Cette semaine, nous partons dans le Tarn-et-Garonne, à la découverte d’un village de cinéma. C’est dans ce décor impressionnant qu’a été tourné l’un des plus célèbres films français dans les années 1970. Le village en porte encore d’ailleurs quelques traces. Nombre de visiteurs viennent spécialement dans ce lieu pour admirer les décors et se remémorer les terribles scènes qui ont été tournées ici.
C’est en longeant les méandres de l’Aveyron depuis Saint-Antonin-Noble-Val que la magie opère. Soudain, en levant la tête, vous apercevez deux superbes châteaux perchés au bord d’une falaise abrupte. Il faut traverser le vieux bourg fortifié pour les approcher. Grimpez jusqu’à la tour de l’Horloge et pénétrez dans les étroites ruelles pavées. L’atmosphère y est impalpable tant les demeures en pierres semblent porter le poids de leur passé. Ici, même les noms de rues sont éloquents : rue Bombe-Cul, rue Trotte-Garce, chemin du soleil-couchant. Quelques minutes encore et vous arrivez devant l’entrée des châteaux.
C’est dans ce magnifique décor que Romy Schneider et Philippe Noiret ont tourné Le Vieux Fusil en 1975. On remarque encore un vieux puits construit pour l’occasion. Le film de Robert Enrico raconte l’histoire d’un paisible chirurgien de Montauban, Julien Dandieu (Philippe Noiret), qui, aux dernières heures de l’Occupation en 1944, venge le meurtre de sa femme, Clara (Romy Schneider) et de sa fille, dans un village décimé par une division allemande. Philippe Noiret recevra d’ailleurs le César du meilleur acteur pour ce film.
Le Vieux Fusil est une histoire de vengeance crue comme on en voit assez peu. Pas une vengeance honorable, pour préserver telle ou telle valeur, juste une vengeance fataliste et mécanique, une réponse à la violence par la violence, sans motif apparent. En cela, le film est magnifiquement porté par Noiret qui est assez exceptionnel dans le rôle principal. Inspiré du massacre d’Oradour-sur-Glane, le 10 juin 1944, le film Le vieux fusil fut tourné, non pas dans le Limousin, mais dans le Tarn-et-Garonne. Il s’agit du 5ᵉ plus grand succès au box-office français en 1975.
Julien Dandieu est un homme plutôt sympathique, tout en rondeur. Un professionnel de santé exposé à la souffrance du quotidien. Il vient en aide aux blessés, sans discrimination, y compris les miliciens. Même s’il apporte un soutient discret à la Résistance, il ne s’engage pas. La barbarie de la guerre est en train de le transformer. Cet homme qui a pour habitude de sauver des vies condamne désormais les bourreaux de sa femme et de sa fille à la peine de mort. Il devient le vengeur, machine à broyer l’ennemi.
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C'est dans la commune de Bruniquel (Tarn-et-Garonne) que fut tourné le film Le vieux fusil. Le tournage a marqué les habitants de ce petit village de quelque 620 âmes. A l’office de tourisme, on peut presque situer chaque scène de mémoire.
Bruniquel est un village de 610 âmes situé à 30 kilomètres de Montauban. Celui-ci est resté marqué par ce tournage. Les figurants très nombreux n’ont jamais oublié cette aventure.
Les décors du film sont toujours là : les châteaux et le fameux (faux) puits, les ruelles du village, les souterrains, eux, sont dans le château de Bonaguil. Les photos de tournage sont exposées dans les salles du château vieux.
Les astuces du montage -entretenant l’illusion que Bruniquel, Bonaguil et Penne, deux autres communes du Quercy, n’en forment qu’une- ont fasciné les habitants et créé une durable complicité entre le film et le village.
Les apparitions de Romy Schneider constituent un autre souvenir brûlant : « Je revois ses longues jambes fines sortir de la Mercedes. C’était une star, une grande dame. On ne pouvait pas l’approcher comme ça », se souvient Jacky Poussou. À l’époque, l’actrice frôlait le surmenage. « Elle jouait des scènes très dures. J’ai assisté à celle du viol. À la fin, elle était véritablement bouleversée », se souvient l’artiste. Mais de tous, c’est bien Philippe Noiret, cet homme « simple et ouvert », qui a su le mieux se faire aimer des Bruniquelais.
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Bruniquel possède deux châteaux quasiment collés l’un à l’autre, le « vieux » et le « jeune ». Aujourd’hui, le château vieux est étonnamment en meilleur état. Vous pouvez d’ailleurs toujours admirer son donjon carré du 12e siècle ou encore sa cuisine du 17e siècle équipée d’un exceptionnel potager (l’ancêtre du fourneau) à neuf trous.
Dominant les vallées de l’Aveyron et de la Vère, les châteaux de Bruniquel sont un incontournable de cette charmante cité médiévale tarn-et-garonnaise classée au titre des « Plus Beaux Villages de France ». Parfaitement situé au cœur d’un carrefour touristique entre Toulouse, Cahors, Albi et Villefranche-de-Rouergue, Bruniquel est un joyau des gorges de l’Aveyron.
Edifié sur un ancien castrum fortifié, le premier château aurait vu le jour quelques décennies après la chute de l’Empire romain, aux alentours de 575. C’est sur ses ruines que fut construit le Château Vieux, encore visible aujourd’hui, dans le courant du XIIIe siècle. A la suite de querelles familiales, un des héritiers décida de vendre les terres situées à l’est de son château à son cousin, Maffre de Comminges. Entre 1485 et 1510, ce dernier y établit un nouveau château, le Jeune. A la fin du XVIIIe siècle, le vicomte du Château Vieux décida de racheter le Château Jeune.
En 1975, le réalisateur Robert Enrico utilisa les châteaux comme décors pour son film « Le vieux fusil » avec Philippe Noiret et Romy Schneider. Le monument est ouvert à la visite et accueille chaque année de nombreux événements parmi lesquels le festival lyrique des châteaux, le marché aux plantes Vert-Tige et le concert des Batucadas, mi-septembre. Plusieurs rencontres d’artisans d’art et des expositions, permanentes et temporaires, rythment le site tout au long de la saison touristique.
La mairie a racheté les châteaux il y a 25 ans et les rénove depuis. Ils semblent avoir subi un long abandon avant ce rachat, ce qui a surtout nui au « château jeune ». Juchés sur un promontoire calcaire, les châteaux offrent une belle vue sur la vallée de l’Aveyron.
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Sa découverte a changé l’histoire de l’homme sur terre. Alors qu’on avait daté le passage de l’Homo Sapiens dans les grottes souterraines à -38.000 ans (dans les grottes de Chauvet, en Ardèche), la découverte des grottes de Bruniquel fait remonter ces faits à -176.000 ans, soit au temps de l’homme de Neandertal !
Découvertes par hasard il y a seulement quelques années, en 1990, les grottes de Bruniquel sont très bien conservées. Elles offrent une vue spectaculaire sur de nombreuses formations naturelles (lac souterrain, stalagmites), mais aussi des témoignages du passage de l’homme dans ces lieux, comme des squelettes et des traces de l’utilisation du feu.
Bon à savoir : La grotte ne se visite pas. Elle fait l’objet de fouilles archéologiques importantes. Mais vous pouvez voir les fossiles et objets liés au travail de la pierre, et certains vestiges préhistoriques trouvés à proximité, dans une salle des châteaux de Bruniquel.
Dans la grotte de Bruniquel, à 336 mètres de l’entrée, des structures aménagées ont été datées d’environ 176 500 ans. Cette découverte recule considérablement la date de fréquentation des grottes par l’Homme, la plus ancienne preuve formelle datant jusqu’ici de 37 000 ans (Chauvet). Elle place ainsi les constructions de Bruniquel parmi les premières de l’histoire de l’Humanité. La grotte est fermée pour sa préservation et pour continuer les recherches scientifiques.
Situé dans le Tarn-et-Garonne, Bruniquel (Code Postal 82800) se trouve à 1h10 de Toulouse (via l’A62) ou 30mn de Montauban (via D115) en voiture. Pour préparer votre séjour à Bruniquel : regardez le site de Météo France pour éviter de le visiter sous la pluie.
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