La fusillade s'est déroulée samedi en fin d'après-midi dans le quartier Kennedy, à Châlette-sur-Loing à la limite de Montargis.
Une patrouille de police est intervenue après qu'un homme a été aperçu avec un couteau en centre-ville. Il aurait menacé une personne, ce qui aurait conduit des passants à alerter la police. La brigade de trois policiers a eu le temps de noter la plaque d'immatriculation, une information qui les a conduit au domicile de l'homme.
Alors que les agents tentent de l'interpeller, l'homme se réfugie dans sa voiture. Ils tentent la manière douce, tout d'abord, pour lui faire entendre raison. Rien n'y fait.
C'est alors que l'individu exhibe un couteau, menace de tuer les fonctionnaires et même "de placer des bombes dans toute la ville". Des renforts de police arrivent. Ils encerclent la voiture de l'individu pour l'empêcher de prendre la fuite, ils donnent des coups de matraque dans le pare-brise.
Mais l'homme fait marche arrière, et il percute le véhicule des fonctionnaires positionné juste derrière. L'homme parvient à s'enfuir.
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Alors qu'il fonce sur eux, les policiers font feu : une vingtaine de balles sont tirées. Le Châlettois roule sur quelques centaines de mètres dans l'herbe et finit sa course dans un bassin de rétention à proximité d'un super-marché, le pare-brise criblé de balles.
Les inspecteurs de l'IGPN (souvent surnommée la police des police), venus de Rennes sont depuis ce dimanche matin à Châlette-sur-Loing pour enquêter et faire toute la lumière sur l'intervention de la brigade. C'est la procédure réglementaire lorsqu'un policier fait usage de son arme à feu.
Les enquêteurs vont rester une semaine sur place. Objectif : déterminer si l'argument de la légitime défense peut être avancé et si la réponse était bien proportionnée à la menace. Les policiers et plusieurs témoins de la scène sont auditionnés en ce moment.
Dans le contexte actuel, la police a d'emblée écarté "tout attentat terroriste." L'homme est connu des services de police, il est sous traitement médical pour des troubles psychiatriques, il vit chez sa mère.
Il n'a néanmoins aucun antécédent judiciaire selon le parquet de Montargis. L'homme, prénommé Luis, était âgé d'une cinquantaine d'années.
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"C'est une famille d'origine portugaise, impliquée dans la vie associative de la commune de Châlette-sur-Loing," selon le maire Franck Demaumont qui s'est rendu sur place hier soir. La mère de la victime était en vacances au Portugal au moment des faits.
Après le drame de Châlette-sur-Loing ce samedi se pose la question de la légitimité des tirs policiers. Pour le parquet de Montargis, "il est trop tôt pour dire si l’intervention des policiers s’est déroulée dans un cadre légal".
Un mois après la fusillade de Châlette-sur-Loing, l'IGPN conclut que les policiers ont agi en état de légitime défense lors de la fusillade avec un automobiliste tentant de leur échapper.
"Le projectile mortel" a été saisi lors de l'autopsie pratiquée ce mercredi dans l'affaire de Châlette-sur-Loing. Ce samedi, des policiers ont abattu un homme souffrant de troubles psychiatriques. L'homme tentait de s’enfuir à bord de sa voiture après les avoir menacé.
Mardi soir, dans le Loiret, un incendie s'est déclaré dans la cave d'un immeuble.
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Neuf personnes ont été intoxiquées, dont deux policiers municipaux qui étaient venus leur porter secours.
"J'ai tambouriné à la porte du palier gauche, ensuite à la porte palière droite, et ainsi de suite sur tous les étages", se rappelle Armelle Pelletier, brigadier-chef principal.
Alors qu'un feu vient de se déclarer dans la cave d'un immeuble de quatre étages à Châlette-sur-Loing, près de Montargis (Loiret), par chance, cet agente municipale patrouille dans une rue juste à côté. À 20h, mardi soir, elle remarque avec son collègue une épaisse fumée noire. Ils décident alors en urgence d'évacuer les habitants.
De retour ce mercredi sur les lieux du sinistre avec notre équipe, ils toquent à la porte de l'un d'eux, un retraité de 69 ans dont l'appartement est situé au premier étage, et qui leur doit une fière chandelle. "Oui, c'est grâce à eux. Ils frappaient et je me demandais ce que c'était parce que la porte fermée, on n'a rien senti du tout. Merci beaucoup", leur lance-t-il.
Un peu plus haut, une famille de quatre personnes, dont une enfant de deux ans, l'ont échappé belle. "L'appartement est enfumé. Je me dis que si je ne les fais pas évacuer, ça peut être grave pour eux parce qu'ils commencent déjà à tousser", témoigne Armelle.
Les deux agents parviennent à évacuer six habitants avant l'arrivée des pompiers. "Je réalise ce matin que oui, ça pouvait être très dangereux. Mais on l'a fait, il n'y a pas de soucis", assure Vincent Lazzarotto, brigadier-chef principal. Et si c'était à refaire ? "Sans hésiter", ajoute-t-il.
L'incendie est rapidement maîtrisé, mais neuf personnes sont transportées à l'hôpital, dont trois en urgence absolue, la fillette de deux ans et les deux policiers intoxiqués par les fumées. "Je pense qu'une ou deux minutes de plus, ça aurait été très compliqué pour moi", admet Armelle. "Je commençais à manquer de lucidité et à suffoquer".
Anne Pascaud, l'adjointe au maire, tient à les remercier. "Grâce à eux et à leur courage, on a évité le pire. Le sinistre aurait été beaucoup plus grave et les victimes également plus nombreuses", affirme-t-elle.
Une enquête a été ouverte par le parquet de Montargis pour déterminer les causes de l'incendie. Ce soir, les sinistrés vont bien.
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