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L'histoire du Bastion de la Cartoucherie à Douai s'inscit dans un contexte plus large de fortifications et de stratégies militaires.

La Guerre de Positions et l'Évolution des Fortifications

Après la bataille de l'Yser, où les Allemands subirent des pertes considérables, il sembla qu'ils renoncèrent aux grandes attaques massives. Ils se cantonnèrent de plus en plus dans une forme de guerre renouvelée du siège de Sébastopol, la « lutte de tranchées », ou « lutte souterraine ». Une nouvelle forme de bataille allait naître : à la guerre de « mouvements » allait succéder la guerre de « positions ».

Chacun des deux adversaires, retranché derrière ses lignes fortifiées, cherchait à bouleverser celles de l'ennemi, détruisant les approvisionnements et les réserves à l'arrière avec sa grosse artillerie. Le rôle du canon de campagne, le fameux « 75 », devint moindre, tandis que l'« artillerie lourde » prenait de l'importance. Les Allemands étaient supérieurement organisés de ce point de vue, avec de nombreux canons de gros calibre et des approvisionnements formidables en obus.

La guerre éclata, et la France se trouva presque dépourvue d'artillerie lourde. Heureusement, le génie de l'improvisation français permit la fabrication rapide de matériel de guerre.

La Guerre de Tranchées

La guerre de tranchées est la première phase de la « guerre souterraine ». La « stratégie », c'est-à-dire la science de combiner les mouvements des troupes, reste la forme la plus haute de l'art militaire. Mais quand la lutte s'immobilise dans des fortifications, quand à la guerre de mouvement succède la guerre de siège, les méthodes « classiques » de la grande guerre deviennent inutilisables.

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Il n'y a alors d'autre ressource que de se « terrer » également, en usant du maximum des ressources de la « fortification de campagne ». Déjà, au cours de la guerre russo-japonaise, on avait reconnu l'importance que prend la fortification de campagne sur le champ de bataille même, et le rôle capital qu'elle y joue. Elle permet d'économiser le « matériel humain » en laissant, pour la manœuvre proprement dite, un plus grand nombre d'hommes disponibles ; elle fournit aux combattants qui l'utilisent une protection contre les effets des projectiles ennemis, protection d'autant plus précieuse que les effets de ceux-ci deviennent plus meurtriers à mesure que progresse la puissance des bouches à feu de l'artillerie lourde actuelle.

Aussi l'entrée en jeu de la fortification de campagne a-t-elle modifié du tout au tout les conditions mêmes de la guerre. Il a fallu entraîner les hommes à devenir des terrassiers, et les munir de pelles et de pioches, outils devenus, pour eux, aussi utiles et même aussi nécessaires que la baïonnette et le fusil.

La dernière guerre, depuis la bataille de la Marne, fut donc une nouvelle guerre de tranchées. C'est le retour aux traditions de Sébastopol ; c'est la guerre de siège, étendue à un front de huit cents kilomètres. La notion élémentaire que l'on se fait d'un siège implique, en effet, l'idée d'une forteresse, que l'assaillant doit d'abord cerner de tous côtés, dont il doit démolir les défenses et qu'il doit, finalement, enlever à l'assaut de ses troupes, lancées en trombe sur les ruines des fortifications détruites par l'artillerie.

La guerre d'aujourd'hui présente ce même caractère : mais, au lieu d'une place forte, c'est un pays entier qui se trouve assiégé. Les deux armées en présence sont fortifiées de façon égale, et, suivant les vicissitudes de la fortune des armes, l'une ou l'autre peut, selon les circonstances, être envisagée comme l'armée assiégée ou comme l'armée assiégeante.

Structure et Organisation des Tranchées

Ce front est plutôt une zone de défense, organisée en profondeur. Cette résistance est réalisée par une série de tranchées pourvues de leurs propres organes et moyens de défense : parapets, meurtrières, réseaux de fils de fer barbelés, trous-de-loup, etc. Ce qu'on entend couramment sous le nom de ligne de tranchées est, en réalité, une suite de retranchements successifs : tranchées avancées, tranchées de première ligne, tranchées de soutien, tranchées intermédiaires et un réduit.

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D'autres zones sont établies en arrière de la première, constituant une véritable « cascade » de positions fortifiées. Les tranchées avancées et les tranchées de première ligne doivent permettre à l'armée de défense d'utiliser le maximum de ses forces de résistance et, par les obstacles qu'elles présentent, d'affaiblir, d'épuiser l'ennemi suffisamment pour qu'il ne puisse préparer avec fruit la contre-attaque.

Le tracé des tranchées est déterminé par la proximité de l'ennemi, les effectifs, et surtout par les formes du terrain. L'officier qui trace les tranchées doit être un topographe, capable de reconnaître la capacité défensive du terrain. La topographie du terrain impose donc le tracé des tranchées, avec des « saillants » et des « rentrants ».

Les « saillants » s'avancent en avant du front principal, constituant des centres de résistance et offrant des feux de flanquement. Par contre, ils sont particulièrement exposés aux assauts de l'ennemi et doivent avoir des défenses renforcées. Les « saillants » peuvent être fournis par des unités géographiques existantes, comme des bois ou des villages, ou construits de toutes pièces par le génie.

Le Rôle des Villages dans la Défense

Les villages ont joué un rôle essentiel, variant selon leur position. Les villages situés au sommet des collines, occupant des positions élevées, font partie de la ligne des tranchées et constituent des centres de résistance. Bien qu'ils soient des cibles pour l'artillerie ennemie, ils gardent une grande valeur défensive grâce aux abris qu'ils fournissent et aux emplacements pour les mitrailleuses et les engins spéciaux.

À l'inverse, les villages situés dans des creux ou au bas des pentes sont utilisés comme des « ouvrages avancés », comparables aux anciens ouvrages extérieurs des fortifications classiques. Leur occupation est indispensable pour arrêter l'ennemi et retarder ses efforts pour aborder la position principale située en arrière, sur les hauteurs. Toutefois, la défense ne doit pas oublier que ces villages « de bas-fond » ne forment que des ouvrages avancés et doivent être évacués en temps voulu.

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Ainsi, le Bastion de la Cartoucherie à Douai, comme d'autres fortifications, s'inscrit dans une évolution des stratégies militaires où la défense du territoire et la résistance aux assauts ennemis sont primordiales. Comprendre son histoire, c'est aussi comprendre les enjeux et les transformations de la guerre à travers les siècles.

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