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Les balances bascules anciennes, et plus particulièrement les balances romaines, ont joué un rôle crucial dans l'économie et la vie quotidienne pendant des siècles. Leur principe de fonctionnement, basé sur le théorème des moments, permettait une pesée précise des marchandises et des produits agricoles.

Principe de fonctionnement de la balance romaine

Le principe de fonctionnement d’une balance romaine est basé sur le théorème des moments. Soient M la masse de l’objet à peser, m celle du contrepoids, et g l’intensité de la pesanteur. A l’équilibre, il y a égalité des moments des forces par rapport à l’axe de rotation O, ce qui se traduit mathématiquement par l’équation suivante : M.g.OC = m.g.OD. On en déduit : M = m. OD/OC. Comme les valeurs de m et OC sont fixes, on en conclut que la masse M à mesurer est proportionnelle à la longueur OD.

En (A) se trouve un crochet (C) ou un plateau destiné à supporter le corps à peser. L’autre bras (O1 ou BO2) est muni de divisions équidistantes sur lesquelles on peut faire glisser un anneau-curseur (D) qui porte une masse (Q). Deux échelles graduées ont été inscrites sur le fléau suivant le point de suspension, O1 ou O2. En général l’une couvre 0 à 5 kg et l’autre 0 à 20 kg. Les divisions équidistantes portent des chiffres 1, 2, 3, etc. qui indiquent en kilogrammes la masse du corps à peser.

Mode opératoire : On suspend le fléau par O2 si on estime que le corps à peser (P) a une masse inférieure à 5 kg, ou par O1 sinon. On suspend le corps (P) au crochet (C). On déplace le contrepoids jusqu’à obtenir une position horizontale du fléau.

Histoire et utilisation des balances bascules

Les balances romaines auraient été inventées (à partir dans le monde latin vers le deuxième siècle avant JC en Campanie et les Romains l'ont désignée sous le nom de statera. De nombreux exemplaires en bronze sont parvenus jusqu'à nous, notamment de beaux modèles à bassin soutenu par quatre chaînes tressées et à poids curseur figurant parfois une tête de divinité ou un animal. Mais la balance romaine était également connue en Chine avec une ancienneté qui remonterait environ à un millénaire avant notre ère selon certains auteurs.

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Pendant près de deux millénaires les balances romaines ont constitué l'unique instrument de pesage pour les très fortes charges (plusieurs milliers de livres). L'avènement du Système métrique obligea à normaliser leur graduation et à les rendre oscillantes. La principale amélioration technique viendra au XVIIIe siècle par le décalage de couteaux pour rendre la balance oscillante. Dès le Moyen Age les romaines étaient tenues en suspicion par les autorités en raison de multiples propriétés susceptibles de favoriser la fraude : changement ou altération du poids curseur, utilisation d'un crochet de suspension pour la charge, imprécision et ésotérisme de la graduation.

Jusqu’au milieu du XXème siècle la balance romaine était d’un usage très courant sur les marchés et en milieu rural. En France, entre la fin du XIX e siècle et le début du XX e, les bascules à bestiaux et produits agricoles étaient des outils indispensables à l'économie des campagnes, qui vivaient exclusivement de l'agriculture et de l'élevage.

A cet effet, durant le XIXème siècle, chaque municipalité fait bâtir à l'entrée de sa commune un petit édifice, en général en pierre de la région. Ce poids public, appelé aussi dans le jargon populaire, pont à bascule, dispose devant lui d'une plateforme de pesage. Dessous, dans une fosse, un système complexe de leviers permet de peser le chargement sur un plateau parfois entouré de barrières amovibles (pour contenir le bétail). Ces bascules fonctionnent sur le principe de la balance romaine et sont d'une grande précision si elles sont bien réglées.C'est un officier assermenté, le peseur, qui s'occupe de l'opération et délivre des bons de pesage. Il fait passer le véhicule en charge puis à vide, la différence donnant la quantité de marchandise livrée...

Son histoire est liée à un impôt de notre pays : l'octroi. Il consistait à taxer divers produits qui entraient dans les bourgs ou les agglomérations, en fonction de leurs poids. Avec la suppression de l'octroi en 1943, les poids publics perdront petit à petit de leur importance. Toutes ces installations typiques deviendront obsolètes avec l'augmentation du tonnage transporté par les camions et l'installation de nouveaux engins de pesage dans les entreprises.

Exemples de balances bascules anciennes

Destinée à la pesée du bois de merisier livré à l'usine, cette bascule a été mise en place vers 1915, à l'occasion de l'agrandissement de l'usine. Ce dispositif comprend l'appareil de pesage, de type bascule romaine, placé contre une fenêtre de l'atelier de finissage, et le pont-bascule, situé à l'extérieur contre le mur de l'usine. Cette plate-forme, où prenaient place les chargements de merisier, mesure 4, 22 m de long sur 2, 33 m de large : elle est aujourd'hui hors d'usage. Le mécanisme de pesage, en fer, est monté sur un pied en fonte. Il comprend à une extrémité un contrepoids (appelé boule de tare), une tringle de puissance reliée au plateau de charge et une barre horizontale (appelée fléau à romaine), graduée tous les 200 kg, et sur laquelle coulisse un curseur.

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Sur la place de la mairie, à Tanques (Orne), on peut apercevoir, posé sur un solide pied de fonte, un caisson en tôle qui abrite le singulier et robuste mécanisme d’une balance agricole. Bernard Duval, agriculteur retraité, raconte : « Une préposée procédait aux pesées. C’étaient souvent des femmes, les hommes étant aux champs. Le principe de cette bascule est celui de la balance romaine. Il rappellera aux jeunes mamans des années 1960-1970 celui des pèse-bébés prêtés alors par les PMI pendant les deux ou trois premiers mois de bébé. Le chariot se déplace sur les réglettes graduées et il imprime en creux les tickets de validation. « N’oublions pas la tare ! précise Bernard Duval. Par temps pluvieux, le plateau en bastaings se gorgeait d’eau et son poids devait être pris en compte ! » La tare se réglait en remplissant un godet suspendu de boulons et de cailloux divers. Pour valider la pesée, la préposée insérait un ticket de carton épais dans la fente d’un petit mécanisme muni d’une pince presse. « Un jeu de barrières était disponible pour le pesage des bestiaux », dit Bernard Duval.

Thierry Clérembaux, maire et agriculteur à Fleuré, raconte :  « À l’époque, les bouchers achetaient la viande sur pied et on cultivait de grandes surfaces de pommes de terre.

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