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En ce début du mois d'août, il est intéressant de se pencher sur la prononciation de ce mot dont l'origine est éminemment "auguste". À première "vue", quatre prononciations semblent possibles : a-ou (comme Raoul) ; a-ou-te (comme caout-chouc) ; oute (comme vermouth) ; et enfin ou (comme... ou !).

Les deux premières présentent un hiatus intérieur désagréable, dont nos ancêtres se sont très vite débarrassés en réduisant le mot à une seule syllabe. Le témoignage des poètes, à cet égard, est précieux, car les règles de notre prosodie nous permettent de voir pour combien de syllabes compte tel ou tel mot.

L'évolution de la prononciation à travers les siècles

Ainsi le vers de Ronsard : "Le mois d'Aoust bouillonnait d'une chaleur éprise" montre que, dès le XVIe siècle, le mot août ne faisait qu'une syllabe. Cent ans plus tard, Boileau en use de même : "...Qu'à Paris le gibier manque tous les hivers. Et qu'à peine au mois d'août l'on mange des pois verts."

De fait, tous les dictionnaires depuis le XVIIe siècle nous assurent que ce mot n'a qu'une syllabe et que l'on doit dire "ou". Dans ses Observations, Ménage fait cette amusante remarque : "Il faut prononcer oust, en une syllabe, et non pas Aoust, comme le prononcent les Badaux de Paris, et particulièrement les Procureurs. J'ai autrefois ouï dire à M. le premier président de Bellièvre qu'il s'imaginait entendre miauler des chats, quand il entendait dire aux Procureurs... la Notre-Dame de la my-Aoust."

L'Académie française s'est conformée à cet usage ; mais, dans la septième édition de son dictionnaire (1878), nous lisons : "AOUT. s.m. (on prononce souvent oût)." Ce "souvent" semble indiquer que, vers le milieu du siècle dernier, on avait repris l'ancienne prononciation "a-oût".

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Les poètes romantiques et la prononciation

Il est vrai que certains poètes romantiques ont parfois compté ce mot pour deux syllabes. Ainsi, nous lisons dans A quoi rêvent les jeunes filles : "Dans quel mois sommes-nous ? - Nous sommes en novembre. - En août ! En août !" Comme cette réplique de Quinola est censée former un hémistiche, il faut en conclure que Musset prononçait "A-oût" ou du moins qu'il attribuait cette prononciation à son... Quinola.

Plus regrettable est ce vers que j'ai relevé dans un poème de la Légende des siècles : "Là, tout est rude ; août flamboie et janvier gèle" (Le Cid exilé). Cette fois, ce n'est plus un personnage qui parle, mais Hugo lui-même, l'incomparable Hugo, et l'on voit mal comment on pourrait l'excuser d'avoir compté août pour deux syllabes (ou d'avoir estropié un alexandrin).

Prononciations actuelles du mot "faisan"

La question porte sur le ai : se prononce-t-il plus comme [e] ou [ɛ] (« fé-zan », « fè-zan »), ou bien comme [ə] ou [ø] (« fe-zan », « feu-zan ») ? Toutes ces prononciations ont cours.

La prononciation dominante de nos jours est [fəzɑ̃], c’est-à-dire la même prononciation que dans le mot en faisant (forme du verbe faire). Cette prononciation existe depuis longtemps et elle est aujourd’hui considérée comme la norme. Elle figure dans presque tous les dictionnaires du XXe siècle.

Quant à la prononciation [fezɑ̃] (« fé-zan »), elle n’est pas erronée, il ne faut pas y voir l’influence de l’écrit. Décrite dans des dictionnaires plus anciens, elle est toujours en usage, même si elle est minoritaire.

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