Quand on entre dans une brocante, il y a toujours ce petit frisson en croisant une commode arbalète, imposante et raffinée à la fois. Son galbe en S, ses ornements ciselés, le bois qui raconte encore mille histoires… Voilà un meuble qui ne laisse personne indifférent. Pourtant, ce terme « commode arbalète » reste assez mystérieux pour beaucoup, même chez des passionnés avertis. Si vous êtes tombé sous le charme d’une belle pièce ancienne sans vraiment savoir ce qui la rend si spéciale, installez-vous.
La commode arbalète est un meuble de rangement apparu en France au XVIIIe siècle, dans le sillage du style Louis XV. Elle se distingue par sa façade galbée en double courbe, évoquant la forme d’une arbalète. Ce type de commode est un parallélépipède rectangle dont la façade est travaillée en courbes et contre-courbes en plan. Elle se compose de quatre montants et de quatre traverses galbées en façade, permettant de recevoir les tiroirs.
En réalité, la commode, née de la nécessité d'un rangement rationnel, existait déjà au XVIIe siècle. Quant au mot, il apparaît pour la première fois en 1708 dans une lettre du duc d'Antin qui déclare avoir admiré chez Guillemart deux commodes en placage d'écaille et d'étain en cours d'exécution pour la chambre du Roi à Marly. Auparavant, on ne parlait que de caisse à tiroirs.
Née au début du XVIIIe siècle sous le règne de Louis XV, la commode s’impose comme un tournant majeur dans le monde du meuble. Finie l’austérité du coffre ! Place à un meuble bas, large et muni de tiroirs, pensé pour organiser avec style le linge, les papiers, les trésors de famille. Aujourd’hui encore, elle conserve cette aura d’élégance fonctionnelle.
Un dictionnaire de 1760 donne une amusante définition de la commode : c'est un meuble d'invention très nouvelle que sa commodité a rendu bien vite très commun.
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Le terme fait immédiatement penser à l’élégance du style Louis XV, mais il cache bien plus qu’une simple silhouette galbée. Ce qui saute aux yeux en premier, c’est la face avant : elle forme un élégant mouvement ondulé, dessinant deux S dos à dos, comme les branches d’une arbalète tendue.
C’est une commode à façade galbée en double courbe, évoquant la forme d’une arbalète, apparue en France au XVIIIᵉ siècle dans le sillage du style Louis XV. Une façade galbée de forme Arbalète Arbalète est un mot français qui signifie arbalète. Ce type de meuble a une façade et un profil sinueux qui ressemblent à une arbalète médiévale européenne.
La majorité des commodes arbalète authentiques sont réalisées en noyer, merisier ou palissandre. Un petit conseil de pro : regardez toujours les intérieurs de tiroirs.
Les commodes arbalète, ce sont aussi ces entrées de serrure, poignées et sabots stylisés, généralement en bronze doré.
À l’origine prévues pour des chambres ou salons spacieux, ces commodes mesurent souvent 120 à 140 cm de large, entre 80 et 90 cm de haut, et 55 à 68 cm de profondeur.
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Une commode arbalète est un parallélépipède rectangle dont la façade est travaillée en courbes et contre-courbes en plan.
Les frisages sont simples, en fils inversés. Les liaisons des frises et filets ne sont pas faites en coupe à 45°. Les motifs sont en chevron (vers le bas) sur les côtés et en fougère sur les tiroirs. Un filet vient séparer l’avant et les côtés de la commode (le seul en fil).
L’arrière de la commode est conçu de deux montants et de deux traverses recevant assemblées par tenons et mortaises et recevant un panneau en rainure. Un assemblage se distingue des autres: il s’agit d’un faux tenon visible par le dessous de la partie arrière. Le panneau est d’une facture différente de celle de l’ensemble de la commode : les éléments qui le composent sont assemblés à rainures et languettes.
Les fonds de propreté assurent une séparation des tiroirs. Ils sont constitués de feuillets disposés sur les feuillures réalisées à l’intérieur des traverses en façade et dans les feuillures des traverses arrières, lesquelles se logent dans les entailles des montants arrières. Les feuillets ont été posés dans les feuillures.
Après l'étude attentive de l'ensemble de la commode et de ses composants, il est possible de proposer une datation. Une commode à quatre tiroirs, dont le bâti Régence garde encore des stigmates de la raideur des meubles Louis XIV, a une façade dite "en arbalète", c'est-à-dire que celle-ci se cintre légèrement en plan. Nous sommes encore loin des courbes et volumes cintrés en plan et en élévation des meubles de style Louis XV, mais ce léger mouvement de la façade marque le début de cette recherche. Les bronzes, soulignant et garantissant la protection des arrêtes fragiles, sont d'inspiration rocaille et rehaussent les éclats des bois. Les mains fixes caractéristiques de l'époque Régence proposent un décor rocaille typique du style Louis XV.
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À chaque fois qu’un client me demande conseil pour une pièce de caractère, la commode arbalète arrive dans le peloton de tête. Chaque meuble arbalète porte en lui le savoir-faire d’un artisan ébéniste du XVIIIᵉ. Rien n’était standardisé : on a beau voir des “familles” de commodes, chacune garde sa personnalité. Impossible de passer à côté : sa façade sculptée capte la lumière autrement, créée du relief, anime un mur. J’ai eu la chance de restaurer une commode arbalète dont les marqueteries, après un ponçage minutieux, révélaient des fleurs en bois de rose presque effacées par le temps.
On oublie parfois : ce beau meuble sait se rendre utile !
On me pose souvent cette question lors de visites d’atelier : comment distinguer une vraie commode arbalète XVIIIᵉ d’une simple réplique ou d’un modèle inspiré ?
Un détail que j’adore : parfois, on trouve le cachet de l’atelier ou la signature à l’intérieur d’un tiroir. Le noyer, en particulier, prend une teinte ambrée unique avec le temps - évitez les bois tout blancs ou aux nervures “simili”. Si la patine vous semble “trop parfaite”, prudence : la restauration a pu masquer.
J’aime marier la chaleur d’une commode ancienne à des lignes plus épurées. Astuce vue chez un client : une commode arbalète placée sous un tableau abstrait, quelques livres d’art posés dessus.
Au-delà de l’aspect décoratif, ce meuble offre du rangement sous la main. Attention cependant : on évite de repeindre intégralement une authentique commode XVIIIᵉ. Privilégiez une pièce épurée autour d’elle, osez des accessoires contemporains, et servez-vous-en comme rangement fonctionnel (entrée, chambre, bureau).
Avoir une commode arbalète à la maison, c’est s’offrir un patrimoine. Passez un chiffon microfibres ou un plumeau doux, sans jamais mouiller le bois. Une fois tous les 6 mois, une huile naturelle (lin, noix) ou une cire d’abeille véritable fait des miracles. Travaillez dans le sens du fil du bois, massez doucement.
Placez la commode loin d’une fenêtre plein sud ou d’un radiateur. Attention au bois ancien, plus sensible à l’humidité et aux variations de température. Évitez les produits chimiques, l’excès d’eau, et pensez à nourrir le bois régulièrement.
| Caractéristique | Commode Arbalète | Commode Louis XV | Commode Louis XVI |
|---|---|---|---|
| Forme | Façade galbée en double courbe | Formes galbées et piètement court | Lignes droites, cannelures |
| Ornementation | Marqueterie fine, bronzes dorés | Bronzes généreux, décors fastueux | Bronzes discrets, baguettes de cuivre |
| Bois | Noyer, merisier, palissandre | Bois de violette, noyer massif, acajou | Acajou |
| Exemples de Commodes | Commode d'époque Louis XIV / Régence en placage de palissandre, loupe d'orme et noyer. | Commode Louis XIV en acajou de Cuba massif ouvrant à 3 tiroirs, avec une façade en arbalète. | Commode d'entre deux de style Louis XIV estampillée GILLODES en placage de palissandre montée sur chêne à riches ornementations de bronzes. |
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