranchée et mettent au jour un obus.
  • Fleury (02) : Les démineurs interviennent pour un obus découvert par des ouvriers de la Lyonnaise des Eaux qui creusaient une tranchée. Il s’agit d’un obus chimique à l’ypérite.
  • Sissonne (02) : Une équipe d’intervention Nedex (Neutralisation, Enlèvement, Destruction d’Engins Explosifs) du 3ème RG est venue trier les 450 munitions stockées sur le camp militaire de Sissonne et vérifier qu’elles étaient inertes.
  • Cerizy (02) : Un obus encore chargé est repéré en bordure de la départementale 1044 (sur l’axe Saint-Quentin/Laon).

Ces restes de guerre constituent une menace importante pour la faune et la flore marines et pour les populations de la région. La présence de ces munitions non explosées représente un véritable risque pour l’environnement et entrave l’exploitation économique de ces zones. Les mers et espaces côtiers sont des espaces qui offrent de nombreuses opportunités comme l’énergie offshore, la navigation, l’aquaculture et le tourisme.

La dépollution subaquatique fait partie intégrante de l’ADN de Geomines. Notre société dispose d’une équipe d’anciens plongeurs démineurs de la Marine nationale, et d’un département géophysique spécialisé. Tout le travail de nos équipes de scaphandriers est mené dans le respect de la gestion du risque environnemental.

Cas de Pollution par Épaves

Dans les dessins animés pour enfants, les fonds marins sont souvent représentés par des coraux, des anémones colorées, des bancs de poissons vigoureux. Il manque un détail. Les épaves qui gisent dans le fond de nos mers et océans. Navires de guerre, cargos, pétroliers, chimiquiers, avions, bateaux de pêche, munitions, obus abandonnés.

Le Tanio n’est pas un cas isolé. Qu’en est-il du pétrolier Silja, englouti au large de Toulon ? Du chimiquier Ievoli Sun, au nord des Casquets dans la Manche ? Du Grande America et du Foucault, qui ont continué à polluer les plages rochelaises ? On pense aussi à la frégate Laplace, naufragée en 1950 près du Cap Fréhel (Côtes-d’Armor), qui a commencé à fuir cinquante ans après.

Dresser la liste des bateaux potentiellement polluants perdus en mers françaises depuis les années 1950 est effrayant mais possible. En remontant encore dans le temps, on est pris de vertige : « Pour chacune des deux guerres mondiales, on estime que 2500 bateaux ont été envoyés par le fond, décrit Michel L’Hour, directeur du Drassm (Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines). Sans compter les avions, les tanks, les tonnes de munitions. Ce n’est pas parce qu’elles sont hors de vue, noyées dans d’immenses volumes d’eau, que ces épaves deviennent inactives.

« Certaines contiennent des combustibles ou des cargaisons potentiellement polluantes qui peuvent se libérer au fur et à mesure de la dégradation de l’épave, explique Charlotte Nithart, porte-parole de l’association Robin des Bois. Chargé de recenser et protéger le patrimoine culturel sous-marin, Michel L’Hour ne compte plus les alertes lancées à différents ministères sur la dangerosité de certaines épaves : « D’un point de vue environnemental et sanitaire, personne ne s’y intéressait. Pourtant, ce cadeau caché de l’humanité à ses successeurs finira un jour par s’ouvrir.

Inventaires et Cartographie

L’inventaire précis des épaves potentiellement dangereuses dans les eaux françaises n’existe pas. C’est au citoyen qui cherche l’information de croiser les sources. Depuis 2010, le service historique de la Défense, du ministère des Armées, recense peu à peu les épaves et transmet ses informations au Shom (Service hydrographique et océanique de la Marine) qui publie une carte des épaves, uniquement celles dangereuses pour la navigation.

La Marine nationale les évalue à 4000. Interrogé sur le sujet, l’Ifremer (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer) préfère renvoyer aux cartes réalisées dans le cadre de la Directive cadre stratégie pour le milieu marin. Sollicité, le Cedre (Centre de documentation, de recherche et d’expérimentations sur les pollutions accidentelles des eaux) a répondu ne pas être prêt à aborder le sujet de la cartographie des épaves polluantes, qu’il serait actuellement en train d’étudier. La commission Ospar pour la conservation de l’Atlantique Nord-Est - qui n’a pas non plus répondu à nos questions - édite une carte des sites d’immersions connus d’armes et munitions.

Pas simple de s’y retrouver. D’autant plus que « les inventaires sont incomplets, observe Charlotte Nithart. Beaucoup d’épaves anciennes, ou gisant en grandes profondeurs, ou bien loin des côtes n’ont jamais été investiguées. » Robin des Bois en recense, ainsi que les déchetteries sous-marines de munitions, dans un chapitre de son Atlas de la France toxique.

Ce qui est sûr, c’est qu’aucune zone au large des littoraux Atlantique et Méditerranéen n’est épargnée par les épaves dangereuses. Pendant les Première et Seconde guerres mondiales, de nombreux bateaux chargés de munitions ou de gaz ont été coulés. À la fin des conflits, en France comme partout ailleurs, d’autres ont volontairement été immergés, comme on glisserait la poussière sous le paillasson.

Menaces et Défis Actuels

Le pétrole n’est pas la seule menace pour la biodiversité marine. Les munitions aux enveloppes métalliques qui se corrodent et les champs de mines sous-marins sont de potentielles bombes toxiques. « Au lendemain des guerres, des quantités considérables de munitions non utilisées ont été immergées dans l’urgence par les belligérants », rapporte Éric Lavault, porte-parole de la Marine nationale. En mer du Nord et en Baltique, les munitions ont été immergées à faible profondeur. Le Shom et l’Ospar tiennent une cartographie des sites « connus ».

Les risques que font peser ces armes immergées sont « difficiles à évaluer », de l’aveu même de la Marine nationale. « Faute d’études scientifiques précises sur leur état de détérioration. » Régulièrement, des pêcheurs remontent des obus dans leurs filets.

Paradoxalement, de 1996 à 2003, la Marine a continué à immerger volontairement et régulièrement des munitions périmées dont elle ne savait que faire à terre. « On a immergé les parties explosives des munitions, désolidarisées des détonateurs, conditionnées dans du métal et du béton », détaille Éric Lavault. D’abord dans la fosse d’Ouessant, puis dans le golfe de Gascogne. En 2003, la Marine a mis fin « définitivement » à cette pratique.

Solutions et Perspectives d'Avenir

Il faudrait par ailleurs analyser sérieusement les écosystèmes où gisent les épaves. Développer les études scientifiques sur les prévisions de taux de corrosion et de dégradation des épaves, sur les bactéries mangeuses d’huile. La Marine parle d’un nécessaire effort d’équipement : véhicules sous-marins télécommandés pour réduire les coûts et risques d’intervention.

Mettre en place à terre des filières de retraitement des polluants et munitions est également nécessaire. Entrée en vigueur en 2016, la convention internationale de Nairobi sur l’enlèvement des épaves oblige désormais le propriétaire d’une épave à la récupérer et la traiter à ses frais et risques. Le pays du lieu de naufrage pourra exercer un recours direct contre l’assureur. Cela devrait faciliter la gestion des futurs naufrages, mais pas celle des épaves passées.

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