Le fusil Chassepot, officiellement désigné comme le fusil d'infanterie modèle 1866, représente une avancée significative dans l'histoire de l'armement français. Adopté en 1866, ce fusil à cartouche papier a marqué un tournant technologique majeur et est devenu un symbole de l'armement français.
Dès 1814, des travaux sur les armes d’épaule à chargement par la culasse avaient débuté en France avec le Sieur PAULY. Cependant, malgré les compétences techniques des ingénieurs de l'Artillerie, le chargement par la bouche restait la norme. Un certain nombre de chercheurs français étudient toujours le principe d’un chargement par la culasse. Parmi ceux-ci, un jeune armurier de 25 ans, appelé Alphonse Antoine CHASSEPOT, conçoit en 1855 à la Manufacture de Châtellerault un système qui attire l’attention.
L’élément déclencheur sera finalement la défaite écrasante de l’armée autrichienne, équipée de fusils à chargement par la bouche face à l’armée prussienne équipée de ses fameux fusils « Dreyse » à « aiguille » et chargement « par la culasse », le 03 Juillet 1866. L’Empereur Napoléon III (neveu du précédent Empereur Napoléon Ier) décide que la comédie a assez durée, et qu’il faut que l’armée française se modernise sans plus de délai. La toute dernière version du fusil mis au point par CHASSEPOT convainc enfin les responsables du « Comité de l’Artillerie ».
Le fusil Chassepot est né dans un contexte d'innovation et d'industrialisation croissante. En effet, le développement des machines-outils permet de généraliser la production de canons rayés plus précis.
Le Chassepot modèle 1866 est un fusil de l’armée française mis en service en 1866 et qui a servi notamment pendant la guerre franco-prussienne de 1870. D'un poids de 4,1 kg pour un calibre de 11 mm, il permet de tirer des balles en plomb capables d’atteindre une cible à 1 000 mètres, avec une portée maximum de 1 600 mètres, et ce à une cadence de tir de 7 à 14 coups par minute. Elle a une vitesse initiale de 436 m/seconde.
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L’arme fait 1,30 m de longueur totale, et presque 1,88 m avec sa baïonnette, dans sa version « standard ». La hausse est graduée jusque 1200m. Elle est déclinée en plusieurs versions, de longueurs différentes, comme c’est l’usage dans l’armée française, en fonction des différentes « armes » qu’elle doit équiper : cavalerie, gendarmerie à cheval, à pied, dragons, infanterie, artillerie, etc…
L'arme que je vous présente ici est un fusil d’infanterie. Les baïonnettes qui l’accompagnent sont de 2 modèles différents. La première, à manche de bois, est un modèle dit du « Camp de Châlons » qui ne sera finalement pas retenue. La version finale, à poignée laiton, combinée à la lame de la version initiale à poignée bois, est devenue emblématique du fusil CHASSEPOT, avec sa longue lame en forme de Yatagan.
Le Chassepot utilise une cartouche à étui de carton enveloppé de gaze vernie, les crédits alloués ne permettant pas la fabrication d’une cartouche à étui métallique. La munition papier du Chassepot est novatrice. Elle permet en outre, le chargement directement par la culasse. Les conséquences sont doubles : le combattant n’est plus obligé de se découvrir pour recharger son arme et les cadences de tir sont beaucoup plus élevées.
Paradoxalement le réel point faible du Chassepot, comme de son rival le Dreyse, réside essentiellement dans sa munition : fragile et complexe, elle génère des incidents de tir lors d’utilisations intensives. La cartouche du chassepot est du type combustible. C’est-à-dire que la charge de poudre noire est comprise dans une enveloppe en papier qui brûle au moment du tir.
Le fonctionnement de l’arme se rapproche des armes à verrou encore très en vogue à ce jour. Équipé d’une culasse mobile, le verrouillage s’effectue directement par un seul fort tenon qui se loge dans la fenêtre d’alimentation du boîtier de culasse. Le levier d’armement est en prise directe sur ce tenon.
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Notons que cette culasse n’est pas équipée d’une rampe hélicoïdale en prise avec la noix de percussion, et que, par conséquent l’armement s’effectue manuellement avant ouverture de la culasse et non automatiquement à son l’ouverture.
L’étanchéité lors du tir est assurée par un procédé aussi simple qu’efficace. Afin de protéger le tireur et d’éviter le refoulement des gaz de combustion par l’arrière de la culasse, un obturateur en caoutchouc est monté sur la tête mobile de la culasse. Lors de la mise à feu, les gaz viennent appuyer sur la tête mobile qui en se comprimant écrase cet obturateur. Le diamètre de ce dernier s’expanse et vient donc rendre parfaitement étanche la chambre de combustion sur sa périphérie.
L’étanchéité est complétée par un « grain », une pièce de cuir destinée à assurer l’étanchéité autour de l’aiguille dans le corps de culasse, notamment afin d’éviter un encrassement excessif et hautement problématique dans cette partie sensible de l’arme.
L’arme possède en guise de percuteur une « aiguille de percussion », à qui l’on doit le surnom populaire de « fusil à aiguille » pour ce type d’arme. Le rôle de cette dernière est analogue au percuteur, excepté qu’elle doit également traverser l’extrémité arrière de la cartouche avant de venir rencontrer le système d’amorçage.
Le fusil Chassepot a équipé l'armée française pendant la guerre franco-allemande de 1870 à 1871. À Paris, en septembre 1870, on comptait près de 200 000 Chassepots parmi les 540 000 armes à feu portatives disponibles.
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Cependant, lors du conflit franco-prussien de 1870, le manque d’armement fût flagrant. Le Chassepot n’avait pas été distribué à tous les corps d’armée et des armes plus ou moins anciennes ont été remises en service : fusil 1822 T Bis, fusil à tabatière, etc.
Plusieurs modèles de baïonnettes seront également testés pour accompagner l’arme. Elle est déclinée en plusieurs versions, de longueurs différentes, comme c’est l’usage dans l’armée française, en fonction des différentes « armes » qu’elle doit équiper : cavalerie, gendarmerie à cheval, à pied, dragons, infanterie, artillerie, etc…
Dès 1874 un nombre considérable de fusils seront modifiés pour la cartouche métallique de 11 mm Gras. Ce mousqueton va servir de standard pour le futur mousqueton Gras modèle 1874 , qui reprendra l’essentiel de ses caractéristiques.
Identifier avec certitude un Chassepot utilisé pendant la guerre de 1870-1871 peut s'avérer complexe. Voici quelques éléments à prendre en compte :
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Calibre | 11 mm |
| Poids | 4.1 kg |
| Portée Maximale | 1 600 mètres |
| Cadence de Tir | 7 à 14 coups par minute |
| Vitesse Initiale | 436 m/s |
| Longueur Totale | 1.30 m (arme seule), 1.88 m (avec baïonnette) |
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