Après l’apparition du Mauser 98k, il devint évident que les Allemands allaient dominer le marché des fusils durant de nombreuses années.
Ses nombreuses qualités firent en sorte que ce fusil fut copié à de nombreuses reprises par de nombreux pays, chacun y ajoutant sa touche personnelle.
Les Tchécoslovaques ayant toujours été d’excellents fabricants d’armes, leur copie du Mauser 98k fut par conséquent l’une des meilleures.
En apparence, le vz.24 (fabriqué à Brno) était très similaire à son modèle allemand et d’aussi bonne construction, voire meilleure (l’armée tchécoslovaque n’ayant pas le même volume de fusils à fournir).
La hausse était légèrement différente et le levier droit (alors qu’il était coudé sur le Mauser).
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Brno, (prononcez « Berno ») seconde ville de Tchéquie, fut le siège d’un des principaux arsenaux de l’empire austro-hongrois qui profita du fait que l’Allemagne vaincue était bloquée par le traité de Versailles, pour reprendre en 1920 une partie de l’outillage Mauser, puis Mannlicher et c’est ce qui explique ses compétences et son expérience sur ce système.
Bien avant l’Allemagne nazie et son fusil d’instruction en 22lr KKW (1938) destiné aux organisation paramilitaires, il avait développé ses propres VZ 98/22, puis VZ 24 (800 000 exemplaires jusqu’en 1942), avant d’être convaincu de « collaborer ».
Le Reich étant occupés à autre chose, l’arsenal fut chargé de plancher sur un modèle (ZKM 451 : 170 000 exemplaires) qui, en 1944 bien sûr, ne put être diffusé massivement et dont l’ingénieur Josef Koucky (2) fit, de 1947 à 1954, le Brno mod.
Le Brno mod. 2 (1954-2010, remplacé par le CZ 455) c’est aussi le célébrissime CZ ZKM 452, une ambiguïté de plus, cultivée par le transfert de la production dans les années 66-67 et 68-72 sur une autre usine (Czeska Zbrojovka), certaines armes fabriquées à Brno ayant été achevées dans la nouvelle usine qui n’estampilla tout « CZ » qu’après 1974.
On était derrière le rideau de fer, comme Merkel, les « combinats », vastes empires industriels, étaient censés apporter des devises.
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La qualité export était haut de gamme, les canons en acier Poldi martelés à froid (selon les années de production) faits pour les percussions centrales, subissaient des usinages précis et des contrôles ne pouvant que rendre inusables leur emploi dans le petit calibre à percussion annulaire.
Le Modèle 2 (140 000 exemplaires), fut suivi du 3 à canon lourd (7000 exemplaires), et du 3S, rare une centaine d’armes à stecher.
Le modèle 4 (40 000) fut une variante sport produite jusqu’en 1962, et le 5 à partir de 1958 pour les « pays frères » du Moyen-Orient (Egypte, Syrie, Jordanie) sous les noms de Cadet, Maadi ou Mansoura ci-contre à g.
Parallèlement aux Chinois dans les années 80, dans la logique du bloc communiste, Zastava (maintenant en Serbie indépendante, mais à l’époque en Yougoslavie) sortit avec d’anciennes machines et le même acier que Brno une CZ 99 ajoutant à la confusion car CZ voulait cette fois dire « Crevena Zastava » ! (ci-contre à dr.)
Là aussi il y eût de belles versions export vers les USA (Daly, Remington).
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Dans le même temps, en 1986, l’Inde suite à une réorganisation drastique de sa politique d’armement interdit les importations et une organisation gouvernementale (Indian Ordnance Factory) fit à son tour une copie de la carabine tchèque mais avec pas mal de différences de dimensions et de finitions et surtout un taux de torsion étrange de 1/8 s’expliquant par une solution de facilité : en utilisant le même banc à rayer que pour ses fusils d’assaut en 5,56.
Plus récemment, les turcs de chez Hatsan (Escort 22 Elite) qui reprend les grandes lignes de la CZ 452 Military Trainer (ci-contre à g.) mais dont peu de pièces s’échangent et pour lesquelles les critiques reprennent un peu celles de la production chinoise : éjection perfectible, magasin plus rugueux, filetage étrange de bout de canon pour silencieux ou frein de bouche voire cache-flammes.
Ce tour d’horizon effectué nous ramène à ce qu’on trouve chez nous, c’est-à-dire la présence massive de Norinco et leur rapport qualité-prix par rapport à son émule : 145 euros contre 400 euros en 2003 quand les copies chinoises firent leur entrée sur le marché.
Celle de notre « essai » on l’a dit avait fait l’objet d’un travail soigneux dans une célèbre armurerie du Centre, de polissage interne, la précision (surtout avec une optique pour découverte air comprimé 10 mètres !) étant « utilitaire » soit un carré de 5 cm à 50m qui va bien sûr faire hurler dans les stands FFT, mais visiblement facile à améliorer, et faisant le job en régulation si on s’applique un peu.
Le tout étant de savoir avec quoi on « zérote » : du plinking peu coûteux où on tire beaucoup, ou du varmint avec de la subsonique HP où on tire peu, et dans la « zone de placement » de l’importun ravageur des campagnes...
Tous les sites US regrettent la décision déjà ancienne de Clinton de bloquer leur importation car, en plus d’être un « truck gun » idéal, surtout en crosse synthétique, elle était précise puisqu’ employée avec de gros scopes, et surtout représentait une base imbattable pour qui aime bricoler, notamment les bois.
Balsa, sciure pressée, ce bois parait-il nommé « chu » (catalpa ?) est une étrange créature propice à jouer de la Dremmel.
Et les tutoriels abondent sur le Net pour des « personnalisations » à la portée de tous : polissage en règle de toutes les pièces mobiles, ressort « pousse-mousse » (ou de stylo « bique » !) si l’original est trop dur plutôt que de couper irrémédiablement des bouts de spires, canon rendu flottant, ce qui se discute car il ne touche que sur un point où seul le bord du fût est en contact (4).
Allez, évitons le blasphème, on ne peut certes comparer une Norinco avec une CZ, mais celle-ci se compare-t-elle de son côté, avec une Anschutz 54 ?
4/ La technologie CZ, a longtemps joué de ce point de contact pour le contrôle des harmoniques.
Les sites US qui ont poussé le plus loin la customisation des Norinco se disputent encore sur le sujet.
Les Brno ont été déclinées en de multiple versions de la 1 à la 5 et cela depuis 1946 à 1970.
La véritable model 1 est rare, fabriquée de 1945 à 1950, c’est du genre MAUSER 45 - MAS 45, bref ce model 1 a été fabriqué avec des éléments deMauser.
Ce premier type est recherché s’il porte les poinçons tgf (tfg et aussi un t dans un cercle avant le numéro de série.
Autrement les BRNO sont très cotées et considérées comme plus précises que les CZ (une histoire de fabrication de canon).
Bien sur pour des armes en excellent état et pas lessivées.
Voici une liste de fabricants notables et leurs modèles de carabines, produits entre 1930 et 1980 :
| Pays | Fabricant | Modèles |
|---|---|---|
| Françaises | Unique, Manufrance, MAS | X51, T66, Reina, Buffalo Match, Club, Gazelle, MAS 45 |
| Allemandes | Anschütz, Walther, Erma, Mauser | 1300, 1360, 1386, 1400, 1416, 1415, 1415/1416, 1422, 1710, Match 54, Match 64, KKW, Thuringen sportmodèle, LGRErma USM1, EGM1, Pump Action, ELG-10, Werke Erma E40WM, Eb 300, En 310, El 320, Es 340, Es 350, Ms 420, Es 340 N, Es 350, Mm 410, DSM 34, Ms 420B, Ms 350B, Mm 410B, Es 340B, Es 350B, Es 360 |
| Russes | Toz | 8-01, 8M, 78-01, 78-01L, 78-01M, 78-02, 78-03, 78-04, 78-04L, 78-04M, 78-05, 78-17 |
| Tchéques | Brno | Mod1, Mod2, Mod3, Mod5, 452, 451, 581 |
| Anglaises | BSA, Lee Enfield | NO. 6 Takedown, NO. 6, NO. 8, NO. 13, NO. 12, NO. 12/15, NO. 8 |
| Belges | FN | ABL 52, Trombone, Takedown Semi-Auto |
| Américaines | Winchester, Remington, Marlin | 52, 63, 69, 74, 121, 512, 572, 552, 33, 34, 24, T-Bolt, Nylon 66 (Apache), 39A, 39M, 60, 98, 99, 75, 25, 187, 135 |
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