La fabrication des armes a occupé naturellement au Moyen Âge un grand nombre d’ouvriers ; il arriva même parfois, tant les guerres étaient fréquentes, que la fabrication des armes fût insuffisante.
En 1412, pendant les terribles guerres civiles qui ensanglantèrent alors la France, les commandes d’armes étaient si nombreuses qu’à Paris les armuriers n’y pouvaient suffire.
Cette profession était aussi parmi les métiers une des plus considérées. Cette fréquentation de la noblesse détermina dans les statuts de ces corporations des articles qui sont particuliers à ces métiers.
Pour la fabrication des armes de guerre, il y eut au Moyen Âge à peu près autant de métiers qu’il y avait de pièces dans l’habillement militaire.
Tous ces métiers finirent par se fondre, vers le XVe siècle, en une seule corporation qui prit le nom d’armuriers. A Paris, ils étaient presque tous groupés dans une rue qui s’appelait la rue de la Heaumerie, ainsi nommée d’une maison où pendait pour enseigne un heaume.
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Au XVIe siècle, ces armuriers étaient devenus prodigieusement habiles ; ils faisaient des armures si bien combinées, où il y avait si peu d’endroits par où pût se glisser la pointe d’une flèche ou la lame d’une épée, que, si l’on en croit l’historien Tavannes, dans un engagement où deux cents chevaliers étaient aux prises, au bout de deux heures, il n’y en avait encore que quatre d’entre eux restés sur le carreau.
Mais ce furent les derniers beaux jours des armuriers, car l’emploi des armes à feu fit bientôt disparaître les armures.
Du vieux costume militaire du Moyen Âge, il ne subsista que la cuirasse, et, au milieu du XVIIIe siècle, la corporation des armuriers s’éteignait.
Tout ce qui précède ne concerne que les armes défensives. La fabrication des armes blanches était le monopole des fourbisseurs.
Cette énumération contenait d’ailleurs le nom d’un grand nombre d’armes dont on ne se servait plus à cette date. On ne voit plus en effet figurer dans l’armement des soldats de la guerre de Trente Ans ni le braquemart, qui était une épée courte et large, ni la miséricorde, sorte de poignard, ni la javeline, ni la vouge, sorte de hallebarde au fer très allongé, ni l’épieu, dont on ne se servait guère qu’à la chasse, ni la hache, ni la masse.
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Enfin restent les armes de trait.
Parmi les fabricants de ces armes, on eut d’abord les arctiers, qui faisaient les arcs ; il y en avait de plusieurs sortes : les arcs français, faits de bois d’érable, de viorne, ou d’if ; les arcs anglais, plus longs que les nôtres, et les arcs turquois, constitués par deux cornes soudées l’une à l’autre et dont les pointes étaient réunies par un ressort d’acier.
Toutes ces armes lançaient à une centaine de mètres au plus des flèches de 50 centimètres de long, empennées de plumes de poule, et munies d’une forte pointe métallique.
Puis vinrent les arbalétriers, qui fabriquaient une arme déjà plus redoutable, car elle envoyait à la distance de deux cents pas des gros traits dits bougeons ou bougons, préparés par les bougeniers ou bougonniers.
Mais, au XVIe siècle, arc et arbalète disparurent devant les armes à feu, devant l’arquebuse, qui fut, à la fin du XVIe siècle, remplacée par le mousquet et au XVIIe par le fusil.
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Ces arquebusiers furent souvent de véritables artistes, et ils firent pour nos souverains des armes qui sont à la fois des armes excellentes et des chefs-d’oeuvre de ciselure et de damasquinure.
Une occasion de se distinguer dans leur art était fournie à ces industriels par la coutume où était la ville de Paris d’offrir au Dauphin ses premières armes.
Aujourd’hui, où le port des armes de guerre est prohibé, les armes à feu et les armes blanches destinées à l’armée sont fabriquées dans des manufactures qui appartiennent à l’État et sont dirigées par ses officiers d’artillerie.
Ce fut la ville de Saint-Étienne qu’on choisit pour y concentrer cette industrie, parce que, depuis le XVe siècle, on y trouvait des artisans qui s’étaient fait connaître par leur habileté dans cet art.
Louvois, au XVIIe siècle, y avait en outre développé la fabrication des mousquets.
En 1784 fut organisée dans cette ville la première manufacture d’armes ; elle est restée la plus importante ; dans ses immenses ateliers, des machines-outils y fabriquent chaque jour, en grand nombre, de préférence des fusils.
L’État a deux autres grandes manufactures : l’une, installée à Châtelleraut en 1869, fait les sabres et les épées, les fusils avec le sabre-baïonnette et les cuirasses, l’autre est celle de Tulle ; dans cette ville, il y eut dès 1696 une usine à canons de fusil dont les produits étaient vendus aux colonies par l’intermédiaire des armateurs de Bordeaux.
De bonne heure l’État prit l’habitude de conserver dans des établissements spéciaux le matériel de guerre. On appelle ces dépôts arsenaux ; on y fait aussi les réparations. Les premiers de ces arsenaux en France remontent à François Ier ; celui de Paris était le plus important ; les bâtiments qu’il occupait sont aujourd’hui devenus une des grandes bibliothèques de la capitale.
Que ce soit avec Manufrance ou la Manufacture nationale d’armes de Saint-Étienne, la Loire a produit une multitude d’armes pendant 200 ans. Une industrie qui l’a notamment érigée au statut de fournisseur officiel d’armes pour le pays.
Parmi les armes fabriquées dans la Loire, le fusil a constitué une grande partie de la production stéphanoise. Comme les cycles, la verrerie ou encore les mines, la fabrication d’armes constitue l’un des éléments du développement industriel de la Loire.
L’histoire de cette production est notamment liée aux vélos stéphanois, avec leur commercialisation par Manufrance.
A Saint-Étienne, la fabrication d’armes remonte au Moyen-âge où des ateliers d’armuriers étaient chargés de fournir les troupes armées.
Le savoir-faire unique des artisans leur a permis, en 1764, de s’organiser en société d’entrepreneurs… et de prendre alors le nom de Manufacture royale - dont le centre est situé place Chavanelle.
L’entreprise se voit accorder le monopole (avec l’usine de Charleville dans les Ardennes) de la fabrication des armes par Louis XV. Elle fournit les troupes françaises, mais aussi des armées étrangères.
Selon Thomas Zanetti, docteur en géographie, aménagement et urbanisme, dans la revue Norois : « Au siècle suivant, l’armurerie stéphanoise s’organise principalement à partir de la Manufacture, elle devient la propriété de l’Etat à partir de 1838. »
Elle produit la majorité des armes de guerre, mais se décline également dans la fabrication d’armes civiles.
Quelques années plus tard, le conseil municipal de la ville décide d’édifier un nouveau bâtiment pour la Manufacture.
En 1864, l’usine prend forme entre la rue Bergson et le boulevard Thiers et s’étend sur plus de 20 000 m2.
Enfin terminée, elle comprend des bâtiments administratifs, de production mais également des habitations.
Entre 1866 et 1874, la Manufacture nationale de Saint-Étienne fabrique notamment trois armes : le fusil modèle 1866 ou plus communément appelé le Chassepot, les revolvers MAS 1873-1874 jusqu’en 1877 et le fusil Gras jusqu’en 1883.
Dans les années 1890, ce sont 10 000 ouvriers qui œuvrent sur le site et plus de 9 000 machines qui tournent pour produire des fusils, des revolvers, des carabines, des mousquetons ou encore des sabres-baïonnettes.
Au XIXe siècle, la production suit le cours de l’histoire en fournissant des armes lors des périodes de guerre. Par ailleurs, la fabrication se divise en trois catégories : le matériel à destination des équipements blindés, les armes antichars et les équipements de protection. Plusieurs grèves éclatent aussi.
Dès le XIIIe siècle, on trouve sur les rives du Furan des arbalétriers, des javelinaires et des arquebusiers qui exploitent la force hydraulique de la rivière, la puissance calorifique du charbon de terre pour leurs forges et le grès pour leurs meules.
Cette activité artisanale est la base des métiers de l’arme à Saint-Étienne. Les premières origines se situent dans le quartier des Rives, dans la « bonne vallée du fer », proche de Valbenoîte.
François 1er s’intéresse à l’armurerie stéphanoise dès 1531. L’organisation de l’activité armurière remonte à l’époque de François Ier. Désireux d’améliorer l’armement de ses troupes, il s’intéresse à l’armurerie stéphanoise dès 1531.
En France, du « Secrétariat de la guerre » au XVIIe siècle, au « Conseil » puis au « Comité de la guerre », plus secret, au XVIIIe, la guerre est la prérogative d’un petit nombre autour du souverain. C’est le temps d’une intense mise en ordre par les textes, notamment après 1673, en partie sous l’impulsion de Vauban : « 25 ordonnances par an avec un maximum de 56 pour l’année 1684 » et des milliers de lettres et documents.
En 1665, la création du Magasin royal de la Bastille vise à uniformiser l’équipement. Toutes les armes, commandées exclusivement à Charleville et Saint-Étienne, y seront entreposées et éprouvées avant d’être fournies aux troupes, à qui tout autre fournisseur est en principe interdit.
La direction est confiée à Maximilien Titon, entrepreneur général.
La mission dont il s’acquitte pendant tant d’années se résume en un objectif : rassembler au service du roi des ouvriers, des entreprises et des techniques éparses, hétéroclites, rares et souvent exclusivement étrangères, en bref assurer le monopole royal sur le calibre de guerre et capter des technologies.
Charleville est avec Sedan la seule ville française en prise dès le milieu du siècle sur la révolution technologique engagée dans le bassin rhénan.
Jusqu’à la guerre de Trente Ans, le modèle du corps d’infanterie avait été celui du carré de piquiers plus ou moins fourni en arquebusiers ou mousquetaires, du type des « tercios » espagnols.
Le fusil - de « foisil » ou « focile » (italien) = pierre à feu - est une platine à silex. Celle-ci semble être véritablement mise au point vers 1610, par les frères Le Bourgeois, arquebusiers à Lisieux et Paris.
Les étincelles sont produites par le choc d’un silex sur une batterie basculante et tombent dans le bassinet rempli de poudre, en contact avec la charge par une lumière percée dans le canon.
Une gâchette retient le chien, armé du silex, et soumis à la pression d’un grand ressort. La pression sur la détente libère le chien.
Cette arme permet de tirer 2 coups par minute, avec une portée utile de 200 à 300 mètres. D’abord fichée dans le canon, la baïonnette trouve sa douille en 1684, son cran de fixation en 1687, et une ordonnance de 1689 dote toute l’infanterie française du fusil à baïonnette.
En alignant plusieurs rangs de fusiliers on obtient une puissance de feu qui fait la décision. La tactique peut alors imaginer de multiples combinaisons aux différentes échelles : pour l’ensemble, l’ordre mince, l’ordre oblique, et d’autres, pour le détail, la ligne, le rang ou la file, la colonne, la formation en tirailleurs, etc.
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