Le monde fascinant de l'horlogerie regorge de termes techniques qui peuvent parfois sembler obscurs pour le profane. Parmi ceux-ci, le mot "calibre" revient fréquemment, notamment lorsqu'il s'agit de montres mécaniques. Mais que signifie réellement ce terme et quelle est son importance ?
Cet article explore en profondeur la définition du calibre d'une montre, son fonctionnement, les différents types existants et son rôle crucial dans la performance et la valeur d'un garde-temps.
En horlogerie, le terme "calibre" désigne le mouvement d’une montre. À l’origine, ce mot désignait la disposition et les dimensions des différents composants du mouvement. Par abus de language, il désigne aujourd’hui le mouvement lui-même.
Chaque type de mouvement trouve sa nomenclature sous le nom de « calibre ». Son nom composé d’éléments chiffrés et lettrés donne de nombreuses informations sur la montre : son origine, le nom du constructeur… Certaines marques produisent en interne leurs calibres, qui portent alors l’appellation « calibres manufactures".
Autrefois, le calibre était nommé par le fabricant. Le calibre est donc l'essence même de la montre, son moteur, l'ensemble des pièces motrices qui permettent de faire fonctionner la montre et de décomposer le temps en unités (secondes, minutes, heures…). Il est composé d’un ensemble de petites pièces mécaniques assemblées les unes aux autres.
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La forme et le nombre de ces pièces peuvent varier, tout comme la manière dont elles seront imbriquées entre elles.
Il est important de savoir qu'il existe une différence entre le mouvement et le calibre d'une montre. En horlogerie, un mouvement est l’ensemble des pièces motrices qui vont permettre de faire fonctionner la montre, et donc la technologie qu’il y a derrière. En effet, un mouvement peut être mécanique (à remontage automatique ou manuel), électronique (notamment à quartz) ou hybride sous différentes formes.
Il existe principalement deux grandes catégories de calibres : les calibres mécaniques et les calibres à quartz.
Les montres mécaniques sont les premières à avoir vu le jour. L’énergie provient en effet d’un ensemble d’éléments mécaniques assemblés à la main les uns aux autres. Une fois la montre remontée, un petit ressort s’enroule autour de l’arbre de barillet de forme cylindrique, l’une des pièces maîtresses de la montre.
Les mouvements mécaniques sont particulièrement appréciés des amateurs d’horlogerie. Les montres mécaniques peuvent être remontées de deux manières différentes : manuellement, ou automatiquement.
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Le mouvement mécanique à remontage manuel est le premier mouvement inventé dans l’histoire de l’horlogerie. Il est composé d’innombrables pièces assemblées les unes aux autres à la main. De la même manière que nos grands-parents remontaient leur pendule pour la remettre à l’heure, la montre à remontage manuel nécessite d’être remontée régulièrement à l’aide de la couronne (ou remontoir).
La réserve de marche d’une montre à remontage manuel peut varier en fonction du mécanisme qu’elle renferme (d’une quarantaine d’heures, à plusieurs jours). Il faudra donc impérativement connaître la réserve de marche de sa montre à remontage manuel et être relativement rigoureux pour éviter qu’elle ne s’arrête. Ceci pour ne pas avoir à la régler à nouveau.
Avantages: D'abord esthétiques, puisque le mécanisme de la montre étant moins encombrant que pour une montre automatique (absence de masse oscillante), elle se dote généralement d’un boîtier plus mince.
Inconvénients: Posséder une montre à remontage manuel demande une certaine rigueur puisqu’il faudra veiller à la remonter régulièrement pour ne pas qu’elle s’arrête. Elle est, de fait, moins commode que la montre automatique. Aussi, du fait de la sollicitation régulière de la couronne, le joint d’étanchéité de celle-ci peut s’user au fil des années.
Le mouvement automatique est la suite logique du remontage manuel. Tant qu’elle est portée, la montre à remontage automatique se remontera toute seule. A noter néanmoins que la montre à remontage automatique dispose, comme le remontage manuel, d’une réserve de marche.
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L’origine des montres automatiques n’est pas tout à fait établie. Cette révolution horlogère remonterait au 18e siècle. Ce serait Abraham-Louis Perrelet, modeste horloger du Locle (en Suisse) qui aurait inventé le système automatique par rotor. Il aurait vendu ses premières montres dites « à secousses » à Abraham-Louis Breguet, père de la Maison éponyme. Aujourd’hui encore, plusieurs Maisons horlogères revendiquent l’invention de la montre automatique.
Comme le mouvement à remontage manuel, le mouvement automatique est un ensemble de petites pièces mécaniques, agrémenté d’un rotor (une masse oscillante) qui se balance au rythme du poignet. Ce mouvement entraîne alors un jeu d’engrenage qui active le mécanisme de la montre. En revanche, de la même manière qu’une montre manuelle, la montre automatique dispose d’une réserve de marche.
Cela induit alors que si la montre n’est pas portée pendant un certain délai, celle-ci s’arrêtera et il sera alors nécessaire de la remonter manuellement.
Avantages: La montre à remontage automatique est assurément le type de mouvement le plus apprécié des passionnés d’horlogerie car elle ne nécessite pas de réglages quotidien. Elle est donc plus pratique et plus fiable que la montre à remontage manuel.
Inconvénients: Ses points faibles sont intrinsèques au mécanisme. En fonction du calibre dont elle est dotée, elle peut également perdre ou avancer de quelques secondes/minutes par jour.
Les montres quartz sont moins prestigieuses que les montres mécaniques, car elles ne témoignent pas du même savoir-faire horloger. Elles sont néanmoins beaucoup plus précises. Les montres à quartz sont relativement récentes dans l’univers horloger, puisque leur invention remonte aux années 60.
Le cœur du mouvement électronique à quartz se compose d’un circuit électrique entrainé par une pile. C’est cette pile qui diffuse l’énergie nécessaire à la vibration de l’oscillateur à quartz, autrement appelé l’effet piézo-électrique. Ultra précise, les montres à quartz se destinent aux personnes en quête de fiabilité. Il s’agit plus concrètement d’un mouvement électronique doté d’un circuit électrique. La pile sert alors de moteur pour distribuer le courant. Ainsi, lorsqu’il est soumis à ce courant électrique, le cristal de quartz vibre de manière très rapide et régulière.
La montre à quartz présente deux modes d’affichage : analogique (à aiguilles) et numérique.
Avantages: S'il y a bien une qualité qui est l’apanage des montres à quartz c’est la précision. Son mouvement entrainé par une pile est d’une fiabilité irréprochable.
Inconvénients: On ne parlera pas de défaut ici, mais plutôt d’un certain manque d’authenticité. Il est vrai que les amateurs de montres apprécient surtout le savoir-faire horloger et l’artisanat dissimulés dans le boitier d’une montre mécanique.
Il existe également d'autres types de mouvements, tels que :
Les initiés le savent, les montres mécaniques, qu’il s’agisse d’une montre manuelle ou automatique, se dotent d’une réserve de marche. Elle nécessite alors d’être réglée à nouveau, ce qui peut parfois être contrariant lorsqu’il s’agit d’une montre à complications comme un calendrier perpétuel ou une phase de lune. La réserve de marche est en d’autres termes, l’autonomie de votre montre.
Cette autonomie varie en fonction des montres, ou plus précisément en fonction de leur calibre. Comme un compte à rebours, la réserve de marche sert à définir le temps de fonctionnement restant avant que la montre ne s’arrête. Plus le calibre sera de qualité, plus la réserve de marche sera importante. Aujourd’hui, la moyenne se situe environ à une quarantaine d’heures, mais peut atteindre plusieurs jours pour certains modèles.
Qu’il s’agisse d’une montre manuelle ou automatique, le mécanisme présent dans la montre se charge en énergie. C’est le barillet de la montre, qui, à l’aide d’un ressort qui se comprime, distribue l’énergie progressivement pour faire fonctionner la montre. Sans intervention, l’énergie finira par s’épuiser au bout d’un certain temps.
Pour nous aider à ne pas franchir le seuil critique de la réserve de marche, certain garde-temps se dotent d’un « indicateur de réserve de marche », généralement placé sur le cadran. L’énergie de la montre est alors convertie en temps. Une complication qui peut être utile, notamment pour les montres à remontage manuel, mais aussi pour les montres automatiques qui ne sont pas portées tous les jours.
Plusieurs entreprises se spécialisent dans la fabrication de calibres, qui sont ensuite utilisés par différentes marques horlogères. Parmi les plus connues, on peut citer :
Le calibre est un élément déterminant de la qualité, de la précision et de la valeur d'une montre. Un calibre bien conçu et fabriqué témoigne du savoir-faire horloger et garantit la fiabilité du garde-temps.
La précision d'une montre dépend en grande partie de la qualité de son calibre. Les calibres mécaniques de haute qualité sont conçus pour minimiser les écarts de marche, tandis que les calibres à quartz offrent une précision inégalée. Les mouvements mécaniques perdent de 5 à 10 secondes par jour. Les mouvements à quartz perdent environ 4 secondes par mois.
Le calibre est également responsable des complications d'une montre, telles que le chronographe, la date, le quantième perpétuel ou la phase de lune. Un calibre complexe et bien réalisé témoigne de la maîtrise technique de l'horloger.
On appelle « chronographe », une montre qui indique les heures, les minutes et les secondes, et qui est dotée, en plus, d’une complication « chrono ». Cette dernière permet de mesurer le temps écoulé grâce à l’aiguille centrale de chronographe qui comptabilise les secondes. Une complication désigne toute autre fonction de la montre que l’indication de l’heure, des minutes et des secondes.
Certaines fonctions ou complications, sont fréquentes comme, le chronographe, la date, la grande date, la phase de lune, le second fuseau horaire ou encore la réserve de marche. D’autres comme le tourbillon, le quantième perpétuel, la répétition minute sont plus exceptionnelles. Les montres possédant de telles complications sont considérées comme étant de véritables bijoux horlogers.
La présence d'un calibre de manufacture, c'est-à-dire conçu et fabriqué en interne par la marque horlogère, est un gage de qualité et d'exclusivité qui valorise considérablement la montre.
Pour identifier le calibre d'une montre, plusieurs indices peuvent être utilisés :
Cela n’est une surprise pour personne, l’horlogerie suisse jouit, aujourd’hui, d’une renommée mondiale grâce au savoir-faire séculaire des artisans que compte le pays. Pour beaucoup, posséder une montre suisse est même synonyme de prestige et de qualité.
Afin de poser le contexte, quelques mots tout d’abord sur le commencement de l’horlogerie suisse. Quant au le label « Swiss Made » que nous connaissons, c’est au début du 20ème siècle qu’il voit le jour. Son but ? La législation suisse sur le label « Swiss Made » a été révisée en 2017 dans l’optique de renforcer les critères et de mieux protéger cette appellation mondialement célèbre.
Tout d’abord, au moins 60% du coût de fabrication du mouvement doit être généré en Suisse, cela inclut les composants, l’assemblage ainsi que les divers tests. Ensuite, le mouvement doit être assemblé et inspecté sur le territoire suisse, cette étape est véritablement cruciale puisque c’est elle qui assure la précision et la qualité du mécanisme. Enfin, la montre doit être assemblée puis contrôlée en Suisse.
Mais il existe plusieurs niveaux de conformité au label « Swiss Made« . De leur côté, les montres assemblées à l’étranger qui embarquent un mouvement suisse portent la mention « Swiss Movement« .
Le label « Swiss Made » joue ainsi un rôle crucial en maintenant la réputation d’excellence de l’horlogerie suisse sur le marché mondial. Sur le plan culturel, les montres suisses sont un symbole de précision, de luxe et de tradition. Elles sont d’ailleurs souvent transmises de génération en génération, ce qui renforce leur valeur sentimentale et patrimoniale.
Mais le label « Swiss Made » n’est pas exempt de controverses ! Certains acteurs de l’industrie estiment que le fameux seuil de 60% du coût de fabrication en Suisse est trop bas et plaident pour des critères encore plus stricts.
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