La boucherie Gibier Ferland, comme beaucoup d'autres commerces, fait face à une véritable transformation de son secteur d'activité.
La hausse du prix des cigarettes oblige aujourd'hui les commerçants à élargir leur champ d'action.
« Il faut compenser nos pertes volumes au niveau du tabac », déplore Marie-Pierre Ferland, présidente de la confédération des buralistes de Lot-et-Garonne, elle-même propriétaire d'un bureau de tabac à Colayrac-Saint-Cirq. Cela passe par la création d'activités rémunératrices en marge, mais aussi par l'offre de divers services pour attirer de nouveaux clients".
Dans le but d'aider les buralistes à développer leur offre, l'État a lancé il y a 5 ans un "Fonds de transformation".
Qu'ils soient en milieu rural, en ville ou en agglomération, tous les bureaux de tabac sont confrontés à la transition actuelle que connaît le secteur.
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À Villeneuve, une buraliste retirée de la ville se voit obligée de multiplier ses services pour continuer de pouvoir payer ses cinq employés.
"On est obligés de se diversifier. Tout le monde sait combien on touche sur un paquet... Avec le tabac, nous ne sommes pas bien rémunérés", regrette-t-elle.
L'achat de nicotine dans les pays limitrophes, vendue près de deux fois moins chers que dans l'hexagone, en est une des raisons principales.
Installée depuis deux ans, elle a profité de l'aide apportée par le gouvernement pour changer d'emplacement. Elle restera sur la même avenue mais son local sera plus grand, ce qui lui permettra de proposer sa nouvelle activité : "Je vais passer bar-tabac. Il faut se développer, maintenant !", s'exclame-t-elle.
Pour attirer une clientèle plus diverse, elle vend, entre autres, des timbres, des jeux à gratter, du CBD et du liquide pour cigarettes électroniques.
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Autant de produits qui lui permettent de "maintenir un peu son chiffre".
C'est une pluralité qu'elle apprécie "Ça permet de varier mon activité et d'avoir une relation avec une autre clientèle.
À Nérac, la propriétaire du Tabac du Pont est implantée en ville depuis 23 ans.
Au fil des années, la quinquagénaire a vu la consommation de ses clients évoluer.
"Si on veut suivre le mouvement, il faut bien s'adapter. Maintenant, on vend des cigarettes électroniques".
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« Il faut se réinventer », affirme Marie-Pierre Ferland, présidente de la confédération des buralistes de Lot-et-Garonne, elle-même propriétaire d'un bureau de tabac à Colayrac-Saint-Cirq.
L'objectif de sa venue était clair : convaincre encore d'autres buralistes du Lot-et-Garonne d'engager leur transformation.
Pour l'heure, 35 bureaux de tabac sur les 154 implantés dans la région (ils sont 23 300 en France au total) ont saisi l'aide gouvernementale.
"Le plan de transformation est né d'un constat d'une fragilité économique, affirmait le président.
On vit les difficultés d'un marché parallèle très présent, qui a impacté l'économie de notre réseau".
Ajoutée à cela, l'évolution de la consommation de tabac, en baisse avec la montée de la cigarette électronique.
"Nous nous sommes donc demandé si nos magasins étaient toujours adaptés aux attentes des Français, à l'heure où les usages évoluent", ajoutait ce dernier.
Du service public au relais colis, en passant par les boissons et les jouets, l'offre se multiplie pour transformer les tabacs en véritables "drugstores du quotidien".
Une transition d'autant plus importante en Lot-et-Garonne, où 60% des buralistes sont implantés en milieu rural, et sont, dans de nombreux villages, les derniers magasins encore en activité.
"Aujourd'hui, ce lien avec un commerce de proximité est essentiel au bien vivre-ensemble", déclarait Philippe Coy.
Un constat partagé depuis quelques années, accéléré pendant la Covid-19, période lors de laquelle les marchands de tabac ont été reconnus "commerces essentiels".
"Nous avons bien vu l'articulation que cela donnait dans une cohésion territoriale en termes de services, d'accueil et de lien social", affirmait le président.
Cinq ans après le lancement de l'aide, reconduite jusqu'en 2027, les résultats portent leurs fruits.
"Pour nous, les buralistes sont des acteurs clés des villages et des villes", déclarait Jean Dionis, maire d'Agen, le vendredi 21 avril lors de la signature d'une convention entre l'association des maires de France de Lot-et-Garonne, dont il est président, et la chambre syndicale des buralistes du 47.
Ce partenariat a pour but de renforcer les services proposés dans les bureaux de tabac, une action utile à la fois aux commerçants et aux mairies.
En conclusion, face aux défis économiques et aux évolutions du marché, des commerces comme la boucherie Gibier Ferland sont appelés à se réinventer et à diversifier leurs activités pour assurer leur pérennité et continuer à servir leur communauté.
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