Cet article a pour objectif de dissuader toute tentative visant à modifier une arme semi-automatique en arme automatique dangereuse et, éventuellement, de rassurer ceux qui craignent cette situation. La culasse est un composant indispensable pour toute arme semi-automatique ou automatique. C'est une pièce dotée de mobilité qui comporte généralement le système de percussion et le système d’extraction.
Deux éléments différencient principalement une carcasse militaire d'une carcasse civile :
Pour bien comprendre la fabrication d'une culasse, il est essentiel de connaître les définitions des armes semi-automatiques et automatiques :
Sur une Kalachnikov "civilisée", le connecteur, qui permet le tir automatique, a été supprimé. Il faudrait donc le refaire. Un ajusteur habile pourrait le fabriquer s'il possède un plan côté ou un modèle. Des photos ne suffiraient pas et l'obligeraient à travailler en tâtonnant.
Le marteau a également été modifié, le cran dans lequel s'enclenche le connecteur ayant été meulé. La soudure est à éviter pour les raisons mentionnées précédemment. Il est crucial de comprendre que le connecteur, le marteau et le séparateur sont des pièces aux formes et tolérances précises pour garantir un fonctionnement fiable. Les aciers utilisés doivent être de haute qualité, comme le XC48, XC 55, ou 42CD4, avec les traitements thermiques appropriés.
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La pièce de manœuvre supporte le piston et transporte la culasse. Sur une Kalachnikov militaire, cette pièce comporte un rebord qui actionne le connecteur et permet le déclenchement automatique du marteau lors du tir par rafales. Refaire cette pièce est extrêmement difficile en raison de sa complexité d'usinage. Tenter de recharger à l'aide de soudure la partie fraisée serait illusoire avec un poste à souder standard. La pièce de manœuvre est faite dans un acier dur difficile à souder, et il faut éviter sa déformation due à la chaleur. De plus, une soudure n'a pas la résistance nécessaire pour subir des efforts de frottement et de choc à chaque tir. Il faudrait un expert en T.I.G. avec le matériel adéquat pour réaliser cette opération. La dernière solution serait de se procurer un transporteur non modifié, mais ces pièces sont rares et lourdement classées.
Le fusil semi-automatique est très prisé par les chasseurs, particulièrement ceux d’oiseaux migrateurs. Pour se réarmer de façon autonome, c’est-à-dire éjecter la munition qui vient d’être percutée et en chambrer une nouvelle, un système est tributaire d’un paramètre essentiel : trouver l’énergie nécessaire au mouvement !
Sur les fusils semi-automatiques modernes, deux technologies s’opposent :
Lorsque l’amorce est percutée, la poudre s’embrase et expulse bourre et plombs, cette action crée une énergie dans le boîtier de culasse qui va compresser le ressort de celle-ci, libérant la tête rotative. La culasse se déplace ensuite vers l’arrière compressant un second ressort logé dans la crosse. La cartouche tirée est expulsée et une nouvelle monte du magasin. Enfin, les ressorts se détendent, refermant la culasse et faisant tourner sa tête, le percuteur est réarmé, l’arme prête à faire feu.
A l’inverse des fusils à inertie, dont la culasse est totalement libre de mouvement, celle des armes à emprunt de gaz est reliée à un piston. Ce piston prend place autour du tube magasin, s’en servant comme guide. Lorsque la cartouche est percutée, la poudre s’enflamme. Cette combustion provoque une accumulation de gaz dans la chambre du fusil. Ces gaz sont alors transférés vers le piston, l’excédent est expulsé. Le piston effectue un mouvement vers l’arrière, entrainant la culasse. La douille est éjectée, une nouvelle monte dans la chambre, les ressorts se détendent pour réarmer le mécanisme.
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| Caractéristique | Fusils à Inertie | Fusils à Emprunt de Gaz |
|---|---|---|
| Mécanisme | Simple | Complexe |
| Nombre de pièces | Réduit | Élevé |
| Entretien | Facile | Nécessite plus d'attention |
| Recul | Supérieur | Plus doux |
| Tolérance aux charges | Moins tolérant | Très tolérant |
Remettre en mode automatique un AK ou toute autre arme sérieuse en considérant les aspects de sécurité et de durabilité définis par le fabricant est clairement impossible. Pour y parvenir, il faudrait trouver des pièces d’origine qui ne sont pas légalement accessibles. Ou encore trouver (illégalement) une arme militaire sur laquelle prélever l’ensemble des pièces ad-hoc.
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