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La Confédération Suisse ne réagit pas autrement que les autres face aux évolutions de l'armement au XIXe siècle. Les petits suisses convertirent au plus vite à tabatière leurs carabines derniers cris en calibre 10,4mm. On peut aujourd’hui sourire en considérant ces calibres 10/11mm comme des « petits » calibres.

Afin d’être sûre de ne pas être prise au dépourvue en cas de bise (ici c’est trois !), et dès le mois d’août 1866, la Suisse débuta des tests sur les meilleurs modèles de la guerre de Sécession. Les deux modèles qui se distinguèrent furent la carabine à répétition Henry 1860 et le puissant Peabody.

L’arme de transition des suisses sera donc des Peabody à levier sous le pontet et à chien externe. La culasse à bloc tombant du Peabody sera d’ailleurs sensiblement améliorée par un ingénieur suisse du nom de Friedrich Von Martini (1833-1897): l’armement du percuteur interne devient concomitant du mouvement du levier de sous-garde alors que sur le fusil Peabody il faut encore que l’utilisateur arme le chien après chargement avant de faire feu.

On fit ainsi 15 000 fusils à percussion annulaire qui assurèrent la transition pour les troupes de premier ordre, troupes qui devraient s’en dessaisir une fois le nouveau fusil suisse distribué.

L’arme en question, dont les prototypes étaient prêts dès 1867, est le fruit du génie inventif de Johan-Frederick Vetterli (1822-1882) Directeur Technique de la SIG (Schweizerische Industrie Gesellschaft ou Société industrielle suisse). Le fusil conçu par Vetterli avait déjà un pied dans le futur par deux de ses éléments : un magasin tubulaire de 11 coups (le plus richement doté de tous les fusils réglementaires de cette époque) et un système ingénieux de culasse à verrou.

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Caractéristiques et Innovations

Pourquoi un tel magasin, si bien fourni, de 11 cartouches ? Sa culasse est fort moderne et ingénieuse. Elle généralise un levier de culasse coudé pour l’ensemble de ses troupes afin d’optimiser leur utilisation en espace clos.

En revanche, le mystère plane encore autour de l’origine de sa portière de chargement « King » (introduction directe des munitions par une fenêtre pratiquée sur le boitier de culasse façon Winchester). Et ce mystère est tenace. On ne saura sans doute jamais qui de la SIG ou de la Winchester en est à l’origine.

Vetterli avait aussi (modernisme supplémentaire) conçu un démontage complet, facile et sans outils de son fusil. Le fut en deux partie du Vetterli sera aussi repris sur les fusils 1884, 1885 et 1887 français et se retrouvera dans une moindre mesure dans les Lee-Enfield. On gagne ainsi en rigidité du bloc boîtier. Il est ainsi possible aussi de choisir à moindre frais un bois aux fibres mieux orientées. Les réparations en sont aussi grandement facilitées.

Il nous montre d’abord une élégante crosse à la plaque de couche très arquée, silhouette typique des carabines de tir helvétiques reprise sur cette arme réglementaire. Le bois de cette crosse est d’une grande fraîcheur, laissant percevoir à l’œil nu de très beaux marquages d’acceptation.

Le pontet est dans le plus pur style de l’infanterie. Bien que ne disposant pas dispositif de Stretcher, sa détente est d’une grande netteté et permet à tout le potentiel de cette arme de se révéler. Le boîtier est très méticuleusement usinée et poli. Il accuse quelques éclaircissements par endroits, visibles en particulier sous une certaine lumière au niveau du marquage « Wafenfabrik Bern ».

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Le pontet est également très légèrement dé-bronzé. Ce sont ses seuls (tout petits) défauts. Pour le reste, notre fusil est parfait. La culasse, tout au numéro, est ferme et il faut prendre le coup de main pour l’ouvrir d’un seul mouvement. L’arme, plus que très belle au demeurant, mérite juste un petit nettoyage et un peu de graisse.

Attention, elle est encore dans son exacte configuration d’origine, montée en percussion annulaire. La hausse préfigure celle des Schmidt-Rubin et des Carcano. Elle est relativement simple et est graduée de 300 à 1000 mètres. Elle est aussi dûment poinçonnée et numérotée.

Le fut, quadrillé en carrés bien nets et bien conservés, est, comme le reste des bois, en très bon état. Cette attention portée au placement de la main dénote des préoccupations de précision typiquement suisses. Le bronzage du canon est très beau sur son intégralité, de même que pour les garnitures qui sont, elles aussi, au numéro. L’intérieur du canon est parfait, totalement miroir, avec un léger chanfrein à la gueule afin de le prémunir les chocs et détériorations.

Toujours le souci suisse du détail ! La baguette, de longueur équivalente au canon, a été conçue autant pour nettoyer le canon que pour sortir un étui récalcitrant. Surprenamment facile à démonter et à entretenir, ce « Repieter gewehr modell 1871″ est une merveille d’armurerie classique.

Ayant donné naissance à un grand nombre descendants, le Vetterli est sans doute l’un des plus intéressants fusils à magasin tubulaire.

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Au final, une arme réglementaire de très grande qualité, point d’étape de l’Histoire de l’arment mondial, de dix ans en avance sur ces concurrents, et dans un état de conservation plus qu’excellent. Un must pour une collection d’armes réglementaires européennes.

Le Fusil Gras : Un Contemporain

Dans cet article, nous allons aborder le fusil réglementaire modèle 1874 "Gras" et ses variantes (carabine de cavalerie, carabine de gendarme à pied et à cheval et mousqueton d'artillerie, mais aussi les déclinaisons du Gras de chasse, et les fusils Gras scolaires et de cadet). Ce fusil, contemporain des revolvers modèles 1873 et 1874, est une évolution du fusil modèle 1866 Chassepot.

Bien que n'ayant pas connu de conflit majeur, les armes modèle 1874 du système Gras firent régulièrement le coup de feu dans les colonnies françaises, par nos militaires.

Les armes du système Gras, tout comme les revolvers modèles 1873 et 1874, utilisent une cartouche de calibre 11mm, dans un soucis d'harmonisation des calibres des armes portatives légères réglementaires.

Une commission fut chargée d’évaluer le meilleur système de conversion, c’est au final celui proposé par le capitaine Basile Gras (polytechnicien) en 1873 qui fut adopté en 1874. Les anciens Chassepots mle 1866 seront modifiés et deviendront des fusils, mousquetons ou carabines Gras modèle 1866-74 (1 700 000 exemplaires), les armes longues construites neuves (2 250 000) porteront la référence 1874 (fusils, carabines ou mousquetons Gras modèle 1874).

Le fusil chassepot (et ses dérivés supra) est le 1er fusil français à chargement par la culasse, il tire une munition dont l'amorce, la poudre et la balle sont enveloppés dans du papier. L’arme reste au calibre 11 mm.

Les armes du type 1866-74 (Chassepot transformé Gras) seront soit modifiées au niveau de la chambre pour recevoir la nouvelle cartouche métallique (alésage puis insertion à force d’un cône de raccordement aux rayures), soit équipées d’un nouveau canon. La date de la modification est rajoutée sur le côté droit du canon à la suite de la date d’origine ou figure seule dans le cas du canon changé.

La planche mobile comporte des crans de mire fixes pour les distances de 200, 350 et 1.300 mètres. Le curseur, quand à lui, porte le cran de mire mobile servant pour les distances de 400 à 1.200 mètres, et la rallonge (qui porte le cran de mire mobile) pour les distances de 1.400 à 1.800 mètres.

Au niveau de la finition, toutes les armes du système 1874 (Gras) reçoivent un bronzage noir sur le canon et la boîte de culasse.

Le fusil mle 1874 est équipé d’une nouvelle baïonnette droite: l'épée-baïonnette modèle 1874. La lame est en forme de "T", et la poignée est en bois et laiton.

Tout d'abord "Usine de Steyr " suivi de la date, qui correspond à une commande de plus de 200 000 baïonnettes à l’usine de Steyr en Autriche (contrat avec le Ministère de la Marine et des Colonies), en 1878 et 1879. Ensuite, on trouve les marquages "Paris Oudry" ou "L.Deny", suivi d'une date (année de fabrication). Il est également à noter que la baïonnette destinée au fusil modèle 1878 de marine Kropatschek ressemble fortement au modèle 1874 Gras.

Lame et fourreau sont similaires, c'est principalement le profil du dos de la poignée (droit, sans le décrochement de la Gras), et la largeur de bague qui est plus grande. Enfin, le dos des lames des baïonnettes modèle 1878 pour fusil Kropatschek est marqué "Mre de Steyr Mr de Werndl" (pour la manufacture de Steyr, en Autriche), suivi de l'année de fabrication (pas de mois).

La carabine de cavalerie modèle 1874 possède des garnitures en laiton.

La cartouche 1874 est une munition d’un diamètre de 11.25 mm calepinée (papier fin enroulé autour de balle pour éviter le plombage), la balle en plomb pur pèse 25 g elle est propulsée par 5.25 g de poudre noire. Entre les deux se trouve une rondelle de feutre gras.

Les armes du système Gras ne constitueront pas l’armement principal des armées lors de conflits majeurs, le Lebel 1886 et les Berthiers l’auront remplacé lors de la grande guerre bien qu’il équipa encore les troupes de l’arrière (territoriaux) qui, dans certains cas eurent à combattre. la Grèce (commande spécifique à Steyr) et l’Ethiopie (armes réglementaires Françaises) l’utiliseront au combat, de même que la Russie qui en recevra un grand nombre au début de la Grande Guerre pour pallier les énormes pertes de son armée.

Le Chili en utilise aussi (armes fabriquées à Steyr) lors de la Guerre du Pacifique (1879 - 1884), l'opposant au Pérou et à la Bolivie. Une commande de 20 000 armes (avec leurs baïonnettes) aurait été faite à l'usine de Steyr (Toutefois, Il se pourrait, en réalité, qu'il s'agisse d'armes rachetées à la Grèce, et non commandées neuves à Steyr).

Ces fusils sont fabriqués par Osterreichische Waffenfabriks Gesellshaft (OEWG), à Steyr (Autriche-Hongrie). La commande de fusils modèles 1874 du contrat Grec porte sur 57 000 fusils et 6 000 carabines.

En effet, en août 1914, il existe dans les dépôts et unités 1.260.000 fusils d'infanterie modèle 1874 gras. En décembre 1915, le Ministère de la Guerre est obligé d'informer les autorités gouvernementales sur la situation réelle du stock des fusils modèle 1874 qui est pratiquement épuisé.

Les Fusils Gras Scolaires

Le fusil scolaire de tir est destiné aux écoles primaires. La hausse est l'ancienne hausse du fusil modèle 1866, réduite dans ses dimentions; elle est graduée de 10 à 40 mètres.

La chambre est plus courte que celle des armes modèle 1874, afin que ces fusils ne puissent pas tirer la cartouche de guerre; elle ne peut recevoir qu'une cartouche dont l'étui est raccourci de 10 millimètres.

Les fusils Gras scolaires pour le tir (Gras de cadet) ont été fabriqués dans les Manufactures d'Armes d'état, au même titre que les armes de guerre.

Les bataillons scolaires sont institués en France, par le décret du 6 juillet 1882. Mais ce décret ne fait que valider une pratique qui se répand de plus en plus dans le pays depuis la fin de la guerre de 1870. De nombreuses communes ont déjà développé la pratique de la gymnastique et des exercices militaires dans leurs établissements d'instruction publique primaire ou secondaire.

La défaite cinglante de la France en 1871 et la perte de l'Alsace et de la Lorraine ont engendré un vif sentiment de revanche. L'espoir de la revanche appartient aux enfants, et les adultes ont désormais le devoir de préparer la jeunesse au prochain conflit qui rendra son honneur à la France.

La loi de 1882, qui comprend de nombreux articles, prévoit une préparation dès l'école primaire afin d'incorporer les enfants dès l'âge de douze ans au sein des bataillons scolaires. Ces bataillons sont organisés de façon militaire.

L'armement est beaucoup mieux décrit, il évolue suivant l'âge de l'enfant, allant du simple fusil de bois, tout juste bon au maniement d'arme, au fusil de cadet, tirant une cartouche réduite du fusil réglementaire Mle 1874, en passant par divers modèles d'armes de manœuvre ou de tir réduit.

Dès leur formation, les bataillons scolaires participent à toutes les manifestations publiques. Mais ils brillent surtout lors des grandes messes républicaines du 14 juillet.

A leur création, les bataillons portent l'espoir de tout un peuple et la France vibre aux sons de leurs tambours et de leurs clairons. Mais leur instauration va vite déchaîner les passions.

En 1892 s'en est fini des bataillons scolaires. Les armes disparaissent dans les combles des écoles, les uniformes partent chez les chiffonniers et la gymnastique d'une part, le tir scolaire d'autre part, remplacent manœuvre et défilés.

Utilisation Moderne et Législation

De nos jours ce magnifique fusil se rencontre quelquefois dans nos stands de tir, c’est tout de même assez rare car la munition n’étant plus fabriquée depuis longtemps, seuls les tireurs disposant des compétences nécessaires pour recharger les cartouches pourront l’employer.

Pour confectionner les munitions, il faut tout d’abord trouver des étuis. Certains fabricants en proposent, comme Bertram ou Horneber (à commander en Allemagne), voire H&C (car ils sont fragiles), on peut aussi reformer des étuis en 348 Winchester ou en 10.3x60R qui est un calibre encore employé à la chasse en Suisse.

Restera à définir quelle poudre employer et quelle charge. En poudre noire, une charge d’environ 3 g, complétée par de la semoule pour ne pas laisser de vide dans l’étui, suffira pour propulser la balle avec suffisamment de précision. Pour ceux qui préfèrent les poudres modernes, la Vectan AO convient très bien avec une charge de 0.8 à 1 g.

En terme de législation, les différentes armes du système Gras (armes non "modifiées chasse") sont aujourd'hui classées en catégorie D§e ("Armes historiques et de collection dont le modèle date d'avant janvier 1900, sauf celles classées dans une autre catégorie en raison de leur dangerosité"), et peuvent donc être détenus par toute personne de plus de 18 ans.

Tableau Récapitulatif des Modèles Gras

Modèle Calibre Année d'Adoption Notes
Fusil Gras Modèle 1874 11mm 1874 Arme principale du système Gras.
Carabine de Cavalerie Modèle 1874 11mm 1874 Garnitures en laiton.
Mousqueton d'Artillerie Modèle 1874 11mm 1874 Modifié en 1880 (M80).
Fusil Gras Scolaire Cartouche réduite N/A Pour l'instruction militaire des jeunes.

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