La manufacture Longines fut créée en 1832 à Saint-Imier dans le canton de Berne, en Suisse, par Auguste Agassiz et ses associés.
Renommée pour ses montres gousset d’une extrême précision, Longines a déposé de nombreux brevets techniques et distribué de sublimes montres, encore très collectionnées aujourd’hui.
Fondée en 1832, la maison Longines fut au départ, comme la plupart des maisons d'horlogerie, un "etablissage", c'est-à-dire que les ouvriers qui fabriquaient les montres étaient des artisans travaillant chez eux, pas forcément dans une zone géographique très regroupée. La maison horlogère était alors un comptoir situé en fin de chaîne pour la commercialisation.
Il est à noter que Longines, très tôt dans son histoire, était commercialisée à l'international, plus particulièrement en Amérique du Nord. Ce point aura son importance pour le développement futur de la marque.
C'est en 1866 qu'Ernest Francillon achète un ancien moulin au lieu-dit "Les Longines", sur les bords de la rivière Suze à Saint-Imier, village où résidait déjà le comptoir de l'entreprise alors appelée "Ancienne Maison Auguste Agassiz, Ernest Francillon, successeur".
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L'objectif est de disposer d'un lieu susceptible de servir d'atelier où seraient regroupés les ouvriers responsables de certaines étapes de la fabrication, afin d'améliorer l'efficacité de la production.
On peut voir dans la "Master Collection" de Longines le motif "grains d'orge" du cadran comme un rappel à cette origine du moulin de Longines.
En plus du regroupement des ouvriers qui n'améliore pas suffisamment l'efficacité du processus de production, l'Ancienne Maison Auguste Agassiz s'établit en pionnier de la mécanisation de la fabrication de certaines pièces des mouvements. Cela permet à la maison de s'affranchir de la dépendance aux manufactures d'ébauches, et ouvre la porte à la création de mouvements originaux.
C'est en 1867 que la maison présente le premier calibre entièrement conçu au moulin, le 20A, qui sera présenté à l'Exposition Universelle à Paris où il gagnera la médaille de bronze.
Il semble que l'ébauche du 20A (du moins le blanc) soit encore une production extérieure (Japy).
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En 1874, Ernest Francillon enregistre la marque et le logo de Longines, et afin de protéger l'autenticité de sa production, déclare que toute la production, depuis 1867 et dorénavant, portera soit le nom "Longines", soit le sablier ailé, logo de la marque.
Longines est aujourd'hui la marque la plus ancienne déposée au bureau international de protection de la propriété intellectuelle, et surtout inchangée.
En 1876, de retour de l'Exposition Universelle à Philadelphie, Jacques David, délégué de la Société Intercantonale des industries du Jura, rapporte que l'industrie horlogère outre-atlantique (représentée alors principalement par Waltham et Elgin) a pris beaucoup d'avance sur l'industrie horlogère suisse encore trop attachée au principe de l'etablissage qui participait fortement à l'économie locale. Longines jouera un rôle crucial dans l'évolution de l'horlogerie suisse, en s'avançant parmi les premières dans la direction de la mécanisation de la production, et mettant rapidement en place un processus de traçage et de contrôle qualité des calibres fabriqués au moulin.
En 1878, Longines présente son premier calibre chronographe, le 20H. La marque investira ensuite massivement dans le domaine du chronométrage.
Au début du XXe siècle, Longines exploite ses relations avec les Amériques pour développer son marché outre-atlantique. C'est à New-York que Albert Wittnauer établit la branche locale de Longines.
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En 1900, Longines reçoit le Grand Prix de l'Exposition Universelle de Paris, reflétant le chemin parcouru par cette entreprise pionnière de la mécanisation de la production horlogère suisse.
Durant la première décade du XXe siècle, Longines développe ses mouvements, et alors que les mouvements produits jusqu'alors sont caractérisés par leur robustesse, l'ingénieur Alfred Pfister oriente la production vers plus d'esthétique. La production de montres-bracelets commence à se développer.
Aux ouvriers de la manufacture des Longines, il faut ajouter ceux travaillant à domicile pour la maison au sablier. Début 20ème, 853 ouvriers sont à la fabrique, 956 à domicile, l'importance relative de Longines sur le bassin de Saint Imier est encore plus importante (le travail a domicile hérité de l'etablissage ira en s'amenuisant et aura presque totalement disparu dans les années 40). En 1912, Longines emploie 1200 personnes, dans un village comptant 8000 âmes.
Après la première guerre mondiale et un ralentissement intense de l'activité dû au manque de main d'oeuvre (les ouvriers avaient été appelés sous les drapeaux), Longines reprend doucement son activité, notamment sur les montres-bracelets. Cependant, la maison semble être dans une phase transitoire, sans grande innovation technologique.
Jusqu'en 1920, où la maison développe et produit un calibre à 8 jours de RDM, qui équipera des horloges de bureau, de voyage, d'avion ou encore de voiture. Le début des années 20 sera cependant une période extrêmement difficile pour l'industrie horlogère. C'est malgré tout pendant cette période que Longines reprend son activité de conception de calibres, et développe un calibre à alarme.
Dans le même temps, la maison se distingue lors de concours organisés par des observatoires de précision et de fiabilité d'instruments d'horlogerie.
C'est également dans les années 20 que Longines renforce sa relation avec l'aviation naissante. Elle est liée à des noms prestigieux tels que Charles Lindbergh, Hans von Schiller ou Howard Hugues.
Sur les conseils et l'expérience de Charles Lindbergh, la marque au sablier ailé produit la "Hour Angle", qui sera un modèle phare, et particulièrement renommé, de Longines. Cette montre permet en effet, à l'aide d'un sextant et d'un almanach marin, de déterminer avec précision la longitude du porteur, et sera pendant longtemps un "must have" des pilotes, en plus de permettre une découverte beaucoup plus précise de régions jusqu'alors inexplorées.
Longines présentera en 2006 une réédition de la Hour Glass, à l'occasion des 75 ans de celle-ci.
Alors que la Seconde Guerre Mondiale entrave le bon acheminement de la production horlogère suisse, et que les points de vente ouverts en Europe diminuent en nombre, la branche New-Yorkaise de Longines (rebaptisée Longines-Wittnauer après la crise de 29 et le protectionnisme très fort des Etats-Unis) permet à la maison de Saint-Imier d'écouler son stock sur le territoire américain.
En marge de la demande très forte en chronomètres, Longines continue à rechercher des pistes d'innovation, et présente pour l'aviation un chronomètre embarqué connu sous le nom de "siderographe" qui, sur le modèle de la Hour Glass, permet un calcul plus rapide de la position longitudinale.
Toujours dans la même période, Longines travaille à l'élaboration d'un calibre automatique, dont la demande commence à se faire plus importante. Le challenge est double: Imaginer un système de remontage automatique propre à être produit en série, et mettre en oeuvre sa production en série.
C'est en 1945 que Longines présente le calibre 22A.
Dans le même temps, Longines travaille à un calibre chronographe destiné à équiper une montre de poignet. Le 30CH sera présenté en 1947. Bien que le site de Longines n'en fasse pas mention, il y eu le 13.33Z (1913) puis mle 13ZN (1936) en calibre chronographe de montre bracelet, produits par Longines.
Après la guerre, Longines continua à être un acteur majeur du chronométrage des événements sportifs, et fut à nouveau primée par l'observatoire de Neuchâtel pour la mesure du temps.
Elle fut également partie prenante dans des expéditions mettant les instruments de chronométrage à rude épreuve: Avec Paul-Emile Victor pendant les expéditions polaires, lors de la campagne de topographie britannique ou elle visita les profondeurs marines, ou encore dans le batyscaphe "Trieste" conçu par Auguste Piccard, qui atteint la profondeur de 3100m au large de l'Italie en septembre 1953. Son fils Jacques Piccard atteindra en 1960 la profondeur de 10,911m, toujours accompagné par Longines. C'est à la même époque que fut présentée la première édition de la Longines Legend Diver.
Ce fut également dans les années 50 que Longines présenta à l'observatoire de Neuchâtel une horloge de précision à quartz qui lui assura de conserver une place de choix dans le chronométrage d'événements sportifs, avec une précision au centième de seconde grâce au système "chronocinegine": Une caméra filme à la fréquence d'une image tous les centièmes de seconde, et chaque image est imprimée de la valeur chronométrée au centième de seconde.
Ce système sera utilisé notamment pour chronométrer le record de vitesse sur terre de la "Bluebird" pilotée par Donald Campbell qui atteindra 648.728 km/h en 1964.
C'est en 1957 que Longines lance la série "Flagship". C'est alors peu commun de nommer ainsi une "famille" de montres, et Longines exploite au maximum les possibilités de marketing offertes par ce concept relativement nouveau. La maison lance alors une campagne de publicité à l'échelle mondiale, sur un modèle ne présentant pas vraiment d'innovation technologique, seulement un "petit nom". Longines sort également à la fin des années 50 le calibre manuel 280, le calibre automatique 290 qui équipera la série Conquest, et le calibre automatique 340 qui équipera avec ses dérivés 34x la nouvelle production de Flagship.
En 1967, Longines présente son calibre 430 oscillant à 36,000 battements/heure, qui équipera la collection "Ultra-Chron", mais la concurrence avec le quartz nouvellement arrivé sur le marché est alors difficile.
Cependant, la firme au sablier ne se laisse pas dépasser par l'innovation technologique représentée par le quartz. L'industrie horlogère suisse y voit alors une certaine rupture avec sa tradition mécanique, mais également un passage obligé. Début 1969, Longines lance alors un projet secret du nom de "Projet Sablier", dont le but est de commercialiser avant 1970 une montre à quartz.
Le projet aboutit à temps, et Longines commercialise en 1969 le mouvement 6512 ou "Ultra-Quartz", premier mouvement électronique commercialisé pour les montres-bracelets
Alors que Longines intègre la production de montres à quartz - perçue comme un mal nécessaire par l'industrie horlogère suisse - dans son activité, elle continue le développement de calibre mécaniques. Elle développe en 1975 le calibre automatique 890, équipé de deux barillets coaxiaux en série. Les deux barillets permettent une meilleure constance de l'énergie délivrée, et par conséquent une plus grande précision. Mais les deux barillets superposés posent un problème d'épaisseur, c'est pourquoi le calibre 990 est lancé en 1977, proposant les deux barillets au même niveau, réglant ainsi le problème de l'épaisseur.
Le calibre 990 sera racheté (plans, outils peut-être ?) par Lemania pour devenir le lemania 8810.
La manufacture de Saint Imier repose alors sur 3 pilliers: L'horlogerie traditionnelle, le chronométrage sportif, et l'électronique industrielle.
Au début des années 80, l'importance du design grandit, et les montes ne sont plus jugées que sur leurs performances, mais aussi de plus en plus sur leur esthétique.
Dans le même temps, l'industrie horlogère suisse traditionnelle traverse une période de doute, la concurrence avec les montres électroniques étant très forte.
Il faut attendre le début du XXIe siècle pour voir le renouveau des montres mécaniques. Après avoir été largement perçue comme un objet purement fonctionnel, les montres mécaniques attirent de nouveau, par leur côté poétique, la précision de leur construction et leur aspect traditionnel.
Longines lance alors sa collection "Master Collection", qui doit représenter ce renouveau, et renouer avec la tradition de la maison de Saint Imier.
C'est pourquoi cette collection présente un design classique, est uniquement mécanique (manuelle ou automatique), et fut toute désignée pour compter le modèle produit à l'occasion des 175 ans de la marque, la Longines Master Retrograde.
L’histoire de Longines est intimement liée à la quête de précision, une valeur qui a façonné sa réputation dès le début du XXᵉ siècle. Dès 1910, la Maison au sablier ailé dépose un brevet pour un chronographe de poche capable de mesurer le 1/10ᵉ de seconde, exploit remarquable pour l’époque, rendu possible grâce à un mouvement battant à 5 Hz (10 alternances par seconde). En 1959, Longines franchit une étape décisive en développant le calibre 360, premier mouvement de montre-bracelet à 5 Hz, spécialement conçu pour les concours d’observatoire. Ce calibre rectangulaire atteint des performances exceptionnelles : lors des compétitions de chronométrie à l’Observatoire de Neuchâtel, il enregistre une variation quotidienne inférieure au 1/10ᵉ de seconde, se classant premier et deuxième en 1961, puis dominant à nouveau en 1962.
Forte de ce succès, Longines décide d’adapter cette technologie de pointe à la production de série. En 1967, la marque dévoile l’Ultra-Chron, première montre-bracelet automatique haute fréquence à grande échelle, équipée du calibre 431 à lubrification sèche brevetée et date sautante instantanée. La performance est telle que la Maison garantit alors une précision de ±2 secondes par jour, soit 1 minute par mois, surpassant de loin les exigences des certifications chronomètres classiques.
Longines lance alors sa collection "Master Collection", qui doit représenter ce renouveau, et renouer avec la tradition de la maison de Saint Imier.
C'est pourquoi cette collection présente un design classique, est uniquement mécanique (manuelle ou automatique), et fut toute désignée pour compter le modèle produit à l'occasion des 175 ans de la marque, la Longines Master Retrograde.
Longines présente The Longines Master Collection Retrograde. Deux versions d’un mouvement à remontage automatique doté de fonctions rétrogrades ont été mises au point spécialement pour ces montres.
En conclusion, l'histoire des calibres de montres de gousset Longines est riche et témoigne d'un engagement constant envers la précision, l'innovation et l'élégance. Ces montres, prisées des collectionneurs, incarnent un héritage horloger d'exception.
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