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Le Mauser C96 est une arme de légende avec une histoire tourmentée et légendaire. Il a quitté sa vallée boisée du Neckar en Allemagne vers 1930 pour aller loin, très loin, jusqu'en Chine. Mais il est revenu.

Vers 1929, les Allemands ont commencé à secouer les chaînes du Traité de Versailles et les grands fabricants allemands en ont profité. Au premier chef, Mauser. Et, on l’a oublié, le monde en guerre était alors en Asie.

L’immense Chine vivait son ordalie - déchirée par les occidentaux depuis la Première Guerre de L’Opium en 1839 - droguée, misérable, humiliée, ravagée par des Seigneurs de la Guerre mettant le pays en coupe réglée depuis que, sur un Trône Impérial vieux de 2400 ans, le Fils du Ciel Pou Yi avait perdu définitivement les faveurs du dit Ciel au terme d’une inexorable décadence.

Depuis 1912, et la chute définitive de la Maison Impériale, les seigneurs de la guerre avaient besoin d’armes - les Nationalistes du Kuomintang de Tchang Kaï-chek et les hommes du Parti Communiste de Mao Tsé Toung aussi. Et quel marché pour les fabricants allemands comme Mauser que cette Chine populeuse et déchirée où des millions de personnes vont nourrir de mort violente jusque 1949.

Mauser avait d’ailleurs déjà profité des troubles de la Chine en y exportant la « version 1912 » de son arme dès avant la première guerre mondiale. Arme « lourde », démonstrative et prestigieuse, déjà très appréciée des plus actifs membres de la Tchéka et des forces blanches pendant la guerre civile russe, les seigneurs de la Guerre chinois, les Nationalistes et les révolutionnaires paient cher pour se procurer cette arme solide, au calibre très tendu et qui, surtout, » pose » son homme.

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Jusque 1936, par des canaux divers, environ 300.000 C96 Mauser Made in Germany de tous modèles trouveront leur chemin vers l’Empire du Milieu. Un des plus célèbres porteurs chinois du C96 est un de ces Seigneurs de la Guerre, le Général Zhu De. Fascinant personnage en vérité.

La demande chinoise sur cette arme mythique est telle que l’arme sera copiée en plusieurs versions, notamment par les producteurs du pays basque espagnol, toujours à l’affût d’une guerre à alimenter et la plupart de ces armes partiront aussi en Chine. Finalement, les Chinois produiront aussi leurs propres copies du Mauser 1930, certaines d’ailleurs d’excellentes finitions.

Dès 1927, Mauser à Oberndorf expédie en Chine 4.000 C96 Made in Germany par mois (!) en totale fraude du Traité de Versailles - Au début, comme on veut rester discret, il s’agit de remontages d’armes civiles et de pièces détachées issues des stocks allemands de la première guerre mondiale qui ont été cachés aux alliés. Puis, on relance la production avec une version rajeunie, c’est notre Modèle 1930.

In fine, environ un peu plus de 250.000 C96 modèle 1930 Mauser touts contrats et toutes versions seront produits dont beaucoup sont partis en Chine pour ne plus revenir. La production du mythique C96 Mauser finira d’ailleurs avec ce « modèle 1930 » semi automatique vers 1936/37.

Mauser, qui se trouve à cette époque déjà en concurrence avec des armes conceptuellement bien plus modernes que son C96 soignera particulièrement les améliorations et les finitions sur son modèle 1930 pour lutter contre cette concurrence.

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Notre « 1930 » est la version ultime améliorée du C96 de 1896. Le canon porte un petit épaulement qui permet de distinguer cette version. Contrairement à une légende tenace chez les collectionneurs, le bloc canon culasse du 1930 est toujours fait d’un seul bloc d’acier (prouesse technique) et non pas à canon vissé dans la culasse « pour simplifier la production » comme nous le conte souvent Radio-Stand.

Sur les modèles précédents, quand le tireur retirait la lame-chargeur après alimentation en munitions, la culasse se refermait automatiquement en chambrant une cartouche et en armant le percuteur. Prêt au feu immédiatement. Si le tireur ne voulait pas utiliser son arme chargée illico, il devait presser la détente tout en retenant / freinant le chien avec le pouce ou les doigts pour éviter la percussion. Cette manœuvre a été, on s’en doute, la source de nombreux accidents.

Dans la version 1930, l’engagement de la sureté permet, dans la même situation, de percuter tout en arrêtant le chien à quelques millimètres du percuteur.

Il porte bien sur le coté gauche les idéogrammes chinois qui indiquent sa source, « Mauser Made in Germany », en chinois et qui permettent d’identifier à coup sûr une des ces productions de Mauser pour la Guerre Civile chinoise. Il faut savoir que ces idéogrammes chinois étaient frappés par Mauser en Allemagne dès la fabrication et pas à l’arrivée en Chine.

En plus, complément rarissime, il nous est venu avec avec son très rare étui-crosse d’origine - ceux-là - sur les 1930 - sont d’un modèle particulier - sans numérotation mais avec le logo commercial Mauser estampé sur le bois coté charnière.

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Étui-crosse d'origine

L'étui-crosse d'origine du Mauser 1930 est un élément rare et recherché. Il est généralement en bois et sert à la fois d'étui de transport et de crosse pour améliorer la précision du tir.

Sur la crosse, sous la marque Mauser, il y a écrit en gothique FeldArt. c'est-à-dire artillerie de campagne. Personne n'a pu m’expliquer pourquoi. Mon grand-père avait "fait" la guerre de 14-19 et avait fini à Verdun comme brigadier pointeur d'artillerie. Mais ma grand-mère parlait toujours du "Browning" de son mari, "un grand pistolet avec une crosse en bois".

Son marquage permet de dater, sa date de rentrée au dépôt, fin 1914 début 15.

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