Cet article vise à fournir une compréhension claire des symboles et poinçons présents sur les canons de fusils, notamment les fusils de chasse. Ces marques sont essentielles pour dater la fabrication et comprendre l'origine de l'arme. Il s'inscrit dans une série d'articles visant à faciliter la datation d'un fusil de chasse à canon lisse grâce à l'interprétation des marquages.
Les marques sur les canons de fusil varient selon les pays et les fabricants. La plupart des fusils de chasse à chiens extérieurs ou à clef que l’on trouve ont été produits à partir d’éléments fabriqués à Saint-Etienne ou à Liège. Voici un aperçu des poinçons les plus courants, classés par pays d'origine.
Les armes à poudre noire produites en France portent le poinçon F couronné lorsqu’il s’agit d’armes de Saint-Etienne. Voila un excellent exemple d'expertise. Le poinçon PM (Poudre M) couronné est de St Etienne de 1898 à 1914 et concerne l'épreuve définitive avec poudre M (sans fumée).
Dans l’ordre, on trouve ELG dans un ovale, le calibre, les lettres de contrôle P.V étoilée ou couronnée et enfin la lettre de l’année. Ce système de datation utilise une lettre pour désigner l'année de fabrication, selon la clé suivante :
L’aigle a été utilisé de 1939 à 1945. Le S sous couronne est le poinçon spécifique aux armes à canon lisse de 1891 à 1939. Figure le poinçon BNP utilisé à partir de 1954. Le marquage « non pour balle » a été utilisé à Liège du 18 avril 1878 au 30 janvier 1897.
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De cette session est née la Convention Internationale Permanente (CIP) du 15 juillet 1914, actant la reconnaissance réciproque des poinçons d'épreuve des armes à feu. Elle y a défini les caractéristiques des appareils de mesure des pressions des cartouches et y a unifié les pressions des épreuves dans les divers pays. Cette convention, ratifiée par la France le 14 mai 1926, dispense les armes portant nos poinçons d'épreuve de subir à nouveau des épreuves similaires dans les pays où elles sont exportées et adhérant à la CIP (Commission Internationale Permanente des armes à feu portatives).
Le caractère facultatif des épreuves, prévu par la Loi de 1885, a été supprimé par le décret du 12 janvier 1960, rendant obligatoire l'épreuve des armes à feu portatives. Toutes les armes lisses ou rayées doivent être éprouvées, ce qui permet un contrôle sur l'ensemble de la fabrication.
L’épreuve des armes est l’activité historique du banc national d’épreuve, un service unique en France. Le Banc d’Epreuve de Saint-Etienne a été créé par ordonnance royale en 1782. En 1960, l’épreuve est rendue obligatoire pour toutes les armes à feu civiles et en 2010, l’institution est désignée « Banc National d’Epreuve ».
Répondant au souci d’assurer la sécurité de l’utilisateur, l’épreuve s’attache à vérifier la résistance de l’arme. Après examen par un contrôleur assermenté qui vérifie l’état du canon, les cotes intérieures, les mécanismes de fermeture et de percussion, l’arme est testée par le tir de cartouches de surpression. Un second et profond examen est fait après le tir. Les armes acceptées sont alors poinçonnées, certifiées et enregistrées.
Voici quelques conseils aux chasseurs et tireurs sportifs : Vérifiez que votre arme soit éprouvée par un Banc d’Epreuve de la C.I.P. Des essais additionnels de sécurité sont également effectués : Endurance, Essais de précision, Essais de chute, Tirs avec obstruction de canon.
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Depuis l'interdiction du plomb en juin 2006, les fusils sont éprouvés pour les billes d'acier. Le symbole de la Fleur de Lys indique que le fusil est approuvé pour les billes d'acier. Sur les armes récentes, le nouveau poinçon comprend également le marquage CIP au-dessus de la fleur de lys.
Lors de l'utilisation de cartouches dotées d'une bourre fabriquée à partir d'un matériau alternatif ou d'un matériau dit « dégradable », il est primordial de garantir la protection constante du canon et d'éviter tout dommage aux parois internes des canons causé par les billes. Il est essentiel de comprendre la signification du poinçon du banc d'épreuves inscrit sur vos canons, ainsi que les cartouches qui peuvent être utilisées en toute sécurité.
| Type de Cartouche | Pression Maximale | Diamètre des Billes | Compatibilité |
|---|---|---|---|
| SP (Pression Standard) | Inférieure à 830 bars | Max. 3,00 mm (numéro 5) | Fusils éprouvés à 1040 bars |
| Billes d'Acier | Variable | Variable | Fusils avec poinçon Fleur de Lys |
SP signifie Pression Standard (Standard Pression en anglais) : Les cartouches de pression standard sont conçues pour être tirées dans des fusils éprouvés à 1040 bars et génèrent une pression inférieure à 830 bars. Les billes contenues dans ces cartouches ont un diamètre maximal de 3,00 mm (numéro 5).
Il convient de toujours garder à l'esprit la possibilité de ricochets, en particulier dans des environnements aquatiques, autour de branches ou au sein d'une végétation dense. Ne déclenchez jamais un tir à moins d'être certain de votre cible et de la voir clairement. Étant donné que l'acier possède une densité inférieure, la vitesse résiduelle sera également moindre, impliquant ainsi un ajustement nécessaire de votre visée (plomb). Les projectiles en acier sont inaltérables, et l'utilisation d'un choke jusqu'à ½ maximum garantit une dispersion optimale et précise.
Comparativement, le bismuth possède une densité supérieure à celle de l'acier, ce qui permet des tirs à des distances plus étendues, jusqu'à 55 mètres (60 yards). Les projectiles en alliage ont un comportement intermédiaire entre l’acier et le Bismuth qui se rapproche énormément du comportement du plomb.
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Il est également conseillé de faire des tests en stand pour bien prendre conscience du comportement de la munition en action.
Le choke est la partie terminale du canon, présentant un rétrécissement progressif du diamètre de l’âme. Choisir le bon choke est extrêmement important pour obtenir les meilleures performances et l’adapter à vos besoins de tir, que ce soit à la chasse ou au tir sportif. Pour faire ce choix de manière éclairée, il est important de savoir identifier correctement le choke monté sur le canon en utilisant différentes méthodes de reconnaissance.
Un rétrécissement nul ou faible (de l’ordre de 1 à 2 dixièmes de mm) aura tendance à former une gerbe cylindrique avec une surface frontale importante. À la sortie du canon, l’air pénétrant rapidement dans la gerbe éclatera cette dernière rapidement. Par voie de conséquence, le groupement des plombs sera plus important.
Si une inscription en chiffres est indiquée sur le canon devant les chambres (ex. Par exemple, en CS ou PC, on préconise un minimum de 2 à 3/10 de rétreint par rapport à l'alésage de 18,5 d'un cal 12, soit un diamètre de sortie de choke de 18,3 à 18,2 mm minimum. Il fut un temps où les chokes interchangeables étaient considérés comme une mauvaise innovation technique. Coupables de produire des gerbes irrégulières et de diminuer la portée efficace des fusils, les chokes amovibles avaient mauvaise presse. Il est vrai que certains fabricants ne portaient pas le soin nécessaire à l’usinage des chokes et, par conséquent, les performances de ces derniers étaient médiocres. Toutefois, les industriels sérieux ont toujours réalisé des fabrications de qualités et les résultats des fusils équipés de ces chokes pouvaient rivaliser avec des armes à chokes fixes. De nos jours, grâce aux nouvelles technologies (chokes longs, rallongés extérieurs et à l’utilisation de nouveaux matériaux, aciers fortement alliés, aciers inoxydables, titane, ..
Quelle que soit la qualité des chokes, il est impératif de veiller à leur entretien, notamment en ce qui concerne la corrosion. En effet, un choke rouillé à l’intérieur du canon sera très difficile à démonter sans détériorer le taraudage du canon.
Élément le plus important du fusil, c'est le canon qui conditionne ses performances. De la qualité de la fabrication du canon dépendra la qualité du tir. Les vertus primordiales pour un canon sont la force, la légèreté relative, l'élasticité, le bon équilibre et la puissance de tir.
La méthode artisanale est réservée aux armes de haute qualité et nécessite un savoir-faire et une main-d’œuvre hautement qualifiée. (C’est pourquoi faire reforer un canon qui n’est pas prévu à l’origine pour recevoir des chokes est une hérésie et une hérésie dangereuse, car il y a risque d’explosion de l’embout du canon et non du choke, l’épaisseur de la bouche du canon n’étant pas prévue à l’origine. Enfin, pour les fusils de première qualité, c'est l'assemblage "demi-bloc" qui est choisi : chaque tube usiné comporte son demi-crochet longitudinal qui comprend son propre mode d'assemblage.
Dans les fabrications en grande série, on utilise des barreaux qui sont percés, reforés et alésés sur des machines à commande numérique. Une technique nécessitant des machines à forger complexes et coûteuses est utilisée pour les fabrications en très grande série. Cette méthode combine le forgeage à chaud et le martelage à froid. La fabrication des tubes est effectuée par étirage en passes successives et le résultat est obtenu par déformation de la matière, sans perçage, afin d'éviter de mélanger des adjuvants à l'acier.
Sur des fusils haut de gamme, afin de conserver toute l'élasticité de l'acier et obtenir des performances supérieures, les canons ne sont pas chromés, ils sont fabriqués avec des aciers résistant davantage à l'oxydation. La protection extérieure des canons est assurée par bronzage, brunissage au chrome noir ou au téflon, chaque fabricant ayant ses méthodes et spécificités. Sur des fusils haut de gamme et afin de conserver une meilleure élasticité de l’acier et des performances supérieures, les canons ne sont pas chromés, ils sont fabriqués avec des aciers plus fortement alliés proche des aciers inoxydables.
Si votre canon est marqué d'une fleur de lys, votre arme est capable de tirer des billes de plomb.
Cet usinage conique reliant la chambre à l’âme du canon a une importance significative sur la sensation de recul de l’arme. De par sa longueur et sa progressivité, la sensation de recul en est fortement modifiée. C’est la partie la plus longue du canon comprise entre le cône de raccordement et la rampe de choke, elle conditionne grandement la qualité et la vitesse de la gerbe. À l’instar du cône de raccordement, les fabricants ont beaucoup travaillé sur l’amélioration de cette partie du canon.
Il est convenu dans le monde des initiés que l’on considère un fusil à canons longs quand ces derniers mesurent au moins 75 cm. Au parcours de chasse dans les années 70 et 80, la longueur était de 70-71 cm car les trajectoires étaient rapprochées et les tireurs venaient pour la plupart du skeet. Mais influencés par les britanniques et l’augmentation des distances de tir, la longueur standard est depuis une dizaine d’années de 76 cm avec une tendance vers des longueurs plus longues.
Comme dans tout ce monde, il n’existe rien de parfait, tout a des spécificités qui dans un certain contexte sont considéré comme des avantages, mais également comme des inconvénients dans d’autres situations. Un fusil à canons longs possède une ligne de visée plus longue ce qui améliore la précision de visée ou plus exactement la précision de déplacement lors du swing. Incontestablement, cette caractéristique permet un contrôle bien meilleur des trajectoires surtout quand celles-ci sont éloignées. De plus, l’augmentation du couple par le rallongement de l’arme favorise le contrôle du swing grâce à la répartition des masses.
La longueur plus courte de l’arme conjuguée avec une répartition des masses plus compacte donnera aux fusils une vivacité plus grande. Cette qualité sera appréciée dans des situations de tir où le tireur ne dispose pas beaucoup de temps ou d’espace pour exécuter son tir. C’est pourquoi ce type de fusils est utilisé au skeet olympique.
Cette innovation permet au tireur de régler la hauteur de pente au busc sur une plage d’une quinzaine de mm. En effet, elles permettent notamment de régler son tir en hauteur.
Le sertissage a un rôle d'intervenant pour régulariser, homogénéiser l'ensemble propulsé. Le meilleur est celui à huit plis sans conteste!!! La poussée est plus homogène et bien répartie sur toute la surface frontale, un peu mieux que pour 6 plis (soit 6 secteurs angulaires d'un cercle) qui retarde un temps infime, mais suffisant, le lancement de cette forme cylindrique qu'est la charge avec une vitesse initiale optimale.
On parle de culot : son rôle essentiel est de favoriser l'extraction et d'épouser la chambre… la protéger et fermer de façon étanche l'arme.
Pour ce qui est de la poudre, il y en a de toutes sortes, de toutes formes (bâtonnets, paillettes, cubiques, cônes, cylindres, grains, et de toutes les couleurs…). L'essentiel est sa vivacité, sa porosité étant alors primordiale. En effet, à chaque arme, chaque canon correspondent des numéros de plombs, des chargements optimaux. Si nous essayons à la plaque nous le constatons aisément. Dans une même arme, un choke se comportera souvent mieux à une distance donnée avec LA cartouche que nous retenons. Une cartouche c'est toute une alchimie et ce n'est pas toujours facile de trouver celle qui nous convient.
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