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Dans l’éternel duel qui oppose l’épée au bouclier, l’apparition du char d’assaut au cours de la Première Guerre mondiale appelait une réponse adéquate à ce nouvel acteur du champ de bataille.

Évolution des Armes Anti-Char

Et les réponses ne se firent pas attendre : parmi elles, en 1918, les Allemands alignèrent le légendaire « Mauser M1918 TankGewehr » (aussi dit « T-Gewehr ») de calibre 13,2×92 mm SR « Tank und Flieger » (TuF), le premier fusil antichar.

Contexte Historique

C’est oublier un peu vite que la majorité des chars employés pendant la Seconde Guerre mondiale était loin du niveau de blindage proposé par les emblématiques chars Tigre et Tigre II.

Au début du conflit, beaucoup de chars sont finalement « légers et moyens » et donc accessibles à des armements d’une puissance « raisonnable » (tout étant relatif…).

Aussi, l’apparition des chars lourds n’éclipsera pas la production en quantité de chars plus légers, à l’instar du chasseur de char « leichter Panzerjäger 38(t) », dit « Hetzer », un char utilisé par les Allemands conçu sur la base du char tcheque « ČKD LT vz.

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Pour finir de remettre les choses dans leur contexte, au déclenchement de l’opération Barbarossa, le 22 Juin 1941, les chars Tigre n’étaient que dans les bureaux d’études, et le Tigre II sans doute même pas une idée !

Pour les Soviétiques, la menace était donc principalement constituée par des chars légers et moyens ou des véhicules encore plus légers.

Donc finalement, ces véhicules de moins de 25 tonnes (le poids donnant une bonne idée du niveau de blindage) restaient accessibles à un « petit calibre » (au sens militaire Français du terme, soit moins de 20 mm) survitaminé.

Et les Soviétiques ne seront pas les seuls à faire ce constat : les Britanniques avec le Boys en calibre .55 Boys, mais aussi les Polonais avec le Wz.35 Maroszek et sa surprenante munition de 7,92×107 DS ainsi que les Allemands avec leur PanzerBüchse 39 (PzB. 39) en 7,92×94 (tout aussi surprenant que la munition Polonaise) …sans oublier les Finlandais et leur superbe Lathi L-39 en 20×138 mm B.

L'évolution Soviétique

À titre indicatif, selon l’état-major Soviétique, le 01 juin 1941, l’armée Allemande disposait de 25 298 fusils antichars !

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La réflexion Soviétique en matière de fusil antichar ne date bien évidemment pas de l’attaque Allemande. Dans les années 30, le sujet fut étudié, notamment avec le calibre 12,7×108 mm, dont les munitions proposent des performances finalement proches de la 12,7×99 mm.

Cependant, ces deux calibres, excellents pour l’engagement de véhicules légers, de fortifications légères ou pour la défense antiaérienne à basse altitude, atteignaient déjà leurs limites sur des véhicules blindés et notamment sur des chars de combat.

Cette insuffisance fut constatée par les Soviétiques après de multiples essais avec ce calibre.

En conséquence, une munition fut conçue et perfectionnée entre 1938 et 1940 et, le 16 Juillet 1941, la « cartouche de 14,5 avec projectile B-32 » fut officiellement adoptée.

Il s’agit donc d’un projectile de 14,5 mm monté sur un étui de 114 mm, qui est annoncé dans sa variante perforante-incendiaire B-32 à 1010 m/s dans les canons des PTRD-41 (1227 mm) et PTRS-41 (1216 mm).

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Cette munition, dénommée 57-BZ-561S dans la nomenclature militaire Soviétique, propulse un projectile annoncé à 64 g à l’aide de pas moins de 30,08 g de nitrocellulose simple base tubulaire heptaperforé (7 trous).

À 1010 m/s (V0), le projectile développe donc 32 643 joules : un peu moins de deux fois les 17 030 joules d’une 12,7×99 MEN M33 de 43 g tiré à 890 m/s dans le canon d’une M2 !

Le projectile de 14,5×114 mm B-32 est composé d’un noyau en acier durci enrobé dans du plomb, coiffé d’une composition incendiaire le tout étant contenu dans une chemise d’acier plaquée tombac ou zinguée.

La composition incendiaire est un classique en URSS : mélange de poudre de baryum, aluminium et magnésium, très stable, qui s’initie naturellement par l’énergie de l’impact.

Le code couleur de la munition est, en URSS, une pointe rouge surmontée de noir.

Au niveau de la conception, cette munition est simplement le « portage » en 14,5×114 mm de la B-32 de 12,7×99 mm.

La 14,5×114 mm B-32 constitue, encore aujourd’hui, la munition standard pour ce calibre : il n’y a pas de munition réglementaire à balle « ordinaire » uniquement constituée de plomb chemisé, ni même de noyau en fer doux.

Dans la recherche de l’amélioration des capacités de perforation, une munition perforante-incendiaire à noyau à carbure de tungstène sera adoptée le 15 Août 1941 (environ un mois après la B-32) : il s’agit de la BS-41.

Le carbure de tungstène étant nettement plus dense que l’acier (près de deux fois plus !), pour une masse proche (annoncé à 65 g), le projectile est plus court que la B-32.

Sinon, il reprend les caractéristiques d’incendiaire de la B-32.

Il est à noter ici que cette munition est généralement présentée comme étant « la première munition de 14,5×114 mm » employée pendant la Second Guerre mondiale.

Les Russes s’essayèrent aussi sur un concept plus étrange (quoique déjà expérimenté par d’autres) : la munition perforante-lacrymogène dénommée BZKI.

Nous y apprenons par ailleurs que les Soviétiques expérimentèrent également une autre munition antichar encore plus puissante : la 14,5×148 mm B…soit un projectile de 14,5 mm monté sur une douille de 23×152 mm B !

Les Fusils Anti-Char Soviétiques

L’étude des fusils antichars commence tôt dans l’entre-deux-guerres et dès 1931, Leonid Vasilyevich Kurchevsky, conçoit un fusil sans recul de 37 mm testé à partir de Juillet 1932.

Le 13 Mars 1936, les autorités Soviétiques passèrent une résolution spéciale concernant le développement de fusil antichar en calibre 12,7×108 mm.

À partir de 1939, ce sont des fusils pour la 14,5×114 mm qui furent demandés à Nikolaï Vasilyevitch Rukavishnikov, S.V. Vladimirov, et Boris Gavrilovitch Shpitalniy.

On note que sur toutes ces armes, l’ouverture du mécanisme de fermeture est automatique lors du tir, même pour des armes à répétition manuelle ou à 1 coup.

Du 13 au 31 Août les tests conclurent que le fusil de N.V. Rukavishnikov était le mieux adapté.

De plus amples développements de cette arme seront, dans un premier temps, approuvés pour de nouveaux essais le 7 Octobre 1939, sous l’appellation « ПротивоТанковое Ружьё обр. 1939 » (« ProtivoTankovoe Ruzhe obr. 1939 », soit « fusil antichar de 1939 »).

Cependant, le concept étant finalement pensé par les Soviétiques comme inefficace contre des chars de combat modernes et face à certains problèmes rencontrés, les travaux seront finalement ralentis (sans être stoppés).

Le 26 Août 1940, les fusils antichars produits seront même retirés du service.

En Juin 1941, reconsidérant les choses face à l’attaque Allemande le fusil de N.V. Rukavishnikov est finalement approuvé de façon hâtive sans que tous ses défauts soient corrigés.

En Juillet 1941, vraisemblablement sur ordre direct de Staline, qui insistait sur l’importance de fusils antichars face à l’avancée Allemande, de nouveaux concepteurs sont nommés à cette tâche : ce furent les désormais célèbres Vasily Alekseyevich Degtyaryov (DP, DShK-38, RPD-44) et Sergey Gavrilovich Simonov (AVS-36, SKS-45) qui furent désignés pour reprendre le travail en tout hâte.

Travaillant « nuit et jour », les deux concepteurs proposèrent des armes en moins de 22 jours !

Au début du mois d’Août de la même année, les deux armes sont essayées : le second modèle est préféré, l’arme étant plus simple.

Ayant effectué les modifications demandées, V.A. Degtyarev reviendra rapidement (Staline attend…) avec un nouveau prototype qui allait devenir le PTRD-41.

L'AT4 : Une Arme Anti-Char Moderne

L'AT4 CS est une munition consommable, destinée à traiter les chars sans blindage réactif, les véhicules légèrement blindés et les blockhaus.

Destinée au combat à courte distance, l'arme est préchargée et conçue pour un seul tir.

L'absence d'effet de recul au départ du coup permet un tir aisé à l'épaule.

Le tube de lancement contient un projectile de 84 mm à charge creuse, la charge propulsive et la contre-masse.

La trajectoire du projectile est stabilisée par des ailettes qui se déploient à la sortie du tube.

L'instruction technique du tir à l'AT4 s'effectue à l'aide du simulateur d'instruction technique aux armes légères d'infanterie (SITTAL).

Définition Militaire d'Anti-Char

ANTI(-)CHAR,(ANTI CHAR, ANTI-CHAR) adj. et subst. masc.ART. MILIT.A.− Adj. Qui est destiné à résister à l'action des chars et autres engins blindés et/ou à les détruire. Armes antichars, fusils antichars.

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