Les chasseurs modernes sont souvent polyvalents, pratiquant diverses formes de chasse selon la saison. La question du nombre d'armes à emmener se pose alors, rendant séduisante l'idée d'une seule base adaptable à toutes les situations.
L'idée de pouvoir monter sur une même bascule une paire de canons lisses ou une paire de canons rayés interchangeables semble simple et évidente et pourtant peu de fabricants s'y sont frottés.
Avec ce combi étudié en Finlande et fabriqué en Italie, Marocchi semble avoir trouvé le bon compromis.
La ligne générale du 612 est très sobre mais un peu lourde, la mise en bois restant perfectible. La crosse est livrable en profil droit ou Monte-Carlo.
Des cales peuvent aussi compléter la plaque de couche pour s'adapter à votre corpulence.
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À noter que le devant tulipe est muni d'un porte-grenadière qui sert pour les canons rayés, les canons lisses ayant leur propre support.
Le Finn 612 est livré dans une grande mallette thermoformée contenant les deux canons. Marocchi propose aussi une troisième option : un canon mixte lisse-rayé qui peut compléter la panoplie.
Reconnaissons que son champ d'action se limite soit aux chasses assez rares où le sanglier peut être tiré en même temps que la bécasse, soit au tir conjugué des nuisibles, en choisissant un petit calibre rayé.
D'ailleurs le choix des calibres rayés est assez large pour satisfaire tout le monde...
Les canons lisses, chambrés 12/76, sont munis d'une bande intermédiaire ajourée et d'une bande ventilée très large (9 mm) muni d'un petit guidon intermédiaire, dont l'utilité nous échappe sur une longueur de 65 cm !
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À noter que ces canons sont éprouvés billes d'acier, mais que l'utilisation se limite au demi-choke. Marocchi offre en option des chokes SI90 (90 mm), construits en acier spécial (200 kg/ mm2), qui permettent alors l'utilisation de l'acier jusqu'au full !
Les canons rayés présentent la particularité d'être montés sous gaine carbone. La convergence est réglable, au même titre que la hausse et le guidon.
Le changement de canons se fait sans outillage. Malgré les 600 g de différence entre les deux versions, Marocchi a maintenu un équilibre quasi-identique, ce qui est bien agréable !
Le sélecteur de canons associé à la queue de détente est une idée originale... Des canons lisses et des rayés sur une même base, pour le petit et le grand gibier. Nous en rêvions...
Autres points positifs : les chokes qui, jusqu'au full, assurent des groupements réguliers ; et les éjecteurs qui sont efficaces.
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Petit détail législatif : ce combi sera considéré par l'administration comme deux armes...
Avec son long canon et ses chokes bien usinés ce fusil permet de chasser le gibier ailé dans de bonnes conditions ! Canards, mais aussi palombes et bien sûr becs droits ont succombé lors de ce test de terrain. C'est un excellent compagnon au prix vraiment abordable.
La crosse et le devant de ce I First de Marocchi sont fabriqués en matériaux de synthèse assez légers mais très solide.
La finition est bonne avec un film camouflé ambiance marais (APG) bien posé, tant sur la crosse et le devant mais aussi le canon il faut le préciser de suite !
Une attache de grenadière est fixée à l'arrière de la crosse de façon tout à fait conventionnelle. L'autre se situe sur le devant du bouchon du tube magasin qui tient le devant.
La plaque de couche est épaisse, presque 2 cm et pleine.
La poignée pistolet est bien prononcée, assez longue et permet au tireur de positionner sa main en fonction de la taille de celle-ci. Le quadrillage est de forme basique, peu profond.
Le devant possède une forme un peu arrondie, cylindrique dessous. Il est assez fin, 4 cm au maximum mais offre une bonne prise en main. Il mesure 6 cm de hauteur et 22 cm de longueur et il est assez esthétique visuellement.
Il est confectionné en alliage d'aluminium. Il reçoit également une finition camouflée marais.
Ce boitier est fraisé sur le dessus pour monter une optique de tir facilement. Le dessus du boitier est strié dans l'axe de la bande de visée afin de conduire l'œil du chasseur. La culasse mobile est noire.
Le levier d'armement de la culasse dépasse de 2,1 cm. Le bouton libérant la culasse mobile est situé sur le flanc droit du boitier de culasse.
Le rechargement de ce fusil est confié à un système inertiel. La culasse mobile est dotée d'un verrou à tête rotative qui recule une fois la cartouche tirée, entrainant la cinématique de rechargement.
La queue de détente de ce I First de Marocchi est assez fine, noire et lisse. Elle est logée dans un pontet, confectionné en polymère. Le système de mise en sécurité est confié à un bouton rond placé à l'arrière du pontet. Sa manipulation est ferme mais sans point dur.
Le mécanisme gratte un peu et mais n'est pas trop bruyant. Nous avons mesuré le poids des départs et obtenu une moyenne de 1,6 kg sur dix tests.
La détente gratte un peu au départ, il y a une sensation de lourdeur puis le mécanisme décroche ensuite sans point dur.
Il mesure 76 cm de longueur et il est revêtu comme le reste de l'arme de motifs de joncs camouflés. L'assemblage et le démontage de l'arme ne pose pas de souci. Tout est fluide.
Le canon est équipé d'une bande ventilée plate, dans le prolongement du boitier de culasse, ce qui guide bien la visée. Elle est finement quadrillée sur le dessus pour limiter les reflets au soleil.
Le I First de Marocchi est livré avec une clé de démontage et trois chokes en tout mesurant 7 cm de longueur et ça c'est la bonne surprise.
L'approvisionnement des munitions dans le tube magasin ne pose aucun souci. Il suffit de pousser les munitions dans le tube en effaçant la planchette élévatrice.
A l'inverse, pour vider le tube magasin, il suffit d'appuyer sur le doigt métallique d'arrêtoir de tube magasin retenant le culot de la munition pour que celle-ci puisse reculer sur la planchette.
Nous avons pu voir ce fusil à l'œuvre lors de volée de canards en Sologne, paix à leurs âmes ! Puis nous avons pu tester ce fusil lors de passées aux corbeaux et aux étourneaux.
L'avantage c'est qu'on tire beaucoup, parfois loin et sur des cibles très mobiles ce qui permet de vérifier la balance et la rapidité de l'arme à l'épaule.
Malgré ses longs canons ce I First se révèle maniable et grâce à ses longs canons nous avons pu réaliser de sacrément beaux coups de fusils à de belles hauteurs !
Nous avons vérifié le fonctionnement du système inertiel à l'aide petites cartouches de tir chargées de seulement 24 g de plomb et tout a parfaitement fonctionné !
Dans la jungle des fusils semi-automatiques d'entrée et de milieu de gamme le I First de Marocchi fait figure de bon élève ! La marque jouit d'une belle image et la fabrication italienne peut rassurer. Nous ne sommes pas parvenus à le prendre en défaut lors du test avec des munitions peu chargées qui entrainent parfois des mauvais cycles de rechargement. L'inertiel digère tout.
L'arme est plaisante au tir, elle recule bien dans l'axe permettant d'enchainer les tirs !
La discrète firme transalpine Marocchi commercialise, à des prix tout à fait contenus, une large gamme de fusils à rechargement automatique fonctionnant par emprunt de gaz ou par inertie, qui n'ont rien à envier aux réalisations d'élite de la spécialité.
Son dernier né, le Super SJ, diffusé au tarif de 1 090 € environ, est un « super magnum » calibre 12 à chambre de 89 mm et mécanisme de rechargement inertiel, essentiellement destiné à la chasse des oiseaux migrateurs.
Le Marocchi Super SJ Synthétique semble même avoir été développé spécifiquement pour le tir des munitions à grenaille non-toxique ; qu'il s'agisse de billes d'acier, de cuivre doux ou de sphero tungsten.
Cet « automatique » de ligne classique apparaît assez agréable à regarder, malgré son devant et son bouchon de magasin manquant de finesse.
Son montage et son démontage demandent un maniement sans ménagement, qui confirme sa vocation résolument « utilitaire ».
La prise en main excelle sur le devant comme sur la poignée pistolet de la crosse, qui remplissent tous deux parfaitement les paumes. Malgré son poids de 3,230 kg, pas franchement fluet (mais pas excessif non plus), le Super SJ monte vite à l'épaule grâce à la répartition des masses favorable qu'induit son mécanisme de rechargement inertiel.
Il s'y place spontanément en position idéale, l'oeil « calé » devant la gouttière creusée au sommet de la boîte de culasse en alliage léger, entre les deux rails destinés au montage éventuel d'une lunette de hutte ; que prolonge vers l'avant la bande ventilée finement granitée avec effet de stries longitudinales terminée par un guidon à section circulaire en fibre optique rouge cerclé de noir.
Cette visée magistrale est digne de servir de modèle à nombre de productions infiniment plus prestigieuses.
Les tirs s'enchaînent dans un surprenant confort de recul, assurément dû au système amortisseur Complus, qui se résume pourtant à une simple plaque de couche épaisse pleine et un insert de busc tout deux en matière caoutchoutée plutôt dure.
Ce système prouve que les formules d'apparence sommaire peuvent fournir des résultats nettement plus convaincants que des mécanismes qui se veulent beaucoup plus élaborés. Et il assène une nouvelle leçon à certaines marques amplement plus auréolées.
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