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L'arrivée de l'automne marque traditionnellement le retour du gibier sur les cartes des restaurateurs. La réglementation concernant les produits de la chasse est très stricte.

Établissements professionnels de chasse à caractère commercial

Est considéré comme un établissement professionnel de chasse à caractère commercial celui qui « fournit, sur des territoires dans lesquels il dispose d’un droit de chasse, des prestations de services cynégétiques sous forme d’actes de chasse réalisés en contrepartie d’une rémunération ». Ils sont aussi appelés dans le langage commun « chasses à la journée ».

Suite à la parution de la loi du 2 février 2023 visant à limiter l’engrillagement des espaces naturels et à protéger la propriété privée, l’article L424-3 du code de l’environnement a été modifié.

Les établissements professionnels de chasse à caractère commercial peuvent être formés de territoires ouverts ou de terrains clos entendus comme des enclos cynégétiques sous réserve que l’encos soit existant avant le 2 février 1993. Seuls les parcs d’entraînement échappent à cette condition sine qua non.

Déclaration et obligations

Le régime juridique, concernant les déclarations des chasses commerciales, est le suivant : par le biais d’un imprimé CERFA (cf ci-dessous), il faut faire une inscription au registre du commerce ou une inscription au régime agricole, et une déclaration adressée par lettre recommandée avec demande d’avis de réception, auprès de la DDT de l’Isère.

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Toute ouverture ou fermeture d’un établissement professionnel de chasse à caractère commercial, ou toute modification entraînant un changement des éléments de la déclaration, comme un changement de responsable ou de territoires, sont soumises à une déclaration préalable reprenant plusieurs éléments essentiels. Un récépissé de la déclaration est donné dans un délai de deux mois, avec attribution d’un numéro d’identification de l’établissement à 5 ou 6 chiffres.

Le responsable de l’établissement tient un registre des entrées et des sorties d’animaux faisant apparaître :

  • L’origine des animaux lâchés sur son territoire (nom et adresse du fournisseur).
  • Leur nombre et les espèces concernées.
  • Les dates d’achat et de lâcher.
  • Le nombre d’animaux, en indiquant les espèces, qui sont prélevés lors de chaque journée de chasse.

La durée de détention maximale, avant leur lâcher, des oiseaux d’élevage par l’établissement, est fixée à 15 jours. Au-delà, une autorisation préfectorale et un certificat de capacité sont obligatoires, sinon ces établissements deviennent des établissements d’élevage et ne peuvent plus pratiquer la chasse.

L’introduction de sanglier sur le territoire d’un établissement professionnel de chasse à caractère commercial ne peut se faire d’une part que si le terrain est clos (R427-26 du code de l’environnement) et d’autre part que sur autorisation délivrée par monsieur le Préfet.

Ces établissements professionnels sont aussi soumis aux mêmes dispositions que tous les chasseurs concernant : le transport, la détention pour la vente, et l’achat des animaux vivants ou morts, notamment en cas de limitation préfectorale pour prévenir la destruction ou favoriser le repeuplement du gibier.

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Périodes de chasse dérogatoires

L’article L. 424-3 du Code de l’Environnement prévoit que « L’article L. 425-15 ne s’applique pas à la pratique de la chasse d’oiseaux issus de lâchers dans les établissements de chasse à caractère commercial. Dans ces établissements, les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse des perdrix grises, perdrix rouges et faisans de chasse, issus d’élevage sont les dates d’ouverture générale et de clôture générale de la chasse dans le département ».

Ainsi, pour bénéficier de ce régime, il faut que la chasse s’exerce sur les territoires déclarés à la préfecture, sur lesquels, les dates d’ouverture et de fermeture de la chasse des perdrix grises, perdrix rouges et faisans de chasse, issus d’élevage sont les dates d’ouverture générale et de clôture générale de la chasse dans le département.

Par exemple, même si dans un département la date de clôture de chasse des espèces susvisées dans le milieu naturel est antérieure à la date de clôture générale de la chasse dans le département, la chasse des perdrix grises, perdrix rouges et faisans de chasse marqués dans ces établissements peut perdurer jusqu’à la fin de la saison cynégétique (dernier jour de février).

Par contre, les terrains en dehors de l’activité commerciale déclarée ne bénéficient pas des dispositions dérogatoires quant aux périodes de chasse. Ils sont donc soumis, aux temps de chasse fixés pour chaque espèce dans l’arrêté préfectoral annuel encadrant la saison de chasse.

A noter que la chasse en temps de neige des oiseaux issus d’élevage peut être autorisée par arrêté préfectoral dans les établissements professionnels de chasse à caractère commercial.

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Marquage des oiseaux

De même, les modalités de gestion fixées par un Plan de Gestion Cynégétique ne s’appliquent pas sur les chasses commerciales sous réserve de respecter les conditions de déclaration et de marquage des espèces gibiers de faisans et perdrix visés.

Pour bénéficier du cadre dérogatoire des périodes de chasse ou de celui du plan de gestion cynégétique pour une saison de chasse et pour une espèce donnée et donc de respecter, par exemple, les mesures de gestion fixées dans les départements notamment par le schéma départemental de gestion cynégétique (SDGC) pour des populations de souches sauvages, seuls les oiseaux porteurs d’un signe distinctif peuvent être chassés.

Ce signe ne doit pas être à l’origine de lésion ou de mauvais traitement aux oiseaux et doit comporter le numéro de l’établissement. Ce marquage des oiseaux de lâchers doit répondre aux caractéristiques suivantes :

  • Il doit être d’une couleur vive afin de le rendre visible à distance par tout chasseur.
  • Il doit être fixé autour de l’une des pattes de l’animal ou de son cou.
  • Il ne doit pas pouvoir être détaché par l’animal.
  • Il ne doit pas occasionner de gêne excessive pour les mouvements ou de douleur pour l’animal.

Parmi les possibilités d’apposition de ce marquage voyant laissées à la libre appréciation des établissements, l’alternative est de le fixer soit à la patte soit au cou.

Les signes distinctifs fixés à la patte des oiseaux relâchés consistent en une bandelette autocollante indéchirable d’une longueur minimale de 13 à 15 cm et d’une largeur de 2 cm maximum pour le faisan et de 1,5 cm maximum pour les perdrix.

Les signes distinctifs fixés autour du cou des oiseaux relâchés, dits « ponchos », consistent :

  • Pour les perdrix : en une bande de plastique souple de 12 à 14 cm de longueur et de 2,5 cm de largeur comportant en son centre un trou de 20 mm de diamètre.
  • Pour les faisans : en une bande de plastique souple de 15 cm de longueur et de 5 cm de largeur comportant en son centre un trou de 28 à 30 mm de diamètre.

Vente de gibier : ce qu'il faut savoir

Puis-je vendre du gibier de chasse toute l'année ?

Oui ! Et ceci depuis 2006. La loi sur le Développement des Territoires Ruraux et son décret d'application ont supprimé les anciennes interdictions. Désormais, parmi les différents gibiers licitement chassés, tous les mammifères peuvent être vendus toute l'année.

Concernant les gibiers à plumes chassés, seule une liste positive est autorisée à la vente toute l'année : perdrix rouge, perdrix grise, canard colvert, faisan, pigeon ramier, essentiellement.

Bien entendu, la transformation, la préparation des plats et l'offre à la restauration de ces gibiers chassés sont également autorisées toute l'année.

Le gibier n'est-il qu'un produit saisonnier ?

Certains gibiers sont de moins en moins saisonniers, car les périodes de chasse pour certaines espèces sont de plus en plus longues (c'est pas moi qui le dit !). Cette situation résulte des efforts de gestion menés par les chasseurs depuis plusieurs années.

Aujourd'hui, certains gibiers (le grand gibier notamment) sont très abondants et les chasseurs peuvent prélever plus d'animaux, durant une longue période, tout en respectant l'esprit de la chasse durable, gérée et respectueuse des populations.

Plus abondant et moins saisonnier : le gibier devient plus disponible pour le consommateur.

Ai-je le droit de vendre des bécasses ?

NON ! La bécasse ne fait pas partie de la liste positive des gibiers à plumes autorisés à la vente, quelque soit l'époque de l'année. Cette interdiction est valable à la fois pour les bécasses chassées sur le territoire français et pour les bécasses chassées dans les autres pays d'Europe. Il en est de même pour d'autres oiseaux gibier, comme la grive.

Où puis-je m'approvisionner en gibier de chasse ?

  • Auprès des chasseurs : Un chasseur peut vendre le produit de sa chasse, en direct au commerce de détail, dans un rayon de 80 km maximum du lieu de chasse. Dans ce cas, il ne peut vendre que du gibier en peau ou en plumes, entier.
  • Auprès des grossistes : Dans ce cas, le gibier aura transité dans un atelier de traitement de gibier agréé, où il aura été préparé, éventuellement découpé et où il subira le contrôle sanitaire et l'estampillage. S'il s'agit de sanglier, il aura subi le contrôle relatif à la trichine. Tous les éléments de traçabilité du gibier sont disponibles à l'atelier de traitement.

Comment savoir si le gibier que j'achète a été chassé en France ?

Les fournisseurs peuvent fournir les éléments de traçabilité attestant de l'origine des gibiers. Par ailleurs, les chasseurs français ont déposé une marque "Gibier de Chasse - Chasseurs de France" qui, apposée sur le gibier chassé en France, apporte la communication visuelle de cette origine.

Réglementation du transport, de la vente et de l'achat de gibier

Le transport, la vente, la mise en vente, la détention pour la vente et l'achat des animaux vivants d'espèces dont la chasse est autorisée ou des animaux licitement tués à la chasse sont :

  1. Libres toute l'année pour les mammifères, à l'exception des sangliers vivants.
  2. Interdits pour les sangliers vivants, sauf pour les établissements professionnels de chasse à caractère commercial, mentionnés au II de l'article L. 424-3, en terrain clos défini au I du même article L. 424-3.
  3. Interdits pour les oiseaux et leurs oeufs, sauf pour :
    • Leur transport à des fins non commerciales, y compris le transport des appelants et des escaps.
    • Les espèces dont la liste est fixée par arrêté du ministre chargé de la chasse.

Toutefois, des restrictions peuvent être apportées par l'autorité administrative à ces dispositions pour prévenir la destruction ou favoriser le repeuplement du gibier.

Les établissements professionnels de chasse à caractère commercial en terrain clos, au sens de l'article L. 424-3, sont soumis à un contrôle sanitaire et de provenance des sangliers lâchés, sur lesquels ils réalisent un marquage.

Le transport, la vente, la mise en vente, la détention pour la vente et l'achat des animaux vivants ou morts d'espèces dont la chasse est autorisée et qui sont nés et élevés en captivité sont libres toute l'année.

Vente de gibier par les chasseurs et l'opération "Gibier pour tous"

Afin de faciliter l’écoulement des grands animaux prélevés en nombre grandissant, la Fédération de chasse des Deux-Sèvres a rejoint le dispositif «Gibier pour tous» initié dans le Cher en 2023.

Grâce à l’opération « Gibier pour tous », les chasseurs vont pouvoir vendre à prix modique l’excédent de gibier.

La vente des morceaux aux particuliers et aux charcutiers est interdite pour des raisons sanitaires, explique Frédéric Audurier directeur de la Fédération de chasse des Deux-Sèvres.

Réglementation pour les restaurateurs

La réglementation concernant les produits de la chasse est très stricte.

Quel gibier un restaurateur peut-il proposer ?

  • Les mammifères sauvages français dont la chasse est autorisée ou qui a été licitement tués à la chasse : cerf élaphe, cerf sika, chevreuil, daim, lapin de garenne, lièvre brun, mouflon, sanglier, ragondin, rat musqué, renard.
  • Le gibier d’élevage (animaux dont la chasse est autorisée et qui sont nés et élevés en captivité en France ou à l’étranger) : sanglier, cerf, faisan, perdrix, caille, autruche, émeu, nandou.
  • Certains oiseaux sauvages, appartenant aux espèces suivantes : canard colvert, corbeau freux et corneille noire, étourneau sansonnet, faisans de chasse, geai de chênes, lagopède, pigeon, ramier.

Fourniture directe auprès de chasseurs

Un restaurateur peut se fournir directement auprès de chasseurs mais dans des conditions très strictes dont le but est d’une part d’assurer la traçabilité et, d’autre part, de lutter contre le braconnage :

  • Le gibier doit avoir été chassé à 80 km au plus de l’établissement du restaurateur.
  • Le chasseur n’a pas à faire réaliser de contrôle sur le gibier lorsqu’il s’agit de petites quantités remises localement. Mais, il doit pratiquer un examen initial du gibier immédiatement après la chasse et dresser une fiche d’accompagnement du gibier. Il doit remettre cette fiche qui comporte tous les éléments de traçabilité.
  • Le gibier doit être identifié soit par bracelet ou bague qui porte le numéro du plan de chasse.
  • Le gibier doit être vendu entier, en peau ou en plumes, et frais.

ATTENTION ! : Avant de vendre du sanglier, le chas-seur doit avoir fait procéder à une recherche de trichine.

Registre spécial pour le restaurateur

Toute personne qui commercialise du gibier mort ou des produits transformés voire cuisinés à base de gibier frais ou congelés, doit disposer d’un document comportant l’ensemble des mentions réglementaires. Ce document peut prendre la forme d’un registre que le restaurateur n’aura plus qu’à remplir (Registre de contrôle du gibier mort).

Documents à télécharger

Formulaire cerfa n° 14995*1 relatif à la Déclaration d’un établissement professionnel de chasse à caractère commercial : cerfa n° 14995*1 - format : PDF - 0,10 Mb

Ce document permet au propriétaire ou gérant d'un établissement de chasse à caractère commercial d'effectuer la déclaration d'ouverture, de fermeture ou de modification entraînant un changement notable de la déclaration initiale.

Textes en vigueur : Décret n° 2013-1302 du 27 déc. 2013 et arrêté du 8 janv.

Codes NAF appropriés

Le seul code NAF approprié pour un EPC3 est le 01.70Z (chasse, piégeage et service annexe).

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