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Comment Khalid El Bakraoui, kamikaze du métro de Bruxelles et logisticien des attentats de Paris, a-t-il pu échapper à la vigilance des enquêteurs malgré des suspicions et une arrestation trois semaines avant le 13 novembre ? Aurait-on pu l'arrêter à temps? Difficile de ne pas se poser la question.

L'enquête initiale et l'interpellation

Tout commence à l'été 2015. Deux hommes sont repérés après avoir acheté quatorze chargeurs vides de kalachnikov dans une armurerie d'une ville wallonne. L'interpellation n'avait rien d'anecdotique : le futur terroriste a été auditionné dans une enquête sur l'achat suspect de chargeurs de kalachnikov, masquant probablement un trafic de pièces d'armes à feu ou de munitions. L'enquête, ouverte pour association de malfaiteurs, s'intéresse vite à Khalid el-Bakraoui : les surveillances autour des deux acheteurs montrent leur proximité avec ce braqueur de 27 ans connu de la justice qui bénéficie alors d'une libération conditionnelle.

Son placement sur écoute révèle par ailleurs d'obscurs échanges où il est question d'écouler un « lot », ou de trouver des acquéreurs pour un « chat de race spéciale ». Un langage codé selon les enquêteurs, qui procèdent à son interpellation à son domicile de Bruxelles. Le Belge est interpellé, son appartement perquisitionné.

Les éléments troublants découverts

La perquisition simultanée réalisée à son domicile a révélé un intérêt manifeste pour la cause djihadiste. Un brouilleur et un détecteur d'ondes, qui sert à repérer les appareils placés sur écoute, sont retrouvés à son domicile tandis que l'exploitation de son ordinateur révèle de nombreux chants et vidéos à la gloire du djihad, selon la source. L'analyse de son ordinateur va révéler un aspect de sa personnalité méconnu des policiers. « De nombreux chants et vidéos glorifiant le djihad armé ont été retrouvés sur son disque dur », souligne une source proche de l'affaire.

La défense d'El Bakraoui et sa libération

En garde à vue, le futur kamikaze balaie toute accusation. Oui, il connaît l'un des deux acheteurs, mais n'a jamais entendu parler de cette histoire de chargeurs. Le « lot » évoqué correspond à du matériel électroménager dont il fait commerce dans un dépôt-vente en attendant de trouver un emploi. Quant à l'histoire du chat, il s'agissait de trouver une famille d'accueil pour son félin, dont il souhaitait se débarrasser. El-Bakraoui a réponse à tout, et les enquêteurs peinent à l'impliquer davantage. La découverte chez lui d'un brouilleur mais surtout d'un détecteur d'ondes - un appareil qui repère les appareils placés sur écoute - n'y fait rien : ce ne sont-là que des objets proposés à la vente, jure le suspect. Faute de preuves, il est relâché.

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Les préparatifs des attentats et les voyages suspects

Lorsqu'il est arrêté, Khalid el-Bakraoui est déjà à l'oeuvre dans la préparation des attentats de Paris et Saint-Denis. En septembre, il avait loué sous une fausse identité un appartement rue du Fort, à Charleroi, où seront retrouvées les empreintes d'Abdelhamid Abaaoud et de Bilal Hadfi, l'un des kamikazes du Stade de France. Proche de Mohamed Bakkali, autre logisticien de la cellule djihadiste, incarcéré en Belgique et dont la France a récemment demandé la remise, El Bakraoui loue aussi, encore sous une fausse identité, un appartement dans la commune bruxelloise de Forest, où se cachera pendant sa cavale Salah Abdeslam, seul membre du commando parisien encore en vie.

Quelques semaines après les tueries du 13 novembre, les policiers belges découvrent l'identité du faux bailleur de Charleroi, mais celui-ci a disparu des radars. Sa femme, entendue début décembre, dit ne plus l'avoir revu depuis trois semaines. Rétrospectivement, ses voyages en Europe intriguent les enquêteurs. Le 23 juillet, il s'envole de Bruxelles à destination de Venise. Puis, le lendemain, il prend un aller simple pour Athènes. De là, le 26 juillet, il embarque sur un vol en direction de Düsseldorf.

Les critiques et les responsabilités

« C'est un dysfonctionnement majeur, pas seulement des Belges, mais des services européens dans leur ensemble », dénonce Me Olivier Morice, qui représente une trentaine de parties civiles dans les attentats de Paris. Pour Philippe Stepniewski, autre avocat de victimes, « le raté vient des services de renseignement qui n'ont pas donné à l'époque à la justice les éléments permettant d'évaluer à sa juste valeur sa dangerosité ».

La section antiterroriste de la police fédérale est informée de cette découverte troublante. Que s'est-il passé ensuite? Contacté, le parquet fédéral belge n'a pas souhaité répondre à nos questions. Un mandat d'arrêt international est émis par la justice belge le 12 décembre, en vain.

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tags: #chat #race #kalachnikov

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