Le couteau, un des premiers outils inventés par l'homme, a évolué au fil des siècles pour répondre aux besoins de ses utilisateurs. Qu'il s'agisse d'un outil pour les paysans, d'un objet d'art pour les princes, d'un ustensile de cuisine ou d'un instrument professionnel, le couteau a toujours été un compagnon essentiel. Parmi les nombreux types de couteaux, le Laguiole occupe une place particulière dans le patrimoine coutelier français.
Thiers, située dans le Puy-de-Dôme, s'est imposée au fil des siècles comme la capitale de la coutellerie française. Cette ville médiévale a connu une industrialisation précoce grâce à la force motrice de la rivière la Durolle. La présence de nombreux couteliers est attestée dès le XIIIe siècle. En 1615, on recensait 416 maîtres couteliers et 1293 ouvriers.
La Durolle a permis le développement de nombreuses activités artisanales, notamment des papeteries, des moulins, des tanneries et des ateliers d'émouleurs. Vers 1580, la profession s'organise en Jurande, avec des règles strictes. Une table des marques est créée pour enregistrer les marques des couteliers.
Au XIXe siècle, l'industrialisation transforme la coutellerie thiernoise. L'énergie hydraulique est utilisée pour améliorer les moteurs, et l'avènement de l'estampage en 1888 permet une production plus standardisée et rapide.
Le couteau Laguiole est né vers 1829 dans le village de Laguiole, en Aveyron. Il est le fruit de l'inspiration de deux modèles : le Capuchadou, couteau à lame fixe des paysans de l'Aubrac, et le Navaja espagnol, couteau de poche catalan. Les paysans de l'Aubrac, qui partaient travailler en Catalogne pendant les rudes hivers, rapportaient avec eux le Navaja.
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En 1840, un poinçon est ajouté au couteau. Il était utilisé par les bergers pour percer la panse des bovins en cas de météorisation. En 1880, le tire-bouchon fait son apparition, répondant aux besoins des Aveyronnais travaillant comme garçons de café à Paris.
Dans sa forme initiale, le couteau Laguiole était droit, avec un manche à bec de corbin et une lame bourbonnaise. La mouche était plate et il n'y avait pas de guillochage. Les manches étaient en corne ou en bois. La forme actuelle du Laguiole remonte aux années 1860.
Au début la mouche était lisse, soit en spatule, ovale, en losange ou en carré. Les ressorts étaient lisses, au mieux ornés de deux traits à la lime et d'une croix de saint André qui était parfois présente sur la lame. Il n'y avait ni croix sur le manche, ni abeille. Les abeilles commencent à évoluer entre 1880 et 1910 et sont ornées de trèfles ou de fleurs et les ressorts sont guillochés à la lime. Dans les années 1900-1910 on voit apparaître de nouvelles formes de ce couteau comme l'aile de pigeon ou le pied de cheval. L'abeille avait une fonction utilitaire sur les couteaux de poche des paysans : arrêter la lame en position ouverte. Dans les années 1930 apparaît l'abeille soudée qui était jusqu'à ce moment-là forgée avec le ressort. À partir de 1950, c'est la croix qui apparaît sur le manche.
Au fil des ans, le couteau Laguiole a évolué, intégrant des matériaux et des techniques modernes tout en préservant ses racines artisanales. Le couteau Laguiole est un véritable emblème du savoir-faire artisanal français. Connu pour son élégance et sa robustesse, chaque modèle de couteau Laguiole est une œuvre d'art qui allie tradition et innovation.
Thiers étant la capitale française de la coutellerie, au début du XXe siècle, les artisans de Thiers et de Laguiole ont travaillé en collaboration pour développer le couteau Laguiole. Au début des années 1950, le Laguiole est principalement fabriqué dans le bassin thiernois. Le couteau Laguiole ne sera plus produit qu'en quantité limitée à Laguiole et ce jusqu'à la fin du XXe siècle.
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C’est après la 1ère guerre mondiale, que des artisans-couteliers commencèrent à fabriquer des couteaux Laguiole dans leurs ateliers à Thiers.
La coutellerie Arbalète G. David est un acteur majeur de la fabrication du couteau Laguiole. Fondée en 1810 à Thiers, elle a été reprise en 1922 par David Genès et est aujourd'hui dirigée par Christophe Durand. Forte d’un savoir-faire séculaire, la coutellerie a été classée Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV). Le label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) est attribué aux entreprises qui possèdent un savoir-faire artisanal ou industriel exceptionnel. Arbalète G. La fabrication Arbalète G. David est artisanale. Chaque pièce est unique, façonnée par la main de l'artisan. La marque Arbalète G. David possède une large gamme de produits: couteaux fermants laguiole, art de la table, couteaux de chasse, couteaux régionaux, accessoires…
Aujourd’hui, une usine située à quelques mètres de la sortie d’autoroute de Thiers centre, où sont confectionnés les couteaux signés Arbalète G. Pour comprendre le processus de fabrication d’un couteau, rien ne vaut le déplacement à Thiers, où l’usine Arbalète G. David est ouverte à la visite. Depuis la boutique, les clients peuvent observer l’effervescence dans l’atelier à travers les vitres et, s’ils veulent aller plus loin, ils ont la possibilité de visiter l’usine, avec un temps d’échange avec les couteliers.
Dans les années 60, Arbalète Genès David a relancé le laguiole en collaboration avec les créateurs du modèle Laguiole. Le travail « fait main » et l’origine du produit confèrent à Arbalète Genès David S.A.S. son caractère unique.
La visite de l'usine Arbalète G. David permet de découvrir toutes les étapes de la fabrication d'un couteau. Elle commence par la présentation des différentes pièces métalliques : lames, mitres, platines, ressorts et abeilles (pour le Laguiole), manches en matières naturelles ou nobles. Les lames forgées sont fournies par un sous-traitant du bassin thiernois.
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Suivent l’assemblage des différentes pièces, puis le guillochage (décoration du ressort et du dos de la lame) réalisé manuellement ou à l’aide d’un emporte-pièce selon la préciosité du couteau. La mitre va être polie pour obtenir l’angle parfait avec le manche. Avec des gestes mêlant beaucoup de rigueur et de technique, le coutelier ajuste les différentes pièces à l’aide de clous qui vont être soudés (pour maintenir l’ensemble) puis limés.
Ainsi, grâce à tout cela, de nombreux modèles sont créés, avec différents bois, différents aciers, différentes mitres et surtout différentes abeilles. Nous retrouvons des couteaux fabriqués avec l'acier inox 12C27. Il existe également une multitude de manches en inox, en différentes cornes, différents bois ou encore en acrylique. Quant aux mitres, elles sont proposées sous une multitude de formes différentes : inox mat ou brillant, laiton. Certains disposent même d’un ressort guilloché, d’un tire-bouchon intégré et/ou d’un poinçon. Il existe également des modèles plus travaillés avec des ressorts et des abeilles forgés ainsi que des guillochages faits mains.
La marque Arbalète G. David possède une large gamme de produits : couteaux pliants, arts de la table, couteaux de sommeliers, de chasse, de cuisine, couteaux régionaux.
Les couteaux Laguiole G. David de Thiers (Auvergne) sont des produits haut de gamme et ils vous offrent une qualité de coupe supérieure à la grande majorité des couteaux Laguiole présents sur le marché. De plus, certains sont dotés d'ustensiles afin de convenir à toutes vos utilisations, comme les couteaux suisses avec un tire-bouchon intégré dans le manche. Vous pourrez également vous laisser séduire par les gammes de couteaux de tables plus modernes avec leurs manches en plexiglas ou en bois colorés !
Nous vous offrons la possibilité d’acheter un couteau Laguiole G. David avec lame rétractable pour le transport, ou un ensemble de couverts pour recevoir vos amis avec élégance et authenticité.
L’institution du laguiole artisanal français, la manufacture Arbalète Genès David®, fête les 180 ans du célèbre couteau laguiole créé en 1829 par Pierre-Jean Calmels. Pour célébrer cet anniversaire, Arbalète Genès David® a réalisé au sein de son atelier un modèle d’exception, parfait équilibre entre tradition et excellence: Le Laguiole 180 ans®.
Tout comme les premiers couteaux laguiole fabriqués il y a plus d’un siècle et demi, la lame du 180 ans® est en acier carbone. Sa spécificité ? Un modèle unique conçu avec des pièces issues des années 40 et une finition réalisée grâce à un nouveau procédé de lustrage / brossage qui lui permet de bénéficier des dernières innovations en matière de coutellerie. Ce modèle symbolise ainsi l’alchimie parfaite entre des matériaux nobles et authentiques et l’évolution des procédés de fabrication déployés par les maîtres artisans de Genès David. Cette création exclusive est garantie contre tout vice de fabrication pendant… 180 ans !
C’est au début des années 40 que furent forgées par Genès David les pièces de ce couteau rare. Conservées durant 70 ans, elles constituent aujourd’hui ce produit d’exception, issu de la passion et de l’expérience des maîtres couteliers de Genes David. Les pièces qui constituent le 180 ans® ont permis de créer 180 modèles de ce couteau de collection, hasard ou clin d’œil du créateur ? L’édition laguiole 180 ans® est limitée à 180 exemplaires gravés, dûment numérotés spécialement pour l’événement. Ce véritable modèle de collection, dont chaque pièce est réalisée à la main par les maîtres couteliers de Gènes David, est accompagné de son certificat d’authenticité.
Pour préserver la beauté et la fonctionnalité de votre couteau Laguiole, il est important de le nettoyer régulièrement avec un chiffon doux et de l'eau tiède.
Le mot “Laguiole” n’indique pas une marque de couteau. Il s'agit du nom d'un village situé dans l’Aveyron. Les couteaux Laguioles fabriqués en France proviennent de Thiers ou de Laguiole.
Il faut savoir surtout que l’appellation Laguiole n’est pas protégée car ce n’est pas une marque déposée puisqu’il s’agit d’un patrimoine et d’une région ! Tout d’abord savez-vous ce que veut dire Laguiole ? Eh bien absolument rien sauf si ce n’est qu’il s’agit d’un petit village situé à 1000 mètres d’altitude sur le plateau de l’Aubrac aux confins de trois départements : l’Aveyron, le Cantal et la Lozère.
De nombreuses particularités permettent de faire la différence entre un vrai couteau Laguiole et un faux. Quand il s’agit d’un couteau artisanal, il ne possède pas de dents sa lame est lisse. L’excellente qualité de la lame d’un couteau Laguiole est composée d’acier ou d’inox. L’abeille est le symbole principal que l’on voie sur les couteaux Laguiole mais il n’est pas le seul car beaucoup de contrefaçons l’utilisent. Pour identifier un couteau authentique Laguiole, le manche doit être en corne, en os en ivoire ou en bois régional. La qualité du matériau utilisé pour la fabrication du manche soit être traçable et vérifiée. Si aucune provenance n’est indiquée alors c’est qu’il y a un doute sur l’origine du couteau.
Vous conclurez par vous-même que la tradition et le savoir-faire français est mis à rude épreuve par la concurrence déloyale de ces industries, françaises ou étrangères.
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