Le canon « Plume » est une appellation assez courante mais mystérieuse dans la mesure où elle se retrouve sur des fusils de marques différentes, de Darne à Maisonnial, en passant par Berthon et bien d’autres.
Ce qui ajoute à la confusion c’est l’histoire d’une dynastie armurière aux nombreux méandres, un peu comme chez Darne si on veut. Toujours associé aux marquages spécifiques du banc d’épreuve de St-Etienne, on conçoit bien qu’il s’agit toujours de fusils français anciens de l’entre deux guerre, mais qu’on retrouve encore en parfait état jusqu’aux confins des années soixante quand les juxtaposés finirent par céder le pas aux superposés sous l’influence, entre autres de la mode du sporting et du ball-trap.
Cette invention est celle d’une lignée d’armuriers stéphanois dont le fondateur fut Jean-Pierre Didier (1831-1940) au départ « aiguiseur » de canons à Rochetaillée dans la Loire qui vint s’installer en 1862 à St-Etienne comme canonnier au 7 rue de Villeboeuf.
On doit à son mariage avec Marie Drevet en 1855, le nom de marque Didier-Drevet (dont on peut penser, à tort, de prime abord, que le premier terme est un prénom) présente à l’exposition de St-Etienne dès 1868.
Il obtient des grands prix aux expositions universelles de Paris en 1889 et 1900, mais surtout, un an plus tôt il fit déposer la marque « canons plume Eureka ».
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Une certaine confusion a pu se créer avec son parent Joannès (1874-1954), également armurier et titulaire d’une médaille d’or à l’exposition de St-Etienne de 1904, mais le « canon plume » et la marque Didier-Drevet est essentiellement celle mise en place avec son fils également prénommé Jean (1856-1940), puis les descendants de ce dernier Pierre (1883-1969) et Clément (1888-1955).
C’est à Clément Didier (1888-1955) primitivement associé à son père et son frère qu’on doit la fondation en 1920 de la société Didier fils toujours à St-Etienne (rues Cizeron, Tissot et des Mouliniers), puis les marques « Didierfusil » et « Didierétui ».
Il s’agit d’armes à système Anson et canons classiques mais aussi disposant du fameux « canon plume » dont la particularité était de proposer des canons sans bande assemblés au moyen d'une cale unique, puis brasés.
On gagnait ainsi 200 grammes sur les canons traditionnels avec des tubes amincis plus épais aux endroits sensibles comme les chokes et la liaison avec les grenadières. Ce qui en faisait un fusil à la fois léger (2,6 kgs en 12, et ce bien avant-guerre !) et maniable (souvent avec tubes de 68) et totalement modulable «à la carte» ou «sur mesure» comme la plupart de la production de haute volée de l'entre-deux guerres : tout étant disponible, platines, crosses anglaises, jaspage, etc.
Le Didierfusil voulant privilégier la qualité à la quantité, se limitait à une production de 500 unités par an, garantie cinq ans.
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Bien qu’ayant activement participé à l’effort de guerre, la maison qui avait toujours connu des problèmes financiers ferma en 1924, mais les marques « Didierfusil » et « Didier-Drevet » furent reprises par Laspoussas-Driol qui, jusqu’en 1950, renouvela le genre avec la marque « Didierfusil 1919 OP, marque déposée ».
Laspoussas avait absorbé en 1923 les frères Berthon, auteurs des fameux fusils à platines Perfecta, eux-mêmes dépositaires auparavant en 1910, de Martin Gesret grand prix de l’exposition de Paris 1900 et Liège 1905.
Tombée on l’a vu assez rapidement dans le domaine public, cette manière de faire des canons légers, pris dans une frette, sous le nom de canons « plume » fut reprise par Darne, et surtout le canonnier Fanget dont son modèle «Epervier», qui équipa bien des armes stéphanoises jusque dans les années cinquante.
En 1930, Didierfusil se fondit dans la SIFARM (Société Industrielle de Fabrication d'armes de chasse) fusion de petits artisans (Berthon, Francisque Darne, Gerest, Ronchard-Cizeron) soucieux de mieux se défendre au plan commercial face à la concurrence de la « Manu », tournant alors à plein régime.
Maisonnial équipait sur demande ses fusils déjà réputés pour leur finesse tant en qualité qu’en poids de « canons plume » qui réduisaient d’autant ce dernier.
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Plusieurs armureries de bon niveau comme Vouzelaud par exemple lui en commandèrent plusieurs juste avant que Maisonnial arrête sa fabrication en 1965.
C'est pourquoi on trouve encore de nos jours beaucoup de fusils stéphanois pas toujours faciles à identifier, des années 1930-1960, estampillés de ce fameux «canon Plume» qui cessa d'être produit en 1963 quand Verney-Carron reprit, mais sans utilisation ultérieure, tout à la fois la SIFARM et le fameux canonnier Jean Breuil (1).
Quelque part, le «Sagittaire» qu’on ne présente plus tant il a connu de variantes depuis sa création en 1968 est un peu le descendant de cette famille de fusils légers qui arrivent de nos jours la plupart des temps en bon état à l’attention des connaisseurs (2).
Identifier la marque d'un fusil de chasse peut s'avérer complexe, surtout lorsqu'il s'agit d'armes anciennes ou artisanales.
Cet article vous guidera à travers les différentes méthodes et éléments à examiner pour déterminer avec précision l'origine de votre fusil.
La première étape consiste à examiner attentivement les marques et poinçons présents sur le fusil. Ces marques varient suivant les pays et les époques de fabrication.
La plupart des fusils de chasse à chiens extérieurs ou à clef que l’on trouve dans notre pays ont été produits à partir d’éléments fabriqués à Saint-Etienne ou à Liège.
Les armes à poudre noire produites en France portent le poinçon F couronné lorsqu’il s’agit d’armes de Saint-Etienne.
Dans l’ordre, on trouve ELG dans un ovale, calibre, les lettre de contrôle P.V étoilée ou couronnée et enfin la lettre de l’année : 1922 = a ; 1923 = b 1924 = 2 ; 1925 = d ; 1926 = e ; 1927 = f ; 1928 = g ; 1929 = h ; 1930 = i ; 1931 = j ; 1932 = k ; 1933 = l ; 1934 = m ; 1935 = n ; 1936 = o ; 1937 = p ; 1938 = q ; 1939 = r ; 1940 = s ; 1941 = t , 1942 = u 1943 = v ; 1944 = w ; 1945 = x ; 1946 = y.
Les fusils Darne, emblèmes de l’armurerie française, se distinguent par des caractéristiques uniques.
La première chose que je vérifie toujours, c’est la frette des canons. C’est là que se cache le poinçon « Darne » dans un rond, véritable signature de la marque. Mais attention, le nombre de poinçons ronds est tout aussi significatif !
Un autre élément crucial est le numéro de série.
La clé du fusil est un élément distinctif des différentes séries Darne. Les séries R se distinguent par une « petite clé », tandis que les séries P et V arborent une « grande clé ».
Sur les canons, vous trouverez des indications précieuses sur le chambrage (65 ou 70 mm). Quant au diamètre d’âme, il est généralement de 18,2 mm pour le calibre 12.
L’état des bois est un indicateur précieux. Je porte une attention particulière au niveau du pontet, qui est souvent un point faible.
Pour les hauts de gamme, observez attentivement la qualité des gravures et des finitions. Un vrai Darne a ses secrets. Par exemple, il ne doit pas s’ouvrir quand on le soulève par les « oreilles ».
La clé du fusil est un élément distinctif des différentes séries Darne.
| Série | Type de Clé | Caractéristiques |
|---|---|---|
| R | Petite Clé | Modèles d'entrée de gamme, robustes |
| P | Grande Clé | Finitions plus soignées, gravures possibles |
| V | Grande Clé | Hauts de gamme, gravures élaborées, finitions luxueuses |
Quoi de plus intéressant que les fusils Lefaucheux ? Ces armes emblématiques ont marqué l’histoire de l’armurerie.
La première chose qui saute aux yeux, c’est le système de fermeture unique. Vous remarquerez une clé située sous le pontet. C’est la signature Lefaucheux par excellence !
Autre élément distinctif : la culasse basculante. C’est l’invention phare de Casimir Lefaucheux. Elle permet une ouverture facile du fusil pour le chargement.
Les premiers modèles Lefaucheux utilisaient un système de percussion à broche. Plus tard, on est passé à la percussion centrale. C’est un indice précieux pour dater approximativement l’arme.
Sur les modèles produits entre 1833 et 1843, vous trouverez le poinçon « Invention C. Lefaucheux à Paris ». C’est la preuve irréfutable de l’authenticité de l’arme.
Et aussi, chaque série avait sa numérotation spécifique.
Le fusil superposé se compose de deux canons placés l'un au-dessus de l'autre. Cela offre plus de polyvalence, avec le premier canon adapté aux cibles proches et le second aux cibles en mouvement. Un exemple est le Beretta Silver Pigeon I.
Le fusil de chasse semi-automatique permet de tirer 3 coups, avec les deux prochains coups automatiquement chambrés.
Le fusil juxtaposé est un fusil à canon lisse et basculant avec deux canons placés côte à côte. Il est plus léger et offre une meilleure prise en main, adapté à la chasse au gibier. Le Verney Carron à platines est une référence.
Le fusil à pompe offre une plus grande flexibilité dans le choix des cartouches. Le Taurus ST12 est un exemple tactique avec un chambrage de 76 mm.
Le fusil mono-canon à 1 coup possède un canon unique et nécessite un rechargement après chaque tir. Le Yildiz offre un bon rapport qualité/prix.
Lors de l'achat d'un fusil en seconde main, il est primordial de vérifier l'absence totale de gonflements des canons. Quelques piqûres d'oxydation à l'intérieur des tubes n'ont aucune incidence sur leurs qualités balistiques.
Identifier la marque d'un fusil de chasse peut parfois nécessiter l'intervention d'un expert. Un armurier qualifié pourra examiner l'arme en détail, identifier les poinçons et marques, et vous fournir des informations précises sur son origine et sa valeur.
Un utilisateur du forum Passion-Militaria a soumis des photos d'un vieux fusil de chasse à chiens d'avant-guerre, dépourvu de marque de fabricant apparente. Les poinçons présents sur les canons incluaient "R*C" dans un cartouche ovale, des lettres "Z" et "C" arrondies, "RECTIFIE *R C*", et "PT" sous une couronne.
Les experts du forum ont suggéré que "R*C" pourrait être la marque de l'armurier ayant effectué une modification ou du contrôleur, les lettres "Z" et "C" pourraient indiquer le fournisseur de l'acier, et "PT" sous une couronne est un poinçon de contrôle simple à poudre sans fumée.
Malgré ces indices, l'identification du fabricant est restée un défi.
SalixVinimalis a récupéré un vieux fusil chez ses grands-parents, élégant et léger, avec une jolie crosse à revernir. Il sollicite l'expertise d'un forum pour obtenir des informations sur cette arme.
Il n'y a pas de nom d'entreprise ou d'artisan clairement visible sur le dessus du fusil. En le démontant, on voit deux noms inscrits sur les canons: P.ou R. DELALLE précédent la mention "Choke rectifié" sur les deux canons. Est ce que c'est lui l'artisan?
RONCHARD et CIZERON.
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