Cet article relate l'histoire et les expériences de la Compagnie de Mitrailleuses du 20ème Train, à travers divers événements et témoignages.
Le 259° Régiment d'Infanterie quitte Foix par le train, et le convoi est dirigé sur Souain dans la Marne, via Suippes. Le dimanche 16 août, ils quittent Souain à une heure du matin pour Eton, à l'est de Verdun à une quarantaine de kilomètres. Les premiers contacts se font avec l'ennemi qui occupe le village de Bouligny. Le cantonnement s'établit autour d'Eton avec la mission de prendre l'offensive en direction du nord-est sur Domprix.
Le mouvement est à peine commencé, que le régiment reçoit un contre-ordre, avec des points avancés à Dommary-Barancourt et Domrémy-la-Canne. La cavalerie entre en contact au commencement de la journée, et l'artillerie répond aussitôt. Les fantassins allemands attaquent les villages en position avancée sur l'Othain.
Les Allemands tentent un premier assaut, suivi d'une contre-attaque, conduite par le colonel en personne. Ils arrosent alors le village avec toute leur artillerie. Le Général commandant la 67e division demande de soutenir la résistance de la brigade, mais l'opération est jugée impossible. Le régiment se replie à l'ouest, vers Verdun, entre Senon et Amel-sur-l'Etang, sur l'Etang distant de deux kilomètres.
Des coups de fusils et de la mitraille retentissent de toutes parts, et Eton est en flammes. De nombreux soldats sont blessés. L'unité se trouve à quelques kilomètres du bourg, en lisière de la Forêt Domaniale de Verdun. Elle se trompe de direction et se retrouve dans le ravin au sud ouest d'Haumont. La situation est rétablie, malgré cet assaut intempestif et contraire aux ordres donnés qui échoue à deux reprises près de Brabant.
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Des régiments arrivent au combat, composés d'hommes de troupe et de chevaux. Le Lieutenant Colonel de Laborderie prend position sur le terrain près de Verdun, où il cantonne. Le 21 septembre, il est à Ambly-sur-Meuse, puis à Dommartin-la-Montagne. Le cantonnement reprend à cinq heures du matin à Saint Rémy. Des ouvrages de défense sont construits, et les compagnies sont déployées successivement pour couvrir le flanc droit du régiment. La mission permet de couvrir le flanc droit du régiment.
Les Allemands sont paralysés par le feu français, et réciproquement. L'objectif est Dommartin-la-Montagne, à l'est du bois Saint Rémy, près de Rémy-Vaux. L'intensité des tirs, accentuée depuis onze heures, s'intensifie de plus en plus sur le front. Le régiment voisin (le 288e de Mirande) tente de prendre l'ennemi en flanc, mais les hommes se trouvent déjà débordés par les mitrailleuses ennemies. Malheureusement, ces actions n'arrêtent pas complètement l'offensive allemande.
Les tirs sont effectués à courte distance par une batterie de mitrailleuses ennemies, causant des pertes très sérieuses. Les survivants progressent à travers bois, sur la route de Vaux, puis se replient par la tranchée Calonne, se dirigeant ensuite sur Mouilly. Le régiment se positionne à 11 h 30 en lisière des bois face à Dommartin-la-Montagne et bivouaque au bois de la Cote aux Bufs.
Dans la nuit du 8 au 9 octobre, une attaque de nuit est lancée vers minuit, entraînant des pertes pour le régiment. En décembre, le régiment continue d'occuper le Bois de Chevaliers, sur Meuse. Des boyaux sont construits, et des réseaux de barbelés sont posés en avant du front, en direction Est : Dompierre aux bois, Verines; direction Nord-est: Dommarchin-la-Montagne. Le caporal Comagnan trouve une mort glorieuse. La compagnie est en 1ere ligne et 4 en réserve. Le rapport pour la période du 14 décembre au 15 février est incomplet, en raison de l'hécatombe qui a touché le régiment.
Les soldats d'Infanterie Ariégeois sont engagés dans des combats acharnés, notamment à Perthes les Hurlus, où ils laissent leur vie. Les opérations commencent par celles de la 60e DR sur le bois Sabot avec des mines. L'attaque de gauche surprend les ennemis et permet d'amener des mitrailleuses. La totalité de la zone d'attaque, y compris la première ligne allemande, est prise. De la tranchée 47 partaient plusieurs galeries de mine, dont certaines étaient chargées.
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Cette avancée fut appelée le Saillant de Saint Mihiel, une zone occupée et donc disputée pendant toute la Guerre. Une compagnie est positionnée aux tranchées, dites Besson, situées face au Pentagone à une distance d'environ 400 mètres. Elle est positionnée en ligne avancée, à quelques mètres au Nord Est de la lisière de Malimbois, aux ouvrages WX et une section au boyau U (pentes sud du bois de Malimbois). Un peloton, à lisière Nord-est du bois de Malimbois, reste en réserve, assurant un dispositif d'alerte et de grande vigilance.
Le premier carnet a disparu lors des combats du 15 octobre 1915 au Hartmannswillerkopf. Un soldat témoigne : «……en une minute il tombe le crâne ouvert par une balle et un œil arraché, le malheureux il n’a pas dû souffrir. On nous fait faire demi-tour car il n’est pas possible d’avancer…»
Grâce à l’énergie et au courage de notre Commandant qui a défendu avec une poignée d’hommes en criant «la compagnie en avant ! », l’ennemi contourna la 19ème compagnie dont une grande partie fut faite prisonnière. Le Commandant reçoit la médaille militaire.
Les chefs nous crient d’avancer mais pas un ne voulait passer devant nous ce qui faisait voir leur bravoure ! Mais craignant que l’artillerie ne raccourcisse son tir et aussi que l’ennemi enfonce les nôtres du 57ème Territorial qui se trouvait devant nous, nous avançons mon ami Fayard et moi suivis d’une dizaine d’autres jusqu’à la première ligne du 57ème Territorial.
Nous nous y lançons résolument avec des grenades, mais au moment où nous arrivons près de ces embranchements, l’ennemi nous attend sans qu’on puisse le voir, il nous harcèle de boites à mitraille et de grenades au fur et à mesure qu’on avance. On est fauchés une quinzaine tombent morts ou blessés grièvement.
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Nous avions en effet à lutter contre quatre bataillons de Chasseurs de la Garde Impériale de vingt à vingt quatre ans. Pendant ce temps les ‘marmites’ rappliquent sur nos camps de réserve, le bois est complètement fauché et nos abris démolis.
La nuit on nous emmène faire une tranchée qui doit nous servir d’abri pour l’attaque que nous devons faire le lendemain. Il fallait travailler à moitié couchés dans les racines et les pierres. Les balles, les bombes, les torpilles risquaient de nous arriver dessus à tout instant, aussi on ne pouvait pas faire de bruit de crainte d’être repérés.
Étant bien placé pour voir ce qui se passe en avant, j’aperçois un officier ‘boche’ debout derrière un abri à gauche du rocher, un béret de Chasseur Alpin le déguise, je lui vois toute la tête. Je veux le tirer, mon Lieutenant m’en empêche.
J’agite fortement un drapeau blanc qui est près de moi pour montrer notre ligne à nos artilleurs qui comprennent et allongent un peu. Je saute dans la tranchée suivi de Fayard où nous trouvons des équipements complets de boches et de grandes quantités de munitions.
Vers vingt- deux heures l’ennemi nous bombarde violemment pendant plus d’une heure, on s’attend à une attaque mais ils ne sortent pas. A cinq heures du matin nouveau violent bombardement de l’ennemi qui dure plus d’une heure.
A huit heures je vais voir mon pauvre ami Bernard. Je le retrouve parmi une soixantaine de morts qu’on avait rangés pour les enterrer. Il a la tempe trouée, un œil lui sort et le nez coupé. Il était enflé surtout de la figure. Je lui ai fait une fiche, car il n’en avait pas, et de cette façon il aura sa petite croix de bois avec son nom gravé.
Départ pour Bitschviller à 5 heures 30 du matin. On nous fait suivre la tranchée pour arriver au camp des Réserves. On mange la soupe et on boit le café. Dans le combat de l’Artmansviller nous avons eu environ un millier d’hommes hors de combat. Pour l’ennemi les pertes sont bien plus fortes.
Au cours du combat sur l’Hartmannsviller vingt-deux hommes et le capitaine sont restés cernés par les boches le 15 octobre de 5 heures du matin à 16 heures le lendemain, c’est-à-dire 52 heures, privés de toute communication avec nous et exposés aux deux feux. Grâce au sang-froid et au courage du capitaine ils ne se sont pas rendus aux boches qui leur criaient de se rendre et ils répondaient par des grenades dont ils étaient bien pourvus.
De garde à la tranchée, un avion nous survole et lance des signaux au-dessus de nos pièces. L’ennemi bombarde fortement les tranchées, le poste de commandement et les réserves du 5ème bataillon du 217ème.
Par suite de la pluie qui ne cesse de tomber nos tranchées sont effondrées ainsi que plusieurs de nos abris. Où je suis l’eau a envahi l’abri et plus de deux mètres-cubes de terre sont tombés dedans. Nous sommes obligés de nous coucher sous les fuites d’eau qui ne cessent de tomber dans la cabane.
6heures 50 du matin violent bombardement de l’artillerie ennemie amenée pendant la nuit. Ils arrosent la montagne de projectiles. Notre artillerie répond efficacement en tirant sur les tranchées ennemies et les villages. Un avion allemand et un français nous survolent, le français est fortement canonné par l’ennemi.
La nuit j’ai été en patrouille entre les deux tranchées, les boches étaient aussi en patrouille à vingt mètres de nous.
Le 20e régiment d'artillerie de campagne, mobilisé à Poitiers, fut d'abord rassemblé aux environs de Bratte (Meurthe-et-Moselle). A peine arrivés, les ier et 2e groupes furent embarqués pour le Nord de la France, tandis que le 3e groupe restait en Lorraine pour contenir la contre-attaque allemande sur Morhange. C'est aux environs d'Houdremont (Belgique), !e 23 août 1914, que les ier et 20 groupes ouvrirent pour la première fois le feu sur les ennemis. Grâce aux rafales de 75, l'artillerie ennemie fut réduite au silence et la poussée allemande ralentie.
Alors commence le repli qui devait se terminer sur la Marne. C'est la bataille de Faux, le 30 août 1914, où le 75 a fauché tant d'Allemands que, le soir, alors que les Français se repliaient par ordre supérieur, les Allemands eux aussi reculaient, épuisés par les efforts infructueux qu'ils avaient faits dans la journée; nos braves brancardiers du 20e restaient toute la nuit sur le champ de bataille, ramassant nos fantassins blessés jusque dans le village de Faux qui flambait.
Du 6 au 9, le 20e d'artillerie concourt à la défense du mont Août et des nuarais de Saint-Gond, près d'e Bannes. Le colonel du 20e obtint la belle citation suivante :
Le général commandant le 9e corps d'armée met à l'ordre du corps d'armée le colonel Besse, commandant le 20e régiment d'artillerie, pour sa belle attitude au feu et celle des batteries sous ses ordres. Ce chef de corps qui, depuis le début de la campagne, a fait preuve de coup d'œil et d'une connaissance complète de son arme, a, particulièrement dans la journée du 6 septembre, montré un courage et un sang-froid remarquable en restant près du village de Bannes en première ligne, presque sans soutien sous le feu de l'ennemi, pendant sept heures consécutives. C'est grâce à la très belle attitude de ses batteries, auxquelles il a su communiquer le sentiment du devoir qui l'anime, que la position de Bannes n'a pas été occupée par l'ennemi.
Le 206 d'artillerie retrouvait, devant Prosnes, son 36 groupe, dont il était séparé depuis un mois et dont la tâche n'avait pas été moins glorieuse que celle des deux autres groupes. Le 24 août, devant Réméréville et Herbéviller, le 36 groupe tire les premiers coups de feu pour ouvrir la route aux fantassins du n4e qui s'emparent de deux villages et progressent au delà. Débarqué à midi, il entreprend immédiatement une marche forcée de plus de 70 kilomètres sur Connantre.
Le 28 octobre, relève et embarquement pour les Flandres. Il allait être donné au 20e de prendre part à la grande bataille d'Ypres. Dès son arrivée en Belgique, la 1 7e division d'infanterie attaque et enlève Zonnebeke; nos canons font un ouvrage magnifique, l'élan de nos fantassins est irrésistible en constatant le résultat de nos tirs; mais nous sommes à l'extrême pointe du saillant d'Ypres.
Au début de novembre, les Anglais ont donné leur maximum d'efforts et sont sur le point d'abandonner les collines, le saillant d'Ypil.-s est compromis. La 17e division d'infanterie engage sans hésiter ses dernières réserves d'infanterie; dans un terrain à peine reconnu, trois batteries prennent position et, prêtes aussitôt, déclenchent une série de tirs progressifs avec fauchage qui arrêtent et déciment les derniers rangs de la Garde prussienne dans leur suprême assaut. Deux mois après, le colonel Silley accompagnant le colonel Lafont lui disait : « Votre artillerie nous a sauvés » et lui serrait la main avec effusion.
En mars 1915, la 17e division d'infanterie quittait définitivement la Belgique pour entreprendre les campagnes d'Artois, et le 20e régiment d'artillerie de campagne prenait part à toutes les préparations d'attaque (9 mai-25 mai) (Loos, Neuville-Saint-Vaast). L'attaque générale du 25 septembre retrouve le 206 régiment d'artillerie de campagne en Artois, au sud d'Arras.
En avril 1916, la 17e division d'infanterie, prenant place dans la grande bataille engagée devant Verdun, doit défendra la cote 3o/i. Les pertes du 206 régimnt d'artillerie de campagne furent effrayantes en officiers. sous-officiers et canonniers. Le 20e régiment d'artillerie de campagne quitta Verdun privé, par le feu adverse, de près de la moitié de son personnel et matériel; son étendard sortait de la bataille décoré de la Croix de guerre avec la citation suivante :
A soutenu son infanterie avec la plus grande énergie aux prix de grandes fatigues et de lourdes pertes, tirant sans trêve ni répit, pendant dos journées entières, sous Je feu précis et très violent de l'ennemi (mai 1916).
Le 16 avril 1917, la 17e division d'infanterie, engagée dans la batailla de l'Aisne, prenait place près des buttes de La Ville-aux-Bois et Pontavert. Le 2e groupe du 20e trouvait l'occasion de déclencher à plusieurs reprises des tirs d'anéantissement sur les pentes est du plateau de Craonne, malgré de violents bombardements des positions.
Le 2 août 1918, les Allemands ayant été contraints de battre en retraite, le 20e régiment d'artillerie de campagne a appuyé la poursuite de l'ennemi effectuée par sa division organique, la 1 7e division djnfanterie. Relevé le 10 août, le 20C régiment d'artillerie de campagne entreprenait une série de marches, de nuit pour aller prendre, dans la nuit du i5- au 16, position au sud-ouest de Moulin-sous-Touvent et participer A l'attaque que devait mener la. 48e division d'infanterie sur Namjpcel et Blérancourt.
Dans la nuit du 20 au 21, la 1 7e division d'infanterie reprenait son artillerie organique et allait se placer ii la disposition du 30e corps d'armiée pour entreprendre la poursuite de l'ennemi depuis la cote 160 jusqu'à Crécy-au-Mont.
Le 23 au soir, l'ennemi contre-attaquait le 68e régiment d'infanterie; les tirs de barrage du 2dJ régiment d'artillerie de campagne furent, de l'avis des officiers d'infanterie et en particulier des officiers de l'I. D./17 en reconnaissance à ce moment-là, particulièrement meurtriers pour les attaquants. Le 25 au matin, nouvelle contre-attaque de l'ennemi; le 206 régiment d'artillerie de campagne exécute une - série de tirs de barrages et, à 8 h. 20, commence une préparation d'artillerie pour une attaque de la 17e division d'infanterie, qui se déclenche à 10 heures.
Le fantassin porte la tenue immortalisée par « l’ami Bidasse » : képi et veste bleu marine foncé sur un pantalon garance serré aux chevilles par de petites guêtres de cuir noir surmontant des brodequins à seme...
| Date | Événement | Lieu |
|---|---|---|
| 23 août 1914 | Premiers tirs sur l'ennemi | Houdremont, Belgique |
| 30 août 1914 | Bataille de Faux | Faux, France |
| 6-9 septembre 1914 | Défense du mont Août et des marais de Saint-Gond | Bannes, France |
| 28 octobre 1914 | Début de la bataille d'Ypres | Ypres, Belgique |
| Avril 1916 | Bataille de Verdun | Verdun, France |
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