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Cet article explore l'histoire et l'évolution de la carabine, en mettant en lumière son rôle dans les conflits frontaliers et son importance stratégique.

Contexte historique

Au XVIIe siècle, le royaume de France était souvent impliqué dans des conflits frontaliers, notamment dans les régions du Luxembourg et de Liège. L’Armée du Roy, en marche vers la Flandre, traversait des territoires parfois hostiles, où la logistique et la préparation étaient essentielles.

L’Armée du Roy destinée pour la Flandre, ayant commencé de marcher le douzième de ce mois dans le pays de Luxembourg & de Liège, pour s’aller joindre à celle de Messieurs les États, qui devait s’avancer d’un autre côté, après avoir traversé la forêt d’Ardennes, & plusieurs autres pays fort stériles, où la quantité de vivres dont elle fît provision avant que partir des frontières de France lui fut assez nécessaire, rencontra le vingtième de ce mois à sept heures du matin l’armée Espagnols, composée de dix mille hommes de pied, trois mil chevaux, & seize canons ; commandée par le Prince Thomas, campée sur son chemin très- avantageusement.

La bataille et l'usage des carabines

Une bataille typique de cette époque impliquait une configuration où la cavalerie et l'infanterie se soutenaient mutuellement. L'utilisation des carabines par les ennemis était notable, causant des perturbations dans les rangs français.

La décharge que les ennemis firent sur les nôtres de leurs carabins, canon & infanterie fut très-grande, quelques escadrons en furent ébranlés d’abord ; & après ce bruit la fumée du canon s’étant mêlée parmi une grande poussière que le vent élevait, mit quelque désordre parmi quelques-unes de nos troupes, qui ne se reconnaissaient presque plus, aucun ayant fait leur décharge contre les nôtres, même à l’endroit où était le Maréchal de Brezé.

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Nonobstant ce petit désordre, quelques escadrons de cavalerie ne laissèrent pas d’enfoncer les ennemis sur la droite : & Monsieur de Brezé ayant rallié tout ce qui s’était mis en désordre, les ramena au combat avec tant d’ardeur & de regret seulement d’avoir branlé, que les ennemis firent encore emportés en un autre endroit où ils donnèrent.

Les ennemis voyant venir firent couler une partie de leurs troupes sur leur main gauche, & rangèrent leur infanterie dans un vallon, où elle était à couvert de leur canon,& de leur cavalerie.

La bataille commença par l’aile droite, que ledit sieur de Brezé avait disposé de telle sorte, que la cavalerie & l’infanterie se soutenant l’un l’autre, il était impossible, sans un grand malheur, de les rompre & de les forcer.

Les Français de main droite s’avancèrent aussi contre ceux de l’ennemi, le Maréchal de Brezé à la tête leur montrant le chemin. uns de ses escadrons ayant été surpris de la grande décharge des carabins et mousquetaires des ennemis, et leurs chevaux épouvantés du bruit et de la fumée de leurs canons, furent renversés sur des bataillons de l’infanterie qui les mirent en désordre : mais cela n’empêcha pas que le Marquis de Tavannes, à la tête des compagnies des sieurs de Vientes, la Luzerne, Lenoncourt, d’Aumont, la Ferté-Seneterre, Isaut, Beauregard-Champrou, Bouchavanes et la Claviere, avec une partie de leurs escadrons, n’enfonça la cavalerie des ennemis qui était de leur côté.

Stratégies et mouvements de troupes

Les manœuvres militaires étaient cruciales. Les commandants français, comme les Maréchaux de Châtillon et de Brezé, devaient prendre des décisions rapides concernant l'engagement de l'ennemi et l'exploitation des faiblesses adverses.

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Le Conseil de guerre fut tenu sur le champ de bataille, pour savoir si l’on devait continuer de marcher, faire ferme, où aller droit aux ennemis pour les combattre. Sur quelques diversités d’opinions, il fut trouvé bien de reconnaître encore de plus près la contenance des ennemis, pour faire jugement plus certain de leur dessein, de leur force, & de tout ce que l’on pouvait faire. Pour cet effet les sieurs de la Meilleraye, de Charnacé, & d’Espenan s’étant avancés jusqu’aux vedettes plus éloignées, qui avaient été posées en un lieu éminent, rapportèrent que les ennemis étaient en bataille à deux mille pas de là ; ce qu’ayant aussi été reconnu par lesdits sieurs de Châtillon,& de Brezé, personne ne douta plus qu’il ne fallut combattre.

Le sieur de la Meilleraye voyant l’armée ennemie proche de son quartier, rallia les troupes près de lui si à propose, que les ennemis n’osèrent attaquer, et donna avis aux Maréchaux de Châtillon et de Brezé qu’ils s’approchaient avec de grandes forces. petit vallon couvert de grosses haies, où ils avaient mis toute leur mousqueterie avec 16 pièces de canons, soit bien placées, et avaient avancé 1500 chevaux dans la plaine par où les Français allaient pour les attirer dans le gros de leur infanterie qu’ils tenaient cachée dans ce vallon. Ce qui empêcha d’abord les Français de bien reconnaître leurs forces ; le reste de leur cavalerie était dans une autre campagne par delà le vallon derrière leur infanterie.

Les Maréchaux de Châtillon et de Brezé et le sieur de la Meilleraye s’avancèrent pour reconnaître leur contenance, et résolurent, après avoir consulté, d’aller droit à eux. Le Maréchal de Châtillon donna ordre audit sieur de la Meilleraye de faire venir douze pièces de campagne pour mettre à la tête des bataillons Français. en très bon ordre, l’infanterie au milieu, et la cavalerie sur les ailes ; et pressant les ennemis, leur cavalerie qui était avancée se retira vers celle qui était derrière leur infanterie, laissant deux escadrons à côté de l’infanterie de main droite, et leurs carabins à côté desdits escadrons.

L'importance des armes à feu

L'évolution des armes à feu a influencé la composition des unités d'infanterie. La proportion de piquiers et d'arquebusiers variait selon les armées, avec une tendance générale vers une plus grande intégration des armes à feu. Les Français, comme les Espagnols et les Allemands, adaptaient leurs tactiques en conséquence.

Il convient, pour l'infanterie Pike and Shot, de souligner des différences nationales, plus sensibles à mesure que les armes à feu sont adoptées par des belligérants, sur les proportions de piquiers et d'armes à feu. Espagnols et Allemands, puis Français et Suédois s'avancent tous vers ce modèle piques-feu organique; les Suisses y accordent moins d'importance, préférant garder le modèle de la phalange massive (et moins articulée, mais plus solide).

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Tableau récapitulatif des forces en présence

Force Description
Armée Française Composée de 25 à 30 mille hommes, infanterie et cavalerie, équipée de cinquante pièces de canon.
Armée Espagnole Composée de dix mille hommes de pied, trois mil chevaux, & seize canons.
Maréchaux Français Châtillon et Brezé, généraux de l'armée.
Armement Carabines, canons, mousquetaires (côté espagnol) ; piques et armes à feu (côté français).

Anecdotes et figures marquantes

Plusieurs figures se sont distinguées par leur courage et leur jugement, comme les sieurs de Saint-Florent et de Beauregard-Blanchefort, ainsi que les Marquis de Boisy et de Narmontier.

Il est à remarquer en cette occasion que le Grand Maître de l’Artillerie fit aussi généreusement et judicieusement qu’un capitaine saurait faire, s’étant mis à l’aile droite, et partout où il y avait du péril. Les sieurs de Saint-Florent et de Beauregard-Blanchefort y servirent dignement et courageusement, portant avec promptitude et diligence les commandements aux troupes de l’aile gauche ; comme aussi les sieurs d’Espenan, de Monsolins, et de la Fitte de leur côté; Les Marquis de Boisy, de Narmontier, de Hautefort, le Comte de Beaumont, Chenoise qui y fut tué, le fils de Launay, Hercour, neveu du sieur Medan, firent très bien courageusement.

Comme aussi le sieur de Charnassé, leMarquis de Tavannes qui fut légèrement blessé d’une mousquetade au visage, les sieurs Lambert, de Moulinet et d’Alexis, de la Luzerne, Lenoncourt, d’Aumont, la Ferté-Seneterre, des Roches, Saint-Quentin, des Roches-Baritaut, d’Isaut, Beauregard, Gadaigne autrefois Champron, celui-ci blessé légèrement de trois coups et son cheval d’autant, Lansac, Praslin, Francieres, Bouchavanes, la Claviere, Viantes blessé légèrement au visage et deux chevaux tués sous lui, Brouilly Aubayes, terrail, Cambon, Assarac, Vatimont, Tivolieres, Beauveau, Saintois, Vances capitaine des Gardes du Ma- réchal de Brezé, le Comte de Tonnerre, Marquis de Varenne, Calonge, Bellebrune, Genlis, Polignac, Castelnau, la Mothe-Odancourt et plusieurs autres, s’y rendirent remarquable par leur courage et jugement.

Les volontaires y firent encore parfaitement bien, entre autres les Ducs de Mercoeur et de Beaufort, les Prince de Marsillac, Comte de Cursol, Beaumont, Bully, Guinancourt et Barches, du Puy qui y fut tué.

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