Envie de participer ?
Bandeau

Le fusil Gras, une arme emblématique de l'histoire militaire française, doit son nom à Basile Gras. L'histoire de ce fusil est étroitement liée à l'urgence de moderniser l'armement français après le conflit avec la Prusse, très mal digéré par les Français, menaçait de repartir vers 1873.

Basile Gras : Un Innovateur Militaire

Face à cette situation, une commission fut lancée pour examiner plusieurs projets de fusils. La proposition de Basile Gras de transformer l’important stock de fusils Chassepot disponibles après que la France ait relancé son industrie d’armement dés fin 1871 séduisit au plus au point. Après avoir aussi pris une part importante dans la mise au point du fusil Lebel (successeur de son fusil Gras), et restructuré complétement la production industrielle d’armes légères françaises, Basile Gras supervisa les trois manufactures d’État de Tulle, Châtellerault et Saint-Étienne.

Il méritait pleinement son titre d’Inspecteur Général des Manufactures. Il finit sa carrière Général de Division et Secrétaire Général du Ministère de la Guerre. Il ne se doutait néanmoins pas de la fantastique carrière de son fusil à poudre noire qui servirait nombre de pays, de Monaco à l’Empire d’Éthiopie, et surtout la France de 1874 à…1940 ! De la Conquête de l’Empire colonial à « l’Étrange défaite » telle que l’a si justement analysée Marc Bloch.

Les Transformations du Fusil Gras

On commença par transformer illico 893.000 fusils Chassepot au standard Gras. C’est le premier modèle dit « 1866-74 ». Puis on fabriqua à peu près 1.250.000 fusils et carabines directement au standard Gras sans transformation à partir de Chassepot. Néanmoins, le collectionneur peut donc trouver, pour sa plus grande joie, tant des fusils que des carabines (soit cinq modèles de base) dans les standards « 1866-74 », « 1874 », « 1866-74 M80 », « 1874- M80 ».

Des incidents de rupture d’étuis au moment du tir brulèrent le visage de quelques dizaines de Piou-Piou. Après avoir essayé deux autres solutions sans succès, on finit par adopter une troisième solution consistant à forer un évidement circulaire en tête de culasse pour permettre à ses foutus gaz brûlants de s’éjecter sur le coté au lieu d’aller directement sur le visage du tireur en cas de rupture d’étui. On était en 1880 (six ans après l’adoption!). C’est la modification M80. La quasi intégralité des fusils et carabine Gras ont été modifiés au standard M80 et les armes qui y ont échappées sont fort rares.

Lire aussi: Recommandations concernant les fusils turcs

Pour la plus grande joie des collectionneurs toujours, on décida en plus, en 1914, de transformer 100.000 fusils « 1874 M80 » pour tirer la cartouche à poudre sans fumée 1886 du Lebel afin faire face à la pénurie catastrophique de fusils de la fin de l’année 1914.

Utilisation et Réputation du Fusil Gras

Le Gras est un excellent fusil qui acquis très vite une réputation justifiée de robustesse et d’efficacité. C’est une arme fiable qui a servi sous tous les climats de l’Empire. Un Chassepot très amélioré. Son coût de production était de 36 francs or. Un gros mois de salaire d’un ouvrier de l’industrie vers 1901 pour un unique fusil. On allait le retrouver partout notre Gras, en 14, en 40, chez les sapeurs-pompiers quand ils étaient encore armés, dans la Garde Républicaines, dans la Pénitentiaire, dans les conflits coloniaux (y compris ceux des autres!

Une fois retiré du service après l’adoption du Lebel, une partie des Gras fut vendue. Achetés en masse par la manufacture de St Étienne, ils furent raccourcis et transformés en fusils de chasse de tous calibres (12, 16, 24, 28…) pour permettre aux plus humbles paysans de France d’aller tirer le lapin à bas prix. On en trouve pléthore. Une autre partie fut détournée par des trafiquants d’armes sans scrupule afin d’alimenter d’obscures guerres en Afrique (c’est sûr qu’aujourd’hui, on ne ferait plus ça!). Certains de ces margoulins devinrent même des stars de la littérature puisque c’est le cas notamment de Henri de Monfreid et d’Arthur Rimbaud, grands trafiquants de Gras devant l’Éternel.

D’autres lots ont connu des sorts encore moins glorieux. Les réglementaires restant en état d’origine n’ont pas connu un sort plus heureux. Beaucoup furent envoyés en Russie pour palier sa crise aiguë d’armement de 1915-1917 et ne sont jamais revenus. Les autres ont été remobilisés en 14 et pas mal ont aussi disparus. Totalement anachroniques et dépassés, ils furent néanmoins remobilisés à nouveau en 1940, notamment pour la garde des bases aériennes. Après 1940, les stocks d’armes Gras seront saisis en masse par l’occupant et détruits.

La Carabine de Gendarmerie à Cheval

En plus, c’est « une » Gras. Une jolie carabine de gendarmerie à cheval (car il existe dans le système Gras, outre le fusil, une carabine de cavalerie - trois garnitures laiton sans baïonnette, de gendarmerie à cheval - la même, et la notre, avec une baïonnette particulière à douille, une de gendarmerie à pied (à deux garnitures laiton seulement) et un mousqueton d’artillerie (similaire à la Gendarmerie à pied mais raccourcie à 95,5cm)). Et bien, on les a envoyé servir de fusil aux « tirailleurs annamites » comme on disait alors - comprendre les tirailleurs indochinois, l’arme courte, avec ses 1m175, convenant parfaitement à leur petite taille… Inutile de vous dire que très peu sont revenues de leurs aventures extrême-orientales !

Lire aussi: Fusil Darne Calibre 12 : Détails Techniques

C’est une des carabines construites à partir d’un Chassepot 1866 (lui né en 1871 à Saint Étienne d’où le marquage « S1871 »), mise au standard 1874 (toujours à Saint-Étienne en 1876 d’où le marquage « S1876 ») et modifiée en 1880 comme expliqué ci-dessus (d’où le marquage « M80 »). L’arme a été re bronzée très proprement et anciennement. C’est peut-être ce qui l’a sauvé de la rouille d’ailleurs. C’est vraiment son seul défaut pour un maniaque comme moi. Parce que pour le reste, elle est vraiment en excellent état.

Les garnitures de laiton sont toutes présentes, poinçonnées, homogènes et en parfait état. Mécaniquement elle est parfaite également - la culasse est fluide - elle percute bien et son canon est un rêve - miroir avec de belles rayures bien présentes. Bien sûr elle est dans son calibre d’origine 11×59 mm Gras. Cerise sur le gâteau, elle est intégralement monomatricule (les deux pièces de culasse, canon, et crosse) et y compris la baguette (souvent perdue et remplacée) - c’est devenu très rare.

Les armes du système Gras ont été dotées de trois baïonnettes possibles. Celle du Chassepot à lame yatagan (assez commune), la baïonnette Gras 1874 ‘toutes armes » à lame en T et à poignée bois et laiton (fréquente) et une baïonnette à douille dite « modèle 1874 de gendarmerie » (rare). C’est la dernière baïonnette à douille en service de toute l’histoire de l’armée française qui avait été la première au monde à les utiliser dès le règne de Louis XIV, ensuite imitée par le monde entier. Elle fût vite abandonnée au profit de la baïonnette Mle 1874 « toutes armes » précédemment décrite.

Le Fusil Gras : Un Défi pour les Collectionneurs

En fait, dans leur état réglementaire d’origine, pas grand chose. Et trouver les armes du système Gras en très bon état et intégralement au numéro reste un défi pour nombre de collectionneurs. Disons pour les collectionneurs exigeants (au niveau de maître Flingus la Médecine parle d’ailleurs de « monomaniaque du monomatricule en parfait état ».

Au final, malgré son beau rebronzage, Maître Flingus vous propose une arme peu courante - 100% d’origine - très homogène - monomatricule intégralement - avec sa rare baïonnette du modèle et en excellent état.

Lire aussi: Calibre 16: Le Fusil Nemrod

Tableau Récapitulatif des Modèles et Transformations du Fusil Gras

Modèle Caractéristiques
1866-74 Transformation initiale des fusils Chassepot au standard Gras.
1874 Fusils et carabines fabriqués directement au standard Gras.
1866-74 M80 Fusils Chassepot transformés en Gras et modifiés M80.
1874 M80 Fusils Gras modifiés M80.

tags: #capucine #de #fusil #gras #histoire

Post popolari: