Le couvert pluriannuel est une plante de service présente dans une première culture sur tout ou une partie de son cycle, dans l’interculture suivante et au moins une partie du cycle de la culture suivante. Ces couverts peuvent demeurer en place pendant plusieurs années, ce qui peut représenter une stratégie intéressante pour les agriculteurs.
Les motivations des agriculteurs qui implantent des couverts pluriannuels sont variées :
Dans certains cas, le couvert pluriannuel est adopté comme solution "sécurisée" face aux échecs d’implantation de couverts estivaux. Grâce à son système racinaire plus robuste que celui des couverts annuels, il contribue à améliorer la qualité de la portance des sols, même avec des pluies régulières (dans une certaine limite).
Les couverts permanents sont valorisés en élevage dans 1/3 des cas selon une étude d’Arvalis. Ils constituent un moyen de produire du fourrage, que ce soit par le pâturage ou par la récolte en fin d’été ou au début de l’automne.
On voudrait trouver le « couvert idéal » donc une plante qui répond à plusieurs critères, mais c’est souvent chercher le « mouton à 5 pattes ». Le CP doit produire de la biomasse en interculture tout en étant peu compétitif vis-à-vis des cultures principales. De plus, il doit agir comme un inhibiteur naturel des adventices, en empêchant la levée des adventices et fournir des services écosystémiques, tout en étant peu affectée par l'utilisation d'herbicides.
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On retrouve principalement ces légumineuses utilisées comme couvert pluriannuel :
D'autres espèces moins répandues sont également possibles, telles que la minette ou le mélilot. Mais ils sont soit peu compétitifs soit très complexes à réguler.
Au niveau de la variété, il est important de choisir une variété avec une longue dormance hivernale, avec un démarrage tardif au printemps pour limiter la concurrence.
Les semis des couverts pluriannuels sont plus sécurisés lorsqu'ils sont réalisés au semoir à disque ou à dent. Il est possible de mélanger les semences de culture et de couverts si la profondeur de semis correspond à celle du couvert. La réussite du semis à la volée est plus aléatoire. Un bon compromis consiste à effectuer le semis à la volée devant le semoir pour enfouir légèrement les semences. Le double semis est également pratiqué : un premier passage pour le couvert, puis un deuxième pour la culture (souvent utilisé pour le colza en semis monograine).
Pour les colzas, le semis peut se faire en plein, en mélangeant toutes les semences, ou en rangs séparés. Pour les tournesols, il est également possible de semer en plein, mais il est nécessaire de rester vigilant quant à la réserve utile qui doit être suffisante. Certains sèment le CP la veille du semis du tournesol.
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En ce qui concerne la densité de semis, les doses recommandées sont les suivantes : 3 kg pour le trèfle blanc nain, 7 kg pour le trèfle violet, 10 kg pour la luzerne et 10 kg pour le lotier.
Pour les semis de la première céréale après un colza ou un tournesol, l'utilisation d'un semoir à disques est recommandée. Pour les pailles successives, le semoir à dents permettra d'écarter les pailles de la ligne de semis.
La durée de vie d’un couvert pluriannuel est variable, en fonction de la prise de risque, du contexte et des contraintes des parcelles. Il peut aller d’un an et demi jusqu’à 5 ans. Cela dépend du climat, des pratiques phytosanitaires et des cultures de la rotation. Il est toujours préférable de détruire un couvert qui commence à être gênant (concurrence à la lumière ou à l’eau, gêne à la récolte...), plutôt que de vouloir absolument le garder et affecter sa culture de vente.
Un couvert à durée indéterminée réussi, implanté avec un colza et détruit dans le blé suivant, aura déjà bien joué son rôle : structuration du sol dans le colza, couverture du sol pendant l’été, concurrence aux adventices à l’automne et relargage d’azote à sa destruction au profit du blé !
La gestion du désherbage en culture est l’aspect le plus complexe avec un couvert pluriannuel. Il faut toujours avoir en tête que c’est la culture qui est prioritaire dans les choix techniques car c’est elle qui permet la rémunération du producteur. Le couvert est présent pour apporter de nombreux bienfaits au sol et à la biodiversité mais il peut devenir pénalisant s’il concurrence trop la culture.
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Suivant la date de semis de la culture, un désherbant total est souvent pertinent et ne détruira pas le CDI à une dose de 360 à 540 g de glyphosate par exemple. Ensuite, à l’automne, le gestion du raygrass ou vulpin se fera avec un programme classique antigraminées.
Pour toutes les cultures de printemps, il est fortement déconseillé de garder un CDI vivant car la concurrence est bien trop forte. Tous ceux qui ont essayé ont subi des grosses pertes de rendements.
Notre petit cervidé préféré, le chevreuil, a un régime alimentaire particulier qui fait de lui un véritable gourmet. Obligé de s’alimenter plusieurs fois dans la journée car il n’accumule pas de réserve de graisse, le chevreuil est un cueilleur. Certes, le chevreuil n’a pas attendu l’aménageur pour passer les années. Cependant, il est possible de simplifier la vie de ce beau gibier et lui garantir un bon état physiologique général, en particulier dans les milieux pauvres, séchants et acides, où la disponibilité alimentaire est moindre.
Dès juin/juillet, cela procure une source de végétation appétente et riche aux chevrettes allaitantes, aux faons qui découvrent le gagnage, à une période généralement chaude qui voit la végétation sécher, durcir, et les rameaux se lignifier ; en définitive, perdre leur gain nutritionnel. La composition est la suivante : sarrasin, radis fourrager, colza fourrager et trèfle violet. Le sarrasin et le radis fourrager sont les plus appétents dès la levée, avec priorité au sarrasin. Les feuilles et les fleurs sont dévorées avec délectation. Le couvert atteint le mètre de haut, voire plus, ce qui est appréciable pour le chevreuil qui s’y sent en sécurité voire s’y couche facilement.
Voici donc une recette à adopter par tous les gestionnaires de territoires soucieux de satisfaire les besoins de leurs chevreuils, là où les sols, et donc la végétation, ne sont pas très généreux.
On parle de plus en plus de « colza associé », en particulier dans les pratiques d’agriculture de conservation. La technique consiste à associer un couvert au colza dès l’implantation de la culture. Ce couvert reste en place à l’automne et est détruit pendant l’hiver. Associer le colza à d'autres cultures permet de maintenir voire d'augmenter les rendements du colza, tout en réduisant les besoins en fertilisation azotée et en désherbage.
Cette association colza-légumineuse est adaptée aux situations à faible disponibilité en azote, dans l’ouest et le centre de la France en particulier. Le couvert détruit pendant l’hiver (en particulier s’il contient des légumineuses) va restituer au sol de la matière organique et de l’azote dont le colza pourra bénéficier au printemps.
La présence de plantes associées empêche la lumière d'arriver au sol et entraîne de fait une réduction de la levée des adventices. Le couvert associé peut agir sur la structure du sol et l’améliorer, ce qui peut favoriser le développement racinaire du colza.
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