La mitrailleuse de campagne modèle 1900 a été mise au point par Benjamin Berkely Hotchkiss, qui rêvait de substituer une arme automatique à son canon revolver actionné à la main par une manivelle. Une mitrailleuse de campagne modèle 1900 système Hotchkiss sur affût trépieds au fort d’Uxegney à Épinal se compose essentiellement d’un canon unique assujetti dans une boîte de culasse renfermant le mécanisme. Ce canon ne diffère d’un canon de fusil ordinaire que par sa plus grande épaisseur lui permettant de mieux résister aux vibrations de l’arme et à l’échauffement dû à un tir prolongé.
En dessous et parallèlement au canon, avec lequel il communique par un orifice de prise de gaz, se trouve un cylindre renfermant un piston qui porte des cames destinées à manœuvrer les mécanismes de culasse et d’alimentation. Lorsque le piston est lancé en arrière par les gaz provenant de l’explosion de la poudre, il est retenu au terme de sa course, par une détente placée dans la boite de culasse. En appuyant sur la détente, le piston n’étant plus maintenu, est lancé en avant à sa position initiale par le ressort de rappel qu’il avait comprimé dans son mouvement en arrière.
Si on appuie constamment sur la détente, le piston ne pourra plus s’accrocher et rester en arrière. Pendant le mouvement arrière du piston, la culasse est ouverte, la douille vide est extraite puis éjectée et la bande-chargeur se trouve transportée dans l’arme d’une certaine quantité vers la droite.
Le chargement se fait en poussant successivement les bandes dans le couloir d’alimentation. Les bandes articulées sont enroulées dans des boîtes en chêne que l’on pose près de l’arme au moment de tirer. Pour charger, il suffit d’introduire l’extrémité de la bande dans le couloir d’alimentation. Le mécanisme d’alimentation comprend un entraîneur formant double pignon, l’un des pignons engrène avec des cames formées sur la tige du piston et prend ainsi un mouvement de rotation intermittent.
Deux hommes sont généralement nécessaires pour assurer le service de la pièce, l’un faisant fonction de tireur et l’autre de chargeur. Affût trépied pour mitrailleuse Hotchkiss modèle 1914. A partir de 1916, on les installera sur des supports de casemate modèle 1901, dans les casemates de flanquement d’artillerie basses (caponnière, coffre de contrescarpe et coffre d’escarpe) des quatre places de l’est pour remplacer les pièces défaillantes de flanquement des fossés.
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La mitrailleuse française du modèle Saint-Étienne 1907, qui est en service dans l’armée concurremment avec la Hotchkiss, procède du même principe de construction que cette dernière. Elle emprunte l’énergie motrice de son mécanisme aux gaz développés lors de la déflagration de la poudre. La pression des gaz prélevés dans le canon pousse en avant un piston muni d’une tringle dont le déplacement agit sur un levier qui lui-même fait fonctionner la culasse.
Celle-ci comporte les dispositifs nécessaires d’ouverture et de fermeture de l’âme, d’approvisionnement, d’éjection et de percussion. Un ressort antagoniste ramène le piston à sa place et provoque, après le départ du coup, le recommencement du cycle. L’excellente qualité de l’acier dur dont est fait son canon, lui permet de tirer notre balle D sans éprouver aucune usure. Le refroidissement pendant le tir est assuré, sans manchon à eau et sans ailettes réfrigératrices, par l’adjonction, à la partie qui avoisine l’âme, d’une masse métallique suffisante pour dissiper la chaleur produite.
En vue de remplacer le décevant modèle Puteaux 1905, l’état-major a sollicité la Manufacture d’Armes de Saint-Étienne (MAS) pour corriger les défauts de la version 1905. En 1907, la MAS présente un modèle qui sera adopté jusqu’en 1914. Le canon est remplacé par un système directement inspiré de la Hotchkiss, avec un emprunt à gaz au lieu du captage des gaz au bout du canon. Le canon est facilement démontable pour résoudre les problèmes de refroidissement. La mitrailleuse conserve le boîtier tringle du modèle 1905.
Malgré les améliorations apportées par la mitrailleuse de St Etienne 1907 par rapport au modèle 1905, elle demeure perfectible et sensible à la boue et à la salissure lors de la Première Guerre mondiale. Elle sera progressivement remplacée par la Hotchkiss 1914.
La cartouche 8X50R Lebel a un culot quasi identique au culot de la douille de 11mm Gras. Avec la réduction du calibre à 8mm, l’étui présente un dessin étrange (forme de bouteille). Cette forme va dans un avenir proche poser de gros problèmes pour la conception des armes semi-automatiques et automatiques (par exemple la forme demi-lune du chargeur FM1915 Chauchat…). La cartouche est cependant plus courte que ses concurrentes, ce qui, considérant le mode de fonctionnement de notre fusil 1886 M93 (système Kropatschek à magasin tubulaire dans le fût) est un avantage, permettant d’accroître sensiblement la capacité.
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Pour le tireur historique actuel, plusieurs choix sont possibles pour mettre à l’honneur ces armes sur un pas de tir. Notons que les armes en 8X50R étaient encore classées en 1re catégorie (nécessitant un accord préfectoral) jusqu’au 6 septembre 2013. Des variantes en calibre civil 8X348W sont proposées sur le marché, nous n’en parlerons pas, ce calibre étant éloigné de la cartouche initiale et difficilement exploitable.
Donc pour les heureux propriétaires d’armes en 8X50R (ou ceux qui souhaitent le devenir) deux problématiques se posent avant le rechargement. Hormis les balles coulées en alliage de plomb, dans le commerce nous ne trouverons que des projectiles en 8mm avec un diamètre de 8,20mm (323 millièmes de pouce) contre les 8,30mm (329 millièmes de pouce) relevés dans le canon à fond de rayures. Partizan qui propose une intéressante 8,20mm FMJ BT Match de 196grains, dont la forme rappelle un peu notre balle « D ».
C’est possible depuis quelques mois, la firme Partizan propose en effet régulièrement des étuis boxer dans des calibres militaires obsolètes dont notre 8mm Lebel. Proposés à un tarif très avantageux, ils sont de qualité acceptable, supportant facilement une dizaine de tirs à pleine charge (avec un recuit en moyenne tous les 5 tirs). Mieux vaut cependant ne pas hésiter trop longtemps avant de faire sa commande, les quantités disponibles ne sont pas régulières et les lots s’arrachent. C’est de loin la solution la plus simple, la plus rationnelle et la plus économique.
Un autre procédé consiste à transformer des étuis militaires d’époque (couvre amorce et amorçage Berdan) en amorçage boxer. Cette solution peut être considérée comme « limite » mais effectuée par quelqu’un de compétent avec le matériel ad hoc elle donne de bons résultats. Au préalable il faut sélectionner un lot de douilles homogènes et ne présentant aucun défaut (corrosion, usure, déformation…). Le couvre amorce est ensuite percé à l’aide de deux forets recréant ainsi un puits d’amorçage et une cheminée.
La dernière solution, la plus classique, est la transformation des étuis civils de 348 Winchester. Cette excellente douille nous sert déjà, rappelons-le, à recharger 11mm Gras, Gras de Cadet, 43 espagnol, 8mm Lebel, 8mm portugais, 8 mm autrichien et hongrois, etc… La transformation est simplissime, il suffit après lubrification de passer la douille dans le recalibreur, la douille sera ensuite raccourcie au case trimmer à 50,70mm. La douille obtenue sera recuite (une fois tous le cinq tirs). Le seul point problématique de cette méthode est le diamètre du bourrelet au culot de la douille de 348W plus faible que la 8X50R d’origine, l’extracteur de l’arme devra être en parfait état afin d’extraire la douille de la chambre (mieux vaut conserver une baguette à portée de main).
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Petite remarque sur les jeux d’outils ; plusieurs fabricants possède le 8X50R dans leur catalogue, RCBS, CHTOOL , LEE. Lee est de loin le jeux d’outils le plus économique et d’un rapport qualité prix imbattable. Pour le chargement final, nous utiliserons la Tubal 5000 de la SNPE. Cette poudre semble correspondre parfaitement à notre cartouche, en effet la densité de chargement et la vivacité semblent proches de la poudre d’origine. D’autres poudres sont à exclure, notamment les sphériques type SP7, la forme de la douille entraîne des problèmes de combustion allant même, avec des densités maximales, jusqu’à ne pas s’enflammer !! Sous l’effet de l’amorce la balle se retrouve dans le canon, avec les risques que cela représente.
Les charges de TU5000 varient entre 2,82 grammes et 2,92 grammes. Avec ces charges il n’y a aucun signe de surpression ou de fatigue prématurée de l’étui. Les résultats à 100 mètres sont tout à fait acceptables avec les armes d’infanterie et le mousqueton, les cibles ci-jointes en attestent. Pour un tireur actuel, la satisfaction d’utiliser ce calibre dans des armes chargées d’Histoire mérite à mon avis d’y consacrer une ou plusieurs autorisations. Sur le marché actuel, peu d’armes sont disponibles en calibre d’origine, beaucoup étant sacrifiées au 8X348W. Cette étude porte sur des armes dont l’auteur dispose et n’est pas applicable à toute arme de même calibre. Seule la méthode est applicable en fonction de l’état de l’arme et des composants. L’arme dans son intégralité devra être vérifiée par un professionnel.
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