Cet article aborde l'utilisation de la poudre noire dans les calibres 7.62, en considérant les aspects de classification des munitions, les armes associées, et les réglementations en vigueur, particulièrement en France.
Les fabrications modernes de munitions à poudre noire à étui ou culot métallique sont maintenant classées et soumises à de nouveaux quotas pour l’achat de munitions. Cet article découle de l’application des décrets n° 2018-542 du 29 juin 2018 ainsi que n° 2023-557 du 3 juillet 2023 qui tous les deux ont profondément modifié le classement des munitions ainsi que leur régime de détention. Nous ferons référence directement aux articles du CSI dans leur dernière version.
Les munitions pour arme à canon lisse, d’un calibre supérieur à 8. Il s’agit principalement des canardières interdites à la chasse.
Le tireur ou le chasseur qui est détenteur d’une arme de l’ouest américain de la fin du XIXème aimera toujours tirer avec, ne serait-ce qu’une fois, pour essayer son arme. Les personnes majeures peuvent détenir légalement les munitions ont été fabriquées anciennement et qui sont classées en catégorie D§jbis) : « Munitions à étui ou culot métallique ... chargées à poudre noire et fabriquées avant 1900 ».
La carabine Winchester mle 1873 a été classée en catégorie C1°b) depuis 1973. Si la modification règlementaire la reclasse en arme de collection, l’accès aux munitions restera toujours limité pour les carabines en 44-40 PN. Mais si son arme est classée en catégorie D§e) son arme n’étant pas déclarable, il ne peut pas avoir de récépissé. Il se trouve devant une impossibilité juridique de se procurer des munitions alors qu’il est chasseur ou tireur.
Lire aussi: Tout Savoir sur la Carabine à Poudre Noire Calibre .50
C’est principalement le cas pour les munitions de catégorie C6 qui sont utilisables essentiellement dans des armes du XIXème siècle. Prenons l’exemple d’une carabine Marlin 94 en calibre 32-20. le propriétaire détient son arme sans formalité, mais il ne pourra pas acquérir de munitions.
Un munitions en calibre 45 Schofield PN sera classée au paragraphe D§jbis) si elle est d’époque, en catégorie B13° si elle a été fabriquée récemment. Le calibre 44-40 est utilisé par des armes de poing et d’épaule de la fin du XIXème siècle. Lorsqu’elle est chargée à poudre noire, classée en catégorie D§j) elle est libre.
Parmi les cartouches les plus emblématiques et durables de l’histoire de l’armement, le 7,62x54 mm R occupe une place de choix. Développée à la fin du XIXᵉ siècle pour l’armée impériale russe, cette munition a traversé plus d’un siècle d’évolutions technologiques, de guerres mondiales et de changements géopolitiques.
L’histoire du 7,62x54 mm R commence en 1891, lorsque l'Empire russe cherche à moderniser son armement après l’invention de la poudre sans fumée. À cette époque, les grandes puissances militaires s'équipent de fusils à répétition modernes et la Russie impériale ne veut pas être en reste. Cette cartouche présente un calibre de 7,62 mm et une longueur totale de 54 mm. À l’origine, la cartouche utilise une ogive ronde qui était courante pour l'époque.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, diverses variantes ont vu le jour, y compris des cartouches avec des projectiles perforants, traçants, incendiaires et à blanc, adaptées à des usages spécifiques. Une caractéristique notable de cette cartouche est l’utilisation généralisée de l’étui en acier, introduit par l’Union soviétique pour réduire les coûts de production et les besoins en matières premières stratégiques comme le laiton.
Lire aussi: Calibre .31 : Histoire et Spécifications du Pistolet à Poudre Noire
Il serait impossible de dresser la liste de toutes les armes utilisant le 7,62x54 mm R. Difficile d’évoquer la cartouche de 7,62x54mm R sans parler de la longue famille des Mosin Nagant. Conçue en 1891, cette arme robuste et fiable a connu de nombreuses déclinaisons adaptées aux besoins des troupes, comme le fusil d’infanterie M1891, le célèbre M91/30 modernisé ou encore les versions spécialisées comme le M38 et le M44 avec baïonnette repliable.
Avec l'introduction de la cartouche de 7,62x54 mm R, une nouvelle version de la mitrailleuse devient nécessaire. La Maxim 1910 a connu une carrière remarquable : déployée pendant la Première Guerre mondiale, elle a également servi, bien qu'à une moindre échelle, durant la Seconde Guerre mondiale.
Dans les années 1930, l’Union soviétique entreprend de doter son armée de fusils semi-automatiques pour remplacer les Mosin Nagant. L’AVS-36 de Simonov est d’abord adopté mais ses problèmes de fiabilité conduisent à son remplacement par le SVT-38, puis le SVT-40, conçus par Tokarev. Bien que ces fusils n’aient pas réussi à supplanter complètement les Mosin Nagant, plus de 1,6 million de SVT-40 seront produits.
Après la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique décide de développer un fusil de précision semi-automatique moderne. En 1957, un appel d’offres est lancé et le fusil conçu par Yevgeni Dragunov est retenu.
Bien qu’elle soit d’origine russe, la cartouche de 7,62x54 mm R a connu une diffusion mondiale grâce à l’influence géopolitique de l’Union soviétique. Pendant la guerre froide, cette cartouche a été adoptée par les forces armées de nombreux pays alliés ou sous l’influence soviétique. Cette large distribution a conduit à une disponibilité massive des armes et des munitions, ce qui explique pourquoi cette cartouche reste encore utilisée aujourd’hui.
Lire aussi: Tout savoir sur le fusil à poudre noire calibre 12
Le 7,62x54 mm R adopte une forme en bouteille, typique des cartouches de son époque. L’étui en acier, largement utilisé dans les munitions militaires du 7,62x54 mm R, est une solution économique et robuste mais elle n’est pas sans inconvénients. Contrairement aux étuis en laiton, les étuis en acier sont moins malléables, ce qui peut entraîner une usure accrue des chambres et des extracteurs. De plus, ils sont souvent recouverts de vernis ou de polymères pour prévenir la corrosion, ce qui peut laisser des résidus dans la chambre après plusieurs tirs, nécessitant un nettoyage plus fréquent.
Le bourrelet, élément distinctif de la cartouche 7,62x54 mm R, était une caractéristique courante à l’époque de sa conception, facilitant l’extraction dans des armes à répétition manuelle. Cependant, ce design pose des défis dans les armes semi-automatiques et automatiques modernes.
Le 7,62x54 mm R, bien qu’initialement conçu comme une cartouche militaire, a trouvé une seconde vie dans les domaines de la chasse et du tir sportif. Pour la chasse, il offre une puissance suffisante pour abattre des gibiers de grande taille, tels que les cerfs, les sangliers ou même les élans. Dans le domaine du tir sportif, le 7,62x54 mm R est apprécié pour sa précision.
Les tireurs apprécient cette cartouche pour les compétitions de précision à longue distance, où elle rivalise avec des calibres plus modernes. L’un des principaux attraits de cette cartouche pour les chasseurs et les tireurs sportifs est son coût modéré.
L'AK-47 (Автомат Калашникова, « Avtomat Kalachnikova » modèle 1947) est un fusil d'assaut originaire du bloc Soviétique, il est devenu encore plus célèbre que son homologue américain, l'AR15. Conçu d'après une étude de 1947, son fusil d'assaut est adopté en 1949 sous le nom de : AK-47 (Автомат Калашникова, « Avtomat Kalachnikova » modèle 1947).
C'est en 1943 que l'Union soviétique met au point la 7.62 x39 mm pour un usage militaire. En s'inspirant de l'arme allemande, l'ingénieur en armement Alexey Sudayev conçoit le fusil d'assaut AS-44. Testé en 1944, il se révèle trop lourd pour être efficace en service. Ce revers de conception amène l'Armée rouge à suspendre temporairement son programme de recherche sur le fusil d'assaut.
La 7.62 x39 mm se démarque par une balle moins lourde, avec une charge de poudre moins puissante. En plus de cela, elle s'adapte très bien aux machines de rechargement semi-automatique et automatique. Ces munitions sont bien plus légères, ce qui limite leur portée de tir. Au-delà de 500 mètres, son énergie cinétique reste tout de même assez correcte. Alors que l'OTAN privilégie les cartouches de 5,45 x39 mm, la 7.62 x39 mm demeure la plus répandue.
La 7.62 x39 mm est étonnamment plus courte que la 7.62 x51 mm de l'OTAN. En effet, elle tire une balle de grain 123 au lieu de l'habituel 165. Les munitions 7.62 x39 mm se retrouvent souvent dans les carabines SKS et les fusils d'assaut AK-47. La 7.62 x39 mm est ainsi synonyme de robustesse et de fiabilité. Au fil des années, la 7.62 x39 mm a peu évolué. Cependant, elle a connu des progrès, dont les balles à noyau d'acier traité thermiquement. De nos jours, la 7.62 x39 mm est bien plus performante et subsonique qu'elle ne l'était en 1943. La cartouche propose désormais des modèles pour soft-points et full metal jackets. Les balles de grains pendent entre 122 et 150.
Grâce à sa petite charge de poudre, la 7.62 x39 mm provoque moins de recul durant le tir. Elle offre donc une bonne stabilité et un meilleur confort de tir. La plupart des tireurs optent pour l'achat en gros de leurs munitions. En effet, les cartouches de calibre 7.62 x39 mm sont très appropriées pour la chasse au moyen et grand gibier. Pour ce faire, il vous suffit de les utiliser avec des fusils de chasse compatibles.
En matière de chasse, elle est capable de perforer de petites branches sans perdre en puissance.
La 7.62 x39 mm, également appelée cartouche soviétique, a connu de nombreuses variations. En 1943, le premier modèle comporte une balle blindée pesant 7,8 g. Cette munition se présente avec une pointe rouge et noire. D'une masse plus réduite, cette balle ne pèse que 6,5 g. Les balles à blanc sont destinées à s'entraîner au tir ainsi qu'au maintien de l'ordre.
Malgré le succès incontestable du fusil d'assaut Kalashnikov AK-47, celui-ci entre en perpétuelle évolution pour corriger des défauts existants. C'est à partir de 1955 que de grosses modifications sont apportées à l'arme, principalement sur le corps du fusil et le système de récupération des gaz, ainsi que l'ajout d'une baïonnette. Tous ces changements vont conduire, en 1959, à une nouvelle version nommée AKM.
Adopté et fourni à l'armée Soviétique à partir de 1961, l'AKM va donner naissance à plusieurs versions, possédant chacune des spécificités comme le AKMS avec sa crosse pliable ou encore l'AKMSU, version compacte. L'amélioration principale des AKM est leur fabrication en tôle emboutie pour la carcasse et en contreplaqué de bouleau, pour la crosse, la poignée et le garde-main.
Dans la continuité des évolutions du fusil d'assaut Kalashnikov, les ingénieurs de chez Izmash vont se pencher sur le remplacement de la RPD (Routchnoï Poulemiot Diegtiariova) mitrailleuse légère en service dans l'armée Soviétique. C'est ainsi qu'au début des années 1960 entre est mis en service la Kalashnikov RPK, basée sur la conception de l'AKM. D'une composition plus lourde, le modèle RPK est équipé d'un bipied pliable, d'un canon plus long et plus épais afin d'allonger la portée de tir mais également la durée de tir possible sans que l'arme ne chauffe.
Depuis le début de la conception des armes Kalashnikov, celle-ci s'élabore autour d'un élément majeur : la cartouche 7,62x39 mm. Possédant une capacité de pénétration supérieure aux munitions de combats de l'OTAN, à savoir le 5,56x45 mm et le 7,62x51, grâce à sa balle en acier chemisé, elle bénéficie cependant d'une portée moindre que ses concurrents américains.
Dans l'optique de pouvoir tirer une balle avec une haute vitesse initiale, une trajectoire plus tendue et permettre aux soldats d'emporter plus de munitions sur le terrains, un groupe d'ingénieurs soviétique va travailler à la conception d'une nouvelle munition : la 5,45x39 mm M1974.
| Munition | Calibre | Longueur de l'étui |
|---|---|---|
| 7,62x54mmR | 7,62 mm | 54 mm |
| 7,62x51mm NATO | 7,62 mm | 51 mm |
| 7,62x39mm | 7,62 mm | 39 mm |
| 5,56x45mm NATO | 5,56 mm | 45 mm |
| 5,45x39mm | 5,45 mm | 39 mm |
Suivant le même principe que la cartouche de l'OTAN 5,56x45mm, la cartouche 5,45x39mm va cependant se révéler plus efficace en terme de pénétration grâce à son ogive propulsé à haute vitesse, ce qui lui permet de perforer les gilets pare-balles. Et c'est justement cette nouvelle munition qui va amener à la fabrication d'un nouveau fusil d'assaut Kalashnikov au début des années 1970 : l'AK74. Aujourd'hui, les deux munitions sont encore largement fabriqués en URSS.
Mikhaïl Kalashnikov, souvent décrit comme un patriote dévoué à son pays, a légué au monde l'une des armes les plus emblématiques de l'histoire, l'AK-47. Dans son esprit, cet engin de guerre était conçu pour défendre la mère patrie contre toute menace extérieure. Cependant, au fil des années, il a été confronté à une réalité troublante : son invention, au lieu de rester un instrument de défense nationale, est devenue un symbole de conflit et de violence à l'échelle mondiale.
La diffusion massive de l'AKM dans les conflits régionaux et son utilisation par des groupes terroristes ont profondément attristé Kalashnikov, qui a exprimé à plusieurs reprises son regret quant à la manière dont son génie technologique avait été détourné de son intention originelle.
De nombreuses armureries proposent une gamme variée de cartouches au calibre 7.62x39 mm, disponibles en boîtes de 20 à 1 000 munitions. Chez Armurerie Lavaux, vous trouverez une sélection rigoureuse de cartouches 7,62x39, disponibles en différentes marques et types de projectiles.
Les chirurgiens marseillais qui opèrent régulièrement des victimes touchées par des balles d'AK-47, connaissent bien les dégâts provoqués par cette arme, et bien souvent irréversibles. Un médecin-chef, ancien médecin des commandos marine qui a participé à de nombreuses opérations extérieures (Opex), expliquait ainsi il y a cinq ans à L'Essor: "La balle de 7,62 mm, très puissante et lourde (9,8 grammes), possède une grosse force d'impact". Il ajoutait que la gravité de la blessure était due au fait que la même balle pouvait toucher plusieurs organes. C'est une balle "full metal jacket" (entièrement métallique) qui cause des lésions profondes et d'importantes hémorragies.
Autre effet de la puissance et de la portée d'une balle de kalachnikov, l'augmentation du nombre des victimes collatérales. Les terroristes de Paris savaient s'en servir. On entend qu'ils tirent par courtes rafales, c'est propre au tir de combat. L'amateur va vider son chargeur de 20 à 30 balles d'un coup. Un autre "avantage" de cette arme, c'est le faible coût de ses munitions : 30 centimes la cartouche achetée avec un port d'arme adéquat. C'est l'arme idéale : petite, robuste, simple, pas chère, polyvalente .
Vous êtes tireur sportif et vous souhaitez acquérir une carabine type Kalachnikov ? Voilà un sujet sensible sur lequel on lit plein d’affirmations contradictoires.
La collection de munitions n’est pas reconnue en tant que telle par la règlementation. Pourtant, nous étions intervenus à la Commission de Lois de l’Assemblée Nationale. - les munitions anciennes : il s’agit des « munitions et éléments de munition à poudre noire utilisables dans les armes historiques et de collection ». - les reproductions de munitions ou leurs éléments : nous sommes dans la même définition que les munitions anciennes. - Les munitions de catégorie C ou D1 pour une quantité maximum de 500 (sans posséder les armes) [1]. - Les munitions neutralisées.
Mais il y a également la méconnaissance des armuriers qui refusent de vendre des étuis pour recharger des munitions classées en D2 telles que le 44/40 ou 45 Long Colt. La nouvelle règlementation a « bouleversé » la culture du classement selon le calibre. Ainsi, aujourd’hui, sont classées en catégorie C toutes les munitions d’armes d’épaule, sauf les munitions 7,62 x 39 ; 5,56 x 45 ; 5,45 x 39 Russe ; 12,7 x 99 ; 14,5 x 114 ; qui restent classées en catégorie B.
Il existe des conversions ou des faux étuis rechargeables qui permettent un coût réduit pour l’utilisation de différentes armes anciennes ou modernes. - Pour les armes anciennes la firme D. Pedersoli commercialise ce type de munitions sous le nom « d’indoor shooting expérience ». Pour les armes à percussion, la conversion remplace la cheminée des répliques. - La société suisse « Easy-munitions.com » propose de nombreux calibres de fausses cartouches à tir réduit. Pour les PA, le réarmement reste manuel.
La règlementation est toute simple : les éléments de munitions suivent le classement de l’arme qui les utilisent. Ainsi les étuis utilisables dans les armes anciennes sont classés en D2.
tags: #calibre #7 #62 #en #poudre #noire