Absent du Larousse de la langue française, le mot figure dans le dictionnaire bilingue français/anglais : il est traduit sous le terme de « fin (d’une plaisanterie) ». En exagérant à peine, disons que l’esprit gaulois a inventé la punchline. Elle s’est diversifiée au Moyen Âge, s’adaptant à maintes circonstances politiques, militaires, sociales, avant de devenir un moyen d’expression très français, sous la Renaissance.
Chaque période en a usé, la Révolution est en cela exemplaire, qui rebondit de punchline en punchline héroïques. Sur le podium des punchlineurs, on retrouve les trois auteurs-acteurs les plus cités : Napoléon, de Gaulle, Hugo. Clemenceau se présente en outsider surdoué sous la Troisième, avec Gambetta dans un autre style. Invités surprise, Louis XVIII et Napoléon III, pour leur humour en situation. Enfin, « le peuple » se trouve au rendez-vous de tous les mouvements de fronde, de révolte ou de contestation, en chansons et slogans le plus souvent anonymes, héros majeur sous la Révolution, acteur talentueux de Mai 68.
Ce sont souvent des mots brefs, empruntés à l’Histoire en (1000) tweets, dans le « Bonus » de notre site. L’humour, l’ironie sont des atouts majeurs, y compris dans les moments dramatiques. L’improvisation dans le feu de l’action alterne avec la réflexion. Au fil de la Révolution, la liberté, revendication venue du siècle des Lumières, et l’égalité - celle des droits plus que des conditions - vont inspirer les révolutionnaires, pour le meilleur et parfois pour le pire.
La fraternité restera la parente pauvre de cette trinité de concept jusqu’au socialisme du XIXe siècle. Le triple principe ne sera inscrit dans une constitution française qu’en 1848. Réponse au grand maître des cérémonies, envoyé par Louis XVI pour faire évacuer la salle du Jeu de paume, suite au Serment du 20 juin. Le comte de Mirabeau, renié par son ordre et élu par le tiers, se révèle dès les premières séances de l’Assemblée : « Mirabeau attirait tous les regards. « En temps de révolution, prenez garde à la première tête qui tombe.
Nommé le 15 juillet commandant de la garde nationale, le jeune « Héros des Deux mondes » prend la cocarde bleue et rouge aux couleurs de Paris, y joint le blanc, couleur du roi, et présente cette cocarde tricolore à Louis XVI, venu « faire amende honorable » à l’Hôtel de Ville de Paris. La Déclaration énonce d’abord les « droits naturels et imprescriptibles » de l’homme : liberté, égalité devant la loi, propriété. Elle ajoute ceux de la nation : séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire ; souveraineté nationale.
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Réponse (résumée) aux défenseurs des colons pour qui l’application aux colonies de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen signifiait la fin du système colonial. Le Moniteur, journal officiel de l’époque, reproduit le texte exact et intégral : « On nous menace du ressentiment de ces nobles d’outre-mer […] Ils se consoleront comme se sont consolés les nobles français qui avaient un peu de sens. Quant au sort des colonies et des Noirs… Le décret sur le statut des Nègres sera bien timoré : seuls les mulâtres nés de père et de mère libres auront des droits politiques.
Le plus célèbre refrain de la Révolution française est né bon enfant : « Pierre et Margot chantent à la guinguette : / Ah ! ça ira, ça ira, ça ira. / Réjouissons-nous le bon temps viendra. » Il se durcit et se radicalise en janvier 1791, quand une main anonyme ajoute ce couplet vengeur. Elle plaide pour l’égalité entre les sexes, ce qui inclut le droit de vote et l’éligibilité (permettant de monter à la tribune en tant que député). Mais c’est impossible aussi longtemps que la femme est considérée comme juridiquement mineure, soumise au père ou à l’époux. Les femmes seront finalement la « minorité » la plus durablement brimée, dans cette histoire.
Fin du discours célébrissime, punchline propre à galvaniser le peuple et ses élus : « Danton fut l’action dont Mirabeau avait été la parole » , écrit Hugo (Quatre-vingt-treize). Tout le discours (génialement improvisé) mérite d’être cité, de la première à la dernière phrase : « Le tocsin qui sonne n’est point un signal d’alarme, c’est la charge contre les ennemis de la patrie. Ce 2 septembre, la patrie est plus que jamais en danger. La Fayette, accusé de trahison, est passé à l’ennemi.
Dumouriez, qui a démissionné de son poste de ministre, l’a remplacé à la tête de l’armée du Nord, mais le général ne parvient pas à établir la jonction avec Kellermann à Metz et Verdun vient de capituler, après seulement deux jours de siège : les Prussiens sont accueillis avec des fleurs par la population royaliste. C’est dire l’émotion chez les révolutionnaires à Paris ! La rumeur court d’un complot des prisonniers, prêts à massacrer les patriotes à l’arrivée des Austro-Prussiens qui serait imminente. On arrête 600 suspects qui rejoignent 2 000 détenus en prison.
Le plus grand écrivain allemand est présent à la bataille de Valmy (commune de la Marne), côté Prussiens. La retraite des troupes du duc de Brunswick, supérieures en nombre, reste à jamais une énigme. Contre l’armée prussienne, ce cri nouveau est chargé d’un triple symbole : triomphe de l’idée de Nation, déchéance du roi, victoire de la République. Et Valmy arrête l’invasion de la France révolutionnaire. Ce sont les Vivandières, chantées par Béranger, présent à Paris au début de la Révolution, vrai poète populaire et toujours républicain de cœur : « J’ai pris part à tous vos exploits / En vous versant à boire.
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Face aux ennemis du dehors, aux rois étrangers menaçant les frontières, Danton dit dans ce même discours : « Jetons-leur en défi une tête de roi. » La Convention va donc décider de mettre Louis XVI en jugement, après une longue discussion qui oppose les Girondins aux Montagnards. Le mot est rapporté par les nombreux journaux du temps. La piété de Louis XVI est notoire et en cela, il est fils de Saint Louis. C’est aussi le dernier roi de France appartenant à la dynastie des Capétiens, d’où le nom de Louis Capet sous lequel il fut accusé et jugé.
Comte, membre de la garde de Louis XVI, il reçut le baptême du feu en défendant le palais des Tuileries, le 10 août 1792. C’est l’un des chefs de l’insurrection vendéenne qui commence le 10 mars 1793. L’origine en est moins politique que religieuse. La mort du roi, exécuté le 21 janvier, les décide à prendre les armes et à encadrer militairement leurs paysans et les métayers, révoltés par le décret sur la levée de 300 000 hommes rendu par la Convention le 24 février. Les prêtres réfractaires se joindront à cette contre-révolution armée. Les Anglais vont apporter une aide en argent, puis en hommes, à cette guerre civile contre une Révolution devenue trop conquérante.
Porté par l’Archange de la Révolution toujours exalté à 25 ans, superbe principe inscrit au chapitre « Des relations extérieures » dans la Constitution de 1793. Devise sur les flammes des drapeaux. La nouvelle devise apparaît fin juin 1793, alors que les armées de la République font face à la coalition des armées impériales et royales de l’Europe. Parole de Montagnard - et l’orateur ne défend pas un principe. Il demande à l’Assemblée de concrétiser son projet de Tribunal révolutionnaire : « Organisons un tribunal, non pas bien, cela est impossible, mais le moins mal qu’il se pourra, afin que le glaive de la loi pèse sur la tête de ses ennemis.
Selon Danton, cela devrait éviter les massacres populaires. En même temps, il tente un rapprochement avec les Girondins. Mais la Gironde s’oppose à la Montagne, incarnée par Robespierre. Pour éviter d’être débordée, la Convention cède en se plaçant sur le plan du droit. Une Première Terreur (six semaines) avait succédé au 10 août 1792. Femme de lettres, et femme libre jusqu’à la provocation, elle est comparable à George Sand au siècle suivant, mais ce genre de provocation est encore plus mal vu, en 1793 ! La reconnaissance espérée par la condamnée sera tardive. Mot de la fin.
Manon Roland fit preuve d’une belle énergie et d’une plume infatigable, dans sa prison (l’Abbaye, puis la Conciergerie). Elle écrit pour se défendre devant le Tribunal révolutionnaire, même sans espoir. Elle écrit ses Mémoires, destinées à sa fille Eudora. Elle écrit des lettres, notamment à son ami Buzot qui, contrairement à elle, a fui comme son mari, pour échapper au sort des Girondins. Suspect d’indulgence ( !), il va braver Robespierre jusqu’à la fin. Cette phrase condamne aussi l’attitude des émigrés. Le 30 mars, il est arrêté comme ennemi de la République.
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Tout opposait l’Incorruptible et le bourgeois bon vivant : « Qui hait les vices hait les hommes » , affirme Danton, notoirement débauché, par ailleurs compromis dans certaines affaires financières. Tous deux avocats, comme beaucoup de députés, ils ont lu les mêmes philosophes des Lumières. C’est « une gueule » et il en a bien joué ! Personnage éminemment théâtral, orateur né, il a suscité des haines farouches, mais fasciné le peuple et l’Assemblée nationale. Son sens de la formule est remarquable, littéralement jusqu’à la fin.
Deux jours après la fête de l’Être suprême voulue par Robespierre, la loi de Prairial énumère tous les ennemis du peuple promis à l’échafaud et justiciables du Tribunal révolutionnaire. Fouquier-Tinville se réjouit du nombre de têtes et ajoute : « Il faut que ça aille mieux encore la décade prochaine, il m’en faut quatre cent cinquante au moins. » Pour cela, on passe commande aux « moutons » , chargés d’espionner les suspects dans les prisons. C’est la Grande Terreur : plus de 1 300 exécutions à Paris, du 10 juin au 27 juillet (9 thermidor).
Phrase peut-être la plus citée (et tronquée), donc la plus mal comprise, hors de son contexte. « La Révolution n’est pas un bloc. Réponse à Clemenceau. On peut débattre à l’infini. En fait, tout est dans cette Révolution. Quoiqu’il en soit, c’est la période la plus riche en punchlines de toute notre Histoire ! Par le contexte dramatique, le talent de tous ses acteurs, le génie de certains. Financier d’expérience, il refuse ce cadeau empoisonné aux Directeurs qui forment le nouveau gouvernement, le 8 novembre 1795.
Il y expose ses théories communistes, privilégiant la notion de lutte des classes et visant à une société des Égaux. Il se prépare maintenant à passer à l’action, âme de la conspiration des Égaux pour renverser le régime, 11 mai 1796. La (première) campagne d’Italie est achevée. Débarquement à Alexandrie, le 1er juillet : la ville tombe aux mains des Français le 2 juillet et le 23, ils entrent dans la capitale, Le Caire. Le corps expéditionnaire a échappé par miracle à la flotte britannique commandée par Nelson.
Pour en finir au plus vite, Bonaparte prend le chemin le plus court, entre Alexandrie et Le Caire : le désert, trois semaines de chaleur qui pouvaient être fatales aux soldats non préparés. Et près des pyramides de Gizeh, la bataille contre les mamelouks est réglée en deux heures ! Les députés des deux assemblées doivent voter la révision de la Constitution, encore faut-il convaincre le Conseil des Cinq-Cents, majoritairement contre. Lucien Bonaparte, qui préside l’Assemblée, sauve la mise. Napoléon lui en sera toujours reconnaissant.
L’abbé (homosexuel notoire) est ébloui par Bonaparte qui exerce toujours un irrésistible ascendant sur autrui. Cette fois, il l’a vu dominer tous les sujets : armée, administration, finances, droit, p...
"Monter au créneau", "Tirer à boulets rouges", "Faire le mariolle"... Certaines des expressions françaises célèbres tirent leurs origines d'histoires et de faits militaires. "Faire les 400 coups", "Tirer à boulets rouges", "Faire le mariolle"... Vous employez ces expressions tous les jours, mais savez-vous qu'elles tirent leurs origines d'anecdotes et de faits militaires ?
Dans l'histoire militaire, de nombreuses citations et actions héroïques ont été enregistrées, témoignant du courage et du dévouement des soldats. Voici quelques exemples:
Ces citations et actions reflètent des moments clés et des qualités essentielles dans le domaine militaire.
Les citations à l'ordre de l'armée sont des distinctions honorifiques décernées aux unités militaires pour leur bravoure et leur efficacité au combat. Voici quelques exemples tirés de l'histoire:
| Unité/Personne | Citation/Distinction | Description |
|---|---|---|
| 106ème R.I. | EST CITE à l'ORDRE DU VIème C.A. | Pour manuvres et grand esprit de sacrifice. |
| 112° R.I. | Lieutenant-colonel de Gail | Eloges pour son enthousiasme et son élan. |
| 116e R. | Citation | Pour sa conduite remarquable par sa cohésion et sa discipline. |
| 146e R.I. | Lieutenant-colonel David | Pour sa ténacité dans des situations critiques. |
| 150e R.I. et 161e R.I. | Fourragère | Distinction pour leur bravoure à Verdun. |
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