Dans le cadre de la lutte contre les trafics d'armes, les policiers ou gendarmes de Vaucluse investissent régulièrement les cités. Elles se succèdent à la barre des tribunaux de Carpentras ou d'Avignon.
Des (presque) insignifiantes affaires de stupéfiants aux contrôles routiers préventifs sur les routes de Vaucluse en passant par un braquage commis par le délinquant en herbe, il est devenu presque banal, pour les gendarmes ou les policiers, de saisir à ces occasions, une arme.
De l'arme de poing (P 38, 357 Magnum, 9 mm...) à l'arme lourde (Kalachnikov, Skorpion, lance-roquettes...) cachée au fin fond d'une cave d'un quartier populaire, le Vaucluse n'échappe pas à cette dangereuse circulation.
Et selon nos sources, la prolifération des armes détenues illégalement est en augmentation. En témoignent les fusillades dans les cités que ce soit à Avignon, Carpentras ou Cavaillon.
À la mi-septembre, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, annonçait à Marseille, la mise en place d'un plan global offensif de lutte contre le trafic d'armes indiquant vouloir "procéder au désarmement de tous ces criminels".
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De l'avis de plusieurs observateurs, le Vaucluse est en passe - si ce n'est déjà le cas - de devenir une base arrière de la délinquance marseillaise.
"C'est en tout cas une analyse partagée par le patron du SRPJ de Montpellier qui, en fin d'année dernière, alors que ses enquêteurs venaient de mettre un terme à un important règlement de comptes (sur une dizaine survenus en 2014) entre bandes rivales avignonnaises parlait de "néo-banditisme des cités".
Actuellement, sous l'égide du parquet d'Avignon, des enquêtes sont en cours portant sur des trafics d'armes. Mais comme l'indique le procureur adjoint d'Avignon, Dominique Sié, indépendamment de cela, "de plus en plus de personnes, notamment des jeunes, sont trouvées lors des contrôles en possession d'armes de poing et de munitions".
La Justice se veut de plus en plus ferme. "Toutes les semaines il y a des découvertes de fusils ou de pistolets mitrailleurs en lien avec des trafics", avait dénoncé Dominique Sié lors d'un réquisitoire dans une affaire qui était "celle d'une cité qui s'arme".
48 heures après la mort du brigadier Eric Masson, tué à Avignon, l’enquête avance tous azimuts pour retrouver les deux hommes en fuite. Les syndicats de police appellent à une «marche» le 19 mai.
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Les enquêteurs analysent actuellement des prélèvements d'ADN recueillis sur la scène de crime, pour tenter de faire progresser les investigations. De leur côté, les enquêteurs du SRPJ de Montpellier cherchent à reconstituer minutieusement le puzzle de la scène de crime.
Mais l’absence de vidéosurveillance, et l’omerta qui règne dans le milieu des trafiquants de drogue et de ses consommateurs rendent complexes les investigations. Le policier qui accompagnait la victime au moment des faits garde des souvenirs confus de la scène, il n’a pas vu le visage du tireur.
Et la femme toxicomane que le brigadier avait contrôlée se montre pour l’instant peu loquace en garde à vue. Des prélèvements ADN effectués sur la scène de crime sont en cours d’analyse, tout comme les recherches balistiques. L’arme du crime serait un calibre 38, une arme peu répandue.
Le 1er mars 2024, la cour d’assises du Vaucluse condamnait le tireur Ilyes Akoudad, dix-neuf ans au moment des faits, à trente ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de vingt ans.
Une foule de policiers et d’Avignonnais était rassemblée devant le commissariat d’Avignon en hommage à un brigadier de 36 ans, Éric Masson, tué lors d’une intervention contre un point de trafic de drogue. Beaucoup de policiers, certains avec leur brassard orange “police”, mais aussi des habitants étaient venus pour ce rassemblement organisé à l’appel des syndicats de police et faisaient la queue sur plusieurs dizaines de mètres pour déposer une fleur ou laisser un mot sur les registres de condoléances déjà bien fournis.
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Alors que la femme venait d’être arrêtée par les deux policiers, "deux individus s’avançaient et l’un des deux, porteur d’une sacoche, (leur) demandait ce qu’ils faisaient là", a expliqué Philippe Guémas: "Éric Masson déclinait sa qualité de policier et l’individu sortait une arme de poing et faisait feu à deux reprises, l’atteignant au thorax et à l’abdomen". Le policier est mort sur place.
"La lutte contre les trafics de stupéfiants, partout sur le territoire national, s’apparente à une guerre. Cette guerre, nous la menons grâce à des soldats, les policiers et les gendarmes de France. Aujourd’hui, un de ces soldats est mort en héros", avait déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin en hommage au policier.
À Avignon aussi, la peur s'est emparée des habitants, jeudi 29 octobre. Quelques instants après les faits survenus à la basilique Notre-Dame de Nice, un homme a été abattu jeudi à Avignon par la police alors qu'il menaçait des gens dans la rue avec une arme de poing, a indiqué la police, qui n'évoque pas pour l'instant de piste terroriste.
Appelée vers 10 heures par un passant signalant qu'un homme équipé d'une arme de poing de type pistolet menaçait des gens, la police est intervenue. « L'homme a foncé sur eux avec son arme et a été tué par les forces de l'ordre », a expliqué un porte-parole de la police d'Avignon. « Il n'y a pas de blessé », a poursuivi cette source.
La piste terroriste islamiste écartée. « On s'écarte de la piste islamiste. L'homme avait un suivi psychiatrique et a tenu des propos incohérents », a indiqué à l'Agence France-Presse dans l'après-midi le parquet d'Avignon, quelques heures après l'attentat de Nice où trois personnes ont été tuées dans une attaque au couteau décrite comme « islamiste » par le président français.
Confirmant une information du quotidien Le Monde, une source proche de l'enquête a indiqué à l'Agence France-Presse que l'homme portait « un blouson bleu de la couleur de Génération identitaire ». Parmi les personnes menacées par cet homme, « il y avait un automobiliste maghrébin », a ajouté cette source, « mais ça ressemble plus à un différend de voie publique car l'automobiliste roulait très vite et a failli renverser l'homme armé, qui l'a ensuite insulté ».
Selon cette source, l'homme était « incohérent, presque incompréhensible ». Contacté par l'Agence France-Presse jeudi soir, le parquet d'Avignon ne pouvait « ni confirmer ni infirmer l'information d'une appartenance de l'homme à une mouvance d'extrême droite ».
Philippe Guémas, le procureur d’Avignon, confirme finalement que l’homme abattu par les forces de l’ordre faisait bien partie de la mouvance identitaire. « Il était notamment porteur d’une doudoune bleue aux couleurs du mouvement Génération identitaire ». Il s’agit d’un vêtement floqué d’un logo « Defend Europe » du nom d’une opération menée par ce groupe dans les Alpes en 2018.
« Surtout, cet homme avait des antécédents psychiatriques, poursuit le procureur. Il a tenu des propos sans queue ni tête mais il n’y avait aucune connotation religieuse… Je ne crois pas qu’il a menacé qui que ce soit [oralement]. Manifestement, il s’agissait surtout de quelqu’un de très perturbé psychologiquement. »
Le procureur d’Avignon indique que l’enquête va se poursuivre pour tenter de savoir si cet homme avait « une motivation idéologique » dans son passage à l’acte ou s’il a agi en raison de ses antécédents psychiatriques. « Un travail est en cours à ce propos », indique-t-il.
Il existe également une discipline qui propose des épreuves où sont utilisées des armes d’origine ou des répliques représentant les divers systèmes de mise à feu (Mèche, silex, percussion). En compétition, les 10 meilleurs impacts sont retenus sur les 13 coups tirés pour le score.
Ces armes de poing ou d’épaule utilisent uniquement de la poudre noire, elles sont en vente libre dans les bonnes armureries. Les tenues vestimentaires sont libres. Les noms des épreuves évoquent soit des noms de personnes qui ont inventé ou fabriqué des armes, soit des sites significatifs de l’histoire des armes.
Le programme comporte 13 coups à une distance de 25 mètres. Les dix meilleurs impacts sont retenus pour le score.
La distance de tir est de 50 ou 100 mètres.
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