Cet article explore les cartouchières mle 1888, 1905, 1916 et les variantes particulières utilisées pendant la Grande Guerre. Ces modèles sont les héritiers de la poche à cartouches mle 1869, et apparaissent pour les plus anciens à la fin du 19ème siècle. Ils seront encore en dotation jusqu’à la défaite de 1940, moyennant si nécessaire quelques modifications. La fabrication du mle 16 se fera encore après 1945 mais sera vite interrompue par celle du mle 45.
Avant 1914, les équipements en cuir sont, à l'exception de ceux de la cavalerie, toujours en cuir noirci. Ce n'est qu'à partir de 1914, que le cuir fauve remplace progressivement le cuir noirci. Tous les modèles antérieurs au mle 1916 seront concernés et déclinés dans les deux types de cuir. A ma connaissance, la cartouchière mle 1916 est la seule à n'être fabriquée qu'en cuir fauve. Il est à noter que de nombreux exemplaires en cuir fauve ont été teintés en noir car utilisés par la Gendarmerie (voire l'armée de l'Air). Le dé métallique est très souvent supprimé car les bretelles de suspension ne sont pas utilisées par ces militaires.
La durée de vie de ces équipements était longue, parfois jusqu’à usure complète, d'où l'état de certaines pièces retrouvées aujourd'hui. Le panachage de couleurs a dû exister mais n’est pas représentatif. Il faudra attendre 1916 pour avoir une uniformisation du cuir fauve.
En période de pénuries, des versions faisant appel à diverses toiles seront fabriquées. Elles reprendront globalement la forme des mles 1888 et 1905 avec parfois un mélange des deux (notamment les passants de ceinturon). En 1940 le mle 1916 sera aussi fabriqué en toile kaki.
Cette cartouchière fait son apparition peu après l'adoption du fusil Lebel. Sa particularité par rapport aux modèles plus anciens, est qu'elle est dotée d'un dé métallique conçu pour être utilisé avec des bretelles de suspension. Elle ne sera utilisée massivement qu'à partir des années 1900, le temps d'user les autres modèles encore disponibles en grandes quantités. On la reconnait à ses deux passants verticaux pour l'attache au ceinturon et le bouton de fermeture est en fer étamé renforcé par une pièce de cuir avec couture circulaire. C'est en quelque sorte une version réduite et simplifiée de la poche à cartouche mle 1869.
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La différence principale avec le modèle 1888 réside dans la forme du passant de ceinturon, qui est trapézoïdal (avec renfort au niveau du dé métallique) et non plus composé de deux pattes verticales. Le côté pratique est que la cartouchière peut être retirée du ceinturon en sortant le passant. De plus, une languette interne fait son apparition, elle a pour but d'éviter la perte du contenu si la cartouchière venait à s'ouvrir accidentellement. Cette languette est cousue sur le verso et orientée vers le haut. Le bouton de fermeture est en fer étamé pour les fabrications d'avant-guerre.
La différence principale avec le modèle 1905 se situe au niveau du passant de ceinturon qui est toujours trapézoïdal, mais avec un dé métallique dont la couture ressort du renfort de cuir et vient buter sur celui-ci. Cette modification permet d'éviter que le passant trapézoïdal ne sorte si la bretelle de suspension venait à se détacher accidentellement. De plus, la languette interne est désormais cousue sur le recto de la cartouchière et orientée vers le bas. Auparavant, sur le modèle 1905, la languette était orientée vers le haut ce qui l'empêchait de jouer son rôle anti perte de cartouches.
Il existe des variantes atypiques qui regroupent des exemplaires n’appartenant pas aux modèles 1888, 1905 ou 1916, mais qui ont été modifiés pour être utilisés ces derniers.
Il existe également des cartouchières spéciales, conçues réglementairement pour une utilisation bien précise. Par exemple, la cartouchière conçue pour accueillir le pistolet RUBY et deux chargeurs, qui faisait office de cartouchière dorsale pour les tireurs au F.M. Chauchat. Avec l'apparition du F.M. mle 24/29, cette cartouchière est devenue inutile, elle a été convertie (suppression des compartiments pour les chargeurs), afin d'être utilisée comme une cartouchière normale.
En 1940, on trouve des fabrications de circonstance avec un dé arrondi à la place du modèle classique, ou avec une boucle à ardillon étamée à la place du dé classique, ou encore avec une boucle carrée.
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Après la défaite de l'Allemagne, les équipements de l'ancien modèle (mle 16, etc.) et du nouveau (mle 35, etc.) seront encore fabriqués, au moins en 1945 et 1946. Les cartouchières en font donc partie. On trouve des cartouchières mle 16 avec un timbre d'admission de 1946, le bouton de fermeture est en aluminium. Une autre cartouchière mle 16 des années 45/46 mais sans date avec un tampon de faricant mentionnant Toulouse utilise un fil noir très spécifique et caractéristique de ce fabricant.
Pour preuve : un étui mle 16 pour pistolet Ruby réceptionné le 8/8/1945 est cousu avec un fil noir et possède un tampon du même fabricant.
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