L'histoire des grenades à fusil est marquée par des innovations constantes, allant des modèles rudimentaires de la Première Guerre mondiale aux versions plus sophistiquées utilisées ultérieurement. Cet article explore le fonctionnement de ces armes, en se concentrant sur les modèles français et britanniques, ainsi que sur les accessoires associés comme les baïonnettes et les fourreaux.
Une grenade à fusil de 22 mm s’insère sur le mécanisme de mise à feu à l’avant des fusils équipés d’un lanceur à ergot approprié, sous la forme d’un cache-flamme intégré ou d’un adaptateur amovible. Comme la plupart des grenades à fusil, elle est propulsée par une cartouche à blanc insérée dans la chambre du fusil. Une grenade de 22 mm (0,87 po) peut aller d’une puissante munition antichar à un simple tube à ailettes muni d’une grenade à fragmentation fixée à son extrémité.
À la déclaration de guerre, la France ne possède aucune grenade à fusil réglementaire. L’armée française va alors adopter la grenade anglaise à tige Marten Hale n° : 2 MK1 avec baguette de 8 mm (fabriquée au Mexique sous licence anglaise). C'est une grenade à fusil fonctionnant par un mécanisme à percussion par inertie. Elle se présente sous forme d'un cylindre en laiton présentant un anneau en fonte, quadrillé en 24 fragments. Un détonateur est placé dans un tube central à son sommet accessible par un bouchon visé. A sa base, se trouve une masselotte retenue par une goupille de sécurité. Une fois la goupille enlevée, la grenade est armée et la percussion de l'amorce du détonateur provoque son explosion immédiate.
Il s'agit d'une grenade F1 qui reçoit à sa base une baguette d'une longueur de 30 cm pour un diamètre lègérement inférieur à 8 mm. L'allumeur est un classique allumeur modèle 1916 à percussion. Le système de mise à feu est constitué par un tube d'une longueur d'environ 9 cm qui coiffe l'allumeur modèle 1916 comme un capuchon de protection. Au sommet de ce tube, une maselotte en plomb est maintenue en place par un fil de cuivre et traversée par une goupille de sécurité. La grenade était placée dans le fût du canon, la goupille retirée avant le tir. Au départ du tir, le recul cassait le fil de cuivre et la maselotte venait percuter l'allumeur.
L'histoire de la Mills a commencé par le premier concept breveté par l'armée belge en 1914 (La "Grenade Roland"), qui fut cédé aux Britanniques par le gouvernement belge à titre de coopération à l'effort de guerre allié, puis développée et améliorée par l'ingénieur militaire britannique William Mills. La version n ° 36 Mk.I a été introduite à la fin de la Première Guerre mondiale (été 1918) et est restée la grenade à fragmentation standard britannique jusqu'en 1972. Elle fut prévue comme grenade mixte, pouvant être lancée à la main ou à partir d'un fusil. Pour permettre le tir au fusil, le corps de la grenade avait été légèrement élargi, pour que la grenade reste stable dans le tromblon de lancement. Dans sa version « grenade à fusil », on n'utilisait plus de baguette, mais un disque qui était vissé dans le trou central de la vis de fond. Une autre modification visible est l'allongement des "oreilles" de maintien de la cuillère et l'orifice de remplissage fut agrandi et décalé vers le bas.
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Le principe de fonctionnement de la grenade Mills est le suivant: on dispose d'un corps quadrillé en fonte moulé, usiné et fileté. À l'intérieur du corps, par le dessous, on visse le tube central formé de deux tubes en métal parallèles, en acier chromé dans les premières versions, puis en alliage de Zinc sur les suivantes. Le plus large des deux contient le mécanisme de percussion, dont le percuteur qui est retenu en place par la cuillère placée à l'extérieur, elle-même maintenue par une goupille de sécurité. Quand la goupille est enlevée, la grenade n'est pas encore amorcée : l'utilisateur la maintient fermement dans sa main, gardant la cuillère en place. Quand il lance la grenade, la cuillère est éjectée par le percuteur qui descend avec force dans son tube sous la pression du ressort à boudin. Une fois l'amorce frappée par le percuteur, elle allume le retardateur (cordeau Bickford). Ce système nécessite la fixation de la baïonnette sur le fusil.
Le fonctionnement du mécanisme de la Mills est identique pour la n ° 5, n ° 23 ou n ° 36. Le tube central fermé par la vis de fond ou base plugs détient le mécanisme de mise a feu composé du percuteur, d'un ressort hélicoïdal, de l'amorce reliée au détonateur (cylindre de cuivre rempli de fulminate de mercure) par un Cordeau Bickford dont le temps de combustion était de 5 secondes pour l'usage « grenade à main », ou de 7 secondes pour l'usage « grenade à fusil », on pouvait les différencier grâce à leurs couleurs.
Les fourreaux sont des accessoires essentiels pour les baïonnettes, assurant leur protection et leur transport sécurisé. Plusieurs modèles et fabricants ont marqué l'histoire de ces équipements.
Ces fourreaux fabriqués aux USA ont été utilisés avec les baïonnettes US M4, M5, M6, M7.
Plusieurs entreprises ont été impliquées dans la production de fourreaux, chacune avec ses propres marques et particularités :
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Certains fourreaux de M8A1 Wilson-Duggar Co. (voire tous) étaient apparemment assemblés à partir de sous-ensembles fournis par des fournisseurs externes (gorges en acier et corps de fourreau en plastique). Il s’agissait notamment de sous-ensembles restants de Victory Plastics Co. Cela s’explique par le fait que certains fourreaux marqués WD comportent des sous-ensembles avec des marquages Victory Plastics Co.
Certains fabricants ont rencontré des difficultés dans la production de fourreaux. Par exemple, la société qui a utilisé une formulation de résine différente pour la production du corps de ses fourreaux que Beckwith, ce qui a entraîné un certain nombre de problèmes. Les fourreaux avaient tendance à être très cassants et ne tenaient pas bien sur le terrain. De plus, la peinture OD Green appliquée aux corps du fourreau n’adhérait pas bien et avait tendance à s’écailler, révélant la couleur brune du corps en tissu imprégné de résine.
Certains fourreaux sont conçus pour fonctionner avec des baïonnettes spécifiques, permettant de couper des fils électrifiés ou barbelés :
Les fourreaux fabriqués en Grande-Bretagne avaient en théorie des marques du fabricant estampées sur le cuir à l’arrière. Les articles de remplacement fabriqués aux Etats-Unis à partir de 1915, ont tendance à être dépourvus de marques sur le cuir et d’être plus souples. Les marques des fabricants sur les parties métalliques du fourreau (chape et extrémité) se trouvent en théorie au-dessus ou en dessous de l’agrafe métallique. De telles estampilles, si elles sont présentes, indiquent uniquement qui était le fabricant de l’article métallique. Comme les pièces détachées des fourreaux étaient livrées par différents sous-traitants avant d’être montées à l’usine, il en existe une grande variété.
Dans tous les cas, elle comporte deux puissants ressorts à lame fixés par six rivets. Les premières chapes fabriquées en Grande-Bretagne étaient soigneusement polies à l’extérieur, aucune trace de rivets, ce travail devait être long et fastidieux.
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| Fabricant | Période de Production | Marquage | Particularités |
|---|---|---|---|
| Victory Plastics Co. | Après-guerre, Janvier 1961 | VP Co. | Protecteur de pointe métallique, sangle de poignée inversée |
| Viz Manufacturing Co. | 1962-1963 | N/A | Successeur de Victory Plastics Co. |
| Wilson-Duggar Co. | A partir du 12 Juillet 1963 | WD | Assemblage à partir de sous-ensembles externes |
| Working Home | 1965-1968 | PWH | Atelier protégé pour malvoyants |
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