Collectionner les objets militaires est une passion qui demande du temps, de la patience, de la modestie et une solide documentation. Ces exigences sont d’autant plus importantes qu’avec le temps, les objets deviennent plus rares et de plus en plus difficiles d’accès.
Toutefois, l’art militaire est un thème de collection qui permet encore, selon les possibilités de chacun, de trouver des objets de premier choix historique, sans nécessairement que le prix soit inaccessible. Je suis toujours enthousiaste lorsqu’un objet d’aspect insignifiant, mais qui une fois éclairé par des recherches historiques, se dévoile être un objet chargé d’histoire et parfois plus évocateur qu’un objet de grand prestige connu qu’à quelques exemplaires dans le monde !
C’est là une chance pour les collectionneurs débutants ou pour ceux qui ne souhaitent pas avoir une passion trop onéreuse de s’intéresser aux bibelots militaires. Contrairement à ce que les tendances actuelles peuvent laisser croire, le militaria offre encore quelques sujets à la portée du plus grand nombre des collectionneurs, ceci à condition de savoir sortir de périodes ou d’objets très prisés. Ces pièces ne sont pas toutes d'une insigne rareté, mais chacun de ces objets militaires ou souvenirs historiques, coûteux ou modeste, est un témoin authentique d'un passé glorieux ou malheureux qui ne peut laisser indifférent.
Dans l’Antiquité, les casques étaient richement ornementés, souvent de plumes ou de panache, et étaient utilisés par les soldats grecs et romains. En Europe médiévale, ils étaient essentiellement en fer, et portaient souvent le nom de heaume. Puis dans l’Histoire moderne, le casque n’est plus tellement utilisé et tombe dans l’oubli. Il faut attendre 1915 pour que les casques reviennent à la mode dans l’armement militaire, lors de la Première Guerre mondiale, avec l’arrivée du casque Adrian.
Le prix des casques d’occasion varie en fonction de l’ancienneté du casque, de sa fonction, du type de militaire auquel il appartient (officier, soldat, militaire..), de ses matériaux de fabrication. En 2013, un casque estimé entre 6000€ et 7000€, a finalement été revendu pour 8300€ lors d’une vente aux enchères. En 2022, un autre casque, estimé entre 800€ et 1200€, a été adjugé aux enchères pour 4200€.
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Napoléon souhaite mieux protéger sa cavalerie lourde et il réintroduit l'usage de la cuirasse dans différents régiments, dont celui des carabiniers, qui troquent le bonnet d'ourson pour un superbe casque doré à cimier rouge et se retrouvent dotés d'une belle cuirasse, recouverte d'une feuille de cuivre pour les officiers, avec en son centre un soleil rayonnant décoré d'une étoile en son centre.
Les officiers de carabiniers étaient dotés de ce casque doré orné de ciselures sur les parties argentées, et d'une cuirasse en acier recouverte d'une feuille de cuivre. Notre casque est réalisé en laiton doré et acier argenté, copié à l'identique sur un bon modèle d'époque, notez les jugulaires aux écailles bombées particulièrement soignées, les bossettes à l'étoile sur fond rayonnant.
Aux États-Unis, la plupart des cérémonies qui rendent hommage aux militaires tués utilisent ce dispositif composé d’un fusil crosse en l’air et surmonté d’un casque, fixé à l’aide de sa baïonnette, et auprès duquel sont placées des bottes de marche. L’hommage s’accompagne très souvent d’une sorte de rituel codifié où les camarades du soldat viennent s’agenouiller avec respect devant le dispositif. Un seul genou est posé à terre, la tête est inclinée ou une main posée devant le visage.
Cet assemblage d’un fusil, d’un casque et de bottes est utilisé fréquemment lors du Mémorial Day, et l’image est devenue partie intégrante de la culture visuelle américaine. Il existe comme on le voit quelques variantes, en particulier lors de la Première Guerre mondiale où le fusil pouvait être planté sur ou à côté d’une tombe et surmonté ou non d’un casque.
La pratique qui consiste à honorer un soldat mort au combat avec un fusil fiché en terre et surmonté d’un casque remonte au moins d’après Wikipedia à la Guerre de Sécession (1861-1865). Ces témoignages montrent que le dispositif ne signifiait pas toujours à l’époque que le combattant était mort. Le motif était donc parfaitement compris par le public américain de l’époque comme le signalement d’un soldat tombé sur le champ de bataille.
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Un ensemble de raisons militaires, politiques et psychologiques ont conduit le commandement américain au Vietnam à mettre en œuvre la récupération systématique des blessés et des morts sur le terrain. La guerre avait alors pris une autre forme avec le recours massif à l’hélicoptère et les blessés et les morts étaient évacués rapidement du champ de bataille. L’hommage rendu au soldat mort ne pouvait donc être effectué sur le terrain et s’est alors déplacé dans le camp de base. Le dispositif formé par le fusil et le casque est devenu symbolique et s’est personnalisé avec l’accrochage des dog tags à la crosse.
Si l’on revient aux premières formes du dispositif (la FSB), il existe en réalité très peu de photos de cette combinaison arme et casque utilisée sur le champ de bataille durant la Seconde Guerre mondiale. Cette rareté iconographique explique que les ouvrages et revues reprennent toujours les mêmes images et singulièrement celle qui a probablement été prise à la Pointe du Hoc en juin 1944. Cette photo est devenue emblématique.
Malgré cela, la fortune visuelle de cette photo ne s’est jamais démentie dans l’iconographie associée à ces événements. Cela tient évidemment au lieu, Omaha, maintes fois glorifié et l’un des “points de cristallisation” de la mémoire américaine de la Seconde Guerre mondiale. Le fusil est devenu américain. L’arme collective s’est transformée en arme individuelle.
Nous pouvons donc affirmer que la diffusion de cette figure dans la culture visuelle américaine s’est réalisée par le cinéma et non pas à travers une iconographie documentaire très pauvre sur le sujet et qui à la vérité n’a été connue que tardivement par le public. C’est même plus précisément la représentation cinématographique de la Seconde Guerre mondiale et à un moindre degré de la guerre de Corée qui établissent et popularisent les fondamentaux de la figure.
Pour les films sur la Seconde Guerre mondiale par contre, les cinéastes inventent les images qui leur font défaut ainsi que les mises en scène de l’émotion, du respect, et de l’honneur rendus par ses camarades au soldat mort. Dans une première partie du film, le personnage de la future victime est toujours sympathique. Les liens d’amitiés avec ses camarades de combat sont affirmés.
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Un monument commémoratif est une structure ou un objet créé pour honorer la mémoire d'un événement, d'une personne, ou d'un groupe de personnes. Ces monuments sont érigés à la suite de moments marquants de l'histoire, tels que des guerres, des événements historiques ou des célébrations de figures importantes. L'objectif principal est de préserver la mémoire collective, en permettant aux générations futures de se rappeler et de rendre hommage à ceux qui ont marqué l'histoire.
Le monument commémoratif matérialise le devoir de mémoire. Il transforme une souffrance collective en un repère physique dans l’espace public. Il permet de conserver la mémoire des victimes, soldats, résistants ou civils morts dans un conflit armé ou une tragédie nationale. La construction d’un monument commémoratif favorise l’hommage collectif. Elle permet d’unir habitants, familles, associations d’anciens combattants et autorités publiques autour d’une même reconnaissance.
L’érection d’un monument commémoratif résulte souvent d’une décision publique, prise par une commune, une municipalité ou une collectivité territoriale. L’installation d’un monument commémoratif sur l’espace public est encadrée par une série de démarches réglementaires. Pour ériger un monument aux morts sur le domaine public, l’autorisation du conseil municipal est obligatoire.
Une délibération doit être votée, précisant l’objet de la mémoire. Si le projet concerne un site classé ou un monument historique, une demande d’autorisation auprès de l’Architecte des Bâtiments de France (ABF) est requise. La rédaction d’un projet mémoriel est essentielle, définissant le symbolisme et la forme du monument.
Ces objets, qu'ils soient coûteux ou modestes, sont des témoins authentiques d'un passé qui ne peut laisser indifférent.
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