Calibre est une réelle bonne surprise dans le paysage Netflixien. Matt Palmer te conte avec l'accent de la vérité une histoire simple et sans bavures mais sordide, sans grands moyens. Ce film est une réussite !
Le premier long métrage écrit et réalisé par Matt Palmer, a donc été étiqueté comme film de série B - ce qu'il n'est absolument pas, n'étant ni un film de genre, ni un film fauché "d'exploitation" - reprenant les sujets de chefs d'œuvre comme "les Chiens de Paille" et "Délivrance". Un scénario de pur film noir déroulant une suite implacable de conséquences d'un accident et d'une (très) mauvaise décision, sans facilités ni incohérences.
Ici ce sont les paysages tristes, gris, pluvieux et désolés mais beaux des Highlands en Écosse qui constituent le tableau et donnent déjà une atmosphère sourde, glauque. L'accent scottish, la rudesse des locaux, devrais-je dire des indigènes renforcent encore ce climat pesant, isolant. Rien ne pouvait les préparer à ce qui suit. L'ancrage d'une véritable atmosphère anxiogène dans un contexte géographique et économique crédible (le fin fond de l'Écosse, survivant difficilement sans l'apport de capitaux extérieurs).
Et puis le choix ! La possibilité d'un choix dont tout découle, qui provoque un effet domino. Après seulement une vingtaine de minutes on sent son estomac, sa tripaille qui commence à se serrer. Puis commence l'attente et les intestins gémissent, se tordent. Ce suspense lent, assez lourd travaille les boyaux.
Une réalisation sans esbrouffe, cherchant en permanence le juste regard sur l'action et les personnages. Comme quoi les effets spéciaux, l'argent on peut s'en passer ! Une bonne histoire, un bon scénar bien joué et te voilà pauvre spectateur avec la boule au ventre, les tripes nouées pendant près d'une heure.
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Le seul point faible de "Calibre" réside sans doute dans l'un de ses deux personnages principaux, cochant chacune des caractéristiques du stéréotype qu'il représente : irresponsable, égocentrique, séducteur, cocaïnomane, n'en jetez plus ! C'est un petit bémol seulement à nos louanges vis à vis d'un film qui évite habilement tout manichéisme, diluant habilement les repères entre Bien et Mal (on n'ose pas penser à ce que le sujet aurait donné réalisé de l'autre côté de l'Atlantique… ou plutôt on l'imagine très bien !).
De tels raccourcis ne font pas honneur à la véritable petite réussite (petite par son budget, parfaitement approprié, et, je suppose, par son absence d'effets spéciaux détonnant au milieu du tout venant des productions Netflix) que constitue ce thriller, qui a presque "tout juste". Et qui aurait certainement mérité une sortie en salles, plutôt que de rester ignoré au milieu des dizaines de navets produits par Netflix.
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